‹ Traité de physiologieChapitre 97 sur 141 · ACIDE CARBONIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE CARBONIQUE

Dissous.

ce.

CoinMnê.

co.

OXTCftlIE.

ce.

Aïon.

(1) ScHÔTrea, cité dans Lehrbuch der physiologischen Chemie^ par KfiHRE. p. 227. Uifwf

COMPOSITION DU SANG. — APPLICAIIOKS PllYSIOLOGinUtS. 599

Par eonàéquent, le sang veineux contient sensiblement plus d'acide car- '•Miiique que le sang artériel, et le sang artériel contient plus d'oxygène que !«' sang veineux.

Dans une des six expériences faites par Schôffer la quantité d'azote s'est ) 'vée à 35''* pour 1000<'% dans le sang artériel, et à UO^ dans le sang veilu'ux. Sous ce rapport il y a^ entre cette expérience et les cinq autres, une -\ grande différence qu'ayant craint quelque erreur de chiffres, nous n'avons ^ii'^ cru devoir la faire entrer dans la moyenne que nous avons prise.

Nous avons déjà vu que la coloration du sang dépend de l'espèce de gaz nîs en contact avec cehquide; que, par exemple, en agitant du sang veiioiix dans une atmosphère d'oxygène, on le fait passer du rouge brun au ouge vermeil, et qu'en agitant du sang artériel dans du gaz acide carbo- )i((ue, etc., on lui fait perdre sa coloration vermeille et caractéristique, )f)ur le rendre rouge brun comme du sang veineux. Or, les notions précéiintes sur les quantités relatives de ce gaz, dans les deux sangs, tendent à lous rendre compte des différences de coloration que présentent le sang l'iiieux et le sang artériel; celui-ci, avec sa couleur vermeille, se différeniant par plus d'oxygène emprunté à l'air, et celui-là, avec sa couleur rouge >run, se distinguant par plus d acide carbonique^ issu des métamorphoses i( la nutrition.

Dans le changement de coloration du sang veineux, phénomène qui

accomplit instantanément dans le poumon sous l'influence vivifiante de

r».vyuènc^ on a supposé qu'il s'opérait, nous l'avons dit, une combinaison

fistahlo de ce gaz avec le principe albuminoïde des globules (hémato-glo-

inline).

D'après certains observateurs, l'oxygène contracterait les globules, et, II] contraire, le gaz acide carbonique les dilaterait : ainsi s'expliqueraient uivant eux, la couleur plus claire du sang artériel et la couleur plus •>mbrc du sang veineux.

Bien d'autres hypothèses encore ont été émises, mais nous nous ré-

rvons de les examiner plus loin en parlant de Vaction de la respiration sur ' sang.

Quelle que soit la valeuf de ces diverses hypothèses, il ne parait guère '■nitcux que la coloration différente du sang, dans les veines et dans les I il ères, ne soit surtout intimement liée avec la proportion relative des 'pèces de gaz contenus dans ce liquide.

Il existe, entre le sang veineux et le sang artériel, d'autres différences jui résultent des proportions de leurs éléments solides ou liquides.

f^e sang artériel contient plus de fibrine que le sang veineux : en prenant ■i moyenne de toutes les observations faites à ce sujet, on aurait, d'après l. Millier (1), la proportion de 29 à Zk pour la différence du sang veineux t du sang artériel, eu égard à leur contenu de fibrine.

M) J. MOlleb, Manuel île physioL, t. 1, p. 97, trad. franc. Paris, 1851,

La plupart des analyses s'accordent pour établir que le sang artériel renferme aussi un peu plus de globules que le sang veineux (Denis, Lecanu, Prévost et Dumas (1), etc.).

Quant à Yalbumine, un des principes essentiels du sérum, elle se présente dans les deux sangs à peu près avec les mêmes proportions. Tout^ fois il parait être' admis plus généralement qu'il y a un peu moins d'albumine dans le sang artériel que dans le sang veineux.

En général, la quantité d'eoti contenue dans le sang veineux parait l'emporter sensiblement sur celle du sang artériel, d'après les expériences de Lecanu (2), de Prévost et Dumas (3)^ de J. Béclard (h)y etc.

La proportion des sels inorganiques contenus* dans le sérum est en moyenne de 7 pour 1000^ et le sang artériel est un peu plus riche en selN que le sang veineux (Lehmann). Toutefois, d'après Mitscherlich, Tiedemaon et Gmelin, il y aurait une proportion plus forte de carbonate alcalin dans le second que dans le premier.

Quant aux matières dites extractives, il résulte d'un certain nombre d'analyses qu'elles paraissent être notablement plus abondantes dans le san^; veineux que dans te sang artériel.

Le sang artériel offre plus de tendance à se coaguler que le sang veineux, il fournit aussi un caillot plus volumineux et plus ferme ; double indice d'une plus grande proportion de fibrine et de globules, ce qui est en réalité.

Michaelis (5), qui a analysé comparativement la fibrine^ l'albumine et h matière colorante du sang artériel et du sang veineux en les brûlant avec de Toxyde de cuivre^ représente de la manière suivante la composition Hémentaire de chacune de ces substances :

Carbone. Axote. Hydrogèoe. Ozy^^or.

Albumine veineuse 62,652 1 5,505 7,359 2A,A8A

Albumine artérieUe 53,009 15,562 6,993 2M36

Matière colorante veineuse .... 53,231 1 7,392 7,711 21,666

Matière colorante artérielle .. . 51,382 17,253 8,35d 23,011

Fibrine veineuse 50,4A0 17,267 8,228 2M6&

Fibrine artérielle . 51,374 17,587 7,254 23,785

Macaire et Marcet fils (6), qui, de leur côté, ont fait aussi l'analyse élémentaire et comparative du sang artériel et du sang veineux de lapin, parfaitement desséchés dans le vide, les ont trouvés différents quant aui proportions d'oxygène et de carbone :

(1) Dumas, Traité de chimie, t. Vni, p. 505. Paris, 1846.

(2) Lecamu, Études chimiques sur le sang humain, p. 77. Paris, 1837, thèse insof no 395.

(3) Dumas, Traité de chimie, t. YIU, p. 504. Paris, 1346.

(4) J. BtCLAM, Arch. génér. de méd., 4« série, t. lYlII, p. 133.

(5) MiCHAILls, De partibus constitutivis singularum partium sanguinis arteriùsi et re»*' Beriin, 1827. — Voyes aussi Schweig«er'8 Journal, etc., t. LIV.

(6) Macaire et Marcet, Journal dp chimie médicale, t. IX, 283, et Annah* tlf^h-»'t. L1, p. 382.

Sang artériel. Sang veineiu.

Carbone 50,2 55,7

Axote 16,2 16,2

Hydrogène 6,6 6,ft

Oxygène 26,3 21,7

Que le sang artériel contienne moins de carbone et plus d'oxygène ombinés, évidemment cette donnée est en parfaite harmonie avec les dées qu'on admet le plus généralement aujourd'hui touchant les phéno- Qènes de la respiration.

Du reste, entre le sang artériel et le sang veineux il semble exister enore d'autres différences jusqu'ici inconnues dans leur nature : BischofT (1), ar exemple, prétend avoir observé que les oiseaux périssent sur-le-champ >rsqu*on leur injecte dans les veines du sang veineux de mammifère^ indis qu'ils survivent si on leur injecte du sang artériel dans ces mômes aisseaux. Il est vrai que ces résultats n'ont pas été confirmés par d'autres bservateurs.

Le sang artériel et le sang veineux peuvent être considérés comme difféaDt aussi, en ce sens que le premier parait avoir la même composition ans toutes les divisions du système vasculaire qui lui appartiennent (2), indis que le second offre une composition qui varie beaucoup dans diverses arties du corps. Envisageons donc le sang veineux dans certaines divisions e ses vaisseaux^ pour établir les différences qu'il y présente avec le sang eineux général.

Et d'abord, J. Béclard (3) a constaté, quant à Teau, que si l'on analyse omparativement le sang veineux général (sang de la veine jugulaire) et le ing de la veine porte, sur un animal qui a copieusement bu, on trouve es différences notables dans les proportions de l'eau de ces deux sangs, ans une de ses expériences, le sang pris dans la veine jugulaire contenait, ar exemple, 796 parties d'eau pour 1000, et le sang de la veine porte du kénne animal en contenait 851. Une autre fois, le sang de la veine jugulire contenait 770 parties d'eau, et le sang de la veine porte 823. Suivant : même expérimentateur [mém. cité)y le sang veineux qui revient de la rate >rgane où se détruiraient les globules) renferme moins de ces corpuscules^ lais est plus riche en albumine et en fibrine que le sang veineux général; i2)ang de la veine porte (où s'accomplirait la transformation de l'albumine n globules) présente, dans la proportion de ses éléments, des variaons très-étendues en rapport avec les phénomènes de la digestion : ans les premiers temps de l'aUborption digestive, la quantité d'albumine >t considérablement augmentée et la quantité des globules considérable*

(1) MûLLBB's .4rcAi(;,etc., 1838, p. 551. — Voy. aussi Huile, Anat. ^^ér.,trad. franc*, I, p. 485. Paris. 1843.

• 2) iuLCS BÉCLARD, daus Avchiv. génér. de méd.^ Il'' série, t. XVHI, p. 423. :i J. BÉCLABO, Traité élém, dephijiioL, p. i69, 2« édit. Paris, 1856.

ment diminuée, tandis que c'est tout le contraire qui a lien dans \h périodes qui succèdent à cette absorption.

D'après Gurlt (i), qui appuie ses assertions sur des analyses quantit^h tives, il y aurai t^ dans le sang des reines sus-hépatiques moins de fibrinî. moins de graisse, moins de globules, moins de matières extractives et iï^ sels que dans le sang de la veine porte : cela ne s'accorderait guère a\ '< Topinion qui attribue au foie le pouvoir de former de la graisse et de . fibrine. Ces mêmes veines sus-hépatiques charrient de la glyeose, alo> même que la veine porte est réputée ne contenir aucune trace de ce prit'cipe immédiat.

Je résume, dans le tableau suivant, les principales différences qui exibln entre le sang artériel et le sang veineux :

Page 1