TEXTURE DES GANGLIONS LYMPHATIQUES
«abouchedans la veine sous-clavière gauche, et la grande veine lympha* (iqu6daDsla veine sous-clavière droite, au niveau de la réunion de ce dernier vaiueau avec la veine jugulaire interne.
Autrefois on considérait les ganglions lymphatiques comme formés uniquement par du tissu cellulaire, circonscrivant de petites cavités dans ses mailles (Malpighi, Brunner^ Nuch, Cruikshank, etc.), ou bien par des vais- ^aax enroulés constituant des masses plexiformes{Âlbinus, Ludwig, Monro, J.-F. MeckeU Wrisberg, etc.) ; enûn, quelques anatomistes, se rattachant ') une opinion mixte^ trouvaient dans les ganglions un élément vascuiaireet un élément celluleux (Mascagni, Sœmmering, etc.)*
Alex. Lautb (1) dit qu'il a conservé une préparation démontrant que les Irlande» lymphatiques ne sont que des plexus vasculaires réunis par du (is>u cellulaire : il s'agissait d'une glande parfaitement remplie de merrnre, qui, avant Tinjection, n'avait aucune apparence vasculaire, et qui, après cette injection, montrait manifestement un réseau de lymphatiques •le diverses grandeurs repliés les uns sur les autres. Le même anatomiste fait observer que, si certains ganglions paraissent formés de cellules, cette apparence résulte d'une dilatation des lymphatiques en forme de chapelet, •Hj bien encore des coudes que forment les vaisseaux repliés sur eux-mêmes. Daulres observateurs admettent que les vaisseaux lymphatiques afférents se diviient, à leur entrée dans les ganglions, en branches, rameaux, ramusniles qui pénètrent de la périphérie vers le centre, en formant un pinceau de capillaires, et que les vaisseaux efférents naissent de l'intérieur de la glande par un pinceau de capillaires semblables, continus à leur origine avec la terminaison des précédents. Dans cette opinion, la structure celluleuftc que présentent certains ganglions lymphatiques se rattacherait à un •^tJl pathologique : alors quelques-uns des capillaires du ganglion s'oblitèrent en divers poinl^, se dilatent sur d'autres, et, ainsi modifiés dans leur itructure, paraissent plus ou moins celluleux (2).
Diverses remarques tendent en effet à confirmer une pareille manière d'envisager la structure des ganglions lymphatiques. Chez Tembryon, on ne trouve que des lacis plexiformes dans lesquels il est impossible de révoquer en doute la continuité des vaisseaux. Chez les oiseaux, il n'existe de véritables ganglions lymphatiques qu'à la partie supérieure du thorax, et^ 'm^le reste du corps, ils sont remplacés par des plexus considérables, <l4nb lesquels les vaisseaux présentent des dilatations aux points de leur r»*union ou de leur division : ce sont, nous l'avons dit, ces dilatations qui, au rapport de Lauth, ont élé prises pour des cellules dans les ganglions où idiiructurc n'élait pas aussi distincte que chez los oiseaux. Pour J, Mûli«r '3t, qui admet que les vaisseaux lymphatiques afférents se partagent^ "'i moment de leur entrée, en petites branches donnant naissance, par leur rt^union, aux vaisseaux efférents, les uns et les autres s'anastomosent par
1' iKZJW^ thèse cit., p. 28.
'2) Samt, ouvr.cit»^ p. 630.
'3; /. UûLLEm, Manuel de physiotogie^U I, p. 206. Paris, iS51.
àOO DE L* ABSORPTION.
rintermédiiiire des réseaux dont Ja glande est entièrement composée, et Ton peut faire passer du mercure des premiers dans les seconds à Iraver^ la glande. Tout en regardant les petites glandes lymphatiques comme de simples plexus vasculaires^ Millier s'explique aussi l'apparence cellaleuse des plus grosses par les dilatations que présentent des vaisseaux lymphatiques flexueux; et, pour lui, a les glandes lymphatiques sont construilb absolument comme les réseaux admirables amphicen triques, dans lesqueb un vaisseau sanguin se résout en un grand nombre de tubes plus déliés, d*oii ensuite se reproduit un nouveau tronc.»
Sans doute les ganglions lymphatiques présentent dans leur Iciture de riches plexus vasculaires, comme l'avaient démontré les anatomistes que nous venons de citer ; mais Tarrangement des vai^aui lymphatiques dans leur trame, leurs relations avec les capillaires sao guins, et la disposition du tissu conjonctif, étaient restés inconnus jib qu'aux travaux de Ludwig et Noil (1), de Brûcke^ F. Leydig, Kôlliker, Hi» Frey, etc.
Lorsqu'on pratique, dans l'intérieur d'un ganglion, une coupe allant d( sa surface vers son hile, on trouve qu'il est formé de deux substances'.Vim^ périphérique ou corticale, l'autre centrale ou médullaire^ distinction établi pour la première fois par Brûcke. La substance corticale est granuleuse tandis que la substance médullaire est spongieuse. Ces deux aspects diffé rents sont uniquement dus à l'arrangement particulier des éléments aû% tomiqucs du ganglion, éléments qui sont les mêmes dans l'une et l'autr substance.
Une membrane formée par du tissu conjonctif entremêlé de fibres éla tiques et de quelques libres musculaires lisses (*) enveloppe le ganglio dans toute son étendue. Elle est perforée vers le hile par les vaisseaux :saf guins et par les vaisseaux lymphatiques efférents, et dans divers points sa surface par les lymphatiques afférents. De sa face interne naissent d cloisons qui constituent la charpente du gangliou. En s'entrecroisanl divers sens, ces cloisons circonscrivent des cavités communiquant tou entre elles, et dont la forme varie dans la substance corticale et dans substance médullaire : dans la substance corticale, elles sont sphériques constituent ce que Henle appelait des acini, et ce que Kôlliker appelle d alvéoles; dans la substance médullaire, elles sont cylindriques, beaucoup pi petites, et se continuent directement avec les lymphatiques etférents; les appelle les cordons médullaires.
Dans les espaces alvéolaires de la substance corticale et dans les cordo médullaires se trouvent un léger réseau de fines trabécules qui donnent ces espaces l'aspect d'un corps caverneux; c'est le reticulum^ découvert p
(1) Ludwig et Noll, Veber den U/mphsirom in den LymphgefUssen und die weseidikh.'i anatomischefi Beitandtheiie in den LymphdrOsen ( Zeitschrift fur ratùmelie Mfdn 1850).
(*) Les fibres musculaires lisses ont été démontrées chex l'homme par 0. HcmiJin [lé den Bau der Lymphdrûsen, 1851) et par His (/oc. cit.).
AftSORPTlON PAR LES VAISSEAUX LYMPHATIQUES. Mi
Knlliker. Il serait fonné^ selon les uns (1)^ par des libres élastiques; selon les autres (2}> par des corpuscules étoiles dont les prolongements s'anasto* raoseraient.
Le réticulum des alvéoles enserre dans ses mailles les éléments de la pulpe centrale ou corps pulpeux (His). Ces éléments sont des petites cellules ou des noyaux (globulins lymphatiques).
Autour du corps pulpeux, His n'admet aucune membrane : pour lui comme pour la majorité des histologistes, la limite des alvéoles est déterminée par une condensation du tissu réticulé, et il est impossible aujourd'hui de soutenir cette opinion ancienne qu'il existe dans les ganglions des vésicules closes de toutes parts et remplies par les éléments précédents. Les vaisseaux lymphatiques restent limités à la périphérie des alvéoles et constituent là ce qu'on a appelé les sinus lymphatiques.
Les vaisseaux afférents viennent s'ouvrir dans les sinus lymphatiques des alvéoles, fait qui a été surtout démontré par les injections de His (3). Quant aux vaisseaux cfférents, His n'avait pu les suivre jusqu'aux sinus lymphatiques, et Ton est resté longtemps avant de savoir où ils naissent. Au* jourd'hui on pense que Us canaux médullaires s'abouchent dans les sinus de la substance corticale^ et qu'ils sont aussi les origines des vaisseaux elféreots; de sorte que ces derniers et les vaisseaux afférents sont en continuité à travers le ganglion.
Les artères pénètrent généralement dans le ganglion par son bile. Elles traversent en se rs^mifiant la substance médullaire, mais ce n'est que dans la "substance corticale que se font leurs divisions ultimes. Elles cheminent d abord dans les cloisons pelluleuses des alvéoles^ puis envoient vers les ("orps pulpeux des artérioles qui forment des réseaux capillaires au milieu de leurs éléments. De ces réseaux naissent des veinules qui, en s'anastomosant, forment les troncs veineux qui sortent par le hile.
Brûcke {U) a considéré les follicules isolés de l'intestin, ainsi que ceux qui sont agglomérés en plaques de Peyer, comme des ganglions lymphatiques diffus. En effet, on a constaté^ depuis lui, que ces follicules sont •'iitourés d'un sinus lymphatique, et qu'ils contiennent dans leur intérieur une grande quantité de petites cellules ou de noyaux entre lesquels viennent ^e ramifier des capillaires sanguins. Ils semblent représenter exactement nn des alvéoles de la substance corticale des gros ganglions lympha-
ÎHjUPS.
Vil. — Nous avons w\ qu'avant la découverte des vaisseaux lymphatiques ''■fi attribuaU l'absorption aux veines, et que, plus tard, ce même acte fut
(i) Caukà», De glandnhrum iympfiatiearum structura^ 1S58. — Kradsi, Ànatomûche ' "t^Ttuchungen, p. 113, lymphfoiiikel, Hannover, 1861.
(2) KôixiKSB, Bis, FiSY, loc. cit.
(3, His, ioe. cit.
V B. BaiiCKE, Ueber den Bau ùnd die physiologische Bedeutuny der Peyerisehen Drù$en. i*^nksckriften der Wiener Akademie dct Wissentchaften. 1851, t. H, p. 21, plenche 8, ^. 1 à 5.
L0II6IT. — PTOiOL. 1. -> 2(i
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attribué au système lymphatique à Texclusioa du système veineux. C'est surtout en Angleterre que la doctrine exagérée de Vabsorpiion par Ut seuls vaisseaux lymphatiques fut développée et soutenue par les deux frères Hunter, Hewson, Cruikshank, etc. Voici comment s'exprime, à ce sujet, William Hunter (1) dans les leçons préliminaires de son cours d'anatomie :
« Je pense avoir prouvé que les vaisseaux lymphatiques, dans toutes les parties du corps, ne sont que des vaisseaux absorbants; qu'ils sont de même nature que les vaisseaux lactés, et que ceux-ci tous ensemble constituent, avec le canal tboracique, un grand système général répandu par tout le corps et destiné à l'absorption; que ce système «eti/ a la faculté d'absorber à l'exclusion des veines sanguines, qu'il sert à pomper et à charrier, de la peau, des surfaces intestinales et de toutes les cavités ou superficies intérieures quelconques, tout ce qui doit former le sang ou ce qui doit être mêlé avec lui. Cette théorie a pris crédit de jour en jour, ici comme ailleurs, et à un tel point que nous pouvons actuellement dire qu'elle est presque universellement adoptée; et si nous ne nous laissons point aller à l'erreur, on s'accordera, lorsque le temps sera venu, à la regarder comme la plus grande découverte en physiologie et en pathologie que Tanatomic ait suggérée depuis celle de la circulation, n
Plus tard, John Hunter (2), sous l'inspiration de son frère aine William, fit une série d'expériences, dans le but de démontrer Tabsorptioii par le système lymphatique, à l'exclusion des veines. Ces expériences, qui portèrent sur les chylifères, seront décrites avec détail à propos de Vabsorptim intestinale. Disons seulement ici qu'elles ne donnèrent point à William Hunter une conviction absolue, et que, malgré sa tendance à nier Tabsorption veineuse, il hésita à la rejeter tout à fait.
Gruikshank, élève de W. Hunter, apporta moins de réserve que son maître dans Texposé de ses doctrines sur l'absorption. Cependant la plupart de ses preuves manquent totalement de valeur. Ainsi, pour prouTer l'absorption par les lymphatiques, il allègue que toutes les fois que de^ fluides sont extravasés sur des surfaces ou dans des cavités, ou bien qu 11^ sont accumulés dans leurs réservoirs, les lymphatiques qui en partent sont remplis de ces mômes fluides. C'est ainsi que, chez des individus morb d'hémoptysie, il aurait vu les lymphatiques des poumons, qui dans d'autrts circonstances contiennent un fluide transparent, être gonflés de sang ab-* sorbe dans les cellules aériennes; les vaisseaux lymphatiques de-la vésicult biliaire auraient été aussi trouvés pleins de bile, dans les cas où des calcoN biliaires, arrêtés dans le conduit cholédoque, empêchaient la bile de s'écouler dans les intestins, etc.
Schreger (3), ayant rempli de lait tiède la vessie d'un chien, prétend avoir retrouvé plus tard ce liquide dans les vaisseaux lymphatiques et non dan«
(1) CfttJiKSHAHX, otivr. dté» Introduction, p. 12.
(2) ioiH HmrriB, Médical Commentaries^ ptrt. l».p. 39. «-J. Hoima, Œmfrmcomplèieu traduction de Ricbelot, t. IV, p. 394.
f3) SCBRBGER, De functione placentee uterinœ, Ërlangen, 1799, p. 19.
ABSORPTION PAR t£8 VA1S6£AUX LYMPHATIQUES. 403
les veines de cet organe. Assalini (1), Saunders (2)^ Mascagni^ etc., assurent aussi que les fluides accumulés dans les réservoirs des appareils sécréteurs peuvent être repris par les vaisseaux lymphatiques.
Aax yeux de divers observateurs, il a paru en être de même à la surface de la peau. Déjà Mascagni (3) avait signalé, sur lui-même, un gonflement des glandes inguinales après une immersion de quelques heures dans un bain de pieds, et Collard de Martigny (k) a observé un pareil gonflement des glandes axillaires, en laissant ses mains plongées dans Teau chaude pendant deux heures et demie. On aflSrme que les frictions mercnrielles prolongées finissent par rendre les ganglions lymphatiques plus rouges et plus gros du côté frictionné; la remarque en a été faite surtout par Autenrieth et Zèller (6).
Chez un homme auquel on avait pratiqué une saignée du pied, un vaisseau lymphatique de cette région avait été ouvert accidentellement : Scbrcger (6), après avoir appliqué sur la plaie une ventouse sèche, plongea le pied tantôt dans de Teau musquée, tantôt dans du lait, et d'autres fois le frotta avec de Tessence de térébenthine. Après un certain temps^ on reconnut Todeur ou la couleur de ces substances dans la lymphe fournie par le vaisseau ouvert; il n'en existait pas de traces dans le sang tiré d'une veine sous-cutanée voisine. Les membres d'un chien, après avoir été rasés, furent plongés, pendant plusieurs heures, dans une solution de nitrate de potasse: Schreger (7) retrouva ce sel dans la lymphe des membres et non dans le sang. Après avoir tenu les pattes d'une grenouille, pendant deux heures, dans une solution de cyanure de potassium, J. Millier (8) put aussi constater la présence de ce cyanure dans la lymphe.
Avant de juger plusieurs des expériences qui précèdent, il importe pourtant qu'on sache aussi que des substances, appliquées sur la peau ou sur des membranes séreuses, ont été retrouvées à la fois dans le système lymphatique et dans le système veineux : c'est ce qui a lieu, au rapport de Seller et Fîcinus (9), pour des préparations saturnines employées en cataplasme sur la jambe d'un cheval, et pour le cyanure de potassium mis au contact de la peau d'un chien dans une expérience de Weslrumb (10). D'autres fois même les matières avec lesquelles on avait expérimenté ont été retrouvées dans le sang seulement; et, parmi les expériences deWestrumb (il), ii en est une qui, sous ce rapport, mérite d'être rappelée : un chien, dont kb poils du train postérieur avaient été rasés, fut placé dans un bain (à 25 de-
I) AitALun, Bêêoi médical sur le$ vaisseaux lymphatiques , p. ai, (2^ VotTCKt, Hoftdbuch der pathologischen Anatomie, 1. 1, p. 510.
(3) Mascagni, Vasomm lymphat, corp. hum, hist, et iconogr,, p. 23. Vienne 1787. (h) GoiXAMD DB Martight, Arch, gén, de méd,^ t. XI, p. 79. (5) KOL'S Archiv, t. VIH, p. 220.
Xj, ScaaxGn, De functione placenta uierinœ, Erlangen, 1709, p. 40. (7. ScuEGElii loc, cit., p. 16.
(S) J. liaixsB, Manuel de Physiol,^ t. I, p. 212, trad. de Jodrdan, Parts, 1851. (9) StiLm et FiciNUS, Zeitsehrift fàr Natur- und Heilkunde, t. II, p. 363. (10^ WiSTmuMB, Physiol. Vntersuch, ueber die Eimaugunyskrafl der vènen, HannovAr ; 1825. — Voye* aussi Mvckkl 8 Arckiv, t. VII. nannover,
II) WiSTiCiiB, loc, cit., 11* expérience.
W^ DE I/ABSOBPTION.
^rés cenligradG>) tenant en dissolution du cyanure de potassium; te sang de la veine cave donna à l'analyse du cyanure de potassium qu'on ne rencontra ni dans le chyle, ni dans les glandes inguinales. De leur c6té, Ficînus et Seiler (i) obtinrent aussi les mêmes résultats.
D'après les expérimentateurs de la Société de Philadelphie (1), du cyanure de potassium, introduit dans les cavités séreuses du péritoine et de la plèvre, a été retrouvé dans le sang et dans le chyle. J. B. Lawrence et Coates (3), ayant injecté ce même sel dans le péritoine, l'ont retrouvé après deux à cinq minutes dans la partie supérieure du canal thoraciqne^et plus tard dans les veines.
De semblables résultats nous conduisent naturellement à parler de l'absorption par les veines, c'est-à-dire d'un des actes les plus importants que cet ordre de vaisseaux ait à accomplir.
VIIL — Nous nous bornerons d'abord à reproduire les faits qo'on a coutume d'invoquer pour établir la réalité de Vabsarption par les veines ; pais nous tâcherons de préciser la valeur de plusieurs de ces faits, en revenant aussi sur quelques-unes des expériences citées précédemment à l'appui de la doctrine exclusive de l'absorption par les vaisseaux lymphatiques.
Vers le milieu du siècle dernier, comme nous l'avons déjà dit, les deux Hunter et leur école étaient parvenus à rendre contestable le pouvoir absorbant des veines, qu'avec Hippocrate et Galien toute l'antiquité attribuait déjà à ces vaisseaux, et que Swammerdam, Ruysch, Kaau-Boerhaave, J. F. Meckel, Haller, J. T. Walter et tant d'autres s'étaient appliqués à démontrer à l'aide de l'expérimentation ou du raisonnement. C'est presque de nos jours qu'on a vu une réaction s'opérer en faveur des idées anciennes.
En 1809, Magcndie et Delille (&), voulant déterminer si les lymphatique.^ constituent en effet la route unique que parcourt les substances étrangé^e^ pour arriver au syslème veineux, pratiquèrent la ligature du canal thoracique sur un chien et introduisirent une dissolution A*upas tieuté dans le péritoine : comme dans les expériences postérieures de Brodie (5), avec le v^oorara, les effets du poison se montrèrent aussi rapides que dans les ca> où le canal thoracique n'avait pas été lié. La môme expérience fut répétée sur d'autres animaux en introduisant le poison dans la plèvre, l'estoroact les intestins, ou bien dans les muscles de la cuisse, et l'on obtint constamment les mômes résultats.
Mais une objection se présente tout d'abord : n'y aurait-il pas, entre le système lymphatique et le système veineux, des communications autres que celle du canal thoracique avec la veine sous-clavière gauche? Les ani-
(1) FiciNDS et Seilbb, loc. cit.
(2) Phiiadelphin Journal ofthe Med. Se., t. UI, 1822.
(3) J. B. Lawrence et Coates, An Account of some Further Sxperiments to deÉermiA-' fhe Absorbing Power ofthe Veins and Lymphatics. Dans Phiiadelphin Jottrn, ofthe Merf.
Se., août 1822.
(à) Magembie et Demli.e, Journal de PhysioL cxpérim.^ t. I, p. 18, (5) Brome, Philos. Transact,^ 1811.