GRASSES
Acide acétique \
Acide butyrique i combinés avec la soude f^
Acide formique i la potasse.
Acide valérique ]
Gaz acide carbonique libre et combiné.
G'. --. Produits dérivés dis hatiébo
AMTLOÏDES ET SUCRÉES.
Inosite.
Sucre modifié.
Acide Uctiquo combiné svec la soods ^ ^ potssse.
Gaz acide carbonique libre pi combioé.
covposrnoN du saw. «» appugatioiis physiologiques.
Chlorure de sodium.
Chlorure de potassium.
FloorurQ de palcium,
!de soude, de potasse, de chaux.
de mftcnésto.
Sulfates alcalîas.
Chlorhydrate d'ammoniaque ?
Silice.
Soude libre (dev tracts).
Sesquioxyde de fer (lihre ou combiné).
E. — OXYGÈNK
ou agent essentiel de la transformation des principes organiques du sang et des tissus. On le trouve surtout dans les globules.
D'. ^ l*eau et tous les leli inorganiques de l'alimentation, en excès ^ c'est-à-dire ne pouvant pas trouver leur emploi dans l'organisme.
E'. -r Gkl ACIDE CARBOinOUE HT AZOTl
ou produits gaseux de l'oxydation ultime des principes organiques du sang et des tissus. On les trouve suKout dans le plasma.
En jetant les yeujç sur ce tableau, on peut remarquer, comme un des résultats les plus importants que la chimie ait fournis à la physiologie, la découverte dans ce fluide de la plupart des principes immédiats qui entrent dans la constitution des humeurs et des tissus des animaux.
Ainsi, laissant de oôté pour l'instant les produits de désassimilation, nous trouvons dans le sang : la fibrine, base des muscles ; — Valbumine, principe immédiat d'un grand nombre de liquides et de la plupart des solides de Torganisme; — Y oléine^ la margarine et la s^eonn*, qui constituent la grais^ tenue en réserve dans les vésicules adipeuses; — les deux premières de ces matières grasses qui, unies à la cholestérine, à Valbumine et au protagon, forment la substance nerveuse, d'ailleurs riche en phosphore; — la dextrine et la glycoscj qui, transformées en matière glycogène ou zoamyline, entrent dans la composition de certains tissus; ^Veau, qui résume en elle une grande partie des conditions dç la vie, et qui entre dans la composition de toutes les humeurs et de tous les tissus animaux : il en faut une proportion définie à certains tissus, sans quoi Ils perdent leurs caractères particuliers, comme font, par exemple, le tissu jaune élastique, la cornée transparente, etc.
A l'organisme animal, il fallait de plus : du phosphate de chaux, du carbo^ note de chaux, du fluorure de calcium, etc., pour entretenir et accroître le tissu osseux, lui assurer la solidité ; —du chlorure de sodium pour empêcher la dissolution des globules sanguins dans le sérum, et aider au contraire la dissolution de l'albumine et de la caséine ; — du phosphate et du carbonate de soude, afin de donner au plasma du sang un pouvoir considérable d'absorption à l'égard dé l'acide carbonique, qui est un des produits ultimes les plus abondants de l'oxydation des substances organiques contenues dans la sang et les tissus ; — du fer, qui, uni à l'hémato-globuline des corpuscules rouges du sang, n'est peut-être pas étranger à l'absorption et à une combinaison instable de l'oxygène atmosphérique; — du fluorure de calcium, qui fait partie des os et de l'émail des dents ; — de la silice, qui entre dans la composition des plumes et des poils, etc. Or, toutes ces substances inorganiques
572 DE lA BESPIRATION.
qui entrent dans la composition du sang^ des humeurs et des tissus im* maux, on les trouve toutes préparées dans les plantes alimentaires qui, elles-mêmes, les ont puisées dans le sol, à l'aide de leurs racines; des plantes, elles ont passé d'abord dans le sang des herbivores et ultérieurement dans celui des carnivores.
Avant d'aller plus loin, nous croyons devoir indiquer les qwaitiiei moyennes des principales matières que l'on trouve dans 1000 grammes de sang humain. *
Il est assez difficile de formuler, d'une manière générale, la composition du sang de l'homme dans l'état de santé. II existe, en effet, mille influences qui peuvent modifier cette composition, et ces roodificatioiLN bien que maintenues dans des limites assez restreintes, suffisent pour amener des différences appréciables avec la formule générale proposée.
Prévost et Dumas sont les premiers qui aient donné une compotitHf!moyenne du sang humain. D'après eux, sur 1000 grammes, il y a :
Globules 427 gr.
Albumine 70
Fibriuo • 3
Eau 790
Sels, matières grasses et exlractives .... 10
Suivant Becquerel et Rodier, la formule générale à adopter serait la suivante :
Globules 1 35,00
Albumine • 70,00
Fibrine. 2.50
Sels, matières grasses et extraetivea 11,00
La composition moyenne du sang de l'homme est indispensable à coo*
naître pour étudier les variations de composition de ce fluide, soit dau'
l'état physiologique, soit dans l'état morbide. D'après ces deux derniers observateurs^ les /tmtiees/^Aysiofo^tftiet pour li
quantité des globules, par exemple, peuvent être fixées à 145 et à 125, c'e>t' à-dire qu'au-dessus de 1&5, on devrait noter l'augmentation du chiflredi? globules, et au-dessous de 125 sa diminution (moyenne, 135).
Dans 1000 grammes de sérum du sang, la quantité moyenne d'a/hmi*^ étant de 70 grammes, la limite inférieure de l'état normal serait ^ (toujours d'après Becquerel et Rodier) et la limite supérieure 85 et 9o (moyenne, 70).
Pour la fibrine, les limites physiologiques devraient être placées i 2 1^ à 3 grammes pour 1000 grammes de sang. Les proportions de fibrii^ en deçà et au delà devraient être considérées comme rexpressioa d'un état pathologique (moyenne, 2,50). — Plus loin, nous verrons qw.
COMrOSlTlON DU SANG. — APPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES. 573
'après Denis^ la quantité de fibrine serait beaucoup plus considérable. Quant à Veau^ sa quantité moyenne étant de 780 grammes pour )00 grammes de sang considéré en masse, sa limite physiologique inféeare serait 720 grammes et sa limite supérieure environ 820 grammes, est-à-dire que les variations normales oscilleraient dans une proportion î 100 grammes d'eau pour 1000 grammes de sang. Les matières grasses figurent ordinairement pour 2 à 3 grammes seuleent : elles se trouvent à la fois dans le plasma et dans les globules, mais les sont relativement plus abondantes dans ces derniers. La proportion du principe sucré (glycose) ne dépasse guère un demiammeO • quand le sang artériel en contient plus de 2 grammes, le rein tn sépare ; il y a glycosurie.
Quant aux matières dites extractives du sang, elles paraissent y exister ins la proportion d'environ 2 grammes 1/2 sur 1000 ; et sous cette dénoinalion, plusieurs auteurs rangent la créatine^ la créatinine^ VaUnmdnùse^ ire même Vvrée^ les acides vrique et hippurique ^ dont la composition est iDrtanI bien déterminée. Chacune de ces substances est si peu abondante le, pour la plupart, il a été impossible, jusqu'à présent, d'en faire un doge qu'on soit autorisé à présenter comme exact. Cependant, pour YuréCy en particulier, on s'accorde assez généralement idmettre que sa proportion, dans le sang de l'homme sain, est de 0*%i5 K',20 pour 1000 grammes.
Les sels inorganiques figurent pour 6 à 7 grammes^ dont 3 à & grammes m le chlorure de sodium ; — 2 grammes à 2 grammes 1/2 pour le carbo' te et kpltosphate de soude ; — environ 1/2 gramme seulement pour le phosote de chaux uni au phosphate de magnésie. Il n'y a qu'une minime pronion de soude libre, que de faibles quantités de sulfate, de phosphate^ carbonate de potasse et de sulfate de magnésie. Quant au /W*, on sait que 127 grammes de globules (qui répondent à 00 grammes de sang) renferment environ 10 grammes d'hématosine Dlenant eux-mêmes 1 gramme d'oxyde de fer: cette dernière quantité^ rramme, est par conséquent celle que l'on trouve dans 1000 grammes de ng humain.
C'est seulement à propos de Tétude des gaz du sang que nous essayerons déterminer, plus loin, \%m quantité moyenne dans ]e sang veineux et dans sang artérieL
A. — Nous commencerons l'examen des substances contenues dans le ^% en nous occupant de celles que réunit une identité presque parfaite composition, c'est-à-dire ValbuminCy la fibrine et la caséine^ desquelles us rapprocherons Yalbuminose^ ybémato-globuline et leprotagon.
*) Après le repu {chez les chiens) on peut trouver jusqu'à 2 et 3 grammes de glycose pour *^ gammes de sang sorti des veines sus-hépatiques ; ce ùâi s'explique par la conversion lucre de la matière gtycogëne tenue en réserve dans le foie, conversion devenue momentané* <^t plus abondante grftce à l'activité plus grande de la circulation hépatique durant la digos* ^ U respirition ntUise et décompose ce surplus trantitoire de principe sucré.
576 0£ LA RESPIRATIOn.
et tous les caractères de ralburoiaet et qu'enfin la fibrine du sang soumiii à une ébullition prolongée acquiert les propriétés de ce dernier priocipa — Quand on considère, comme il vient d'être dit^ que pendant riocuba* tion de l'œuf^ Talbumine parait se transformer en fibrine et donner Tim* sance, avec le concours de Toiygène atmosphérique, à toutes les sub stances azotées de l'organisme animal rudimentaire, et qu'après cel époque l'albumine semble être endore comme la source et la base de tout la s^rie de tissus particuliers qui sont le siège des activités oi^aniques, ne faut pas trop s'étonner qu'aux yeux de plusieurs physiologistes la dige tion ait paru avoir pour but essentiel de réduire tout en albumine^ et dd transformer en ce principe constitutif du sang tous les aliments, y compris ceux qui n'en contiennent pas la moindre trace avant de subir rinflaeiMH digestive. A propos de cette opinion^ nous avons dit précédemment où esl l'exagération, où est Terreur. (Yoyez le chapitre Digestion.) :
2' Fibrine du sang (*). '
II a déjà été dit plus haut que la fibrine du sang et la fibrine des muscles ne sont pas identiques; leurs caractères différentiels ont été indiqués. Il \ aussi été fait mention de la manière de voir de Denis, d'après qui un*! notable proportion de fibrine restée dissoute dans le plasma, après a coagulation du sang, aurait été prise à tort pour de l'albumine.
Sur 1000 grammes de sang, après que 3 grammes de fibrine se so coagulés en emprisonnant les globules blancs et rouges, si l'on vient i traiter le sérum par du sulfate de magnésie, on précipite encore 22 autre? grammes de fibrine qui étaient restés mélangés avec l'albumine : leur sép.*. ration est facile, puisque d'après l'observation de Denis le sulfate de mgnésie coagule la première à l'exclusion de la seconde. Ce serait don 3 grammes de fibrine spontanément coagulable et 22 autres grammes d fibrine n'ayant point ce caractère qu'il faudrait admettre dans 4 000 gramme: de sang, et ces derniers 22 grammes seraient par conséquent à déduire àf^^ 70 d'albumine que jusqu'ici on avait admis dans 1 litre de sang.
Depuis les recherches de Simon et de Lehmann, on sait que le sang dr veines rénales et celui des veines sus-hépatiques ne sont pas spontanérueri coagulables, qu'ils ne donnent pas de caillot; d'où divers physiologistes cli cru pouvoir conclure que la fibrine se détruit dans les reins et dans le foie Or, il parait^ comme le fait observer G. Sée, que dans le plasma du sang q& revient de ces organes, il n'y a que de la fibrine dissoute^ non coaguUl:^ spontanément, mais facile à précipiter à l'aide du sulfate de magnésie il n'est donc pas exact de dire que le sang qui a traversé le foie ou les rei:^ a perdu sa fibrine.
D'ailleurs, dans l'opinion de Denis et pour les auteurs qui l'ont admise la fibrine proprement dite ne préexiste pas dans le sang ; c'est de la plam qui y préexiste normalement et que certains tissus s'assimilent dans le trar<i. nutritif. Mais la fibrine proprement dilen'apparatt i l'intérieur ou à rextc
(*) Plasmine de Deris. — Voyei son Mémoire sur le sang, cofmdéré gvaatf ii est /?b»' pendant qu'il se coagule et lorsqu'il est coagulé^ p. 30 et suivulet. Paris, 18&9.
rieur des vaisseaux que quand des circonstances particulières déterminent le dédoublement delà plasmine: l*en une partie dite spontanément coaguicMc et prenant l'aspect fibrillaire (fibrine concrète de Denis); et 2® en une autre gai reste liquide dans le sérum {fibrine dissoute de Denis), à moins qu'on ne l'en précipite à Taide du sulfate de magnésie. «—Ainsi, d'après cette manière de voif; si le sang de la veine rénale et des veines sus-hépatiques ne se coagule pas, cela tient simplement à ce que dans le rein et dans le foie la plasmine a subi une modification telle qu'elle n'est plus susceptible de dédoublement spontané.
Mais, d'après Denis, sauf ces cas exceptionnels, on peut toujours isoler du sang un composé soluble (plasmine ou fibrinogène) capable de se partager spontanément en fibrine concrète et en fibrine dissoute. A cet effet, on ajoute au liquide frais une quantité suffisante de sulfate de soude pour empêcher la coagulation, on filtre les globules et l'on précipite le plasma clair par du sel marin: la plasmine de Denis ou le fibrinogène (Virchow) se sépare alors en flocons ; sous cette forme, la plasmine est encore soluble dans dix ou vingt fois son poids d'eau pure^ mais sa solution se coagule spontanément au bout de quelque temps, puis donne, par son dédoublement, de la fibrine proprement dite ou fibrine concrète et de la fibrine dissoute.
La fibrine concrète du sang veineux et la fibrine concrète du sang artériel ne sont pas identiques : ainsi, tandis que la fibrine du sang veineux, )btenue par le battage, est soluble dans une solution de chlorure de sodium m dixième, la fibrine du sang artériel, extraite par le même procédé, y ^t insoluble. II faut donc admettre que, dans la portion coaguiable de a plasmine (fibrine proprement dite), quelque modification isomérique est produite lors du passage du sang des artères dans les veines à travers e système capillaire général.
Ajoutons qu'après l'action du sulfate de soude, de l'alcool et de la chaleur, i fibrine du sang veineux n'est plus soluble dans la précédente solution.
Rappelons enfin que la fibrine fraîche, qu'elle provienne du sang artériel u du sang veineux, a la propriété de décomposer rapidement l'eau oxy* énée sans changer elle-même de composition.
3* Caséine du sang.
La caséine, qui, sauf le phosphore, renferme les mêmes éléments qu cilbumine ou la fibrine et à peu près dans les mêmes proportions, est aussi Imise comme un des principes azotés du sang normal par un assez grand )/nbre d'observateurs, F. Leblanc et N. Guillot (i), Panum (2), Stass (8), oleschott (&), etc.
' i , Natal» Guillot et F. Leblasc, Comptes rendtis des séances de VAcad, des se. de >/(f, t. XXXI, p. 585, année 1850.
2) Pauom (de Copenhague), Ueber einen mit\ der Casefn uebereinsiimmenden Bestand» il de* Blutes (Arch, fûv patkolog, Anat, Yon Viaciow und Rehouiht (1850, t. III, p. 251, t. IV, p. 17).
.3) Stass, Sote sur le liquide de Camnias et de railanioîde {Comptes rendus de F Académie i sciences de Paris, 1850, t. XIXI, p. 629).
(I)IIOLESCIOTT, Kâsestoff im Elut (ViEiioirr's Arch, fur physioU Heilkunde, 1852, Bd. 111
LOmSKT. <— PHY810L. 1. — 37
Dans des analyses faites par Panum, de Copenhague, sur 1000 parties de sérum desséché, il y avait ûeii kl parties de caséine chez trois hommes; 5,5 à 12,50 chez huit femmes; 9,90 à 12,70 chez différentes femmes en couches, et 6,50 à 7,10 chez les nourrices. Natalis Guillot et F. Leblanc 1), qui avaient aussi reconnu la présence de ce principe protéiqne dans le sang des nourrices, Tout constaté dans le sang de l'homme lui-même et dans celui de plusieurs mammifères, notamment du taureau, du bouc, da mouton et du chien.
L'augmentation dans la proportion de caséine a paru coïncider^ en certains cas, avec une diminution dans celle de Talbumine : ce fait viendrait confirmer encore la possibilité des transformations des matières albuminotdes les unes en les autres.
La caséine tire sans doute en partie ses matériaux de formation de l'albumine du sang: rappelons qu'il suffit d'ajouter un peu d'alcali libre à l'albumine pour lui faire acquérir les caractères de la caséine. Réciproquement, ce principe azoté et nutritif du lait (boisson si parfaite que, dans le jeune âge, elle peut suffire à la nourriture des mammifères) doit fournir aa jeune animal les parties azotées de son sang, et constituer nécessairement la matière première aux dépens de laquelle vont se développer ses divers organes; car ni le beurre, ni le sucre de lait ne renferme d'azote, et la proportion d'albumine contenue dans le lait est relativement minime.
U^ Albuminùse,
Lalbuminose, produit unique, quoiqu'un peu diversifié dans ses réactions, en lequel on admet que tous les aliments albuminoîdes ou azotés se convertissent, existe dans la masse du sang où les veines intestinales l'introduisent par voie d'absorption, et forme une des parties constituantes de ce fluide.
Plusieurs chimistes ont supposé que Talbuminose avait été prise, daa^ le sang, pour de la caséine. Mais^ comme on vient de le voir, les analyses faites depuis une quinzaine d'années paraissent avoir assez nettement établi que ce dernier principe azoté fait réellement partie des matériau normaux du plasma sanguin.
On n'a trouvé que des proportions minimes d'cUbuminose ou de pepimte. même durant lapériode digestive, dans la masse générale du sang d'animaui ayant pourtant fait usage d'une nourriture où abondaient les matières albuminoîdes; ce qui tend à faire croire que ce produit digestif, après s'être converti pour la plus grande part en albumine du sérum dans le foie lui-même, trouve son emploi au fur et à mesure de cette conversion et do déversement lent et graduel opéré dans la masse sanguine par les veiiie< sus-hépatiques.
5^ Hémato^globultne{^).
Assez généralement, aujourd'hui, on désigne sous le nom à^hémntO'
(1) TfATAtls GoiLLOT ctF. LCBLANC, Note Sur la présence de la caséine et les tariefut^'i' ses proportions dans le sang de r homme et des animaux {Comptes rendus, 1850, p. 585).
(*) Stmonthie : Hémo-glubine; hémato-globine ; hémato-cristalline; ^A>MiJie et natièn colorante du ung {hématosine) réuniei.
]lobulme le principe albuminoïde particulier aux globules rouges du sang^ a matière colorante comprise. Gomme autres parties constituantes de ces [lobules^ on trouve encore du protagon, des matières grasses, des subtances salines (surtout des sels de potasse), puis de l'oxygène.
Lbômato-globuline se distingue des autres principes protéiques, d'tme tari, parce qu'elle est cristallisable, et^ de l'autre, parce qu'elle contient lu fer.
La forme cristalline de ce corps dépend de l'espèce animale qui fournit t sang : il existerait d'après cela plusieurs variétés d'hémato-globuline ou émato-cristalline. Par exemple, celle qui provient du sang de l'homme et iO la plupart des carnivores affecte la forme de lames ^ tantôt rectanguûres^ tantôt aciculaires et d'autres fois disposées en losanges; chez l'écu** euil (rongeur), elle se présente sous l'aspect de lames hexagonales et de risraes, etc.
Quant à l'oxyde de fer contenu dans Thémato-globuline^ on en obtient ne notable quantité à l'aide de la calcination. Supposant Thématosine imtière colorante du sang) séparée du principe albuminolde des globules, ous nous bornerons à rappeler que 1000 grammes de sang ou 127 gramles de globules renferment environ 10 grammes d'hématosine, contenant ux-mémes 1 gramme de sesquioxyde de fer.
H résulte de travaux encore récents que l'hémato-globuline , après u on lui a enlevé son fer, n'en conserve pas moins sa belle couleur rouge : n ne saurait donc plus admettre que l'oxyde de fer représente la matière ui colore le sang. Du reste, sans qu'il soit besoin de la calcination, hémato-globuline ou hémato*cristalline peut se dépouiller de son fer fins l'épaisseur même des tissus de l'animal vivant^ et alors donner naismce à ce qu'on a appelé kémaiotdine (Virchow), substance cristalline, un rouge orangé vif, dans laquelle l'oxyde de fer disparu est remplacé lir une quantité équivalente d'eau.
L'hématoïdine, produit de transformation de l'hémato-globuline, se >rme spontanément dans les points du corps où se dépose une assez grande nanti té de sang, comme, par exemple, dans un foyer apoplectique du 'H eau, ou bien dans le sang coagulé qui remplit un follicule de de Graaf )rès chaque ovulation périodique. On peut de cette manière compter les laques d'apoplexie cérébrale et savoir combien de fois une jeune fille, li vient de succomber, avait été réglée : chaque extravasation sanguine inrnit son contingent de cristaux d'hématoïdine qui^ une fois formés, »meurent comme corps compactes et résistants dans l'intérieur de l'or- ;n(.. — Ces cristaux affectent la forme de prismes rhomboédriques obli- U'S, colorés en rouge orangé; c'est une des plus belles formes cristallines
irmues (*).
Revenant à l'hémato-globuline ou principe albuminoïde propre aux
'/ Il fie faut pas confondre lliéinatoïdine avec Vhémine de Teicbmaion, qui ne peut être eime qu'artificiellement. Les cristaux d'hémtne, qui d'ailleurs ont de l'analogie avec ceux
^»^fna(o'ldine, s'obtiennent en faisant agir divers acides organiques (acides acétique, lactique;
;^lique^ tartrique et citrique) sur les globules hématiques desséchés.
580 DE LA RESPlRATIOn.
globules hématiques, indiquons comment on peut se la procurer soos forme cristalline et signalons ses principales propriétés.
0. Funke prépare celte substance de la manière suivante : il exprime le caillot d'un sang nouvellement coagulé et en lave le résidu sur un linge avec de Teau pure; puis il fait passer, pendant une demi-heure» dans le liquide rouge, un courant d'oxygène suivi par un courant d'acide carbonique. L'hémato-globuline ne tarde pas à se déposer sous forme cristalline et variée^ avons-nous dit, suivant Tespèce animale.
Ce principe cristallin est rougeâtre, altérable au contact de Tair^ soluble dans Teau et dans les alcalis, soluble aussi dans la bile et dans le choléate de soude. Sa dissolution aqueuse se trouble par l'alcool, par l'action de la chaleur à + ^^ degrés, et elle donne lieu à un dépôt quand on la traite par une solution de bichlorure de mercure.
L'hémato-globuline se décompose entre 160 et 170 degrés, en répandant une odeur de corne brûlée et en laissant 1/2 pour 100 de cendres composées en grande partie d'oxyde de fer.
Le principe albuminoïde propre aux globules du sang a été séparé par Lecanu à l'aide d'un procédé qui ne donne pas de produit cristallin comme celui de Funke ; aussi Lecanu lui avait-il conservé le nom de globuline, H la prépare en faisant bouillir avec de l'alcool à 20 degrés le coaguium obtenu en chauffant une dissolution aqueuse des globules sanguins. Par l'évaporation de la liqueur alcoolique^ il obtient un résidu élastique et roogeàtre : c'est la globuline contenant des traces d'hématosine.
Les propriétés de cette globuline ne sont pas exactement les mêmes qoe celles de l'hémato-globuline ou hémato-cristalline de Funke; ce qui porterait à croire que ni l'un ni l'autre de ces deux produits ne représente réellement le principe albuminoïde tel qu'il se rencontre dans les globules.
Nous aurons occasion de revenir sur l'hémato- globuline à propos de l'analyse spectrale du sang.
6* Protagon,
Oscar Liebreich (1) désigne sous ce nom un principe immédiat cristaliisable, azoté et phosphore^ dont il a découvert la présence tout récemment (1866) dans la substance cérébrale.
L. Hermann(2) l'a trouvé depuis dans les globules rouges du sang, el Hoppe-Seyler (3) dans le sérum : il y a donc lieu d'en parler ici sommairement.
Le protagon cristallise en aiguilles très-fines^ se réunissant parfois en groupes et affectant des formes étoilées ; il est peu soluble dans l'éther et se dissout assez facilement dans l'alcool concentré. Ses cristaux dessécbé> se prennent d'abord en une masse comme cireuse, puis bientôt tombent en poussière. Au contact de l'eau, ils se gonflent comme l'amidon et
(1) 0. LiEBREiCB, Ueher Protagon, eic, Bertin, 1866.
(2) L. Hermann^ Centraiblatt, etc., p. 390. 18G6.
(3) Hoppe-Seyler, Centraiblali, etc., p. 534, 1860.
forment une sorte d'empois ; en augmentant la quantité d'eau on obtient un liquide opalin, duquel, en élevant la^mpérature, on peut précipiter le protagon à Taide du chlorure de sodium ou de calcium.
Le protagon se dissout dans Tacide acétique glacial et donne à une basse température des cristaux analogues à ceux qu'on obtient avec lalcool.
Chauffé pendant vingt-quatre heures^ au contact d'une solution concen« Irée de baryte, le protagon fournit un sel bibasique : ce sel aurait^ pour acide, Vacide glycéro^phosphoriquey pour bases la baryte d'une part, et, (l*aulre part, la neurine résultant comme l'acide de la décomposition du protagon. Parmi les produits de dédoublement de ce nouveau principe immédiat figurent (indépendamment de l'acide glycéro-phosphorique et de la neurine) des acides gras qu'on peut isoler à l'état de savon et qui ne sont autres que les acides stéarique et palmitique; ces acides restent sur le filtre. — L'acide sulfurique dilué parait chasser \e phosphore du protagon. Chauffé en vase clos, ce principe albuminoïde donne du sucre au contact de l'acide chlorhydrique.
Ainsi, les expériences tentées jusqu'ici sur le protagon permettent déjà de reconnaître que ce corps complexe renferme les éléments constitutifs de corps plus simples, comme la glycérine^ le phosphore, la neurine^ les acides stéarique, palmitique et le sucre.
Le protagon s'altère rapidement, sur l'animal mort, au contact des liquides acides ou alcalins. Il revêt alors les formes les plus bizarres et prend l'aspect de cellules que, sans en apprécier la nature^ Yirchow a décrit sous le nom de myéline. Ce serait aux décompositions successives dont le protagon est l'objet qu'on devrait rapporter X acide oléo-phosphorique de Fremy, la cérébrine azotée et non azotée de Millier, etc.
l"" De tout ce que nous avons dit, jusqu'à présent^ sur la composition chimique du sang^ il résulte que la constitution de ses corpuscules a déjà été suffisamment examinée pour que nous sachions qu'au nombre de leurs parties constituantes il faut ranger Miémato-globuline (matière colorante comprise), le proiagon, certaines matières grasses et salines (surtout des sels de potasse), puis Voxygene,
La description détaillée des corpuscules ou globules sanguins ne tiendra que quand nous nous occuperons de l'histoire générale du sang (voyez le tome II); pour l'instant, nous en dirons seulement quelques mots.
Les globules sanguins sont les uns blancs, les autres rouges.
Les globules blancs, surtout riches en matières grasses et très-peu nombreux relativement aux globules rouges, ont une forme plus sensiblement ^pbérique et un diamètre plus considérable que ces derniers. Ils ont fté regardés comme des globules de lymphe ou de chyle n'ayant point encore disparu. Granuleux à leur surface, ils renferment un ou plusieurs noyaux arrondis, ovales ou réniformes. Plus légers que les globules colorés, ils demeurent, pour cette raison, en partie suspendus dans le sérum, ou bien se rassemblent de préférence dans les couches supérieures du
&8S OB LA BSSPiRATIOlf.
oruor. Pour 300 à 400 globules colorés, on trouve environ 1 globale incolore dans le sang nonnaU
Les globules rougeê du sang de la plupart des mammifères sont de petits disques circulaires, aplatis; ils sont elliptiques chez les oiseaux, les reptiles et les poissons. Leur diamètre varie suivant l'espèce de Tanimal. Assez généralement on les dit constitués par une enveloppe et un contenu coloré; tandis que certains observateurs, niant toute enveloppe vésiculaire, les considèrent comme formés par une masse homogène (globuline) qui serait unie molécule à molécule à la matière colorante (hématosine) et à une certaine quantité de graisse et de sels. Quoi qu'il en soit, les substance^ albuminoides ou azotées, qui constituent essentiellement les globule^ rouges du sang, nous sont déjà connues, et nous savons que c'est une nécessité physique que l'oxygène de l'air soit absorbé par ces globules. On y trouve^ avons*nous dit^ une quantité notable de matières grasses qui s'élève dans les globules humides de 0,2 à 0,3 pour 100: ces matières grasses renferment du phosphore. Quant aux éléments inorganiques, le^ phosphates et les sels de potasse existent dans les globules sanguin«^ et proportion bien plus considérable que les chlorures et les sels de soude qui, au contraire, abondent dans le sérum (Lehmann, Schmidt).
Dans 1000 grammes de sang, on trouve, en moyenne, 127 gramme? de globules desséchés ; et, dans cette dernière quantité, Thématosine figura' pour environ 10 grammes.
B. — Les matières grasses du sang, comme nous venons de le rappeler, se trouvent à la fois dans le plasma et dans les globules, mais elles son: réputées être en plus grande proportion dans ces derniers. Elles comprennent, des substances qui sont loin d'avoir les mômes propriétés et unr composition analogue : telles sont la séroline, la cholestérine, les acides margarique et oléique, les oléate et margarate de soudCi la matière gras^^* dite phosphorée.
La séroline n'a été rencontrée, jusqu'à présent^ que dans le sang où elle se trouve dissoute en très-petite proportion (en moyenne 0,020 pour 1000). C'est sous l'aspect d'une matière blanche nacrée qu'on la voit se précipiter par refroidissement de la décoction alcoolique du sang. Elle diffère de k stéarine, de la margarine et de l'oléine en ce qu'elle n'est pas saponifiablo. c'est-à-dire qu'elle ne se dédouble pas en acide et en substance grasseneutre au contact des alcalis. On ignore sa composition élémentaire et son rôle physiologique.
Quant à la cholestérine, elle figure aussi dans les analyses quantitatives du sang de l'homme, à l'état normal, pour une bien faible fraction: maximum, 0,175; minimum, 0,030, pour 1000. On la retrouve d'ailleurs dans quelques autres parties de l'organisme animal. Bien que douée des caractères physiques des corps gras, la cholestérine ne se saponifie point. Elle est insoluble dans l'eau, et l'on ne peut guère afQrmer à l'aide de quel principe elle est tenue en dissolution dans le sérum du sang. L'alcool bouillant enlève cette matière au sérum évaporé à sec et préalablement
GOMPOfilTIOIl DU SAMG. -^ APPUGATIOMS PHYSIOLOGIQUES. S8S
épuisé par Teau bouillante. La cholefitérine du sang est-elle un de ces produits destinés à être utilisés par Torganisme ou bien à en être expulsés î Sa destination physiologique est tout à fait inconnue : on sait seulement que la bile et la substance cérébrale , par exemple , contiennent une miaime proportion de ce principe.
Les acides mcargarique et oléigue^ qui existent à l'état libre dans le sang, s'oblleanent en traitant par Talcool froid l'extrait éthéré du sérum; on sépare ensuite Tun de l'autre par les procédés ordinaires. L'existence de ces deux acides libres dans un liquide alcalin s'explique quand on sait que, à la température de 38 degrés centigrades, ils sont sans aucune action sur les carbonates alcalins du sérum.
Voléate et le margarate de soude sont deux autres principes qui peuvent être retirés immédiatement du sang, auquel ils n'appartiennent pas d'une manière exclusive ; on les rencontre dans d'autres liquides organiques, notamment dans la bile. L'oléate de soude concourt à maintenir en dissolution les deux précédents acides gras ainsi que les autres substances grasses du sang. Quant au margarate de soude, beaucoup moins soluble que i'oiéate, il est présumable que les autres principes gras du liquide sanguin^ et aussi les sels^ concourent à sa dissolution.
Ënfin^ vient la matière grasse dite phosphorée qui, d'après Cabours (1), serait a en partie constituée par du savon de soude mélangé d'un peu de graisse non saponifiable et de chlorure de sodium^ sans trace aucune de phosphore » . Sa réaction est faiblement alcaline. A propos de l'existence d'une matière grasse phosphorée dans le sang, Berzelius (2) résume son opinion en ces termes : a En rassemblant tous ces faits épars, on voit qu'aucune graisse contenant du phosphore n'accompagne la fibrine et l'ai* bumine, et que les graisses extraites de ces deux matières ne sont pas parfaitement identiques. Il parait résulter de là que chacune des parties l'unstituantes albuminoïdes du sang est accompagnée d'une graisse parti*^ nilière, et que celles qui contiennent du phosphore doivent accompagner les corpuscules du sang, puisqu'elles n'appartiennent ni à la fibrine ni à l'albumine. »
Quoique la science ne possède rien de bien précis à cet égard, on croit pourtant assez généralement que les graisses phosphorées sont confinée!) d.ins les globules, tandis que les précédents acides gras, puis la cholesté* ririn et la séroline, se trouvent en majeure partie, sinon en totalité, dai«s le plasma.
Les matières grasses qui, sur 1000 grammes de sang, sont ordinairement représentées par 2 à 3 grammes, peuvent s'élever, durant la période diges« live, jusqu'à 6, 8 et 10 grammes; encore cette porportion ne s'observe-t-elle f]ue chez l'animal qui a surtout fait usage d'aliments gras et seulement à certains moments de la digestion.
Mj Cahoors, cité dans le Traiié de chimie pathologique^ p. 64, par A. BscfiOEREL et RoDiEB. Paris, 1854.
(2i Bbusuos, Traité de chvmie^UXW, p. 538, édit deValérius. Bruxelles, 1889.
Ce que nous avons vu être fait parle fidek l'égard du produit de la digestion des matières albuminoldes, c'est-à-dire de Talbuminose, a lieu encore à l'égard de cette portion de principes gras que lui amène la veine porte : le foie ne les livre aussi à la circulation générale que dans les proportions exigées pour la consommation actuelle. Les nombreux ganglions lymphatiques, qai existent sur le trajet des chylifères, semblent avoir le même rôle de régulaieur pour la distribution graduelle de cette autre portion beaucoup plus considérable de matières grasses qui parcourent ces vaisseaux et le canal tboracique avant de se mélanger avec le sang. Les ganglions mésentériques semblent être des filtres ralentissants^ et Ton a supposé, mais à tort, que dans leur intérieur la graisse peut passer en partie des chylifères dans les veines, c'est-à-dire dans le sang, en évitant le trajet du canal tboracique. — Ce qui précède tend à expliquer comment, après un repas où prédominaient les matières grasses, le sang veineux général peut néanmoins ne renfermer relativement qu'une assez faible proportion de graisse.
C. — Quant au principe sucré contenu dans le sang, nous avons déjà \n qu'il est en proportion très-minime, puisqu'il ne dépasse guère un demigramme, et que quand le sang artériel en contient plus de 2 grammes le rein l'en sépare, qu'alors il y a glycosurie. Nous avons aussi mentionné et expliqué précédemment (p. 573) l'exception qui a lieu d'une manière transitoire pour le sang des veines sus-hépaliques après le repas.
La même réflexion que nous faisions tout à l'heure à propos de la minime quantité d'albuminose et de graisse contenues dans le sang veineux général d'animaux ayant pourtant fait usage d'une nourriture où abondaient, soit les matières albuminoîdes, soit les matières grasses, la même réflexion, disons-nous, peut s'appliquer au principe sucré : ce ne sont aussi, pour ainsi dire, que des traces de dextrine, de glycose ou de lactates que l'on constate dans le sang veineux général chez des animaux ayant pourtant mangé des aliments riches en fécule ou en sucre.
Aussi importe-t-il de rappeler ici, en passant, que la plus grande partie des produits liquides de la digestion, avant d'être versés dans le sang, traversent un volumineux organe, le /bie, qui, avec sa lente circulation capillaire, agit comme modérateur ou régulateur et ne livre passage ani produits de la digestion, charriés en abondance par la veine porte, qu'à mesure que ceux-ci trouvent leur emploi dans le sang : c'était le moyen d'empêcher l'encombrement de matériaux réparateurs dans ce fluide et aussi de prévenir des variations trop étendues et trop brusques dans sa composition.
D. — Les meilleures analyses quantitatives du sang démontrent que ce fluide contient, outre les principes organiques qui précèdent, d'autres matières dont la nature reste parfois inconnue et qu'on désigne sous le nom de matières extractives. Les unes sont solublcs dans Teau et Talcool. les autres sont solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool. Elles ne paraissent guère être autre chose que des produits dérivés des substances
aibnminoldes et représentant parfois le premier degré des combustions fliminatoires. On les rencontre d'ailleurs en faibles proportions dans le tang. — C'est parmi ces derniers produits qu'on a coutume de classer, par xemple, la créaiine et la créât in{ne(*), voire même Yurée, les acides tangue t hippurique dont la composition est pourtant bien déterminée.
La créatine (xpc«ç chair), qu'on peut retirer des muscles volontaires des njmaux de quatre classes de vertébrés, en traitant avec de l'alcool l'exrailaqaeuz de viande desséché dans le vide, se trouve également dans le mg et dans l'urine. Insipide, inodore, cristallisable en prismes rectanguiires, la créatine est une substance chimique indifférente, c'est-à-dire 'l'eile ne joue ni le rôle d'acide ni le rôle de base. Elle se forme évidemlent dans le tissa musculaire où elle est reprise par les vaisseaux qui ipportent dans le sang pour être expulsée avec les urines comme l'urée.
La eréaiinine^ qu'on peut préparer arliflciellenient au moyen de la créa- 16, s'en distingue par une réaction fortement alcaline; mais on la trouve tssi dans les muscles comme alcaloïde résultant de la désassimilation de urs principes organiques^ dam le sang et finalement dans le liquide urinaire. présence dans l'économie parait due i une transformation de la créale, et son caractère de substance excrémentitielle est des plus manifestes.
Vurée, dont il sera parlé plus longuement à propos de la sécrétion uriirc et de la nutrition, doit être comprise parmi les éléments normaux du ig. Elle joue aussi le rôle de produit excrémentitiel, et il ne parait guère (" ce soit à un autre titre qu'elle concourt à la composition de ce fluide. Ou se rappelle que la présence de l'urée dans le sang a été constatée par évost et Dumas (1), après la suppression de la sécrétion urinaire, c'est-àe en arrêtant le travail par lequel ce principe immédiat est ordinaireni éliminé de l'organisme à mesure qu'il s'y forme. Son existence, dans ^ng normal^ a été reconnue d'abord par Marchand (2), puis confirmée par uon (3). Slrahl (4), Hervier (5), Verdeil et Gh. DoUfus (6), et tout récem- .nt par Jos. Picard (7).
Sa proportion, dans le sang normal, serait de 0,18 pour 1000 d'après ireband, et de 0,16 selon J. Picard.
*i La découverte de la présence de la créatine et de la créatinine dans le sanç est due à iMiLetW. Maicet {Rechet'ches iur les principes immédiats qui composent le sang de ■"fane et des ^ncipaux mammifères, dana Journal de chimie et de pharmacie, t. XX, »9. année 1851).
i, PaÉvosT et Dumas, Ann. de chimie et de j^ysique, 1823, t. XXIII, p. 90.
2; Maicbaiid, Annales des sciences naturelles^ 1838, 2* aérie, t. X, p. 46.
ij Ml'LLER'ft ArchiVy 18A1.
); SnAiL, Arehiv fur physiol, und pathqL Chemie und Mikrosk,^ von Hellbb, 1847,
'i\ HEaviCB, De l'existence habituelle de Curée et de l'acide hippurique dans le sang
'f*'d de ritcmmey p. 502 (Gaz, mid. de Paris, 1851 , p. 76).
' Cb. DoLLrus, Gaz. mid, de Paris, 1850, p. A39. — Mém. communiqué à l'Acad. des
de Parit, séance du 3 juin 1850.
" ios PiCABD, De la présence de tarée dans le sang et de sa diffUsion dans Vorga"
'M y etc., p. 22 et «oÎT.; thèses de Strasbourg, n® 375, année 1856,
586 DE tA BESPIBATIO!!.
On a aussi trouvé^ d'une manière constante, dans le sang des mammifères herbivores, V acide hippurique combiné avec de la soude (i) : ce principe est expulsé avec les urines.
Quant à Vacide urique^ qui est regardé comme le produit d'un travail de combustion éliminatoire moins avancé que pour l'urée, et dont il fkut $aQ> doute rapporter l'origine à une oxydation incomplète des principes azot•^^ du sang et des tissus, il a été rencontré dans ce liquide en combinaisoo avec la soude d'abord dans quelques cas pathologiques (2). L'acide urique, qui accompagne l'urée dans les évacuaions urinaires, est réputé exinter aussi dans le sang normal, mais en trop minime proportion pour qu'on ait pu encore le doser d'une manière exacte.
Divers autres acides (également combinés avec la soude et la potasse., qui peuvent se développer lorsque des principes organiques neutres, azotés ou non azotés, sont soumis à l'action des réactifs oxydants, ont encore été signalés dafns le sang : tels sont les acides lactique, acétique^ iitfyrique^ formique et valérique.
E. — Parmi Xe^principes minéraux les plus importants du sang figurent : !•* fer, dont il a déjà été question à propos de l'hémato-globuline ; le cUonrt de sodium, qui est très-abondant, surtout dans le plasma; puis le phosphn^f et le carbonate de soude, le phosphate et le carbonate de potasse; le chianfrr de potassium; enfin, le phosphate de chaux, qhi, comme le chlorure de sodium, le phosphate et le carbonate de soude^ peut donner lieu à quelqueconsidérations physiologiques dignes d'intérêt.
Ces principes inorganiques sont inégalement répartis dans les globuio et dans le plasma. On a constaté que la presque totalité des sels à ba^ de potasse se trouve dans les globules, tandis que la soude et ses ^c.« sont plus abondants dans le plasma que dans ces corpuscules. Enfin, It^ phosphates terreux se rencontrent en plus grande proportion dans .« plasma, tandis que la totalité du fer que le sang renferme appartient aui globules.
Le fer, dans l'hémato-globuline, est réputé existera l'état de sesquîoxydt C'est surtout parce qu'il concourt à la production de l'élément organiq':r par excellence, du globule sanguin, que le fera été considéré par les physiologistes comme un aliment de premier ordre.
Nul doute que les matières alimentaires ou l'eau ingérée ne l'introdui^ea' habituellement en quantité suffisante pour les besoins de l'économie; m^i* chacun sait que parfois on est obligé de l'ajouter au régime pour rcmédi'. : à une altércition fondamentale du sang (diminution des globules) qL. amène les désordres les plus graves dans la santé. Les usages du fer. d4.v l'organisme^ doivent être des plus importants puisqu'on découvre au«^. ce principe jusque dans les cendres du lait et de l'œuf. Mais, jusqu'à pre
(1) VnDEiLetCH. DOLLPUS, Mim.de la Soc, de biologie, 1850, t. II, p. 79.
(2) Garroii, Transaci. ofthe Med.^Chir, Soc. ofLondon, iSAS, t XXIV, pt, 83.
sent, ils sont loin d'avoir été expliqués et, à leur sujet, la science ne possède encore que des données purement théoriques dont, pour Tinstant, nous n'avons pas à examiner la valeur (*).
Le chlorure de êodium (sel marin) représente un des principes constitua tifs les plus importants du sang. On le trouve aussi dans toutes les parties, solides ou liquides, de réconoraie animale. La quantité contenue dans le sang d'homme, de veau, de bœuf^ de mouton, de porc, s'élève à 50 ou 60 centièmes du poids total des cendres; et, chose digne de remarque, ses proportions ne paraissent augmenter que d'une manière insignifiante en raison de la quantité de sel ingéré par les aliments, le surplus s'échappant du corps par les fèces, les urines, la sueur, etc. Comme le fait observer Liebig (1), cela semble indiquer, dans les vaisseaux sanguins, une action particulière qui s'oppose à la fois à la diminution et à l'augmentation du sel marin, puisque sa proportion n'oscille que dans les plus étroites limites. Le sel marin n'est donc pas, pour le sang, un principe accidentel, mais un principe normal qui s'y trouve dans un rapport à peu près invariable.
Cette abondance, cette sorte de diffusion du chlorure de sodium dans tous les liquides de l'organisme, et par suite dans tous les tissus que ceux-ci imprègnent, porte bien à croire qu'un pareil sel ne saurait avoir un rôle secondaire, mais qu'il doit être un facteur important dans plus d'une réaction de l'organisme.
En effet, il résulte de nombreuses expériences faites sur les animaux (**) et d'observations recueillies sur des individus de notre propre espèce, que la suppression ou une notable diminution de sel marin, dans le régime, Unit par amener unq altération grave de la santé. Barbier (2) rapporte que des seigneurs russes, ayant fait supprimer le sel dans l'alimentation de leurs vassaux, ceux-ci tombèrent dans un état de langueur et de faiblesse extrêmes, avec pâleur de la peau, tendance à l'œdème des membres inférieurs, génération d'helminthes dans le tube digestif, etc., enfin, avec les synaptômes de Vanémie par diminution de la proportion des globules et de
(*) Suivant Réveil (noie communiquée en 1862), la proportion de fer dans les globules, i iV7a/ physiologique comme à tétat pathologique^ serait à peu près invariable. Ce chimiste fonde son opinion sur plusieurs analyses de sang de chlorotiques qu'il a faites avec Favri : dans un cas notamment où le chiffre des globules s'était abaissé à 65, ces deux habiles chimiites ont trouvé autant de fer que dans les 125 grammes (pour 1000 gr. de sang) que la même malade offrit plus tard après avoir fait usage de ferrugineux pendant plusieurs mois.
La présence du manganèse dans le sang a été admise par WiiRTzcR (a), Mtllon, Burin du Boisson, et aussi par quelques pathologistes qui ont cru devoir établir trois sortes de chlorose : par défaut de fer, par défaut de manganèse, par défaut de manganèse et de fer. — Ce n'est qu'exceptionnellement que le manganèse se trouve dans le sang : GLéNARD ne Ta rencontré qu'une seule fois sur quarante individus, et Melscns, sar vingt et une autres personnes, n'en a pu constater la présence chez aucune.
(1) Liebig, Nouvelles lettres sur la chimie^ trad. franc., p. 181, (**) ^oyez plus haut le chapitre Aliments, p. 77.
(2) Barbier, Suie sur le mélange du sel marin aux aliments de C homme, dans Gaz, méd* de Paris, 1838, p. 301.
Ce) WuftTXKR (ScHWKicGfin's Jaunu fur Ckem. 1830, t. LYIII, p. 481).
588 DE LA RESPIUTIOH.
rdbamine du sang. Le même aatear fait cette remarque, qui n*est pas sans portée, que la privation du sel n'a jamais pu passer daos les austérités du cloître. Plouviez (1), qui considère le sel mario comme une imtière alimentaire indispensable et destinée à donner plus de force et dt ▼igueur que d'embonpoint, a constaté, à l'aide de ses propres recherrhe\ l'influence f&chense d'une alimentation privée de sel sur la composition du sang.
Plusieurs usages, au sein de l'organisme animal, sont attribués au chlorure de sodium : ce sel influence, dit-on, la constitution de la bile c: d'autres liquides alcalins auxquels, par sa soude, il donne leur alcalinité. et la composition du suc gastrique, auquel il fournit l'acide chlorhydrique sans cesse introduit dans le sang et môié à l'albumine, il concourt avt^r elle à prévenir la dissolution des globules sanguins, fiivorisant, au contrais. la dissolution de certains éléments organiques et leurs métamorphoses ei'. présence de l'oxygène (*) ; il convertit en phosphate de soude une partie du phosphate de potasse, que les aliments et la résorption opérée ài^ les muscles introduisent dans le sang; enfin, à cause de la constance de ses proportions dans ce fluide, le chlorure de sodium contribuerait pui^ samment aux actes osmotiques, c'est-à-dire à Vabsorption à travers lés membranes.
Évidemment, il y a encore là plus de conjectures que de vérités rigoareusement établies.
Le phosphate de chaux, comme le chlorure de sodium, est un sel dont à présence dans le sang est constante, et dont les proportions y sonlaQ>^ à peu près invariables. Insoluble dans l'eau., il est néanmoins à 1 t;ai liquide dans le sang et dans bien d'autres fluides organiques, tantôt libr& tantôt combiné avec des matières albuminoïdes. C'est à l'aide de Tacié! carbonique du sang qu'il devient sensiblemen t soluble ; les bicarbonates aldlins et le chlorure de sodium contribuent aussi à en dissoudre une parU<.
Le phosphate de chaux, chez l'embryon et le fœtus, est transmis ^' osmose avec les autres matériaux nutritifs qu'apportent le sang matoniel: plus tard, il provient du lait et des autres aliments végétaux ou anim^ui
C'est principalement par les urines que disparaît l'excès de phospluU calcaire qui, ne devant plus faire partie du sang et des tissus, sera lui-mê-ni bientôt remplacé. On s'explique facilement pourquoi le phosphate de cbwJ manque si souvent dans l'urine des femmes enceintes pendant les deruier mois de la grossesse. Pour comprendre aussi la fâcheuse influence >:
(1) Plouviez, Bull, de VAcad. deméâ. de Paris, t. XIV, p. 1021 et 1077.
(*) L'albumine est regardée comme devant en partie sa solubilité dan? les hvmesn i chlorure de sodium qui dissout également la caséine. — Vts recherches de Caixoco {Jo^^fi pharm.y t. XI, p. 562), confirmées par celles de Péligot, Brohmer, EftOHAm et Llu^'I ont appris que le chlorure de sodium forme avec la glycose une combinaison définie et cn-f- Une ; on sait qu'il se comporte d'une manière analogue avec Vurée, ce produit si important d« * ' laines transmutations organiques. Aussi, dans Téconomie animale, ces deux pndaits sue'généralement accompagnés d'une certaine quantité de chlorure de sodium : de II l'hjpc^^s que ce sel doit contribuer, jusqu'à un certain point, aux transformations du socrt, à la sec^ tion et à l'élimination de l'urée.
résnite, poar les os, de sa suppression dans le régime (1), il suffit de se rappeler quelle proportion considérable de phosphate calcaire le système )5seux renferme.
Mais on a été plus loin, et, en se fondant sur Texpérimentation, on a été imcoé à conclure que le rôle du phosphate de chaux dans l'organisme ne e bornerait point seulement à nourrir le système osseux, puisque la pri* ation absolue de ce sel pourrait amener la mort par inanition ; son ingestion insuffisante avec les aliments ferait naître la série des maladies dites nnphatiques (2).
Quant au phosphate de soude (à peu près 3 pour 100 des cendres) et au 'frbomte de soudcy dont la proportion dans le sang dépasse de beaucoup elle du phosphate de soude, puisqu'elle s'élève à environ 28 centièmes du nids total des cendres, ils ont acquis une grande importance physioloique depuis les travaux de Fernel. Plus tard seulement (dans le chapitre hpirntwn), en cherchant à déterminer le rôle des principaux éléments du mg dans l'absorption ou le dégagement des gaz de la respiration, nous examinerons en détail l'action due à la présence de ces deux sels; qu'il nous iiffise pour l'instant de rappeler qu'ils augmentent de moitié le pouvoir bsorbant du plasma sanguin à l'égard de Vacide carbonique, qui est un des roduits les plus abondants de l'oxydation ultime des matières organiques Q sang et des tissus.
Veau, dont la présence est indispensable à tout ce qui est vivant et orgaisé, maintient le sang dans l'état de fluidité nécessaire à la circulation* )m!ne elle maintient les différents tissus dans l'état de mollesse ou de »uplesse nécessité par leurs usages. L'eau constitue la plus grande partie ! la masse du sang, puisqu'elle représente 790 grammes sur 1000, et que »uvent, même à l'état physiologique, sa proportion dépasse 800 grammes, importe de savoir que non-seulement, dans le plasma, elle tient en ssolution ou en suspension tous les matériaux du sang, mais que de plus, filtrant la substance même des globules, elle entre dans leur constitu- >n. Schmidt (5), de Dorpat, évalue la quantité d'eau renfermée dans ces irpuscules à 68 ou 69 pour 100 de leur volume Q.
Pour terminer ce qui est relatif à la composition du sang, il nous reste parler des caractères optiques de ce liquide, des gaz qu'il contient, puis à iposer les caractères différentiels du sang veineux et du sang artériel.
F. — Caractères optiques du sang. — {Analyse spectrale.)
Bunsen et Rirchhof, en découvrant que les vapeurs métalliques pro-
< t , Voyea r«xpoié des expériences de CaosSAT, a ce sujet, dans le chapitre Alimeiits, p. 80. 2] MociiÉS, Râle du phosphate de chaux et des chlorures alcalins dans certains casd^ali" nhiUon tu fti/]f?.fanfff (Rapport de Bouci!abdat k TAcad. de méd. de Paris, décembre 1853)*
'3; SCHMibT, CharaklerisHk der epidem^ Choiera^ 1850.
Parmi les principes minéraux du sang, on a encore rangé, sans preuves suffisantes, des Kf^sde sels de cuivre, de plomb^ etc., qui semblent n*y eiister que d'une manière tout i lait u^iloire et comme provenant de l'alimentation.
690 OB il BBSnRATION.
duisent des raies brillantes dont le siège et l'étendue, dans le spectre, changent avec la nature des métaux, ouvrirent aux observateurs une voie nouvelle d'investigation.
*r Stokes (1), puis Hoppe-Seyler (2), se plaçant à un autre point de vue et ayant reconnu que les rayons du spectre, lorsqu'ils traversent des gaz oo des liquides, présentent certaines raies obscures ou d'absorption doot le siège et la forme varient avec la nature des corps employés, eurent Tidet de rechercher les raies d'absorption fournies par certains liquides de l'organisme, notamment par le sang.
Pour procéder à cet examen, Stokes se servit du spectroscope de Bunsen el Kirchhof. Cet instrument est assez connu pour qu'il soit inutile de le décrire ici. Sur son échelle est notée la position qu'occupent les priDcipales raies du spectre solaire, découvertes par Fraunhofer et désignée? par les lettres A, B, C, D, E, F, G. On peut ainsi indiquer que telle raie d'absorption se trouve entre telle ou telle lettre et qu'elle s'étend de tel degré à tel autre degré de l'échelle.
Le liquide qu'on emploie doit présenter des qualités de concentration qu'il n'est pas toujours facile de préciser. Le tâtonnement est alors pre^qut le seul guide qu'on puisse suivre. Trop concentré, un liquide comme k sang défibriné, par exemple, ne donne qu'une image spectrale obscure el dont il est difficile de saisir les particularités. Trop dilué, il ne doua également que des caractères imparfaits ; mais le liquide peut néanmoim être trôs-élendu, puisque Hoppe-Seyler (3) a prouvé qu'une solution d hemato-globuline au millième se reconnaît encore à l'analyse spectrale.
Ces recherches, tentées sur les liquides animaux, eurent d'abord traita la matière colorante du sang. Stokes reconnut que sa solution produit àm rimage spectrale une raie d'absorption, qui se trouve placée entre le* lignes de Fraunhofer répondant aux lettres C et D. Hoppe-Seyler, ayant repris ces études, a remarqué que la largeur de cette raie est invariable, mais que sa position n'est pas toujours la même. On peut en eiia la faire légèrement varier en modifiant la nature du liquide : longue la solution est alcaline, la raie spectrale de l'hématosine, tout en restant entre les lignes C et D, se rapproche un peu de la ligne D, tandis qu'elle s'en éloigne pour se porter vers la ligne G, si la solution est acide.
Lorsque l'hématosine est encore unie au principe aibuminoïde des gk^ bules, lorsqu'elle est encore à l'état d'hémato-globuline, ce n'est i)lus entre la raie C et'D que se trouve la raie d'absorption, mais entre les lettre>D et E. Cette nouvelle raie d'absorption varie du reste suivant que rhémali»globuline est ou non combinée avec l'oxygène*
Si l'hémato-globuline est oxygénée, on découvre au spectroscope deiu raies d'absorption qui sont placées enti'e les lettres D et E. Ces raies sont Jt grandeur différente. L'une d'elles, celle qui avoisine la ligne D, est petite. fine, nettement accentuée ; l'autre est plus large, à contours moins bien
(1) STOkËB, PhHos. Trans. fiS^H,
(2) Hoppe-Seyier, Handbuch des phys. und pathoL cîiemischen Anal, Berlio, 1865. (3} Hoppb-Setler, loc. cit.
éfinis. Elles sont séparées Tune de l'autre par une bande fortement éclairée ui n'est autre chose que la portion des rayons du spectre que laisse as^er la solution d'hémato-globuline oxygénée.
Si l'on vient à débarrasser l'hémato-globuline de Toxygène qui lui est ni, les caractères que fournit au spectroscope cette substance en dissolunn se modifient immédiatement. A la place des deux raies d'absorption, imt nous venons de parler, on n'en trouve plus qu'une. Cette nouvelle lie. qui semble formée par la réunion des deux raies précédentes, occupe, mime elles, l'espace compris entre les lignes D et E. Elle est moins •mbrc, moins nettement délimitée que les deux raies qu'elle remplace. uurqne l'hémato-globuline en solution donne cette image spectrale, il \ nécessaire, qu'elle soit à peu près complètement privée d'oxygène, cet état n'existe que dans le cas d'asphyxie prononcée. — Le sang veîux ou plutôt l'hémato-globuline qu'il contient ne présente qu'imparitenaent ce dernier caractère; il renferme encore trop d'oxygène. Pour itcnir les caractères spectraux de l'hémato-globuline désoxygénée, il faut ' toute nécessité la priver d'oxygène, en la mettant en contact avec des b-lances très-avides d'oxygène, avec le sulfhydrate d'ammoniaque par emple.
Lorsque la solution d'hémato-globuline s'altère, lorsqu'elle perd une nie de l'albumine qu'elle contient à l'état physiologique, que cette altétion soit le fait de l'élévation de la température, d'un excès d'acide carnique ou de l'exposition de la solution à l'air, on ne .retrouve plus, à nalyse spectrale, les caractères que présente l'hémato-globuline intacte. I ne constate plus que ceux de la matière colorante du sang ou hémato* '6, et, pour distinguer cette solution d'hémato-globuline altérée, on a soin d'avoir recours à des analyses chimiques qui permettent d'y constaencore quelques traces d'aUbumine. C'est cette hémato-globuline altérée e Hoppe-Seyler désigne sous le nom de MethUmoglobin,
Telles sont les particularités que présentent à l'examen spectral les utioDs d'hématosine et celles d'hémato-globuline oxygénée ou désoxy* lée. Ces particularités ne sont pas les seules que fournisse Thémato- »buline : dans ces derniers temps, on a pu, à l'aide de cet examen, recontre les combinaisons différentes que forment avec elle le gaz oxyde de lH>ne, le bioxyde d'azote, etc.; mais ce n'est pas le lieu d'étudier images diverses que présentent au spectre solaire ces différentes comlaisoDs.
}. — » La préêence de gaz dans le sang, déjà signalée vers la fin du -septième siècle par J. Mayow (1), constatée de nouveau à la du dix-huitiéme (1799) par Humpbry Davy (3), et, plus tard, par
1 I. Matow, Traetatuâ quinque medico-ph^nci, quofum pfimus agit de saie nitro et tu nitro aereo^ etc., cap. VIII. Oxonii 167A.
i Humphry Datt, Reeh. phys. et chinC, sur t oxyde nitreut et la respiration (Annalei A>mi<f, laca» t. XLI, p. 305 ; I. XLII, p. 33-270 ; I. XLIIIy p. 97*32A ; t. ILIV, p. 43
592 OE LA RESPIBATION.
Vogel (1), Brande (2), Hoffmann (3), W. Stevens (A), etc., trouva quelques contradicteurs (John Davy^ Mitscherlich, Gmelin, Tiedemann, etc.;, jusqu'en 1837, époque où Magnus (5) réussit à la mettre hors de doute par des expériences irrécusables.
De ces dernières expériences, il résulte que les corps gazeux conlenos dans le sang sont au nombre de trois : Voxygène, Vazote et Vacide carboniqve (*).
Ces gaz se présentent sous deux étals différents; ils sont en partie à I eut de dissolution, et en partie à Tétat de combinaison instable avec les principes du sang.
Divers procédés ont été mis en usage pour extraire les gaz du sang : tantôt on s'est borné à placer ce liquide dans le vide, à là température ordinaire^ et de la sorte on n'est point arrivé à recueillir la totalité des gaz qu'il contient ; tantôt on a eu recours au procédé par déplacement, à l'aide d'un courant d'hydrogène ou de gaz oxyde de carbone, et de cetti manière on a obtenu une proportion d'acide carbonique supérieure à celle qu'on retire en ayant recours au vide seul; d'autres fois on a fait bouillir k sang dans le vide, mais à une température ne permettant pas la coagulation de l'albumine, c'est-à-dire qu'on a placé le récipient destiné à recevoir le sang dans l'eau chauffée seulement à 60 degrés centigrades.
C'est en employant ce dernier procédé et en se servant de la mackint pneumatique à mercure de Geissler que, dans ces dernières années, F. Hoppe. Ludwig, Schôffer, Setschenow, Sczelkow, Preyer, etc. , sont parvenus à extraire du sang, à l'aide d'un vide plus parfait, des quantités de pi beaucoup plus considérables que celles qu'avaient obtenues, avant eox, Magnus, Fernet et Lothar Meyer.
Plus loin^ en exposant les caractères différentiels du sang veineux et du sofi^ artériel, nous ferons connaître les quantités relatives de gaz dissous et de gaz faiblement combinés qui existent dans ces deux sangs, en donnant la préférence aux recherches comparables réputées les plus exactes.
En ce qui regarde spécialement Voxygène, il parait difficile d'admettre une simple dissolution de ce gaz dans le sang. On sait^ en effet, que ]i quantité en poids d'un gaz dissous dans l'eau est toujours proportionnelk à la pression extérieure ; or^ en appliquant cette loi au cas dont il s'agit. on arriverait k cette conséquence que le sang des habitants des régions où
(1) VoGEL, Uebet' die Existenzder Kohlensaûre im Urin undim Blute {Jofumaifir Che^von ScBWElGGBB, 1814, t. XI, p. 40 1^ et Annalee de chimie et de physique^ 1815, t XCIU. p. 71).
(2) BiANDB, On the Exist, of Carbon Acid in the Btood {Philos. Trans,, 1818^ p. 181).
(3) HoFrMAHii, The London Med. Gaz^, t. XI, p. 883, année 1833.
(4) W. Stevens, Philos. Trans., 1835, p. 334-345.
(5) Haghus, Uebef* die im Blute enthaltenen Gase, Satâef^sio/f, Sticksto/f umt K<^deMfai'* (PoGGUiooiKFr's Annalen der Physik und Chemie^ avril 1837, t. XL^ et Ann, de ekim, ti <" phys,^ t. XLY^ p. 1G9-183, année 1837).
'*) C*est à tort que certains auleure ont admis l'eiistence de Vammoniaque daai k svf - Téoemmeni encore Kubme et Steauoi (Ceniralblatt, etc.^ n"* 36, 1864), n*eot pneitr*** I moindre trace.
l<i pression atmosphérique n'est plus guère que de 0",380 (comme pour certaines localités citées plus haut, p. 560) renfermerait moitié moins d'oxygène que le sang des habitants des bords de la mer oii cette pression est de 0",76O. Comment admettre que les observateurs n'auraient point été frappés des profondes modifications que des variations pareilles ne manqueraient pas de produire dans le mode d'existence de ces populations ? — Regnauït et Reiset aflSrment que l'absorption dé l'oxygène est soustraite à l'influence de la pression. Il résulte néanmoins des recherches de Vierordt(l) et de Lehmann (2) que des variations notables dans la pression entraînent toujours [quelques légères différences dans les quantités de ce ;azabsorbées. On est aio^i amené à conclure que le phénomène doit tenir à !a fois de la dissolution simple et de la combinaison chimique. La plupart des physiologistes admettent aujourd'hui que l'oxygène du lang se trouve contenu surtout dans les globules qui sont chargés de le )orter aux différents tissus. Ce fait ressort d'expériences qui consistent^ tprès avoir battu^ au contact de l'oxygène, du sang défibriné et encore )oiiryu du plus grand nombre de ses globules, à s'assurer que ce liquide )os$ëde en effet, à l'égard du principe vivifiant de l'air^ un pouvoir absorbant iresque double de celui que possède un même volume de sérum, sans [lobules, battu dans le même milieu. Quant à l'hypothèse d'une combinaison larticulière de l'oxygène avec l'hématosine, on se rappelle le grand rôle ttribué à un élément de cette matière colorante, au fer. On a supposé que e métal existe à l'état de protoxyde dans le sang veineux et à l'état de *eroxyde dans le sang artériel. Les changements que le sang éprouve dans ^ poumons seraient l'effet d'une suroxydation^ et ceux qu'il subit dans la irculation générale, notamment dans les capillaires, seraient l'effet d'une 'Auctùm. L'acide carbonique ne serait pas seulement charrié avec le rotoxyde de fer du sang veineux, mais combiné avec lui, de sorte que les eux gaz (oxygène et acide carbonique) que nous verrons, par leurs proortions relatives différentes, caractériser tour à tour les deux espèces de ^Qgs, parcourraient le système vasculaire à l'état de combinaison et non e simple dissolution.
Preyer(3), admettant que la quantité d'oxygène est toujours dans un raport intime avec la quantité de fer contenue dans l'hémato-globuline, aurait uelque tendance à reconnaître la formation d'un acide ferreux. Il donne à ^i acide mie importance capitale dans la respiration : ce serait i sa pré- ^nce que serait dû le dégagement de l'acide carbonique. Ce qui lui semble onner à son opinion une certaine valeur, c'est que l'hématosine précipitée c l'hémato-globuline par un courant d'acide carbonique conserve la proriété de transmettre de l'oxygène aux corps facilement oxydables. En ioptant cette idée toute chimique, on n'aurait aucunement besoin, suivant rc^yer, de faire intervenir l'ozonisation de l'oxygène pour expliquer les >mbustions oi^aniques, ainsi que le veulent certains physiologistes.
'\) VuftOKDT, Physid, des Athmens, p. Sa et suîv.
(2; Lemmahh, Lehrbuch der physiol, Chem, Bd. lU, p. 306.
[•i, PtETEK, Centraibiatt, p. 321, 1866. — Ueber die Kokiensaûre und den Sauerstoffim
ute,
LORCCr. — PITSIOL. L — 88
5% DE LA RESPlllATION.
Quoi qu'il en soit de celte manière de voir tout hypothétique, il faut admettre que l'oxygène du sang, s'il est de préférence uni aux globules, y est engagé dans une combinaison fort instable qui ne l'empêche pas d'attaquer ultérieurement les matériaux combustibles du sang, mais qui sert uniquement à fixer cet agent et à faciliter son transport dans le torrent circulatoire. La force qui retient l'oxygène dans les globules est même assiz faible, nous l'avons dit^ pour permettre à ce gaz de se dégager quand on fait bouillir le sang, à ^0 degrés, dans le vide obtenu à l'aide de la machin* pneumatique à mercure.
Il ne saurait y avoir aucun doute sur Vorigine de l'oxygène contenu dan* le sang : ce gaz provient évidemment de l'air atmosphérique dont il fornu un des éléments. Quant à sa destination physiologique, nos éludes ultérieure^ nous prouveront de plus en plus que, circulant avec le sang qui est le milieu principal de tous les phénomènes de nutrition, l'oxygène représenl» l'agent indispensable de la plupart des transformations qui s'accomplitHnl au sein de l'organisme.
Le gaz acide carboni(fie doit èlre regardé, au contraire, comme un dvproduits ultimes des transmutations nutritives ; il est destiné à être éliminé, avec la vapeur d'eau et l'azote libre, surtout par les voies respiratoires. Quand on considère la minime proportion de ce gaz dans l'air atmosphérique et sa proportion considérable dans l'air expiré, il est en effd facile de se convaincre que l'acide carbonique est bien un produit de l'organisîne que les animaux rejettent dans les milieux ambiants, mais qu'ils ru leur empruntent point; qu'ainsi ce gaz provient des tissus et des huiDeur» mêmes de l'animal, et non du dehors.
Assez généralement on admet que la plus grande partie de l'acide carbonique est dissoute dans le sérum, et qu'il s'échappe du sang en raison de la faible pression qu'il rencontre dans les vésicules pulmonaires. Preyer (i). avec d'autres physiologistes^ pense que ce n'est point à l'état de dissoIuUc u. mais à l'état de combinaison que figure presque tout l'acide carbonique contenu dans le sang. Cet observateur s'est d'abord attaché à prouver qu( la différence de pression parait étrangère à son dégagement ; il a montra ensuite que l'acide carbonique ne communique pas au sérum des propriété analogues à celles d'un liquide alcalin au même degré et tenant ce gai eu dissolution. Dans ce dernier cas, le liquide devient neutre ; or, ce n'est pa> le fait du sang qui reste alcalin, et cela prouve, suivant Preyer, que l'acid< carbonique n'y est pas dissous mais combiné. — Cette combinaison ne saurait être due à la formation d'un bicarbonate de soude, car le carbonate dt soude que révèle l'analyse du sang est en trop petite quanlité pour fixer U masse énorme d'acide carbonique contenue dans ce liquide. Elle consisterai en un sel double de soude, renfermant deux équivalents d'acide carboaiqiK pour un équivalent d'acide phosphorique : déjà soupçonné par Fernet, ce m ! aurait été obtenu sous forme de cristaux par Preyer qui en a donné la •«»:•
(t) Preteb, ouvr, cité.
mule. Ce seraient les deux équivalents d'acide carbonique unis au phosphate de soude, qui, déplacés dans l'acte de la respiration et incessamment reformés, fourniraient la quantité d'acide carbonique contenu dans l'air expiré. Restait à déterminer quelle influence préside à ce déplacement. C'est ' otte influence que Preyer a recherchée. Partant de ce principe que les Kides les plus faibles sufllsent pour chasser l'acide carbonique de ses cooibioaisons, il est arrivé à penser que ce déplacement est le fait de Thémato^lobuline oxygénée. Il admet, ainsi que nous l'avons dit plus haut^ nais assurément sans preuves suffisantes, qu'il se forme alors un corps icide résultant de la combinaison de Toxygéne avec le fer de l'hématodobuline sous forme diacide ferreux.
Quant à Vazote, sa présence dans le sang des animaux vivants a été mise i«^rs de contestation par les recherches de Ph, Enschul (1), et surtout par elles de Magnus (2). Il parait être simplement dissous dans ce liquide, 'ot-à-dirc qu'il se trouve là comme dans les eaux courantes qui sont en bi c communication avec l'atmosphère. Toutefois, ainsi que Ta prouvé lagniis (5), le sang dissout plus d'azote que l'eau n'en dissoudrait à la i<-mc température : il nn dissout environ dix fois autant que Teau.
La proportion de l'azote dans le sang (artériel ou veineux) est beaucoup ioiiidre que celle des deux gaz précédents.
Du reste, jusque dans ces derniers temps, on ne s'était point enquis c s-ivoir, comme cela a été fait pour l'oxygène et l'acide carbonique, i Tazote est spécialement dissous dans les globules ou dans le sérum.
Dans un travail tout récent, Setsqhenow a démontré que, pour 100 volu-
ie> de sang dépouillé de gaz, l'azote était absorbé en quantité rapidement
ruissante avec la pression. Ainsi :
m. vol .
à la preMÎon de 0,dd5 il y a 2,77 d'azote absorbé.
Le pouvoir d'absorption du sang (pourvu de ses globules) à l'égard de uote est Don-seuiement plus grand que celui de l'eau, mais il est aussi ius grand que celui du sérum : d'où Setschenow conclut que les globules nguins doivent jouer un rôle dans l'absorption de l'azote. La question de Vorigine de l'asote, dans le sang, parait assez avancée, au oins en ce sens qu'après bien des opinions contradictoires, la plupart > physiologistes admettent aujourd'hui que, dons les conditions normales^ mimai ne fixe pas une portion de l'azote de l'air et qu'ainsi l'azote extéeur n'entre pas dans la composition du sang Ç), D'un autre côté, si l'on
l, Ph. EiiiMIHirf^ Dissert, physioi. med. de respirationis chymismo, Lectio prior : Démit-
milms quag respiratio ium in aère tum in sanguine producit. Utrecht, 1836.
i) Maghds, mém. cité.
:j) Attnnien der Chem. und Phys., U LXVI, p» 177.
'} louiefoiSf pendant rinanition, d'après V. Regnàult et Reiset (a), une certaine quantité i azote de l'air serait absorbée^ en sorte que les animaux privés de toute nourriture emprun-
r lient à l'atmosphère un élément essentiel qui, dans l'état physiologique^ leur est exclusive-
eat fourni par les aliments ingérés.
1 Hcck» cAm». 9ur la rupiration de* onimAux de diocneê cUutet. l'«ru, 1S4V.
considère que la moyenne d'azote exhalé reste la même chez les animaux, d'ailleurs bien nourris^ qui vivent dans l'oxygène pur ou mieux dans des atmosphères composées d'oxygène et d'hydrogène, on sera forcémeni amené à conclure que l'azote du sang doit provenir du dedans, c'est-àdire d'un travail dépendant de l'oi^anisme lui-même. Ce gaz^ engendré par les phénomènes de nutrition, peut être rapporté à la destruction complète d'une certaine portion des substances azotées du sang et des tissus, ou bien encore à une simple transformation des matières alimentaires azotées en produits ternaires. Du reste» la quantité qui en est exhalée par les surfaces respiratoires est assez minime, puisqu'elle ne représente environ que b cinq ou six millièmes de la quantité d'acide carbonique expiré.
De ce que Vazote de l'atmosphère^ comme on le reconnaît généralement, ne trouve pas d'emploi dans la nutrition ou dans le développement organique des animaux, il n'en résulte pas nécessairement qu'il en doive ètri de même de Vazote du sang. Et pourtant^ un pareil rapprochement n'a pas dû peu contribuer à faire refuser à ce dernier gaz toute espèce de rôle important aussi bien qu'à ralentir le zèle des investigateurs. Cette circonstance que l'azote du sang disparaît en partie par le poumon suffisail-€ll< d'ailleurs pour imposer à la totalité de ce gaz le caractère de produit eicn: toire? Toujours est-il qu'on a trop négligé de rechercher quel peut être k rôle physiologique de cette autre portion d'azote qui reste dissoute dans 't sang et circule avec lui. Â cette occasion, qu'on se rappelle que les animaui. privés de toute nourriture, absorbent et font passer dans leur sang me certaine quantité d'azote atmosphérique (Regnault et Reiset, toc. cit.), U présence de l'azote dans le fluide sanguiu, avec des proportions hm déterminées, serait-elle donc nécessaire à la conservation de l'organisme'.
H. — Le moment étant arrivé d'exposer les caractères différentiels du s&r, veineux et du sang artériel^ il convient de signaler tout d'abord une dr différences dont la connaissance complète importerait essentiellement t l'étude chimique de la respiration : nous voulons parler des quanti tés rehtives des gaz dans les deux sangs.
Si les trois gaz qui viennent d'être passés en revue (oxygène, acide carbonique et azote) existent à la fois dans le sang veineux et dans le san^ artériel, leur rapport de l'un à l'autre varie suivant l'espèce de sang.
Le rapport de l'oxygène à l'acide carbonique, par exemple, est const^ir ment plus considérable dans le sang artériel que dans le sang veineia. Dans les cinq échantillons de sang artériel examinés par Magnus(l), ^ rapport avarié de 0,315 à 0,/i28; dans les cinq échantillons de sang veneux, il est resté compris entre 0,16& et 0^268 : en d'autres termes, d'aprt> Magnus, le sang artériel renfermerait à peu près 38 parties d'oxygène pou 100 de gaz acide carbonique; tandis que le sang veineux, pour 100 partiede ce dernier gaz, ne contiendrait qu'environ 22 parties d'oxygène.
Quant au rapport de l'azote à l'acide carbonique ou à l'oxygène, lt:>
(1) UAGinjs, hc, cit.
COHPOSITION OU SANG. — APPUGATIONS PHYSIOLOGIQUES. 591
résultats obtenus jusqu'à présent n'ont offert rien d'assez constant pour permettre une conclusion. En général l'azote a paru prédominer, mais d'une bien faible quantité, dans le sang artériel. Il est d'ailleurs tout à fait incontestable que, dans les deux sangs, l'azote est toujours en quantité beaucoup moindre que l'oxygène et à plus forte raison que l'acide carbonique.
Voici quelques-uns des résultats obtenus par divers expérimentateurs relatiTement aux quantités de gaz dissous et faiblement combinés contenus dans le sang.
Les chiflTres que nous donnons diffèrent de ceux que l'on trouve dans les ouvrages des physiologistes allemands, parce que nous avons cru devoir ramener à la température de 0"" et à la pression de 76 centimètres de mercure les volumes de gaz extraits, comme on a coutume de le faire en France; tandis que les volumes de gaz, signalés dans les travaux les plus récents publiés en Allemagne, ont été évalués, les gaz étant supposés à 0« et sous la pression d'un mètre^ ce qui diminue ces volumes dans la proportion d'environ ili à 3.
Nous mentionnerons d'abord deux séries de recherches comparables : ce ^nt les recherches de Femet (1) et celles de Lothar Meyer (2) sur les gaz du \mg artériel du chien; puis nous en rapprocherons celles de Setschenov^(3) sur le même sang. Viendront ensuite les évaluations des quantités relatives ie gaz que l'on trouve dans le sang artériel et dans le sang veineux, évaluations que nous emprunterons aux publications toutes récentes de Schôffer (à).
Ces quantités relatives de gaz ont été calculées par nous en centimètres :ubes, la quantité de sang étant supposée d'un litre oij de 1000*'' (à 0« d à 76«).
i« Expériences de Femet.
Gaz obtenus en faisant bouillir, dans le vide, du sang artériel de chien, idditionné de dix ou vingt fois son volume d'eau exempte de gaz. — La myenne des expériences de Femet donne, en chiffres ronds, 235"^ de gaz absous dans 1000"^ de sang et ainsi répartis : 174''' d'oxygène, & d'azote et
(1) E. Fzaim, Note sur la solubilité des yaz dans les dissolutions satines^ pour servir à ^n théorie de la respiration {Comptes rendus des séances de fAcad. des sciences de Paris, H décembre 1S55, t. XLI, p. 1237 9i suiv.).
Cette note a précédé de plus de deux ans Texeellente Thèse inaugurale de Fbbmxt sur le nètne sujet {Thèses de la Faculté des science» de Paris, n« 210, 11 mai 1858, et Ann. des rc. nat,, 4* série. Zoologie, t. VIII, p. 125).
(2) LoTiAB Mbtib, Die Gase des Blutes, — Inauguraldissertation der honen medicfni^ heti Fakultat Wûrzburg. Gdttinf^n, 1857.
) Rapport sur une réclamation de priorité adressée à fAcad, des sciences de Paris, par t'OTSAR Mirn, h propos d*un traindl de Femir {Comptes rendus des séances^ t. XLVIII, V' 38). >- !bid., t. ILVII, 2 août 1858, Rapport de Balard sur le précédent travail.
:3) ScTsaiB50W^ Beitrûge xur Pneumatologie des Blutes. {Sitzungsber. d. Wien. Akad» Math. Naturw. Cl. 1859. Bd. XXXVI, p. 293. Zeitschr. fur rat. Mcd. III Reibe, Ed. X, î' 101,285.)
[^, ScBârrCR, Veber die Kohlensaûre des Blutes und ihre Awsscheidung {Sitzungsber, d, It "». Akfid. 1860. Bd. XLI, S. 519).
57 d'acide carbonique. Quant à la portion d'aeide carbonique eonMnè et obtenu avec l'acide tartrique, sa moyenne a été de 185^.
Par conséquent, la totalité des gaz dissous et combinés s'est éleîée à ft20«.
2* Expériences de Lothar Meyer.
Gaz obtenus à l'aide du même procédé. — La moyenne des expériences de Lothar Meyer donne en chiffres ronds 249" de gaz dissous dans 1000" dt sang artériel et ainsi répartis : 150" d'oxygène, 42 d'azote et 57 d'acide carbonique. Quant à la partie â'acide carbonique combiné et obtenu arec l'acide tartrique, sa moyenne a été de 160**.
Par conséquent, la totalité des gaz dissous et combinés s'est élevée à 409".
Là se trouve, pour l'azote, une différence difficile à expliquer.
3" Expériences de Setschenow.
Gaz obtenus à l'aide de la machine pneumatique à mercure et de l'ébullition dans le vide, à 40<», sans addition d'eau exempte de gaz ; vide beaucoup plus complet que dans les expériences précédentes et plusieurs fois renon* vêlé pendant le dégagement des gaz. — La moyenne des expériences df Setschenow donne, en chiffres ronds, 608"" de gaz dissous dans 1 000 gramme de sang artériel et ainsi répartis : 206" d'oxygène, 15 d'azote et 387 d'acide carbonique dissous. Quant à la portion d'acide carbonique combiné ei oblenn avec l'acide tartrique, sa moyenne a été seulement de 33'*.
Par conséquent, la totalité des gaz dissous et combinés s'est élevée à 641'
Les différences considérables entre ces chiffres elles précédents s'expliquent d'abord par la supériorité de l'appareil mis en usage pour fairf 1vide, puis par la précaution qu'on a prise de ne pas ajouter d'eau au san. et d'empêcher la coagulation de l'albumine en faisant bouillir le san, à une température suffisamment basse {+ 40*). On a évité ainsi l'inconvénient de laisser des gaz emprisonnés dans l'eau et dans le coagulum albumineux.
4* Expériences de Schoffer (1).
Ces expériences, faites aussi en employant le procédé précédent, or. pour but de rechercher les quantités relatives de gaz dans le sang artérip et dans le sang veineux (gaz ramenés par nous à 0" et à la pression c- 76 centimètres).
Sang arlériel .
Sang veineux