RIATIONS DE PRESSION DE L* AIR. — INFLUENCE SUR LA RESPIRATION
imc la peau; seulement, en vertu de sa texture plus délicate, elle résiste as bien à la pression des gaz contenus dans le sang et se déchire plus ement : ainsi s'expliquent les hémoptysies qui surviennent parfois dans ir trop raréfié.
îs faits, que nous ne pouvons qu'indiquer, se lient, comme on va le voir, curieuses remarques touchant Tinfluence qu'exercent sur la respiration [randes et brusques variations de pression de l'air, îpuis les mémorables expériences faites sur le Puy-de-Dôme, de 16A6 îiS, par Pascal et Périer, et depuis les ingénieuses inductions du prc- ', on sait que Tair se compose de couches superposées de densité sucivement décroissante à mesure qu'on s'élève au-dessus du niveau des > (*] ; de telle sorte que, dans les ascensions sur les hautes montagnes ou dans les ascensions aérosiatiques, l'homme se trouve immergé dans couches d'air raréfié dont l'influence toujours appréciable, mais plus loiiis sensible suivant les individus, a été notée par de nombreux obserurs. Il ne s'agit point ici d'entrer dans toutes les considérations phy- >giques qui se rattachent aux différents effets de la pression atmosphée sur l'organisme en général; nous nous bornerons à mentionner ceux ont rapport à la respiration.
Costa (1) parle du mal de montagnes, sorte de malaise analogue au mal de , dont souffraient les Espagnols en s'élevant sur les Andes. P. Bouguer i Condamine (2) signalent plus explicitement de pareils effets^ qu'ils ont ^r>'és sur eux-mêmes et sur leurs guides, à une hauteur de &950 mètres, le Ghimborazo : la respiration devenait extrêmement pénible et haletante » l'influence des moindres efforts. Il en fut de même pour Alex, de Hum- 11(3), lors de son ascension sur cette montagne : ses Indiens le quittèrent, 67 mètres de hauteur^ par suite d'une excessive anhélation; quant à lui >os autres compagnons de voyage, Bonpland et Montufar^ ce fut surtout rtir de 5574 mètres d'élévation au-dessus du niveau de la mer, c'est-ftâ 76(i mètres au-dessus de la cime du mont Blanc (**), qu'ils éprouvéim malaise des plus prononcés et consistant en nausées, vertiges, diffir* très-grande de respirer, saignement aux gencives et aux lèvres, injection ruine des conjonctives, etc. D'après A. de Humboldt, ces accidents, qui Manifestent dans les Andes quand le baromètre se tient entre 0"',379 '^,428, varient beaucoup en intensité suivant les personnes. C'est égale- La hantenr totale des couches d'air superposées, dont se compose Tatmosphère terrestre, «aluée à 60 ou 6 A kilomètres par la plupart des auteurs.
• AcosTA, Hùtoria natural de las Indias; Séville, 1590.
P. BoofiCEE et la Cohb aminé. Relation dCun voyage fait dans F intérieur de V Amérique dinfuîle, 1 7â5. ^- Journal du voyage fait par ordre du roi à r Equateur , 1 751 .
} Alex, de HimtoLDT^ Nouvelles annales des voyages, 3* série, t. XX.
'/ Ces savants voyai^rs atteignirent, le 23 juin 1802, à une hauteur de 1160 mètres •^us de l'endroit où s'était arrêté la Condamine en 17âô, et de 1300 mètres au-dessus \ cime du mont Blanc.
n 1831, le 16 décembre, BoussiNGAOLT s'est élevé sur le Chimboraso jusqu'à 600A mètres i^%mê de la mer. La hauteur totale est de 6530 mètres, celle du mont Blanc étant de *) mètres.
ment sur le Ghimborazo que 3ouasingautl et le colonel Hall firent sur euxmêmes des observations toutes semblables (1). D'Orbignj, snr le somm*^ du Gachun, dans cette même cbahie des Andes, éprouva le mal de roonl)gnes à une hauteur de &500 à ixSSO mètres ; il endurait surtcmt de la céphalalgie avec nausées, et des palpitations de cœur accompagnées de djspo^ et d'un découragement profond (2). A la Paz (37t7 mètres) le même observateur ressentit ces divers troubles tant qu'il y séjourna; Roulin (S)ress€Qtil également, pendant son séjour à Santa^Fé de Bogota (2Mi mètres), un m^ laise presque continu. i
Moorcroft {k)^ Fraser (5), Victor Jacquemont (6), ont fait des obsemtioiri du même genre sur différents points de la chaîne de l'Himalaya : c'est vn /iOOO mètres d'élévatimi qu'ils ont en général observé ou éprouvé les pif miers symptômes du mal de montagnes.
On possède aussi des relations trés-précises et fort nombreuses de fi analogues observés dans les Alpes. Bénédict de Saussure (7) les a sign dans ses voyages au Buei, au mont Blanc, au col du Géant, an tborn, etc. : c'est aussi vers ftOOO mètres que le mal commençait à se fester sérieusement même chez les personnes les plus vigoureuses et a tumées aux ascensions. Tous les voyageurs qui ont gravi le mont 61 parlent des mêmes accidents éprouvés par eux à peu près vers cette altitude : diminution notable de l'appétit, dégoût pour les aliments, Dâa< et parfois vomissements, ankélaHan, palpitations, céphalalgie^ lassi prostration morale, somnolence, bourdonnements dans les oreilK sont les phénomènes qu'ils ont habituellement constatés. Les animaui ils étaient quelquefois accompagnés n'échappaient pas plus que les bo à cette influence perturbatrice.
Lepileur (8) rapporte aussi un grand nombre d'observations coofo aux précédentes et faites par lui dans diverses parties des Alpes; Marti Bravais, ses compagnons dans plusieurs excursions, ont souffert comim des mômes accidents. Gel observateur distingue les effets morbides dn< circonstances exceptionnelles dans lesquelles les voyageurs se trou^'CQU effets qui se rattachent plus particulièrement à la raréfaction de Tair. A la somnolence, la coloration blanche de la langue, le dégoût des alim le mouvement fébrile, paraissent à Lepileur être les conséquences o naires de la privation de sommeil, coïncidant avec un exercice muscol violent et une marche prolongée. Les accidents qu'il rapporte à la dlmi tion de la pression atmosphérique sont les troubles respiratoire^ f
(i) Annales de chimie et de pftysiqtte, t. LU.
(2) Voyage dans CAnièrique méridionale^ t. II.
(3) RouLUf, Observations sur la vitesse du pouls à différents degrés ée pression fit*^'' riquey dans Joum. de physiol. expérim, de Magendie^ 1828, t. VI, p !•
(4) Moorcroft, Afiatic Researchesj etc., t. XII.
(5) Fraser, Journal^ p. 449.
(6) VicTOk Jacquemont, Correspondance, 1'* édition, t, 1, p. 252, 275. .
(7) BÉNÉDICT DE Saussure, Voyage dans les Alpes, i. 1, §§ 559, 560, 56i ; t. IV, ^1^ 2021, 2105 et suiv.
(8) Lepileur^ Mém. sur les phénomènes physiologiques qu*6h ohserve en s*ékvW' ' certaine hauteur dans les Alpes (Hevue médicale, faiai 18A5^ p. 196).
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rat avec raccélération da pouls, et qui snvtont contraignent les voyageurs des haltes très-fréquentes; puis vient ce malaise de l'estomac, qui, pro- »quant, comme dans le mal de mer, des nausées et des vomissements, se <sipe aussitôt que Ton descend ou lorsqu'on séjourne quelque temps à la éme hauteur.
Sans vouloir entrer ici dans i'exariien des diverses théories émises pour pliqoer le mal rfe montagnes^ ce qui serait soulever une discussion stérile nr l'histoire de la respiration, nous rappellerons que la plupart des auirs ont regardé la raréfaction de Tair ou la diminution de la pression Dosphérique cxnnme cause de tous les accidents. Telle est d'abord Topim defiénédictde Saussure (1), qui, le premier, en juillet 1788,^ gravit le mi Blanc jusqu'à sa cime. La dyspnée^ selon Pravaz (2), a lieu non-seule- 'Bt parce que l'air inspiré contient moins d'o^gëne sous un volume Doé et parce que là dissolution de ce gaz dans le sang est moins facile Ls ane pression plus 'faible,-mais encore parc« que la surface où s'établit :onfiit du sang veineux avec l'air atmosphérique a diminué d'étendue. tchet (3), rappelant que la contraction musculaire opère une désoxygéioo considérable du sang, et que les muscles ne peuvent d'ailleurs se Uracter que sous l'influence du sang artériel^ explique la lassitude et Motion par la présence d'un sang trop peu oxygéné sous la double in- ?nce de la raréfaction de l'air et de l'exercice musculaire. D'autres (&) ent ia cause principale des troublés précédents et de l'anhélation en parliier, dans les mouvements pénibles que les membres abdominaux et le ps tout entier sont obligés d'exécuter pour gravir une montagne élevée npide. D'après la théorie de E. et W. Weber (5), on a admis, depuis, que pression atmosphérique n'étant plus suffisante» à une certaine hauteur, ir maintenir la tète du fémur appliquée contre la cavité cotylolde et faire M équilibre au pdid^ du membre inférieur, l'action musculaire doit erveoir très-énergiqtiement lors de l'oscillation du membre, pour le intenir dans ses rapports articulaires : de cette action musculaire inure résulterait le intiment de poids et de lassitude dans les membres inféor», bientôt suivi d'un impérieux besoin de repos des muscles. Enfin, aux iix de Lepileur (ô), qui du reste est loin de refuser toute influence à la ^faction de l'air et à l'exercice muscvlaife, la cause principale du mal de jntagnes serait dans la congestion sanguine qui, sous l'influence des ef-
î.' BÈKtDlCT t>K S(aUSSURE, OUVV, cité^ t. I, § feSi.
^} PBATA2, Buii. de CAcad, de méd. de Paris, tSSS, t. Il, p. 985. -^ Essai mr tempioi •'mi de tnir comprimé. Paris, 1850.
"î Bracbct, Sole sur les causes de la lassitude et d« Vanhélation dans les ascensions sur
''•'Stagnes les plus élevées {Bévue médicale, novembre "4844, p. 356).
^y H. BoofiUBm et LA CoRDAMUic, Relation é^un voyage fait dans r intérieur de CAmérufue -ntlumnle^ 1745. — Rey, Influence sur le corps humain des ascensions sur les hautes
'f'ifffie* {Revue médicale, novembre 1842, p. 321).
^ W. Wkbbh, Traité de la mécanique dm organes de h focomotion, traS. pu Jourdali. *r.\ 1843.
'*•; IcpiLEOR, mém. cité.
560 DE LA RËSPIBATION.
forts^ se produit dans le cerveau, \esjxiumonsy les muscles et le système et la veine porte.
Quant à nous, il ne nous semble pas possible de nier que la raréfactioD u: Tair ou la diminution de la pression atmosphérique, quand elle sun.'sr trop brusquement, doive modifier assez profondément roxygénation p^i produire des troubles plus ou moins notables de la respiration et de 1 1 ^ matose ; car bien évidemment un certain laps de temps est toujours névri-, saire pour que Téquilibre entre les gaz du sang et les gaz extérieurs pu^i complètement s'établir^ pour qu'aussi les mouvements /)/t» oc^i/k de Iar« piration (*) se mettent en harmonie avec les conditions nouvelles, de gj nière que le poumon absorbe, dans un temps donné, à peu près la miz» quantité d'oxygène qu'exige l'état normal. Que si la plupart des accideiJ mentionnés ne se produisent pas avec la même intensité dans les ascen^ii aérostatiques, qui pourtant dépassent parfois en hauteur lesascensioD^^ les montagnes, c'est qu'il faut tenir grand compte des différences qu';in pour l'homme, entre être assis et sans mouvement dans le fond de la oat^J d'un aérostat, et gravir à pied une montagne escarpée. Dans ce dernier > a le travail exagéré des muscles locomoteurs doit rendre très^ctive la lui sommation d'oxygène, dont les conséquences deviennent d'ailleurs 4:1 tant plus sensibles pour l'économie que ce principe vivifiant est lui-ojtii plus raréfié en raison de l'altitude du lieu.
Quoi qu'il en soit^ ainsi que le prouvent l'acclimatement à des hauir« considérables et l'observation des individus vivant, les uns sur le sonn^ des montagnes, et les autres dans la profondeur des vallées, toujours t^^h que l'homme peut arriver, graduellement y à supporter des variations de p?i'| sion comprises entre des limites très-étendues, sans que son état sutifv ou dynamique en soit modifié d'une manière appréciable. Dans la rtp blique de l'Equateur, la ville de Quito, bÀtie sur le versant E. de la oit tagne volcanique du Pichincha et renfermant 70 000 habitants, est éieiiat 2908 mètres au-dessus du niveau de la mer; dans le haut Pérou ou Bfibni la ville de Potosi, qui, dit-on, a possédé au xvii* siècle une populatkH 150000 âmes, se trouve, dans sa partie la plus haute, à &i66 ^lètre^; «i les Andes péruviennes, la métairie d*Antùana est placée à une hauteur I 6101 mètres, et la ville de Calamarça, en Bolivie, à 6161 mètres; auTh'bfl Deba, ville qui sert de résidence à un Lama, est située à près de 5000 id tFes d'élévation, c'est-à-dire à une hauteur correspondante au sommet J mont Blanc (6810 mètres), et à laquelle la pression barométrique a dimir^ environ de moitié; il en est de ^ême de la maison de poste d'Annnv^ (6792 mètres), habitée pendant plusieurs mois de l'année (1). Et poumi avec des diminutions aussi considérables de la densité de l'air, il eî^l :> nifeste que, chez les hemmes ou les animaux qui vivent habituellen:^ dans ces différentes localités, les fonctions de la vie organique ne > i
(*) Tous les voyageurs, excepté LepileuRi s'accordent à dire qu'en pareil cas larespîno est notablement accélérée.
(1) Voyes VÀnntMire du Bureau des lonfitudes, p. 191, Paris, 18A3.