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VARIATIONS DE PRESSION DE L'AIB. — INFLUENCE SUR LA RESPIRATION

complissent pas plus mal que chez les habitants des plaines. Si, à chaque inspiratioD, l'individu qui habite la montagne introduit nécessairement moins d'oxygène dans ses poumons que ne le fait Thabitant de la plaine, il y supplée à Taide d'inspiralions plus fréquentes (*), de manière qu'en déGnitive, chez l'un et l'autre, la même quantité d'oxygène peut se trouver absorbée dans le même temps. Puis, la tension des gaz du sang étant dans an constant équilibre avec celle de l'air ambiant, rien d'essentiel ne se trouve en effet modifié dans les conditions de Véchange gazeux entre l'organisme et l'atmosphère, échange qui constitue un des actes principaux de la respiration.

Quant à Y augmentation de densité et de pression de Vair^ elle produit des îiïets inverses des précédents; mais ces effets ne deviennent très-apprônables qu'à l'aide d'appareils condensateurs. C'est ainsi que Tabarié (1) a )rouvé qu'une condensation progressive et très-forte de l'air finit par raentir le pouls et la respiration, à tel point que l'individu mis en expérience *e plaint d'une sensation de froid, la température de l'appareil étant néannoins plus élevée que celle de l'atmosphère ambiante. De son côté^ Vavaz (2) a constaté qu'en augmentant la pression seulement d'une demiumosphire^ on voit le pouls baisser sensiblement (quelquefois des deux cinquièmes), la respiration devenir moins fréquente mais plus large, les raissances contractiles réagir d'une manière plus libre et plus facile, etc. )i, d'après Pravaz^ la surface où s'établit le conflit du sang veineux avec 'air atmosphérique diminue d'étendue^ par suite de la diminution de la pression atmosphérique, cette surface croit avec la pression de l'air et Tam- )leur des inspirations, d'où l'augmentation de l'oxygène inspiré. Au dire du néme expérimentateur (3) : « 1® la quantité d'acide carbonique exhalé dans e bain d'air comprimé s'élève au-dessus des proportions de l'état normal, Hsqu'à la pression de 10 à 12 centimètres; au-dessus de cette limite, le poumon exhale moins d'acide carbonique qu'avant le bain; 2* l'effet conécutif de l'air comprimé, à la sortie de l'appareil, est l'accroissement le Texhalation de l'acide carbonique. Cet effet, qui se prolonge pendant plusieurs heures, n'atteint son maximum qu'un certain temps après le bain.o

Plusieurs de ces résultats, qui sont d'ailleurs peu explicables, auraient )esoin de confirmation ultérieure (**).

^\ Cette plus grande fréquence des inspirations coïncide, ainsi que Tont reconnu beaucoup le UTaots Toyageurs, avec une plus grande accéiération du pouls. De là, pour les personnes toi ont une jnaladie do cceur ou des organes pulmonaires, ou qui y sont prédisposées, aussi WD qae pour celles chez lesqueUes on a lieu de craindre que l'accélération du pouls, de la resvation et les troubles de l'hématose n'amènent des accidents graves (apoplexie cérébrale, con- |«tioos diTerses,etc.); de là, disons-nous, le conseil qu'on donnée ces individus de s'inlerdire uceniion des montagnes, les voyages aérostatiques et le séjour dans les lieux trés-élevés.

(i; Tababié^ Comptes rendus des séances (le VAcad. des se. de Paris, année ISSS^ t. VI, >' B96 ; année 1840, t. II, p. 26.

fij Pbàvaz, Bssai sur remploi médical xle tair comprimé, in-8. Paris, 1850, p. 37. (3; Ouvr. cité, p. 27,

(**) Consultes aussi : P. Hervier, Sur la carbonométrie pulmonaire dans Pair comprimé ^iaz. méd, de Lgon, 1849). — Taicci, Sur un nouvel emploi de Cuir comprimé dapis Cex^ '^'ntadon des mines {Comptes rendus de VAcad. des se, de Paris, U XXI, p. 1072 ; — Ibid,^ IMII, p. 884).

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tiques. Cet auteur s'est également assuré que l'air contenu dans les réservoirs diaphragmatiques a sensiblement la même composition chimique que Fair libre extérieur, sauf un léger mélange d'air expiré qui diminue quelqoe peu la quantité de l'oxygène et augmente celle de l'acide carbonique. Quant aux réservoirs antérieurs et postérieurs, qui se dilatent pendant l'expiration, ils renferment un air vicié tel que celui qui est expulsé par les narines de l'oiseau : cet air contient, en moyenne, 16 pour 100 d'oxygène (en volumes) et 5 environ d'acide carbonique. Ce même air arrive d'ailleurs, par l'entremise du poumon et des sacs diaphragmatiques, dans les réservoirs cervicaux, thoracique et abdominaux, à une température deàOà &2 degrés centigrades qui lui donne à la fois une plus faible densité et uoe plus forte tension que celles de l'air extérieur.

Enfin, guidé par des expériences analogues de J. Hunter (1) et de J. A. Albers (2), Sappey (3) a encore reconnu que l'air de ces dernietf réservoirs circule si librement dans les os^ qu'il est possible, sur unOiseao auquel on a amputé l'humérus et lié la trachée-artère, de constater que h respiration s'accomplit par la cavité béante de cet os comme par la trachée elle-même. Un Canard, sur lequel Sappey a fait l'expérience, «et qui respirait par l'os du bras », était encore plein de vie au bout de quarantehuit heures.

Tels sont les faits essentiels qu'il importait de rappeler avant de discuter sommairement les usages de l'appareil qui nous occupe.

D'abord, plusieurs de ces faits tendent à annuler l'opinion de G. Cuvier (6), d'après laquelle les sacs aériens serviraient à une douMe respiration, le sang devant s'oxygéner à la fois dans les réseaux capillaires de> poumons et à la surface des sacs aériens dans, les réseaux capillaires de h circulation générale. Cette conjecture physiologique est démentie de plusieurs manières : en premier lieu , les parois membraneuses des sac^ aériens sont très-peu vasculaires; puis, les vaisseaux veineux qui en remportent le sang s'abouchent avec le système des veines caves et non avec les veines pulmonaires; enfin^ on a vu que les réservoirs thoracique, cervicaux et abdominaux reçoivent de l'air expiré, à peu près impropre àuiK nouvelle hématose. L'opinion de Cuvier n'est donc plus admissible aujourd'hui.

On a aussi pensé que les sacs aériens des Oiseaux pouvaient avoir poor usage : de diminuer le poids spécifique du corps (Camper, J. Hunter. Girardi); de rendre l'équilibre plus stable, en abaissant le centre de gr^ vite (Borelli); d'isoler le mécanisme de l'effort de celui de la respiration (J. Hunter, Girardi, Sappey); enfin, d'augmenter l'étendue et la puissance de la voix (Girardi^ Sappey). Examinons très-rapidement chacun de ca points.

Évidemment, les sacs aériens ne peuvent diminuer le poids spécifique

(1) J. Hdhter, Œuvres complètes, U lY, p. 255, trad. franc, do G. Ricaelot. Paris, 1^^

(2) J. A. Albbrs, Beitrdge zur AnaU und Physiol, fier Thiere, Breraen, 1S02, p. 107.

(3) SàrPET, ouvr. cité^ p. 48.

(ft) G. CuTiBB, Bègne animal^ 2« édit., t. I, p. 301.

TARUTIONS OE PRESSION DE L'AIB. — RESPIBATION DES OISEAUX. 565

tlu corps de Toiseau qu'en raison de la température de l'air qu'ils conienoent. Mais la différence du poids qui en résulte n'est pas bien consi* iérable^ ainsi qu'on pourra le voir par les nombres suivants que donnent es formules adoptées par les physiciens. Supposons un air ambiant à 10 degrés centigrades et le corps de l'oiseau à ^2 degrés : un litre d'air à 10 degrés pèserait environ l'%2& au niveau du sol, et, à &2 degrés, son )oids serait réduit à l'%ll; l'excès de poids de l'air froid serait donc de 3 centigrammes seulement pour un volume déjà considérable et avec une lifférence très-notable de température. Aussi nous semble-i-il qu'il ne faut >as tenir un bien grand compte du rôle que peuvent jouer les réservoirs lériens des oiseaux comme appareil aérostatique propre à rendre leur !orps plus léger. Que serait, en effet, le corps d'un oiseau capable de renfermer un litre d'air dans cet appareil? On devrait lui supposer tout au Doins 1500 centimètres cubes de volume total, c'est-à-dire 500 centimètres :ubes pour les divers organes qui entourent cette masse d'air. Dans cette hypothèse, l'oiseau, n'eût-il que 1,3 pour densité, pèserait 650 grammes et ie serait allégé, par cet appareil compliqué, que de f^ environ de son )oids. — En réalité, on ne peut s'attacher sérieusement à cette première conjecture émise sur le rôle physiologique des sacs aériens chez les oiseaux. Vussi, comme nous, Sappey paratt-il l'avoir considérée comme peu satis* ante ; il admet que l'influence de ces sacs aériens doit être a extrêmement imitée», puisque leur développement n'est nullement en rapport avec les lifférences que présentent les diverses classes d'oiseaux dans leur aptitude )otir le vol (1).

Nous avons dit qu'en second lieu, à l'exemple de Borelli (2)^ on ava^. issigoé pour usage aux sacs aériens de « rendre plus stable l'équilibre du rorpsB. Par suite de la conformation propre aux Oiseaux, les réservoirs lériens serviraient à abaisser leur centre de gravité en augmentant le diamètre tergo-abdominal de leur corps et en refoulant, au-dessous de l'axe des ailes, la masse des viscères de l'abdomen. Mais cet usage, concernant seulement une portion de l'appareil en question (réservoirs abdominaux)^ De saurait être regardé que comme très-secondaire et n'explique aucunemcDt la présence d'un semblable appareil.

11 en est à peu près de même de l'influence des sacs aériens « sur le mécanisme de l'effort isolé de celui de la respiration ». Sappey (3) a très-bien fait ressortir l'indépendance qui existe, chez les Oiseaux, entre les mouvements du vol et ceux de la respiration : elle tient à l'insertion des muscles qui entourent le tronc^ insertion qui se fait tout différemment chez les Oiseaux et chez les Mammifères, a Les sacs aériens, dit cet observateur, participent à l'indépendance de ces deux fonctions en augmentant la capa* cité du thorax, et en donnant au sternum une plus grande largeur. » Ce

(1) Ouvr, cité, p. 50.

(2; BOMB.U, De motu animalium^ prupoftit. CLXlxv.

^3) SArfKT, ouvr, cité, p. 54.

S6(S Dl LA EIftPIBATIOlf*

n'e»t pas encore là, ce nous semble, une raison lolSsanta do leur existence, et il faut leur trouver une autre destination.

Quant à a l'influence des sacs aériens sur l'intensité, l'étendue et la pui»saqoe de la voix >, même en acceptant cette idée telle qu'elle est présentée, il parait bien difficile d'admettre qu'une modification aussi importante, dans un des appareils essentiels de l'économie animale, ait pour bat principal la production du chant.

Mais on ne peut s'empêcher de remarquer que, dans tout le règne anN mal, il y a seulement deux classes d'animaux organisés pour le toI, les Oiseaux et les Insectes; que, dans l'une et dans l'autre classe, l'air est aboadamment répandu dans le corps, à l'aide des réservoirs aériens chez les Oiseaux et des trachées souvent vésiculeuses ches les Insectes; qu' enfin, dans aucune autre classe, cette diffusion de l'air dans l'organisme n'est aussi abondante que dans les deux précédentes. Or, s'il est vrai qu'en général les Oiseaux soient exceptionnellement doués sous le rapport du chant, on ne saurait en dire autant des Insectes ; aussi serait^il plus satisfaisant de trouver, en dehors de toutes les idées qui viennent d'être passées rapidement en revue, une explication applicable à ces deux classes d'animaux organisés pour être ainsi pénétrés d'air, explication se rattachant d'ailleurs à leur mode tout spécial de locomotion.

A propos du mécanisme de la respiration cbes les Oiseaux, et du rôle de leurs grande? cellules aériennes, Duvernoy (1) s'exprime ainsi : « Toutes les circonstances qui distinguent essentiellement les poumons et la respiration des Oiseaux me semblent avoir été nécessitées par les conséquences, sur la circulation en général et 9ur la circulation pulmonaire en particulier^ de la rapidité extrême de leur vol et des changements fréquents dans le poids de l'atmosphère^ auxquels les Oiseaux sont exposés dans leurs voyages aériens. Us doivent h cette organisation de n'avoir, dans leurs mouvements si rapides^ si soutenus et quelquefois si élevés, ni essouffiement, ni hémorrhagies, »

Mais Duvernoy a omis de poursuivre cette idée quij selon nous, peut conduire à d'intéressants rapprochements, surtout lorsqu'on s*en rapporte, d'une part, aux expériences de Cl, Perrault et de Sappey sur le mécanisme respiratoire des Oiseaux, et, d'autre part, aux faits relatés cindessas touchant le mal de montagnes. Si les Oiseaux possèdent en effet, au plus haut degré, le pouvoir de s'élever dans l'atmosphère en traversant descouche^ d'air d'une densité très-différente^^ sans que qi leur circulation ni leur respiration en soient gênées en aucune façon ou que l'effort musculaire en soit affaibli, l'expérience démontre qu'au contraire l'organisme de l'Homme et des Mammifères ne saurait subir la même épreuve sans de notables perturbations. Il y a donc de l'intérêt h rechercher comment Torganisation des Oiseaux conjure cesieffets, et si les réservoirs aériens ne seraient pa< destinés à assurer un pareil résultat.

(t) G. GmmsR, Leçons cTanat comp,, 2« édit. Paris, 1840, (, VU. p. 214,

VARIATIONS DE LA PRESSION DE L'aIR. — RESPIRATION DES OISEAUX. 567

Nous savons déjà que, chez les Oiseaux, Torganc d'hématose et Tappareil d'aspiration sont distincts, que les sacs diapbragmatiques constituent une sorte de pompe aspirante et foulante qui, dans Vinspiration, appelle et reçoit l'air extérieur, et qui, dans Veoopiration, en en chassant ime partie par la glotte ou les fosses nasales, pousse l'autre, par l'entremise du poumon, dans les réservoirs antérieurs et postérieurs. Ajoutons que la surface interne des poumons, chez les Oiseaux, n'est pas en communication seulement avec Tair du dehors de manière à en subir exclusivement la pression variable; placée entre les sacs diapbragmatiques ou aspirateurs et les réservoirs affectés à l'expiration, cette surface reçoit aussi de ces derniers de l'air dont la pression dépend toujours des changements de volume que ces réservoirs peuvent subir sous l'empire même de l 'effort qui pousse cet air dans les poumons. Le précédent appareil pourrait donc bien avoir pour effet d'isoler, plus ou moins complètement, la surface respiratoire et ses nombreux vaisseaux de l'atmosphère variable que l'oiseau traversa dans sa locomotion si rapide et si étendue. Qu'on se rappelle encore par quel étroit orifice l'appareil pneumatique des Oiseaux communique avec I air ambiant, puisque la glotte consiste en une simple fente à bords ri-> ^des, laissant seulement à sa commissure antérieure un méat par lequel l'air intérieur communique avec le dehors, et l'on tendra peut-être à ad* uiPitre qu'en effet le véritable but de l'appareil qui nous occupe est de placer les surfaces respiratoires dans une atmosphère propre au corps de l'oiseau et dont celui-ci puisse régler la pression selon ses besoins, -^GettQ idée prêterait à des développements qui ne sauraient trouver place ici ; (lisons pourtant qu'elle offre encore cela de remarquable qu'elle peut s'ap« pliquer également à l'organisme des Insectes. Chez eux, l'appareil trachéen présente aussi cette particularité que l'animal peut facilement se créer en lui-même une atmosphère spéciale par l'occlusion des stigmates et gr&ce à la capacité des canaux et réservoirs aériens qui s'y rattachent très-corn"* uiunément. Souvent on a pu constater combien, par suite de cette organi-* 'ition, les Insectes résistent à l'influence du vide pneumatique, des gaz délcUères et même de l'immersion dans l'eau. Pourquoi ne pas croire que, dans le vol, et pendant qu'il» traversent les diverses couches de l'atmoi»h*Te, les Insectes ne puissent s'isoler aussi de la pression extérieure si <bangeante avec l'altitude, comme le font sans doute les Oiseaux par un Hiécanisme un peu différent, mais du moins analogue dans ses effets?

Après la précédente étude des rapports de la pression de l'air avec la ff'-piration en général, et les applications de cette éiuAc k\à respiration rlr< Oiseaux, il ne nous reste, pour l'instant, rien à dire des autres proprié- 1"^ phy^»iques de ce fluide. Leur influence sur la fonction dont il s'agit ne [•irait avoir rien de spécial et sera examinée ailleurs : parmi les plus im- [M>rtautes de ces propriétés figure, par exemple, l'hygrométricité de l'air, r[tji modifle sensiblement la transpiration pulmonaire; mais ces modifi- I ations, conlormes aux lois qui régissent l'exhalation en général, ne devront être étudiées qu'à propos de cet acte physiologique, etc.

568 DE LA BESHRATION.

IV. — Puisque la respiration, envisagée dans son caractère essentiel, consiste dans un échange de gaz qui s'opère durant le contact médiat de Voir et du saup^ évidemment^ pour comprendre les changements introduits par la respiration dans les propriétés et la composition de ces deux fluides, il importe de connaître d'abord la constitution normale de l'un et de Tautre. Déjà nous avons exposé celle de l'air; il nous reste à étudier la cùmpasition normale du sang , principalement dans l'homme et dans les animaux supérieurs f), tout en faisant^ à l'avance, quelques application de cette étude à la respiration^ aux sécrétions et à la nutrition. Nous donnerons ainsi plus d'intérêt à notre exposé chimique. Ces notions, que nous croyons devoir présenter dès maintenant, pourront d'ailleurs senir d'introduction générale à l'examen ultérieur de ces diverses fonctions.

L'histoire détaillée du sang se trouve tracée dans une autre partie de cet ouvrage. (Voyez le tome II.)

Le sançy qui doit être regardé comme le principal milieu des phénomènes de nutrition^ constitue le liquide renfermé dans les veines et dans les artères. A ces deux ordres de vaisseaux correspondent le sang veineux et le sang artériel^ dont il nous faudra bientôt indiquer les caractères différentiels.

Si l'on ouvre la veine ou l'artère d'un animal vertébré, il s*en écoule qq liquide d'une couleur roug(ë brun ou rouge vermeil, d'une odeur caractéristique et différente suivant l'espèce animale, d'une saveur salée, an peu nauséeuse, et d'une réaction toujours alcaline. Sa densité varie ordinairement chez l'homme adulte entre 1,050 et 1,065.

Par le repos, ce liquide se prend en une masse qui bientôt se sépare eD deux parties distinctes : l'une, liquide, transparente et jaunâtre, est le sérum; l'autre^ molle, opaque et d'un rouge plus ou moins foncé, constitue le caillot.

Dans l'état de vie, le sang doit être considéré comme formé d'une portion fluide, le plasma^ et d'une portion solide, elle-même composée de corpuscules microscopiques ou globules rouges et blancs qui, nageant daD^ ce plasma^ sont entraînés avec lui dans le torrent circulatoire.

C'est à la fibrine dissoute dans le plasma (à une partie seulement de cette fibrine suivant Denis) qu'est due la coagulation spontanée du sang une fois qu'il est sorti des vaisseaux : dans le caillot ainsi formé sont également contenus les globules sanguins^ blancs et rouges. Du reste, cette coagulation s'accomplit sans le concours des agents extérieurs : elle a lieu dans les gaz qui n'ont pas d'action chimique intense sur le sang, dans le vide de la machine pneumatique, et parfois, durant la vie^ dans les vaisseaux eux-mêmes.

La partie liquide du sang vivant {plasma) y tient en dissolution ou bien en suspension, à l'aide de Veau, les corps suivants :

{*) On ne sait d'ailleurs que bien peu de choses au sujet de la compositûm chimique dm sûn^ cbes les animaux invertébrJs*

COMPOSmOM DU SANG. — APPMGATIOlfS PHYSIOLOGIQUES. 569

Albuminet fibrine, caséine, aIbuminose,héinaio-gIobuliné,prorâ9fan(*};

Dextrine, glycose ;

Oléine, mai^arine, stéarine, cholestérine, séroline, matière grasse phos*

lorée; oléate, margarate et stéarate de soude ;

Créatine, créatinine^ urée;

Acides uriqae, hippurique, lactique, acétique, butyrique, formique, va-

rique, en combinaison surtout avec la soude, c'est-à-dire à Tétat de seh

ganiquet;

Chlorures de sodium et de potassium, fluorure de calcium ;

Acides carbonique, phosphorique, sulfurique, en combinaison avec la

ude, la potasse, la chaux, la magnésie, un oxyde de fer, c'est-à-dire à

tat de êels inorganiques ;

Silice, un peu de soude libre ;

Enfin, trois gaz : oxygène j acide carbonique et azote.

Tel est, en ce qui concerne la composition du sang, le dénombrement !s principes les plus importants signalés» jusqu'à ce jour, par les chi*

isles.

11 reste une tâche à remplir, celle de grouper des principes aussi nomeux, d'après leur nature et leur rôle physiologique, en s'appliquant surat à distinguer les parties réellement constituantes du sang de celles qui savent n'être qu'accessoires.

Et d'abord, la simple énumération qui précède nous apprend déjà que le ngse compose de quatre sortes de substances qu'on retrouve aussi, avec s proportions déterminées, dans la constitution de tout aliment complet \ lait, par exemple), à savoir : 1° At substances albuminoîdes ou protéiques brine, albumine, etc.) qui servent à la rénovation des tissus et rendent le ng lui-même coagulable spontanément ou par la chaleui^ 2^ d'un printte sucré ou d'un dérivé de ce principe, comme est l'acide lactique, ir exemple; S"" de matières grasses qui, avec le principe sucré, repré- Qtenl dans l'organisme surtout les matériaux de combustion respiratoire 1 rapport avec la production d'une chaleur propre (chaleur animale); de certains principes minéraux qui, essentiels à l'organisme, font partie I ses humeurs et de ses différents tissus.

Cette composition, qui envisagée d'une manière générale rapproche le ny de tout aliment type ou complet, s'explique aisément puisqu'en ^fioitive le sang ne peut s'entretenir qu'avec le concours des principes inventaires; elle est bien aussi en rapport avec la destination physioloque de ce fluide qui renferme, en outre, la plupart des matières ou les éments des matières destinées aux diverses sécrétions. Seulement il importe de rappeler ici que les principes organiques con-

*/ U protaçim 6tt un principe immédiat crittiUiiable, aioté et phoiphoré dont la présence cté découverte, en 1866, par Oscar Liibieicr dans la tubslance cérébrale, puis lif nalée M les flobulef roufet du sang par L. UiRVAim et dans le plasma par Hofm-Sitleii. Parmi I prodidls 4e dédoolriement figurent la neurins et Vwàéit gtydrtfphoiphorique.

DE tk BlSnRATlON.

tenu» dana le saog (principes albunainoïdes, gras et sucrés) ne sont pa^ identiques avec ces mêmes principes quand ils font partie des aliments: ainsi, contrairement à ce qui a lieu avec l'albumine du sérum, TalbumiDe de Tœuf se coagule lorsqu'on y verse de Tétber ou de l'essence de téré> benthine; — la fibrine des muscles finit par se dissoudre complètement dans l'eau aiguisée d'un ou deux millièmes d'acide cblorhydrique, tandis que la fibrine du sang traitée de la môme manière devient gélatineux, transparente, mais ne se dissout qu'en faible proportion; — la dextrine et le sucre du sang sont loin aussi d'être identiques (comme le démontrent les réactions difTérentes), avec les mêmes principes dans les aliment^ ou avec la zoamyline qui entre dans la composition de certains tis;»iu organiques^ etc.

Depuis plusieurs années, j'ai coutume^ dans mes leçons à la Faculté de médecine, de classer comme il suit les nombreux matériaux dont se compose le sang; dans cette classifieatim physiologique, ils se trouvent groupt^ d'après leur origine, leur nature et aussi d'après leur destination :

Matériaux â^ assimilation contenus dans le sang et jMUvant trouver leur emploi dans Porganisme,

A. — Matières ALBrmNoïDES

ou PROTÉIQUES.

Albuminoie ou peptone.

Alt)uniine.

Fibrine.

Gatéine.

Héinaio-globulino.

Protagon,

B. — Matières grasses.

Oléine.

Marg^arine.

Stéarine.

Choleatérine.

SéroUne.

Matière grasse phosphorée.

Oléate I ^^ g^yjg gj ^g potasse ou sels à

G. — Matières amyloïdes vt suçâtes.

Dextrine* Glycose.

Produits de disnssimilation contenue '/< ■ le sang et devant être expulsés de fonjcnisme,

A'. — Produits oiRirts des iiati£rk

ALRUMIROÏOSS.

Urée

Acide urique j combinés surtout avec li

Acide hippurique j soude.

Créatine.

Créa li ni ne.

Biliverdine ?

Eau.

Gaz acide cx^onlque libre et eomMoé.

Asote libre.

B'. — Produits dérivés des MATitm

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