CHAPITRE III
LA SÉCRÉTION
Distinction entre la sécrétion et l’excrétion. — Le mot
sécrétion [ secernere, séparer) signifie le plus communément élaboration d’un produit nouveau résultant de l’activité des éléments cellulaires. Par un artifice de langage, on donne souvent le nom •le sécrétion au produit sécrété lui-même.
On réserve le nom particulier d 'excrétion, pour désigner l’acte par lequel certaines glandes séparent du sang des substances qui y sont contenues normalement ou qui y ont été introduites.
La distinction entre la sécrétion et l’excrétion est fondamentale, mais n’est pas absolue. La glande qui sécrète un produit particulier peut en même temps sei\ii (d, en léalité sert, de Aoie d excrétion pour un ou plusieurs autres produits normaux, accidentels ou pathologiques du sang. Il n’est pas un produit de sécrétion, aussi spécial soit-il, qui ne soit accompagné, mélangé de substances salines provenant du plasma sanguin (chlorures, carbonates, phosphates).
Différenciation des glandes. Principaux types morphologiques. — L’acte sécrétoire est une propriété générale du proto-
LA SÉCRÉTION
plasme. Toute cellule donne naissance à des produits qui résultent de son fonctionnement même.
Les glandes sont des cellules chez lesquelles la propriété sécrétrice s’est plus spécialement développée et qui se sont adaptées à la sécrétion comme les cellules musculaires se sont adaptées à 1 exécution des mouvements.
Dans ce qu’on appelle communément une glande les cellules sécrétoires forment des associations plus ou moins complexes. Au point de vue morphologique l’unité glandulaire proprement dite c’est Yacinus (Malpighi), sorte de cul-
pj o-, 79. . — Glandes sudoripares (*). Fig. 80. — Lobe, lobules et acini dune
glande en grappe ( mamelle ) (**).
(*) Coupe de la peau de l’homme, perpendiculairement à sa surface; a , couche cornée de l’épiderme; b, corps muqueux de Malpighi; c, papilles du derme; h, amas de celtules adipeuses sous le derme; g, glomérule de la glande sudoripare, e, f, canal excréteur de la glande; d, vaisseaux; i, nerfs (d’après Ddval).
(**) 1, 2, 3, 4, 5, conduits excréteurs des lobules; 6, conduit d’un lobe (dit galacto-
phore) ; 2, lobules (d’après Duval).
de-sac formé par une membrane tapissée à son intérieur d un revêtement cellulaire. Ce cul-de-sac se continue par un canal formé, lui aussi, par une membrane qui continue celle de l'acinus et par un revêtement cellulaire qui, lui, présente des caractères un peu différents. Lorsqu’un seul acinus se continue avec le canal excréteur la glande est dite simple (glandes intestinales de Lieberkühn). Le canal et le fond de la glande peuvent, tout en restant simples, être plus ou moins indexes (glandes sudoripares) (fîg. 79). La glande est dite composée quand le canal excréteur se partage en ramifications correspondant à plusieurs acini (glandes gastriques à pepsine, glandes sébacées, glandes mammaires) (fig. 80). La division plus ou moins régulière du canal excréteur en segments de divers ordres donne naissance à des groupements nouveaux. Les acini en se réunissant forment des lobules ; ceux-ci, en se groupant à leur tour, des lobes. Aux uns et aux autres correspondent des canaux excréteurs déplus en plus larges et qui, en se réunissant, constituent le canal de la glande (glandes salivaires). Ces unités morphologiques de divers ordres sont séparées les unes des autres par des cloisonnements de tissu conjonctif; la glande quand elle est un peu volumineuse est entourée d’une membrane en forme de capsule. Les canaux glan-