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CONDITIONS QUI INFLUENCENT L'ABSORPTION

des ajitinaux vivants sont formés par des substances colloïdes^ à peine dîflusibles par elles-mêmes, mais offrant na milieu des plus favorables à la diffusion de Teau et des autres crisialloides.

CONDmONS OUI INFLUENCENT L'ABSORPTION,

Nous avons établi que l'absorption est un phénomène très-général qui se produit dans la trame de tous les organes, ou, en d'autre% termes, que tous les tissus organiques ont la propriété de se laisser pénétrer par les fluides mis en contact avec eux. Mais nous devons ajouter que les divers tissus sont loin de J9uir au même degré du pouvoir absorbant.

A. — Quelles différences, sous ce rapport, entre le névrilème ou les aponérroses et les membranes séreuses, entre ces membranes et le tissu cellulaire, ou bien entre les muqueuses et la peau, etc.? Puis, pour ne parler qoe du tégument cutané ou muqueux, quelles différences aussi ne constate-t-on pas^ quant à l'énergie et à la rapidité de Tabsorption, dans les diverspoints de son étendue? Tandis que, par exemple^ 5 centigrammes d'extrait alcoolique de noix vomique injectés dans les bronches suffisent pour tuer un très-gros chien en moins de deux minutes, 10 centigrammes du même poison sont portés, parfois sans aucun effet sensible, dans Testoraac, le péritoine ou la plèvre d'un animal bien plus faible (1). La même quantité d'acide cyanhydrlque qui, agissant sur la conjonctive, peut donner la mort presque instantanément, occasionne à peine quelques accidents tétaniques lorsqu'elle a été déposée sur la muqueuse digestive. Quant à la peau, on sait que c'est surtout dans les points où, très-amincie^ elle se continue avec les membranes muqueuses (lèvres, gland, vagin, etc.), qu'elle absorbe le plus activement; l'aine et l'aisselle sont des lieux d'élection toutes les fois qu'on veut obtenir un effet général de certaines onctions médicamenteuses.

La laxité, la finesse des tissus ou des membranes^ et surtout l'abondance de leurs vaisseaux, telles sont les conditions anatomiques auxquelles on a coutume de rapporter la rapidité de l'absorption. En ce qui concerne les membranes spécialement chargées de faire pénétrer dans l'organisme les divers fluides (gaz ou liquides) indispensables à son entretien, évidemment on ne saurait négliger la couche cellulaire ou épithéliale dont elles sont revêtues : variable dans son épaisseur, dans l'arrangement et dans la forme des cellules qui le constituent, ce revêtement épithélial existe, en effet, entre le^ fluides à absorber et les parties vasculaires et vivantes des tissus; nul doute, par conséquent, que son degré de perméabilité ne doive avoir une grande influence sur le temps nécessaire à une substance dissoute pour ^'introduire dans les vaisseaux, c'est-à-dire pour être absorbée.

B. — L'état de la circulation exerce une influence marquée sur l'ab- M)rption*

(i) SteALAS, Jaurn, de physioL expérim,, t. IV, p. 285, note 2.

MHHSIT. — niYUOL. I. — 2^

Si la rapidité du cours du sang accélère la marche des phénomène^ d'absorption, Tarrèt du cours de ce fluide, tout en n'empêchant point l'imbh bition, empêche au moins le transport rapide de la matière absorbée et effets si prompts de certaines substances toxiques sur Toi^anisme. Schneli (1), après avoir pratiqué la ligature de l'aorte abdominale, introduit de l'antiar (poison de Tiie de Java) dans une plaie faite à la cuisse d'un animal^ et le poison n'est pas absorbé; mais, au bout de huit heures, la ligature est détachée, et alors seulement les signes d'intoxication apparaissent;

Plus récemment, et contrairement à Schneli, d'autres expérimentateurs ont avancé que, même après la ligature de l'aorte et en l'absence de toute anastomose propre à rétablir le cours du sang, il y a encore résorption possible d'une portion du toxique introduit dans une plaie des membres postérieurs ; mais alors, au lieu d'apparaître après trois ou six minutes, les phénomènes d'empoisonnement se manifestent seulement après deux^ trois, ou sept heures. A cet égard, H. Bischoir(2), Frankel(3), poi^ Lechler et Stannius (&), qui ont lié l'artère épigastrique pour empêcher la circulation supplémentaire, et Schiff (5), sont unanimes dans leurs affirmations que m'ont fait adopter mes propres expériences sur des chiens et des lapins. Rappelons aussi qu'Emmert (6), après avoir lié l'aorte abdominale et avoir introduit de la fausse angusture dans la cuisse d'un animal; put retrouver cette substance dans l'urine, bien qu'aucun accident toxique ne fût survenu. « Comme ici; dit Weber (7), l'absorption n'avait pu avoir lieu par les veines, et qu'elle avait été accomplie exclusivement par les lymphatiques, on serait en droit de présumer que le poison avait dû perdre ses qualités nuisibles en traversant le système lymphatique. » Nousnenou» rendons pas garant de la vérité de cette dernière interprétation.

Toutes les causes qui augmentent ou diminuent la pression intra-vasculaire, font varier en moins ou en plus l'intensité de l'absorption.

La réplétion excessive du système vasculaire s'oppose à l'absorption. SI Ton injecte un litre d'edu dans les veines d'un chien de taille moyenne^ et qu'on introduise dans la plèvre une substance vénéneuse, les signes d'empoisonnement apparaissent plus tard qu'à l'ordinaire; et si, au lieu d'un litre^ l'injection est pratiquée avec deux litres, l'animal ne présente plus aucun signe d'intoxication. Mais^ fait digne de remarque^ vient-on à le sai* gner largement, en lui ouvrant l'une des jugulaires^ on voit le poison pro*

(1) SemfSLL, Dùsertaiio sUtena hitioriam vsneni upat antiar. TubiafiM, 1815*

(2) BUGSorr, Veàer die AefOf7>/ton narkotischer Gifle durch die LymphgepUte (Hisu' und Pfeoffer's Zeitschrift^ etc., t. Il, p. 55^ 61, et t. V, p. 293).

(5) Frankcl, De reswrpiione vasorum lymphaUcorum (uffunctis nimviliê experimenti\ BeroUnî, 18A7.

(6) Lechler, Veber die angebliche Nichtaufhahme narkoiischer Gif te durch dk Ufmphçt fusse. Rostock^ 18&8 SiMimus, in Àrch. fûrphysiol. Heilkunde^ 1852^ t. XI, p. ^3.

(5) ScBirF, Bxpér. communiquées à ia Soc, <fhist. noté de fWrnc/bré-fur-lp-Jf^) septembre 18d9.

(6) Emmert, Megkel'8 Archiv, 1. 1, 1815.

(7) Weber, De pulsu et resorptione^ etc., p. 16, 20.

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