II. Rapport de la circulation avec la sécrétion. — La
sécrétion est un phénomène distinct, mais non indépendant de la circulation.
a. CI. Bernard a démontré que l’excitation de la corde du tympan chez le chien provoque la sécrétion de la salive sous-maxillaire ; or si on excite le nerf après avoir au préalable administré de l’atropine (1/2 à 1 milligramme) on
Fi". 83. — Réseau vasculaire sanguin d’une Fig. 84. — Réseau vasculaire sanguin des glande en'grappe {pancréas) (d’après Duval). glandes de l’estomac de l'homme (*).
O L’artériole (le vaisseau le plus fin, en blanc) s’épanouit en formant un réseau capillaire à mailles circulaires autour des orifices des glandes, point d’origine des veines (figurées en noir) (d’après Frev).
provoque toujours les phénomènes congestifs mais non la sécrétion (Heidenhain).
b. La pression développée dans le canal excréteur de la sous-maxillaire pendant la sécrétion peut être de 100 millimètres 11g. supérieure à celle qui règne dans la carotide (Ludwig).
Le sang apporte à la glande les aliments qui entretiennent son activité, ainsi que les matériaux des produits sécrétés. Cl. Bernard a montré que lorsqu'on soustrait le sang à une glande, celle-ci, au bout de peu de temps, cesse de sécréter ; l’écoulement reprend lorsque l'afflux sanguin est rétabli.
Le vinaigre déposé sur la muqueuse buccale ne provoque plus la salivation sous- maxillaire après une forte saignée (Cl. Bernard). Si on comprime l’aorte abdominale chez le chien, on détermine néanmoins encore pendant vingtcinq à trente minutes la sécrétion de la sueur à la pulpe digitale des membres postérieurs en excitant alternativement les deux nerfs sciatiques, mais le phénomène cesse bientôt; si à ce moment on suspend la compression de l’aorte, la sécrétion reprend (Luchsinger).
LV SÉCRÉTION
Les variations de la pression du sang dans les vaisseaux modifient, dans une certaine mesure, les sécrétions. D une manière générale, l’écoulement croît avec la quantité de sang qui traverse la glande et la pression de ce liquide au niveau des capillaires. Si la pression tombe au-dessous d’une certaine limite, la sécrétion est ralentie ou même suspendue.
III. circulation comparée pendant l’activité et le repos d’une glande. — Lorsque les glandes sont au repos et n’expulsent rien, le tissu glandulaire est blanc, exsangue; le sang veineux, noir. Lorsqu’elles sont en activité et expulsent leur produit, le tissu glandulaire est rosé, turgescent, gonilé de sang, en quelque sorte érectile; les vaisseaux sont très développés, les capillaires dilatés; le sang veineux présente les caractères du sang artériel, il est rouge et s’échappe par saccades (Cl. Bernard).
En appliquant le procédé très suffisamment exact qui consiste à ouvrir une veine émergente et à recueillir le sang qui s en écoule, dans un temps donné, Chauveau a constaté que la circulation est en moyenne trois fois plus active pendant le fonctionnement qu’au repos.
L’augmentation de l’afflux sanguin qui accompagne l’activité physiologique des glandes a le caractère d’un réflexe d’adaptation dont le point de départ est la glande elle-même. L’organe proportionne l’afflux de sang à ses besoins nouveaux par l’intermédiaire des vaso-moteurs, qui individualisent et règlent la circulation de chaque organe.
IV. Dispositions particulières. — Le foie reçoit du sang artériel par l’artère hépatique, du sangveineux par la veine porte. L’artère hépatique se jette dans le réseau capillaire de la veine porte qui peut être considéré comme sa terminaison. Elle présente avec les autres branches du tronc cœliaque des anastomoses plus ou moins développées suivant les espèces animales. Chez le lapin la ligature de Partère provoque la nécrose-gangrène humide du foie ; les anastomoses sont peu développées (Cohnheim et Litten). Chez le chien l’opération est inoffensive; pour provoquer la mort il faut lier toutes les collatérales qui sont extrêmement développées (Doyon et Dufourt). Chez certains animaux (chien) l’artère hépatique est complètement entourée par un plexus nerveux. Les effets de la ligature de la veine porte ont été étudiés page 194.
La circulation du pancréas chez le chien présente une disposition qui favorise la greffe de la glande. La partie descendante du pancréas reçoit ses vaisseaux des vaisseaux mésentériques; elle peut être mobilisée et greffée sous la peau de l’abdomen tout en gardant ses connexions vasculaires (Hèdon) (tig. 85).
La circulation rénale est caractérisée par l’existence d'un réseau capillaire interposé sur le trajet des artères. Chez les Mammifères (chien) les artères rénales ne sont pas des artères terminales vraies. Elles s’anastomosent soit dans le rein, soit dans la capsule ou le. bassinet, soit même en dehors des reins avec les artères phréniques, les dernières intercostales, les premières lombaires, l’artère vésicale supérieure, l’artère spermatique interne, l’artère abdominale.