CONDITIONS QUI ÏNFLUBNCENX L'ABSORPTION
duire son effets pour ainsi dire à mesure que le sang s'écoule (1). Cet écoulement n'étant pas provoqué, non-seulement l'absorption peut être nulle, mais môme quelquefois, si la réplétion est par trop considérable, la sérosité du sang s'écbappe au travers des membranes.
Un des moyens d'augmenter le plus possible la pression intravasculaire, c'est de faire le vide autour des vaisseaux en supprimant la pression atmosphérique.
David Barry (2) a reconnu qu'un poison déposé dans une plaie pratiquée sur un animal vivant reste sans eifet, si les points de contact entre la surface absorbante et la matière toxique sont aussitôt placés dans le vide. Quand on expérimente sur des lapins avec des poisons très*actifs^ tels que l'acide pnissique, la strychnine pure, l'upas tieuté, etc., si en effet on applique une ventouse sur la plaie empoisonnée des uns, et qu'on laisse la plaie des autres soumise à l'influence de la pression atmosphérique, les premiers de ces animaux ne présentent aucun signe d'empoisonnement^ tandis que les seconds succombent avec rapidité. On obtient des résultats analogues quand, après avoir fait mordre par une vipère des lapins ou des chiens, on procède de la même manière.
Tout en reconnaissant avec Barry que, dans le vide, l'absorption est primitivement impossible, il est difficile d'admettre avec lui que la formation incomplète du vide, au moyen d'une ventouse à piston, diminue et surtout arrête les symptômes qui auraient déjà commencé à se produire ; car, quoi qu'on en ait dit, on ne comprend pas comment la ventouse pourrait agir jusque sur la portion de poison qui a été entraînée dans la masse du sang.
Le même observateur assure que («l'application d'une ventouse, pendant une demi-heure, prive la partie sur laquelle elle a été appliquée de la faculté d'exercer l'absorption pendant une heure et demie ou deux heures apfès que la ventouse est enlevée, s
Quoi qu'il en soit de la valeur de quelques-unes de ces assertions, tou-* jours est-il que le fait principal, dont Texactitude a été constatée en présence déjuges compétents (*}| offre une certaine importance pratique. Il en résulte que, dans le cas de piqûre produite par un animal venimeux ou par un instrument souillé de matières putrides, etc., il pourrait étreutile^ avant même de cautériser la plaie, d'y appliquer aussitôt une ventouse, dans le but d'arrêter l'absorption et d'attirer au dehors au moins une par<tie de la substance nuisible.
La déplétion des vaisseaux, en diminuant la tension du sang contre leurs parois, active par contre l'absorption. -— On commence par tirer une no* table quantité de sang à un animal, puis le poison est déposé dans la plèvre : les accidents d'empoisonnementi qui d'ordinaire surviennent seu-
(1) Magendii, Journal dephysioL expérim,, 1. 1, p. 6.
(2) Datid hKKKt, Annales des sciences naturelles^ 1826, t. VIII, p. 315.
(*) Voyes le rapport fait à TAcadémie de médecine de Paris, au nom d*une commiuÎQn composée de : Adelon, Orflla, Ségalas^ Ândral fiU et Pariset. — Voyes aussi Texan^en de ce rapport par L. GoHDRST. (Paris, juin 1826.)
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lemeDt après deux minutes, se montrent au bout de trente secondes (1). Cela démontre que, toutes les fois qu'un poison est introduit dans le tube digestif ou dans une partie quelconque du corps, une émission sanguine pourrait avoir des suites fâcheuses en rendant plus facile le passage du toxique dans les voies circulatoires.
La privation prolongée d'aliments et de boissons^ qui entraîne le défaut de réparation des pertes incessantes que subissent les liquides organiques, peut agir comme les pertes de sang^ c'est-à-dire augmenter la tendance à l'absorption. Aussi remarque-t-on que les individus placés dans cette condition sont plus exposés que d'autres à l'infection par les virus contagieux ou les miasmes paludéens. On observe également que, chez les malades soumis à une diète rigoureuse, les médicaments en général agissent avec plus d'énergie et d'efGcacité.
D'après ce qui précède, on comprend dès lors comment, dans certaines maladies oti il y a un liquide à résorber, il peut être utile, sauf contreindications, de restreindre la dose des boissons et des aliments.
L'expérimentation, sur des animaux restés longtemps sans nourriture, a d'ailleurs démontré qu'en pareil cas l'absorption interstitielle est tellement accrue, que le système lymphatique tout entier se trouve comme gorgé d'une lymphe bien plus abondante et plus coagulable qu'à l'état normal (2).
Plusieurs autres influences, que nous allons rapidement signaler et qui ne se lient plus aussi directement à l'état de la circulation, peuvent encore faire varier les phénomènes d'absorption.
Toutes les fois, par exemple, qu'une sécrétion a été augmentée, Tabsorption Test aussi consécutivement dans certaines proportions : c'est l'observation de ce dernier rapport qui a conduit, en thérapeutique, à prescrire des purgatifs, des diurétiques, des sudoriflques aux individus atteinte d'épancheroents ou d'engorgements de diverse nature. On sait notamment avec quelle rapidité se résorbe parfois, sous l'influence de ces moyens, la sérosité amassée dans le péritoine ou dans d'autres cavités séreuses.
Les exercices violents, en produisant une déperdition considérable d'éiéments organiques, doivent nécessairement activer le travail de nutrition et partant celui d'absorption; aussi, en pareil cas, la sensation de la faim et la sensation de la soif reviennent-elles fréquentes et vives, comme conséquences d'une digestion et d'une absorption aussi faciles que promptes.
Il est à remarquer que les diverses absorptions sont surtout très-actires dans l'enfance, à cause des besoins pressants d'un organisme en voie de développement; qu'elles conservent encore beaucoup d'énergie dans Tadolescence, pour diminuer à mesure qu'on approche de l'âge du retour et devenir languissantes dans la vieillesse. Les frictions médicamenteuses, qu'on pratique sur la peau plissée, desséchée et comme durcie des vieillards, ne sont presque d'aucun effet; et les maladies contagieuses, dont le
(1) Magendie^ loc. cit,
(2) CoLLARb DE Martignt, Joumai de physioL expérim.i t. VUU p. 177, 203.