‹ Traité de physiologieChapitre 72 sur 141 · RAPPORTS DU SYSTÈME VASGUUIRE AVEC L'ABSORPTION. —HISTORIQUE · texte numérisé non relu

RAPPORTS DU SYSTÈME VASGUUIRE AVEC L'ABSORPTION. —HISTORIQUE

en admettant que les chylifères de l'intestin se rendent dans le foie. Il roourat en 1626, avant d'avoir pu compléter ses recherches; l'ouvrage dans lequel on trouve les détails relatifs à sa découverte, et qui ne parut qu'un an après sa raort^ fut publié à Milan par ses deux amis Tadini et Settala.

La découverte d'Aselli fut loin d'être accueillie avec faveur. Hoffmann et G. Harvey (1) ne firent d'abord qu'en plaisanter ; Riolan considéra comme des artères les nouveaux vaisseaux décrits par Âselli, et l'école de Montpellier, attachée aux idées de Galien, se refusa pendant longtemps à en admettre l'existence. Toutefois l'attention était éveillée sur ce point, et^ dans l'espace de quelques années, de 1626 à 1632^ les vaisseaux lactés furent de nouveau aperçus par Rolfink (2), A. Severin (3), Olaûs Worm, Fabrice de Hilden, etc. En 1635, Jean Yesling(&), qui fit de nombreuses recherches sur ce sujet, confirma les idées d'Aselli et donna môme une figure des chylifères de l'homme. L'année suivante;, Poumier prétendit avoir montré un réservoir du chyle, volumineux comme un œuf et situé près du diaphragme ; cet anatomiste n'invoque, à la vérité^ aucun témoignage à l'appui de sa découverte.

Il était réservé à Jean Pecquet (5) de découvrir, en 16&7, la continuation des vaisseaux lactés avec le canal thoracique, et de démontrer, contre le sentiment d'Aselli, que les chylifères de l'intestin n'aboutissent pas au foie. 11 reconnut aussi qu'à son origine^ ce canal présente des dimensions plus considérables qu'en aucun autre point de son trajet, et donna à cette portion le nom de citerne ou réservoir du chyle.

Trois années plus tard, selon le témoignage de Drelincourt, Olaûs Rudbeck (6), alors ftgé de vingt ans, découvrit^ à Leydc, les vaisseaux aqueux ou lymphatiques de différentes parties du corps, tout en recherchant le trajet et la terminaison des vaisseaux chylifères. Cette découverte, que divers auteurs ont voulu attribuer à JolyfTe, fut aussi revendiquée par Thomas Bartholin, et d'abord avec l'avantage facile que pouvait obtenir, en pareil cas, un professeur célèbre contre un simple étudiant; mais la postérité, qui a reconnu â Bartholin tant d'autres pitres de gloire, a fait justement honneur de celui-ci à Rudbeck.

On peut donc, dans l'histoire du système lymphatique, admettre trois périodes : celle d'Aselli ou de la découverte des vaisseaux chylifères; celle de Pecquet ou de la détermination du trajet de ces mômes vaisseaux et de leur terminaison dans le canal thoracique; enfin, celle de Rudbeck, qui représente cette importante période oh firent démontrées

(1) HoFFiiAliii et G. Harvet, Exeixitat Awii, de motu cordis, cap. 16.

(2) RoLFUiK, Dissertationes anatomicœ^ p. 909, ia-A. Norimbergs, 1656.

(3) A. Sevbmh, De novissime obt/ervatis abcessibus^ c. 8.

(4) izAM Vkslihc, Episiol, posthum,^ p. 61, 64, 66, 67. Copenhague, 1664, ouvr. édît.par Th. Bartholin.

(5) lu» Pegqukt, Exper, nwa ami,, etc. Paris, 1651. — • Réimp. dans la Biblioth, anal, de Manget.

(6) Ouus Rudbeck, Exercit» anat> exhibens ductus novos hepaticos aquo^os et vaea gkm^ àularum serçta. Leyde, 1654, in-12.

ZSU DE L*AB90RPnON.

Texistence des lymphatiques des autres parties du corps et leur identité avec les vaisseaux chylifères. C'est dans l'espace de trente années eoTiron que la science s'enrichit de toutes ces notions qui devaient un jour donner une face nouvelle à la physiologie et à la pathologie.

A partir de cette époque jusqu'à nos jours, de nombreux et incessanls travaux furent successivement entrepris sur le système lymphatique : c'est un devoir de rappeler ici surtout les noms de Swammerdam(l), Gér. BIaes(2), Fréd. Ruysch (3), Nuck (û), J.-R. Duvemey (5), Monro (6), J.-F. Meckel ("„ J.-H. Haase (8), J.el W.Hunter(9), Hewson (10), Cruikshank (ll),Sheldon(12), Mascagni (i3), Lauth (14), Fohmann (15), Rossi(16), Panizza (17), Treviranus (18), Henle (19), Cruveilhier (20), Sappey (21), KOlliker (22), Ch. Robin (23), His (24), L. Teichmann (25), J. Hyrtl (26), Frey (27), Recklinghausen (28), W. Tomsa (29), F. Leydig (30), etc.

(1) SwÂMMSRDAM, Commentariu$ in Syntagma anatomicum JOH. YssuHcn, etc. AmstertUOi

(2) GÉR. Blaes, JoH.VBSLiHGn Syntagma anatom, auctum^ etc. Iltrecht, 1696.

(3) Fréd. Rutscr, Dilucidatio valvularum in vans lymphatids et iacteis, Acestierfai Ob' strv, anat. rariores, La Haye, 1665« in-12.

(A) Nuck, Adenographia curiosa et uteri fofminei anatome nova. Accedit epist, de intiefitù novis. Leyde, i692, ia-8.

(5) J. R. DuvBRHET, Deseriptio vaeorum chyiiferorum^ 1728.

(6) Monro, De venis lymphatis valvtiloHs^ et de earum imprimis origine. Londres, )757

(7) J. F. MiCKBL, Dis», epist. ad Alb. de Hallery de vasis lymphatids glandnUsque cm ghftatis. Berlin, 1757, in-8^. -^ Et dans ses Opusc* anatom. de vasis iymphaticit. Lôpaif 1770, io-8».

(8) Haase, Diss. de motu chyli et lymphee glandtûisque conglobaHs. Leipsig, 1778, in-i'

(9) Hdrtbr, Œuvres complètes de J. HuirrER,tr. par Richelot,t. IV, p. 401, i02, et/M't

(10) Hewsor, Philos. Trans.y i7%fi et 1769.

(11) Crdikshank, Anatomie des vaisseaux absorbants^ trad. de Petit- Radel. Paris, 1"S1

(12) Sbeloon, The History ofthe Absorbent System^ etc. Londres, 178&.

(13) Mascaghi, Vasorum lymphaticorum corporis humani histoHa et tamogruphk Sienne, 1787.

(1&) Lautb, Essai sur les vaisseaux lymphatiques. Strasbourg, 1824.

(15) FoHMAim, Saugadersystem der Wirbelthiere. Heidelberg, 1827.

(16) Rossi, Cenni suila communicazione dei vasi linfatici colle vene, Parme, 1825

(17) Parizza, Sopra ilsistema linfatico dei Retlili. Parie, 1833.

(18) TRBviRAmis, Beitrâge, etc., t. II, 1835, p. 104.

(19) Herle, Anatomie générale, trad. franc, d* Jourdan, t. II, p. 100 et suit. J20) Cruteilhibr, Anat, descript,^ i. III.

(21) Sappet, Anat, descript.^ t. I, p. 586 et suiv. Paris, 1849-1856.

(22) KdLLiKER, Éléments d'histologie humaine (trad. franc.). Paris, 1856, p. 625.

(23) Ch. Robin, Recherches sur quelques particularités de la structure des capUltdm ^ tencéphale (Journal de physiologie, 1859, p« 537). ^ Sur quelques points de tanatm^' de la physiologie des leucocytes {ibid,, p. 41).

(24)Hi8,A?tïr^e zur Kenntniss der zum Lymphsystem gehôrigen Drûsen (Siebolr uodKH- LIBER, Zeitschrift fur wissenschaftliche Zoologie, Band X, § 340). — Ueber die Wurzeln * Lymphgefàsse in den Hauten des Kôrpers und ûber die Theorien der Lgmphbildung \lfà schriflfàr wissenschafft. Zool., 1862, p. 222).

(25) Teichmann, Das Saugadersystem vom anatomischen Handpunkte. Leipstg, 1861. * (26) J. Htrtl, Der Ursprung der ChylusgefUsse {Oesterr, Zeitschr, fur prakt. Hfi& n«21, 1860). — Ueber eine neue Méthode Organen^LymphgefOsse zu injiciren {ibid., n*18l

(27) Fret, Untersuchungen ûber die Lymphdrùsen der Menschen und der Sâugethkn Leipsig, 1861.

(28) Rbcblinghausen, Die Lymphgefâsse und ihre Beziehung mit Bindegewebe, te Un, 1862.

(S9) W. Tomsa, Beitràge xur Anatùmie des LymphgefSssursprunges. Wien, 1862. (80) F. LETDI6, Traité d'histologie contrée, p. 450, trad. ftanc. Paris, 1S66.

Dl SYSTÈME LYMPHATIQUE CHEZ L'HOMMË BT LES ANIMAUX SUPÉRIEURS. 385

II. — Ganis (1) avait cru reconnaître les premiers rudiments du système l/mphâtique dans un appareil particulier de tubes aquifères découverts par Delle Ghiaje chez les mollusques gastéropodes, et retrouvés depuis par Bâêr dans quelques bivalves, tels que la mulette, Tanodonte, etc. Mais ces orgaoes doivent plutôt être considérés comme des espèces de trachées aguiières, c'est-à-dire comme des parties servant à la respiration.

Les véritables vaisseaux lymphatiques n'apparaissent que dans les animaux vertébrés.

Chez tous les Poissons^ excepté dans le genre Branchiostoma^ on a trouvé des vaisseaux lymphatiques. Les organes digestifs, les organes génitaux, la cavité orbitaire, la base des nageoires pectorales, les muscles du tronc voi- sins de la colonne vertébrale, sont surtout riches en vaisseaux de cet ordre; les vaisseaux sanguins et le cœur lui-même en sont entourés chez les esturgeons et les raies. Les lymphatiques commencent par des réseaux clos de toutes parts et offrant de petites dilatations celluliformes que tapisse une membrane interne lisse. C'est par erreur que Monro a avancé avoir vu, chez les raies, des orifices libres : une pareille disposition n'existe pas plus dans les poissons que dans les vertébrés supérieurs. Le plus souvent, on trouve deux gros troncs lymphatiques, qui, placés au-dessus ou à côté des vaisseaux sanguins, s'étendent sous la colonne vertébrale en suivant la longueur de la cavité abdominale. Ces troncs aboutissent à des veines qui correspondent aux sous-clavières ou aux jugulaires des animaux vertébrés "supérieurs. On rencontre aussi d'autres troncs secondaires situés au-dessous delà ligne latérale, dans la gouttière existant entre les muscles latéraux: ils paraissent offrir des communications plus ou moins nombreuses avec le^ veines.

II ne semble pas que le système lymphatique des poissons présente des ganglions analogues à ceux qu'on observe chez d'autres vertébrés. Toutefois on trouve, dans la cavité abdominale de beaucoup de ces animaux, au voi- Mnage de la rate et du pylore, des corps blanchâtres qui contiennent une substance de couleur lactée et des granules microscopiques.

Dans les Reptiles^ les vaisseaux lymphatiques, d'ailleurs très-nombreux, f'iTrent un calibre considérable et des dilatations sacciformes sur divers» points de leur trajet. Us constituent souvent une sorte de gaine autour d'artères ou de veines plus ou moins volumineuses. On trouve, dans la Miamandre en particulier, des réseaux et des sinus lymphatiques trèsdéveloppés sur le cloaque, le gros intestin et les côtés de la tête. Le canal iboracique» simple et large, se divise en deux plexus sous-maxillaires qui, recevant les lymphatiques des membres antérieurs et ceux de la tête, enveloppent les veines sous-clavières pour venir s'y aboucher. Chez les grenouilles, les plexus lymphatiques du cœur, des poumons et du cloaque ^ont très-développés ; une assez grande partie de la cavité abdominale est occupée par la citerne du chyle, elle-même très-volumineuse. Dans les

(1) CabCS* Anatomie comparée y l. II.

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W DE L*AB801PTIOK.

ophidiens, on rencontre deux canaux tboraciques, et tous les lymphaiiqoes se jettent dans le plexus de la région cardiaque, qui communique en plusieurs points avec les troncs veineux antérieurs. Chex les chéloniens, ob les troncs artériels sont enveloppés par les lymphatiques, il existe entre les poumons une grande citerne en communication avec les deux canaux thoraciques qui viennent se jeter dans les veines sous-clavières.

Mais^ ce qu'il y a ici de plus important, même pour Tbistoire du 8y>tëme lymphatique en général, c'est la découverte qu'en 1832 J. Mûller 1) a faite (chez les grenouilles d'abord, puis chez les salamandres et les lézards) de ccsurs lymphatiques pulsatiles. Ces organes, qui ont été au^!»i rencontrés dans les serpents et les crocodiles par Panizza (2), représentent des sacs musculeux qui poussent la lymphe dans les principaux troncs antérieur et postérieur du système veineux. Chez les reptiles nus, il en existe quatre dont deux antérieurs et deux postérieurs. Leurs contractions, dont le nombre s'élève à environ soixante par minute, ne sont nullement isochrones à celles du cœur sanguin; les divers cœurs lymphatiques du môme animal ne battent pas non plus simuKanément, Ils renferment tous une lymphe incolore, que les postérieurs versent dans une branche de la veine iscbiatique et les antérieurs dans une branche de la veine jugulaire.

Ces organes, qui ont une structure musculaire très-évidente, possèdent des fibres musculaires striées et des valvules disposées de façon à empêcher le reflux de la lymphe dans ses vaisseaux propres.

Les vaisseaux lymphatiques des Oiseaux, décrits pour la première foi:» par Alex. Monro (3), J. Hunter (A) et Hewson (5), sont remarquables par la minceur de leurs parois et par la présence de valvules dans leur intérieur. Ils existent dans presque tous tes points du corps et forment souvent des lacis plexiformes considérables. De véritables ganglions lymphatiques n'existent que dans la moitié inférieure du cou et à l'ouverture supérieure du thorax; partout ailleurs ils sont remplacés par des plexus.

En général, les troncs lymphatiques sont accolés aux vaisseaux sanguins. Ceux des membres pelviens et de la moitié postérieure de la cavité viscérale se réunissent en un tronc situé au devant de l'aorte. Ce tronc lui-même se divise en deux canaux thoraciques, qui reçoivent les lymphatiques des poumons, des ailes, de la tête et du cou : chacun d'eux s'abouche dans la veine cave supérieure au-dessous du point d'insertion des veines jugulaires. Il existe encore d'autres abouchements des vaisseaux lymphatiques dans les veines. Des lymphatiques, en nombre plus ou moins considérable, et appartenant à la région caudale, se jettent, après

(I) J. MttLLli. Handbuch det Physiologie des Men$chen. Coblenti, 1838, Bé. I, p. t80.

^2) PJOIUXA, Sf^ra il sistema linfatico dei Rettili, ttic. Pavi«, 1833.

(3) Aux. Moifiio, Observations Anat, and PhysioL Edinburgh^ 1758.

{à) J. IttuRTKR, Im. etV.

(5) Hewson, Expérimentai Inquiries into the Properties ofthe Blood, with an Appemdu relating to the Lymphatic System in Biras, Fishes and Amphibious Animale. Lomlns, 1771, in-12. — Et dans Phiios. Trans.^ 1768, p. 217.

m SYSTÈME LYMPHATIQUE CBEE L'HOMME ET LES ANIMAUX SUPÉRIEURS. 387

i'étre réunis en un ou plusieurs troncs» dans un sjhus membraneux sacci<forme qui parfois présente des parois musculeuses, et constitue alors une fiorte de emur Ijfmphaiique n'offrant que rarement des contractions riijtbmiques.

Des cœurs lymphatiques ont été observés chez Tautruche , le casoafi chez quelques échassiers et palmipèdes. Leurs parois, plus ou moins épaisses, sont constituées par des fibres .striées. Ces organes sont situés dam le tissu graisseux ou au-dessous du muscle caudal supérieur. Chez l'autruche, ils sont attachés aux os voisins par des languettes tendi* D€uses, et à Tintérieur lont pourvus de colonnes charnues ou bien traversés par des cordages tendineux qui s'étendent d'une paroi à Tautre. Ih ont aussi des valvules qui mettent obstacle au retour de la lymphe dans les vaisseaux lymphatiques et dans Torgane lui-même.

il n'existe pas de différence bien notable, quant à la distribution et à la structure, entre le système lymphatique des Mammifères çt celui de rhomme. Mais ce système s'éloigne au contraire beaucoup de celui des classes précédentes, et l'on peut lui assigner pour caractères propres fjt essentiels : un plus grand développement des valvules; la distinction des vaisseaux eu deux couches, Tune superficielle et l'autre profonde; un nombre considérable de ganglions; enfin un nombre plus limité de communications avec le système sanguin, puisque ordinairement il n'y a qu'un seul tronc qui se jette dans la veine sous-clavière gauche, et un autre accessoire qui aboutit à la veine sous-clavière droite.

Chez les grands mammifères^ on trouve, dans les parois des gros troncs lymphatiques, des fibres que divers anatomistes considèrent comme de nature musculeuse. On voit assez fréquemment, dans cette classe, les ;^angiions lymphatiques du mésentère réunis en une seule masse vers laquelle convergent tous les vaisseaux lymphatiques du canal intestinal, baas les singes, au contraire, les ganglions mésentériques sont très-dis- P^rsés, cooime chez l'homme. Ces organes sont plus rapprochés chez les iémuriens ; il en est de même chez les insectivores carnassiers, comme la Uupe, etc. Dans l'ours, le phalanger brun, ils forment un groupe unique ; d<ms la belette, il y en a deux groupes ; dans le chien, le chat^ le lion, le iaupbin, etc.^ il en existe un principal que l'on désigne sous le nom de mncréaê d'Aselli, et d'autres qui sont acoessoires; dans les galéopitbèques^ •'9 roogeurst les pachydermes, les tardigrades, les rumiuants, les glandes Desentériques sont séparées les unes des autres.

Ordinaireaient, le canal thoracique commence par une ampoule ou iilatation plus ou moins grande et irrégulière, dans laquelle se jettent les vmphatiques des o^lrémités inférieures et ceux des organes abdominaux. ^n voit souvent partir de cette ampoule (citerne lombaire de Pecquet) deux roncs distincts qui marchent sur les côtés de la colonne vertébrale, envoient des branches de communication et s'écartent l'un de l'autre en -\ant de la poitrine, pour se terminer dans les veines sous-clavières, après ^ élre séparés en un nombre variable de branches. Dans le phoque surtout^

388 DE l'absorption.

Knox (i) a reconnu Texistence de vaisseaux chylifères, dont les branches réunies en un tronc principal contribuaient à former un très-large réseroir du chyle. Le conduit de Rosenthal (2) n'est autre chose qu'an canal sortant d'un amas de glandes méscntériques où se rendent d'abord des chylifères.

m. — On sait que, dans l'opinion de beaucoup d'anciens anatomisles, les vaisseaux lymphatiques doivent ramener le sérum du sang exhalé par les extrémités artérielles. Cette opinion se rapproche de celle de Cowper (3), Sénac (4), Cheselden (5), Ferrein (6), Magendie (7), etc.,qu\, ayant remarqué qu'une injection poussée par les artères revient quelquefois par les lymphatiques, n'hésitèrent pas à affirmer qu'il existe une communication entre les lymphatiques et les dernières ramifications de^ artères.

On peut adresser plusieurs objections à cette manière de voir : les vai!^seaux lymphatiques ne charrient pas un liquide purement séreux, comme cela devrait être si le sang, arrivé au point de terminaison des artères, se divisait en deux colonnes, l'une séreuse pour les lymphatiques, et Vaulrc sanguine pour les veines. Nous démontrerons en effet, plus tard, que k liquide renfermé dans les lymphatiques a des caractères spéciaux qui V différencient du sérum du sang. Panizza (8) a vainement essayé d'injeclcr les vaisseaux lymphatiques de l'intestin par les artères mésentériques, ou bien ceux du poumon, du rein et de la rate par les artères correspondantes. Sappey (9) n'a pas mieux réussi en étendant les mêmes recherches au foie, au testicule^ à l'ovaire, à l'utérus^ ainsi qu'aux membres, etc. Ces deux habiles anatomistes n'ont constaté le passage de la matière à injection d'un ordre de vaisseaux dans l'autre que dans le cas de rupture. J. Hunter (10) et Alex. Monro (11) étaient déjà arrivés, dans leurs expérience^, au môme résultat négatif. En introduisant la pointe d'un tube à injectit n dans un réseau lymphatique quelconque, on ne voit jamais le mercure s'introduire dans les artérioles. En injectant ces deux ordres de vaisseaux avec de la gélatine ou de la glycérine diversement colorées, His (12), Frey (K) , Kostarew (14), ont pu voir au microscope que les matières à injection ne

(1) Knox, Edinb. Med. and Surg, Journal, t^ July, 182d.

(2) Rosenthal (Fboriep'8 Sotizen, 1822^ t. XXHl^ p. 5).

(3) Coyf?LtiyThe Anatomy of Human Body^ Introd. -^ Et PfiUos. T/yiiiî., 1696, l. IV,p,81. (Â) 8tRAC, Dans Anat, de Hqster. Paris^ 1735, p. 455.

(5) Chbseldeii, Anatomy of the Human Body^ cbap. X. Loadon, 1722.

(6) Febreih, Mém, de VAcad» des sctençrs de Pans, année 17dl, p. 371.

(7) Magendie, Précis éiém. de physiol.^ t. Il, p. 194, 4«édit. Paris, 1836.

(8) Panizza, Osservazioni antropft-zooiomico fisioiogiche» Pavie, 1830.

(9) Sappey, Anatomie descriptive^ U 1, p. 589.

(10) J. HuNTEB, Médical Commentaries, by W. Hunteb. London, 1762.

(11) A. MohM^ Ufvenislympk, valvuiosis et de earum imprimis origine. Londres, l/ôT.

(12) His, loc. cit.

(13) Fbey, loc. cit.

(14) S. Kostarew, Jieitrûge zur Kenniniss der Lymphwege der Vôgel (Archiv fur mikn copische Anat. von Max Sghultz, 1867, Band IH, 4* Reft, p. 409).

J.ES CAPILLAIRES LTUPH AT. COMMUNIQUENT-ILS AVEC LES CAPILT^ SANGUINS? 389

se mélangeaient pas, et que les capillaires lymphatiques ne communiquaient pas avec les capillaires sanguins. Us sont pourtant extrêmement rapprochés les uns des autres, comme nous le verrons bientôt. — Après toates ces observations, il n'est pas possible de croire à une commuoica* tioD entre les lymphatiques et les artérioles; les uns et les autres parais*» >ent indépendauts.

Examinons maintenant si l'opinion, qui admet la continuation des lym

phatiques avec les veines, est mieux fondée.

On sait que le système lymphatique se termine de la manière la plus apparente par deux troncs, le canal thoracique qui s'ouvre dans la veine sousrlâvière gauche, et la grande veine lymphatique droite qui s'ouvre dans la veine sous-clavière droite. Plusieurs anatomistes, frappés de Texigulté de ces deux troncs comparée à l'ampleur de l'ensemble des vaisseaux lymphatiques, avaient cru que ces derniers communiquaient en outre avec les principales dépendances du système veineux : Wepfer (1) aurait vu des aisseaux diaphanes^ nés de l'utérus ou des ligaments larges, s'ouvrir dans la veine iliaque interne, et Hebenstreit (2)^ des lymphatiques s'ouvrir dans la veine azygos ; Nicolas Sténon (3) prétend en avoir conduit de la partie droite de la tête dans la veine axillaire, et Nuck [k) dit avoir aperçu des lymphatiques du bras se rendant dans la veine sous-clavière ; Fréd. Ruysch (5) (lit aussi qu'il a vu des vaisseaux lymphatiques du poumon venir aboutir aux veines sous-clavières et axillaires, etc.

Mais, d'un autre côté, Haller (6) affirme n'avoir jamais trouvé un seul vaisseau lymphatique qui se terminât dans une veine, et il rejette toute espèce de terminaison de ce genre; il en est de même de Gruiksfaank (7) et de Mascagni^ qui n'ont jamais vu de vaisseaux lymphatiques aboutir à 'fautres veines qu'aux sous-clavières et aux jugulaires internes. Blandin (8) et Cruveilbier (9) ont aussi vainement cherché les communications indh- «luées par Lippi (10], de Florence, qui avait prétendu avoir découvert un grand nombre de communications directes entre les vaisseaux lymphatiques et la veine porte, la veine honteuse interne, les veines rénales, la veine cave ascendante et l'azygos. Lippi n'a pu parvenir à démontrer la réalité de ses assertions en pi:ésence de plusieurs habiles anatomistes.

Si les lymphatiques ne vont pas se rendre dans d'autres troncs veineux que les veines sous-clavières^ plusieurs anatomistes ont pensé qu'ils corn-

\, Wfa^FCB^ De dubiis anatomici» epistola qua ohjeciiones nonnuUas contra Bi/sii doctri' !»«'«, etc., 1664.

'2) HnsnnKn, Programma de mediastino postico, Leipsig, 1743, iD-4^ • 3, HicOLAft St^OM^ Observât, anatom, de muscuiis et gianduiis spécimen ^ etc. Copen- '-•ffiie, 1664^ p. 38.

'A, !lccx, Adenographia, etc.

'^; FitD. BiJTSCH, De vahulis lymphatic,, dans Opéra omnia,

^) BktLMML, ElementaphysùU,^ t. I, p. 179.

') CtvusBAliK, ouvr, cit.f p. 200.

B, Blasdut, Anatomie générale de Bichat, t. II, p. 455.

^. CionDUim, Anat. descript,^ t. IH, p. 357.

MO. Lirriy Recherches phym»l. et pathol, mr le système lymphatique chylifère. Florence,

3§0 DÉ T/ABSOnPTIOPt.

muniquâient avec les veinules. Fohmann(l), en ouvrant Tabdomen d'un sitiiûidé, trouva, sur une portion d'intestin grdle, les vaisseaux lactés gorgéft de cbyle. L'injection des artères vidait les chylifères, el^ dans léS pluâ petites veines, il y avait un suC semblabld au chyle. Alex. LflUth (2) est porté à ôroire que, dans ce cas, le fluide a dû être ver^ dans les radicules veineuses par les lymphatiques. Fotamatm (3), en iiy«âtant les réseaux lymphatiques du gros intestin des carnivores, remarqua que le mercure ne sortait des tuniques intestinales que par 1«8 vaisseaux obliques, très-ténus, qui se rendent dans les ganglions lymphatiques situés au bord concave de l'intestin, et par quelquet rameaux veineux, « Quoique Fohmann, dit Lauth (/i), ne vit pas l'endroit où les lymphatiques entraient dans les veines, il crut n'en devoir pas moins admettre la réunion immédiate de ces deux ordres de vaisseaux. • Enfin, sous le microscope, G.-F. Harless (5} affirme avoir vu des portioib d« peau et d'intestin qui présentaient l'aspect suivant : le mercure n'éUil pas seulement entré dans les plus petits rameaux lymphatiques, qui. se terminant ou naissant dans des cellules ou des papilles, devenaient daii> Uur trajet de gros troncs lymphatiques, mais ce métal remplissait encon^ d'autres vaisseaux capillaires s'anastomosant distinctement avec des veincf d'un gros diamètre.

Ces argtiments paraîtront d'une assez mince valeur pour infirmer L'opinion professée par tous les anatomistes les plus exacts de notre époque 4ui assurent que l'injection poussée parles lymphatiques ne passe dans lo<> vdines que dans le cas de rupture; qu'on ne réussit jamais à injecteriez dbyllfërés par les veines mésaraïques; que les injections, poussées par la teinè porte et dirigées vers le foie, ne pénètrent pas dans les lymphatiques de cet organe sans déchirure; qu'on cherche vainement à injecter les l\m pbatiques du testicule par les veines spermatiques, ceux du rein et dr la rate par l^tirs veines respectives, etc. — Les radicules lymphatique^ tt les radicules veineuses semblent donc également être indépendantes le unes des autres.

IV. --- Les auteurs qui suivirent Aselli, ignorant le mode d'origine de capillaires lyûiphatiques, les faisaient naître par des e^^trémilés libres aussi ridée d'ûrifloes sur ces extrémités devait-^elle naturelleaient se pn" senter à leur esprit. Admise dans le principe par Aselli lui-mêmt Th. fiartholin, Rudbeck, cette idée a été, depuis, soutéiluepar flaase (6), p^

(1) FomAMN, Anatomische Untersuchungen ûber die Verbinduny der Saugadem mii -' Venen, p. 28. Heidelber;^ 1822.

(2) À. Lauth, Essai sur let vmwMtf» lymphatiqwéf Ihèie inauy., p. 21 1 atraébourf , i^H

(3) FOHMANH, ouvr» cit., p. 50.

{à) Thèse cit., p. 22.

(5) Harless^ Historich-physiohgische Bemerkungen und neue Untersuchungen ùà^ «^ Blutumlauf in warmblùtigen Thieren, inséré dans les Rheinische J ahr bûcher fmr Àied. »< Chit,, M. Vit, 2t<^« Sittek, 1823.

(6) Haase^ De vasis cutis et intestinorum absorbentibus, etc. Lipsi»^ 1786, ch. 2, p. A

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