XX. Situation. — Nombre. — Structure
On distingue les thyroïdes et les glandules thyroïdiennes ou parathyroïdes.
1 Glandes thyroïdes. — Les glandes thyroïdes sont situées, chez les Mammifèr es, dans la région cervicale, au-dessous du larynx. Elles sont formées de deux lobes placés de chaque côté de la trachée, et réunis chez ceitaines espèces pai uni masse médiane plus ou moins développée. On trouve parfois des thyroïdes accessoires qui ne sont autre chose que de simples lobules erratiques, comme il en existe pour la rate et les capsules surrénales (Gruber, Verxeuil, Zukerkandl, Kydji, Wôlfer, Zuccaro, Moussu). Les thyroïdes accessoiies existent piincipalement dans un triangle isocèle ayant pour sommet la crosse de l’aorte, et pour hase le bord du maxillaire inférieur (Wôlfer).
Les glandes thyroïdes sont formées de vésicules arrondies, dont les dimensions varient de quelques [x jusqu'à un dixième de millimètre et plus. Ges vésicules groupées par petits amas arrondis ou ovoïdes comprenant un certain nombre de vésicules de toutes dimensions, constituent les lobules du corps thyroïde, séparés les uns des autres par de minces lames de tissu conjonctif lâche renfermant des vaisseaux sanguins et lymphatiques. Lorsque les lymphatiques ont été préalablement injectés par une solution de nitrate d’argent, les lobules se distinguent très facilement les uns des autres. Ghaque vésicule est formée par
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un rang de cellules épithéliales cubiques ou cylindriques basses toutes semblables entre elles. Quelques-unes de ces cellules, dont le protoplasme se colore parles réactifs comme la matière colloïde contenue dans la vésicule, ont reçu le nom
de cellules principales. L’intérieur des vésicules est rempli par de la substance colloïde qui l’occupe entièrement, sauf une très étroite zone périphérique où il existe un vide du à la rétraction de la masse centrale sous l’influence des réactifs.
Les vaisseaux sanguins forment un élégant réseau autour de chaque vésicule. Les lymphatiques sont très développés ; ils forment d’énormes capillaires enveloppant les lobules et pénètrent même dans leur intérieur. Ils s’accolent étroitement aux vésicules avec les parois desquelles leur endothélium vient en contact.
On regarde ces lymphatiques comme les canaux excréteurs de la glande, car on a trouvé leur lumière remplie par places de substance colloïde.
Toute la question est de savoir comment celle-ci peut passer dans les lymphatiques (fig. 106).
Deux cas sont possibles : ou bien les vésicules se rompent, vident leur contenu dans les vaisseaux, puis reviennent sur elles-mêmes, et recommencent leur évolution, ou bien elles laissent passer par osmose la matière colloïde. Quoi qu il en soit, on trouve toujours, à côté de vésicules renfermant de la substance colloïde, de toutes petites vésicules vides, qui pourraient bien répondre à des vésicules venant d’expulser leur contenu et ramassées sur ellesmêmes.
2. Glandules ou parathyroïdes. — Leur nombre et leur situation varient non seulement sui\ant 1 espèce animale, mais dans une même espèce suivant les sujets. En général, on trouve quatre glandules, deux de chaque côté. Ün distingue des glandules internes et des glandules externes. Les internes sont incluses dans le lobe correspondant de la glande principale ; les externes sont soit à une certaine distance de la thyroïde, soit au contact de la glande. La différence entre les externes et les internes n’est pas cependant fondamentale, car on peut observer des glandules dans des situations intermédiaires très variées.
Les glandules sont généralement plus pâles que les glandes principales. Elles sont pourvues — tout au moins les externes — d’une artériole spéciale.
La structure des parathyroïdes diffère beaucoup au premier abord de celle de la thyroïde. La parathyroïde est formée de cordons épithéliaux épais, séparés les uns des autres par quelques minces cloisons connectives et par des capillaires sanguins étroitement accolés aux cellules épithéliales dont rien ne les sépaie. Elle peut offrir des différences suivant les espèces: chez quelques-
Fig. 106. — Structure de la thyroïde.
Lobule de la thyroïde après injection des vaisseaux lymphatiques au nitrate d’argent (demi-schématique).
1, 1, vésicules; 2, leur contenu colloïde; 3, 3, vaisseaux lymphatiques avec endothélium imprégné ; 4, capillaire sanguin; 5, 5, cellules plus colorées dans la paroi des vésicules (d’après Vialleton).
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GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.
unes elle esl moins compacte, les capillaires sont plus larges et 1 ensemble picml un aspect caverneux (mouton, Schaper; lapin, \ialleton).
Les cellules sont petites, à noyau volumineux, arrondi, à protoplasme peu abondant. Dans ce dernier on voit, à l'aide d’objectifs à immersion, des granulations plus ou moins développées, colorées par les réactifs comme I est la substance colloïde. Limm établit un parallèle étroit entre les cellules de la para-
Fig. 107. — Parathyroïde de chien.
C., capsule conjonctive; c. c.. cloisons conjonctives dans l'épaisseur de borgane; c. P., cellule épithéliale de la parathyroïde ; v., vaisseaux capillaires sanguins (dapits Vialleton).
thyroïde et celles de la thyroïde et conclut qu’elles peuvent contenir les mêmes éléments de sécrétion (fig. 107).
En quelques points de la parathyroïde on trouve des vésicules ciliees. Ces vésicules ressemblent à celles de la thyroïde en ce sens qu’elles sont comme ces dernières, arrondies et limitées par un seul rang de cellules cubiques ou cylindriques suivant l’épaisseur de la paroi. Toutefois les cellules qui les bordent diffèrent des cellules thyroïdiennes parce qu’un grand nombre d’entre elles portent des cils. Dans la lumière de ces vésicules on trouve une substance qui a les réactions de la substance colloïde (nié par Kohn), bien qu’une partie de cette substance puisse demeurer incolore à côté d’autres colorées comme la
Les parathyroïdes sont, en somme, des glandes dont lastruclure est très differente de la thyroïde. Elles peuvent toutefois sécréter aussi de la substance colloïde. Cette dernière existe habituellement sous forme de grains très lins et pas dans toutes les cellules; parfois elle se rassemble en masse. La matière colloïde n'a d'ailleurs rien de très caractéristique puisqu’on en trouve également dans
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1 hypophyse (Ebner) et peut-être dans les lobules thymiques (Liyim). De plus, rien ne permet d’affirmer que la matière colloïde différenciée par les réactifs histologiques soit partout la même.
3. Dispositions particulières. — Nous examinerons successivement les dispositions présentées par I appareil thyroïdien chez l’homme et les diverses espèces animales.
Chez l’homme 1 isthme est très développé et présente un prolongement : la pyramide de Lalouette. Le poids moyen de l’organe total est difficile à évaluer, car on ne peut pas toujours distinguer une glande normale d'une glande un peu hypertrophiée. Le poids moyen est de 33 grammes d’après Vierordt, 34 grammes d’après Weibgen, 25 grammes d’après Guiart, 22 à 24 grammes d’après Marchand. En Suisse et dans les pays où le goitre est endémique le poids moyen peut atteindre 60 grammes (Orth) et même 100 grammes (Oswald). Avant la fin de la* première année la glande pèse l8'r,5 ; jusqu’à 18 mois, 2 grammes environ.
Les glandules sont constantes et se trouvent dans la généralité des cas au voisinage du point de pénétration des artères thyroïdiennes. Vassale n’a trouvé que des glandules externes. Sur sept cadavres il a trouvé dans un cas trois glandules, dans un autre cinq, dans cinq autres quatre , deux supérieures et deux inférieures, les inférieures à 1 centimètre environ du corps thyroïde. On admet généralement qu’il existe au moins quatre para, en deux groupes : des glandules supérieures à la face postérieure des lobes thyroïdiens, situées le plus souvent à l'union de son tiers supérieur et de ses deux tiers inférieurs ou deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur ; des glandules inférieures situées soit dans le voisinage du bord inférieur de la face postérieure, soit au-dessous et à une certaine distance de ce bord, sur les côtés de
la trachée et enveloppées dans la graisse rétro-sternale. Outre ces deux groupes, on a trouvé des parathyroïdes surnuméraires surtout dans le groupe inférieur (Sandstrôm, Chantemesse et Marie, Kohn, Muller, Schaper, Vassale et Generali, Eu sari, Ganfini, Civalleri) (tig. 108 et 109).
Chez le singe il existe deux lobes thyroïdiens réunis par un isthme ; quatre
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