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AUTRES MANIFESTATIONS ÉNERGÉTIQUES ÉQUIVALENTES A LA CONTRACTION

L être vivant reçoit du dehors des excitations de nature variée engendrées en lui par les diverses énergies qui se propagent dans le milieu qui le contient ; à son tour il réagit contre ces excitations par des manifestations énergétiques elles-mêmes diverses, lesquelles peuvent redevenir des excitants pour les êtres avec lesquels il est en relation de multiples manières. Dans certains organes de certains êtres, 1 énergie qui termine le cycle, l’énergie extérieurement libérée est par exemple Y électricité, dans d’autres la lumière. Avant de les décrire, il nous faut parler encore d’une forme de l’énergie proprement motrice, qui s’accuse par des mouvements microscopiquement visibles, celle des organes vibratiles de certaines cellules ou libres ou associées sur la surface libre de certaines membranes.

A la suite de la contraction musculaire, il y aurait à décrire, si on les connaissait mieux, un certain nombre d’autres phénomènes moteurs d’une différenciation moindre, mais qui s’y rattachent.

LE MOUVEMENT VIBRATILE

Signalons en passant, le mouvement de contraction et d’expansion des cellules pigmentaires ( chromoblastes , chromatophures ) de la peau de certains animaux (caméléon, grenouille, etc.), qui sont, comme la contraction des muscles, manifestement sous la dépendance des nerfs moteurs (l excitation du bout périphérique des nerfs cutanés produit la contraction, la section de ces nerfs est suivie de l’expansion de ces cellules). Des cycles d excitation réflexe gouvernent ces mouvements, et les renofent solidaires de 1 état d éclairement du milieu ou de la couleur des objets environnants que l’animal imite plus ou moins dans un but de sauvegarde ( mimétisme ).

A. — LE MOUVEMENT VIBRATILE

I. Cellules vibratiles. — Le mouvement vibratile est, au même titre que la contraction musculaire, une forme spécifiquement différenciée du mouvement protoplasmique. Dans les cellules dites vibratiles une organisation très particulière du protoplasme s’est produite, analogue à la striation musculaire, mais très différente d’elle, qui se traduit par un mouvement bien défini dans sa forme et son orientation, le mouvement vibratile.

II. Cils vibratiles. — Ce mouvement a son siège dans de petits bâtonnets à extrémité libre, implantés sur une des faces de la

Fig. G9. — Cellules pigmentaires de la grenouille , les unes en extension,

les autres en contraction.

A gauche, cellules ayant leurs prolongements étalés, sous l’influence de l'obscurité du jour ; peau à teinte plutôt foncée.

À droite, cellules contractées sur elles-mêmes, sous l'influence de la lumière; peau a teinte plutôt claire (d’après Lister).

cellule, les cils vibratiles , lesquels s'infléchissent d’une façon ryth mée autour de leur point d’implantation. Suivant les cellules et la fonction qu’elles remplissent, ces inflexions sont de forme assez variée mais généralement d’une période très régulière.

Il existe dans l’hydre d’eau douce des cellules que Ki.einenbekg qui les a ■découvertes a appelées neuro-musculaires et qui sont en réalité myo-épitheliales. Ces cellules ont quelque analogie de forme avec celles des épithéliums vibratiles. Morat et U o y ox . — Physiologie. !• 22

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Elles sont constituées par un corps de cellule épithéliale bien reconnaissable, qui est muni de prolongements à fonctions motrices. Dans le myo-épithélium ces prolongements tournés vers la profondeur des tissus sont contractiles ; dans l'épithélium cilié ils sont libres à sa surface et vibratiles.

1. Généralité de ce mouvement dans les sphères inférieures. — Le mouvement vibratile, qui tient peu de place chez les animaux supérieurs comparativement au mouvement musculaire, est par contre extrêmement répandu dans le règne vivant. Un grand nombre d'êtres unicellulaires le possèdent. La cellule libre présente alors un ou plusieurs cils, dont les vibrations assurent son déplacement dans le milieu liquide où elle nage. Tels sont les spermatozoïdes des animaux, qui ne sont autre chose que des cellules uniciliées, et qui ont ce moyen de locomotion pour aller à la recherche de l’ovule.

Végétaux inférieurs. — Dans les végétaux inférieurs , la fécondation est assurée par un moyen du même genre, tels les zoospores et spermatozoaires des algues et des champignons, les spermatozoaires des characées, muscinées et cryptogames vasculaires.

Dans les protozoaires nous trouvons les mastigophores et surtout les infusoires ciliés, munis d’appareils vibratiles remarquables pour leur fonctionnement.

Métazoaires. — Chez les métazoaires, depuis l’éponge jusqu’à l’homme, le mouvement vibratile est l’apanage de cellules épithéliales, formant le revêtement de certaines surfaces appartenant à des cavités où se meuvent des fluides, qui se trouvent entraînés (eux et surtout les particules qui y sont en suspension) par le mouvement régulièrement orienté et en quelque sorte solidaire des cils de ces épithéliums vibratiles. Ces épithéliums manquent chez les nématodes, les acanthocépliales et les arthropodes.

2. Cellules spermatiques. — Les cellules spermatiques des animaux, toujours

douées de mouvements, sont, ainsi qu’il a été dit, des éléments ciliés. — La surface des œufs ou même des embryons de beaucoup d’invertébrés et de vertébrés inférieurs (poissons, amphibiens) présentent souvent des cils vibratils, de même l’épiderme de beaucoup de cœlentérés, de vers, d’échinodermes, de mollusques; le canal intestinal de cœlentérés, de vers, de mollusques, de poissons, des amphibiens ; la surface respiratoire de beaucoup de mollusques, d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux, de mammifères; la vessie natatoire des ganoïdes; le système urogénital des vertébrés.

3. Distribution dans l’espèce humaine. — Dans l’espèce humaine à l’àge adulte, des revêtements épithéliaux vibratiles couvrent les surfaces suivantes : 1° Dans Vappareil respiratoire, la muqueuse des fosses nasales et cavités voisines, canal nasal, sac lacrymal, partie supérieure du pharynx, trompe d’Eustache,

Fig. 70. — Cellule myo-épilhéliale de l'hydre d’eau douce.

A, corps cellulaire épithélial. — B, sa partie profonde se prolongeant sous forme de libres contractiles.

LE MOUVEMENT VIBRATILE

caisse du tympan, larynx à partir de l’épiglotte à l’exception des cordes vocales, trachée, bronches. 2° Dans V appareil génital , chez la femme, l’utérus, l’oviducte, le parovarium ; chez l’homme, l’épididyme.

3° Dans l’ appareil nerveux , la surface épendymaire du canal central de la moelle et des ventricules du cerveau.

-- Chez l’embryon humain du quatrième au septième mois, on a trouvé des cils vibratilesdans l'œsophage et par places dans la cavité buccale et dans l’estomac.

4. Historique. — J. Ham, étudiant à Leyde en 1677, observa pour la première fois les mouvements des spermatozoïdes de l’homme et les assimila à des animaux vivants, d’où le nom de spermatozoaires qui leur fut d’abord donné. Le fait fut généralisé par Leeuwenoek chez les animaux. Cet observateur découvrit également les mouvements ciliaires des infusoires. — Les mouvements vibratiles furent étudiés particulièrement et méthodiquement par Purkinje et Valentin (1835), par William Sharpey (1835). Plus récemment, Engelmann les a étudiés expérimentalement, a cherché à en donner une explication théorique et en a donné de bonnes monographies.

Fig. 71. — Diverses formes et dimensions des spermatozoïdes dans la série animale.

a, spermatozoïde de méduses ; b, de l’ascaride lombricoïde ; c, d’un crabe ; d, de la torpille (poisson plagiostome) ; e, de la salamandre ; f, de la grenouille ; g, d’un singe cercopithèque (d’après M. Duval).

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