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ABSORPTION PAR LES VEINES

maux soumis ^ux expérieDces n'étaient-ils pas, par exemple, dans la catégorie de ceux qui peuvent avoir un canal thoracique double, ou de gros troncs lymphatiques s'ouvrant isolément dans les deux veines sous-claviéres?

C'est dans le but de répondre à ces objections que les expériences suivantes ont été instituées :

Chez un chien, assoupi par l'opium a&n de lui éviter la douleur, l'une des cuisses est séparée de manière à ne plus communiquer avec le tronc que par Tartére et la veine crurales, dont ou enlève encore la tunique celluleuse. Deux grains d'upas étant introduits dans la patte ainsi isolée, des accidents se manifestent promptement et le chien succombe au bout de dix minutes.

Afin qu'on n'objectât plus, dit l'expérimentateur (1), que, malgré les précautions prises, il pouvait rester des lymphatiques dans l'épaisseur des parois artérielles et veineuses, la précédente expérience fut modifiée de la manière suivante : un tuyau de plume étant introduit dans l'artère crurale et un autre dans la veine correspondante, chaque vaisseau fut réséqué circulairemeut sur ces canaux inertes. Du poison ayant été inséré dans la patte de l'animal, les effets n'en furent pas moins très-appréciables au bout de quatre minutes (*).

Comme nous le prouverons plus loin, ces deux dernières expériencest tant de fois citées, sont absolument sans valeur dans la question qui nous occupe. 11 est vrai que leur auteur, pour étayer la doctrine ancienne de Tabsorption par les veines, en a encore institué quelques autres :

Un chien avale quatre onces d'une décoction de rhubarbe; la lymphe est extraite du canal thoracique une demi-heure après l'ingestion, et Ton n'y trouve pas vestige de cette substance dont la matière colorante est déjà passée dans l'urine. — On fait boire à un chien six onces d'une dissolution deprussiate de potasse : après un quart d'heure, ce sel, entraîné par les rourants sanguins, est déjà dans l'urine, tandis que la lymphe extraite du canal thoracique n'en renferme aucune trace. — On administre à un autre chien, par l'estomac, trois onces d'alcool étendu d'eau, et, après quinze minutes^ le sang exhale une odeur d'alcool qu'on ne peut constater dans la lymphe.

C'est aussi dans le but de donner appui à la précédente doctrine, que S^galas (2) fit l'expérience suivante :

Une anse intestinale est isolée du rc^te de l'intestin par deux incisions; les artères et les veines mésentériqnes sont liées, tandis que les vaisseaux <'hylifères seuls restent libres. Une dissolution aqueuse d'extrait alcoolique tle noix vomique est injectée dans l'anse intestinale qui est aussitôt repla-

(1, MAfiUfDit^ loc. cit,

(*) Ces mêmes expériences ont révélé un fait qui mérite d'être rappelé : c*est que, extrait <l«s animaoït sur lesquels les strychnos amers, après avoir été absorbés, ont produit leur effet •lélétère, lo sang ne peut produire & son tour aucun accident funeste quand il est injecté dans 1^ tystàme vaseulaire d'autres animaux.

2) StCALAS, Jour», de Phyml. expérim., t. Il, p, 120.

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cée dans Tabdoinen. Au bout d'une heure, il n'y a aucun «igné d'empoisonnement.

II était permis d'objecter ici que la suspension du cours du sang dans l'intestin frappait cet organe de mort. Ségalas refait donc l'expérience en laissant libre une des artères mésentériques; mais, malgré cette précaution^ il ne se manifeste non pins aucun signe d'empoisonnement.

On pouvait encore dire que l'interception du cours du sang dans une Teine quelconque détermine une stase sanguine qui empoche l'absorption. Pour prévenir cette nouvelle objection^ Texpérimentateur laisse cette fois la circulation libre dans une des artères et ouvre la veine correspondante : toujours même résultat négatif.

Enfin une quatrième expérience est d'abord disposée comme la première, et il ne survient pas de phénomènes d'intoxication, quoique les chylifères soient intacts; mais on la varie ensuite en déliant la veine, et l'empoisonnement se manifeste au bout de six minutes.

On peut d'ailleurs invoquer bien d'autres expériences que les précédentes pour établir que les veines remplissent un rôle des plus importants àm> l'absorption, et que, dans un grand nombre de cas, l'introduction des substances absorbées est beaucoup trop rapide pour qu'on l'explique par le cours de la lymphe ou par l'intervention des vaisseaux propres à ce fluide.

Westrumb (1), par exemple, après avoir injecté une solution de cyanure de potassium dans l'estomac, retrouve, au bout de deux minuie$^ ce sel dans l'urine, sans que la lymphe et le chyle en offrent la moindre trace: dans cette expérience, les uretères avaient été divisés, et l'on y avait fixé de petits tubes à l'aide desquels on pouvait recueillir l'urine.

C'est en ayant égard à l'abord plus ou moins rapide d'une substance, à propriétés bien connues, dans tel ou tel compartiment du cœur, qu'on a cherché aussi à déterminer quels sont les agents vasculaires de l'absorption à la surface de la muqueuse pulmonaire. Ainsi, quand cette substance apparaît dans le cœur gauche et le sang artériel avant de manifester sa présence dans le cœur droit et le sang veineux^ on en conclut que ce sont les veines pulmonaires qui ont été les agents de l'absorption. — Lebkûchner(2) injecte, dans la trachée-artère d'un chat, du prussiate de potasse dissous dans vingt parties d'eau : après deux minutes, on constate la présence du prussiate dans le sérum du sang artériel, mais il n'y en a aucune trace dans le chyle ou le canal thoracique ni dans le sérum du sang veineux. — Une dissolution de sulfate de fer est introduite dans les bronches de deux chats : six minutes après, le sérum du sang de la carotide renferme ce sel qui n'existe pas dans la veine jugulaire.^ On injecte, dans la trachée d'un chat, 2 grammes et demi de nitrate de potasse dissous dans 16 gramme^ d'eau : l'animal meurt avec des convulsions au bout de deux minutes; du papier est trempé dans le sang de l'aorte descendante, on le fait sécher,

(1) MECKfiL'8 Archiv, t. VII, p. 525-5A0.

(2) LeBKuGHNXR, T/ièse lot. cit, Tubin|ue, i8i9«

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