COMPOSITION ÉLÉMENTAIRE DE LA THYRÉOGLOBULINE P
Az.
Porc .
Mouton .
Bœuf .
Homme normal .
Goitreux .
La thyréoglobuline représente dans la glande normale un quart à un demi du poids sec de l’organe ; dans le goitre colloïde, les trois quarts et même plus. Une glande normal fraîche humaine renferme 1 à 3 grammes, parfois 8 grammes de thyréoglobuline (pesée sèche); un goitre colloïdal frais, 10 grammes, 60 grammes et même 93 grammes. La quantité de thyréoglobuline augmente donc dans le goitre colloïdal ; toutefois la teneur en iode de cette thyréoglobuline diminue (Oswald).
La quantité de thyréoglobuline est en rapport avec la quantité de matière colloïde. Celle-ci est constituée d’après Oswald, par deux substances: l’une contenant tout l’iode de la glande en combinaison organique, l'autre dépourvue d iode mais contenant du phosphore (nucléo-protéide).
La thyréoglobuline peut être obtenue sous forme de masses neigeuses par le procédé suivant : La glande est broyée et épuisée par l’eau. On ajoute àl’extrait un égal volume d'une solution saturée de sulfate d’ammonium. Le précipité formé est lavé avec une solution demi-saturée de sulfate d’ammonium, puis dissous dans l’eau. La liqueur est filtrée, puis on renouvelle la précipitation et la dissolution. Finalement on précipite la thyréoglobuline par l’acide acétique ; le précipité est lavé sur le filtre avec de l’eau faiblement acidulée pour enlever les sels. On peut aussi soumettre la substance à la dialyse et la précipiter par l’alcool.
La thyréoglobuline est difficilement soluble dans l’eau privée de sels ; elle est soluble dans l’eau additionnée de sels neutres et surtout dans les alcalis dilués. Les solutions diluées d'acide acétique ou d’acide chlorhydrique provoquent un précipité qui se dissout dans un excès de réactif. La thyréoglobuline est précipitée par l’acide sulfurique, l’acide nitrique, l’acide phosphomolybdique, l’acide phosphotungstique, le ferrocyanure de potassium et l’acide acétique, l’iodure double de mercure et de potassium, l'acide tricbloracé tique et le sulfate de cuivre, le sulfate de magnésie à saturation, le sulfate d’ammonium à demisaturation.
La thyréoglobuline donne les réactions ordinaires des substances albuminoïdes : réactions de Millon, d’ADAMKiEvicz, de Molisch, la réaction du biuret, la réaction xanthoprotéique.
Les solutions dépourvues de sels de thyréoglobuline se troublent à l’ébullition ; les solutions à 18 p. 100 de sulfate de magnésie coagulent à 65°-67°.
Variations des quantités d'iode dans les thyroïdes. — La proportion d iode varie suivant un grand nombre de conditions. Cependant, chez des sujets normaux appartenant à une même espèce, soumis à un régime identique et placés dans les mêmes conditions d’existence, la proportion est relativement stable.
GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES. 469
Quantité d’iode p. 100 de corps frais.
Moutons de Fribourg . . 0er,026 à 0^,036 Baumann et Roos.
Moutons d’Eberfeld.. . 0tfrf044 à Os',156 »
Moutons allemands . 0sr’035 Catillon.
français . OP, 10 à 0^,11 Catillon.
Chez les porcs des abattoirs de Zurich, Nagel et Roos ont trouvé pour 1 gramme de substance glandulaire sèche des traces à 0^,45 d’iode. Le poids total sec de la glande variait de 1P,5 à 4^,8. Le poids frais des glandes de moutons analysées
par Baumann et Roos oscillait entre 3 et 5 grammes.
Nature de l’alimentation. - Elle exerce une influence certaine. Baumann a constaté que chez certains goitreux soumis au traitement iode interne ou externe la proportion- d'iode devient notablement supérieure à celle que 1 on trom e chez les sujets normaux. Oswald a observé que la thyréoglobuline des sujets qui ont absorbé de l’iode présente une teneur en iode relativement plus elevee que ce e des animaux normaux. D’après Suiffet, les glandes des moutons eleyes dans les localités avoisinant les rivages de la mer ou des lacs salés contiennent une quantité d'iode plus considérable que celle des animaux de même espece eleves en plein continent. Les moutons des parages salés broutent de préférence des Salicornia, des Salsola, des Atriplex (Salsolacées), plantes dans lesque les Lhaun (1850) a démontré l’existence de l'iode et auxquelles il convient probablement d’attribuer l’augmentation de la proportion de ce métalloïde dans la thyroïde. L’air de la mer contient douze fois plus d’iode que l’air de la ville. Ce métalloïde fait partie constituante des Algues (Schizopliytes) et des spores îodees d oi igin« marine. (En aucun cas l’iode n’existe libre ou à l’état de combinaison minérale)
(A. Gautier) (1).