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L’ablation des glandes expose à des accidents graves

2. L’administration de ces organes à un sujet thyroïdectomisé conjure en partie tout au moins les clfets de 1 ablation ilo la glande.

Û importe donc de connaître la nature des principes actifs contenus dans les thyroïdes.

Caractéristique. — Au point de vue chimique, ce qui carac-

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térise surtout les thyroïdes et parathyroïdes c’est la présence de l’iode.

Iode. — La présence de l’iode fut signalée pour la première fois par Baumann à Fribourg, en 1895. Baumann fut frappé des bons effets du traitement thyroïdien dans le goitre; il rapprocha ces effets de l’action curative bien connue depuis longtemps de l’iode et fut

Fig. 117. — Thyroïdes du lapin. Fig. 118. — Situation des thyroïdes

T. glandes: t, glandules (Doyon). chez l’oie (Doyon),

conduit ainsi à se demander si ce métalloïde n’était pas contenu dans les glandes thyroïdes.

Moyens de déceler l’iode. — L’iode existe dissimulé aux réactifs. Four le déceler il faut détruire la matière organique par la calcination.

Pour rechercher 1 iode on utilise un procédé général indiqué par Raboürhin (1850). L’organe est fondu avec de la potasse caustique. Pour éviter la grande quantité de charbon qui reste après la simple destruction par la potasse, Bauman.n conseille d'ajouter une certaine quantité d’azotate de potasse. On calcine. Fa masse refroidie est dissoute dans l’eau chaude et liltrée. Le filtrat est refroidi puis acidulé avec de l'acide sulfurique. On ajoute alors du chloroforme et on agite. Lorsqu’il y a de l’iode, le chloroforme se colore en violet. La quantité d iode existant peut être dosée en comparant la teinle produite à celle que donne une égale quantité de chloroforme mélangé-avec une solution de sulfate

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

de soude, de l'acide sulfurique et du nitrite de soude et agitée avec le volume nécessaire d’une solution titrée d’iodure de sodium pour que l’égalité de teinté soit obtenue. Nici.oux a proposé de remplacer le chloroforme, qui par suite de sa légère solubilité dans l’eau fournit des résultats un peu faibles, par le sulfure de carbone. De plus, il a déterminé les limites de sensibilité de cette méthode. Il a trouvé que l’iode dans une liqueur peut être facilement dosé : au demi-centième de milligramme près si la quantité d’iode est inférieure à Omsr,l ; à un centième de milligramme près entre 0msr,7 et 0m8r,2 d’iode ; à deux cen¬

tièmes de milligramme près si la quantité d’iode est supérieure àOmgr,2, par exemple entre 0m8l',0 et 0msr,4.

Cette méthode est donc d’une extrême sensibilité

Lorsqu'il s’agit de retrouver une fraction de milligramme d'iode dans

Fig. 119. — Filets sympathiques allant Fig. 120. — Appareil plétysmographique au corps thyroide chez un fœtus humain applicable à la glande thyroïde,

de cinq mois (d’après Briau).

C. p., carotide primitive; g. s., ganglion sympathique supérieur; s. c., sympathique cervical ; v., vague; g. i., ganglion sympathique inférieur; r., récurrent; c. p. g., carotide primitive gauche; T, thyroïde.

1, appareil explorateur; 2, appareil d’enregistrement constitué soit par un manomètre à eau (tube capillaire de thermomètre), soit par un tambour à eau muni d’un style inscripteur (d'après Morat et Briau).

une grande quantité de matière organiques, 500 grammes ou 1 kilogramme par exemple, Boürcet recommande le procédé suivant :

La matière est finement hachée ou pulvérisée, humectée avec une solution diluée de potasse complètement exempte d’iode et desséchée à l’étuve à 100°. La masse sèche est de nouveau finement pulvérisée puis fondue avec de la potasse exempte d’iode dans une capsule de fer ou mieux de nickel. La fusion terminée, on laisse refroidir la masse qu’on épuise par l’eau distillée bouillante jusqu’à ce que l’eau de lavage filtrée ne soit plus sensiblement alcaline, La liqueur ainsi obtenue est réduite par évaporation à la moitié de son volume primitit. A la liqueur froide on ajoute peu à peu de l’acide sulfurique libre et sans iode étendu de cinq fois son poids d’eau distillée, en évitant tout échaulfement et refroidissant au besoin le vase dans lequel s’effectue la saturation. Quand la liqueur est neutre, on y verse quelques gouttes de solution de potasse sans iode pour Morat et Doyon. — Physiologie. L 30

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la rendre alcaline et on 1 additionne lentement et en agitant de la moitié de son volume d'alcool à 95°. La majeure partie du sulfate de potasse se précipite alors à l’état de poudre fine, qu’on essore à la trompe et lave à l'alcool à 30 p. 100 qui entraîne les eaux-mères dontelle estimprégnée. Le liquide filtré est évaporé au tiers de son volume primitif et additionné, quand il est refroidi, d'alcool à 90°. Une nouvelle quantité de sulfate de potasse se précipite, qu’on essore et lave avec de l'alcool à 30 p. 100 comme précédemment. En renouvelant plusieurs fois la concentration des liqueurs filtrées et leur précipitation par l'alcool on finit par éliminer tout le sulfate de potasse ou à peu près, alors que l'iode, s'il y en a, se concentre dans les liqueurs alcalines solubles dans l'alcool. Les dernières liqueurs ainsi obtenues sont évaporées à sec dans une capsule de nickel ou de porcelaine et le résidu est soumis à un léger coup de feu qui achève de détruire le peu de matières organiques qui pouvaient encore s’y trouver. On laisse refroidir, on reprend par le minimum d’eau distillée chaude, on filtre et c'est dans les quelques centimètres cubes de liqueur ainsi obtenue que se trouve rassemblé tout l’iode contenu dans la matière détruite. Ces quelques centimètres cubes sont franchement acidulés par l'acide sulfurique au tiers (33 p. 100 SOI!2) en évitant avec soin tout échauffement. On ajoute alors à la liqueur un centimètre cube de sulfure de carbone parfaitement pur et quelques gouttes d’une solution de nitrite de sodium à 20 p. 100 et on agite énergiquement. S’il y avait de l’iode dans la matière analysée, le sulfure de carbone

se colore immédiatement en violet dont l’intensité croit avec la quantité d’iode dissous. En comparant la teinte obtenue avec une gamme de teintes préparée en dissolvant des poids connus d’iode dans un centimètre cube de sulfure de carbone, on arrivera à trouver l’égalité de deux teintes et à déduire la quantité d’iode que l'analyse a fourni.

Pour déceler 1 iode dans des coupes microscopiques, Justus donne le procédé suivant : la préparation est fixée par l’alcool, lavée à l’eau distillée, traitée par 1 eau chlorée fraîche pendant une à deux minutes puis par une solution diluée de AgNO3 (500cc eau -+- icc solution 1 p. 100) pendant deux ou trois heures à l’abri de la lumière. On lave ensuite la préparation avec une solution saturée chaude de Na LL qui dissout AgCL formé. Au microscope, on constate un précipité jaune d Agi. Si on traite, après un lavage à l’eau distillée, la coupe par HgCL2 (solution à 4 ou 3 p. 100) il se forme un précipité rouge de Hgl2. Les préparations doivent etre éclaircies par la glycérine et examinées à l’éclairage Abbé (diaphragme très ouvert). Justus a constaté l’existence de l’iode dans tout noyau cellulaire.

Substance iodée contenue dans la thyroïde. Iodothyrine. — La substance iodée de la thyroïde a été isolée et décrite par Baumann sous le nom d’iodothyrine.

Fig. 121. — Détail de l’appareil explorateur.

Deux cuvettes GC en plomb, fermées par des membranes de caoutchouc, reçoivent la thyroïde tout en laissant un espace libre pour le pédicule de l’organe. Une charnière C/i permet d’ouvrir l’appareil. La fermeture est maintenne par une tige à pas de vis garnie de deux écrous p . p’. L’espace clos par la membrane de caoutchouc et les valves de plomb est rempli d’eau sous une pression de 30 à 60 centimètres cubes (d’après Morat et Briau).

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

L’iodothyrine est une substance azotée. Elle ne donne ni la réaction du biuret, ni la réaction de Millon, ni celle de Molisch. Elle donne la réaction xanthoprotéique. Elle contient de l’iode en proportion variable, jusqu’à 10 à 14 p. 100.

L iodothyrinc sèche est presque insoluble dans 1 eau ; fraîchement précipitée, elle se dissout un peu mieux. Elle est facilement soluble dans les alcalis très dilués, les carbonates alcalins, l'ammoniaque, l’alcool à 96° bouillant. Elle se dissout dans les acides minéraux concentrés et l’acide acétique en donnant une coloration brun sombre. On peut diluer l’acide acétique sans que l’iodothyrine se précipite. La substance est presque insoluble dans l’éther, le chloroforme.

En solution acétique très diluée l’iodothyrine est précipitée sous forme de flocons bruns par l’acide acétique et le ferrocyanure, le réactif cI’Essbach, les acides phosphomolybdique et phosphotungstique, le chlorure mercurique avec addition d acide chlorhydrique (Roos).

L’iodothyrine est relativement stable. Elle n’est pas décomposée par la chaleur à 100°, ni par les sucs digestifs, ni par les acides minéraux dilués à l’ébullition ; cependant elle souffre dans ces conditions une perte graduelle qui diminue le rendement.

Pour extraire l’iodothyrine, Baumann traite les glandes à maintes reprises par de l’eau bouillante contenant 10 p. 100 d’acide sulfurique. La liqueur filtrée laisse déposer par refroidissement un précipité floconneux brun renfermant la substance iodée. Ce précipité desséché est épuisé par l’alcool à 90° bouillant qui dissout l’iodothyrine. Un traitement à l’éther du résidu de l’évaporation de la solution alcoolique permet d’éliminer les matières grasses. Après quoi on dissout dans la soude à 1 p. 100. De la solution sodique neutralisée par un excès d’acide sulfurique l’iodothyrine se précipite en flocons bruns solubles dans l’alcool et les alcalis. Roos conseille de mettre en digestion les glandes finement hachées avec du suc gastrique artificiel: l’iodothyrine reste en suspension. On la purifie ensuite par le procédé indiqué plus haut. Tout autre ici ment des albuminoïdes que la pepsine donne les mêmes effets.

État de l'iodothyrine dans la glande. Thyréoglobuline. — L’iodothyrine n’existe pas à l’état libre dans la glande ; elle est combinée avec les matières albuminoïdes (Baumann). Oswald soutient que la combinaison est une globuline iodée . la thyréoglobuline.

La thyréoglobuline présente une composition élémentaire relativement constante chez l’homme et les divers animaux, sauf en ce qui concerne sa teneur en iode. Celle-ci varie d une espèce à l’autre et parfois d’un sujet à un autre dans une même espèce. La thyréoglobuline des goitres se distingue de celle de la glande normale uniquement par une teneur moindre en iode.

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