‹ Traité de physiologieChapitre 163 sur 374 · OSWALD · texte numérisé non relu

OSWALD

Baumaxn et Weiss.

OsWALD.

Veaux normaux (Bâle, Genève, Savoie, Paris).

Veaux i Goitres colloïdes. .

de < Goitres avec peu Zurich. ( de colloïde.

i à 6 millig. ; 19 milligr. dans une glande riche en matière colloïde 0“^,8 à 1 milligr.

Traces; 0m£Ll à 0msr,2. y

Gswald.

Dswald.

• Ablation et destruction des glandes thyroïdes principales.

La suppression des glandes principales — à l’exclusion des gland nies — provoque d es troubles trophiques , compatibles le plus souvent avec une survie très longue. La gravité des accidents dépend principalement de 1 âge du sujet. Plus l’animal est opéré jeune, plus les accidents sont précoces et accentués.

Conditions experimentales. - L'ablation des glandes principales, à l'exclusion des glandules, est une operation difficile, sinon impossible chezcertains animaux e lapin en particulier; les glandules inlernes ne peuvent pas être distinguées du tissu thyroïdien sans l'aide du microscope. En réalité, chez l’animal on enlève le plus souvent avec les glandes les glandules inlernes, mais on peul facilemenl respecter les glandules externes. L’injection de substances sclérosantes (naphtol)

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES. 475

dans les artères thyroïdiennes (Roger et Garnier), la ligature des artères (Moussu) provoque les mêmes effets que l’ablation (1).

Pour bien observer les troubles qui se produisent, il faut opérer plusieurs sujets d'une même portée et garder des témoins.

Ablation chez les jeunes. — Les jeunes animaux sont arrêtés dans leur développement. L'arrêt porte surtout sur les os, les organes génitaux, L intelligence.

Les opérés restent chétifs, petits ; ce sont de véritables nains. Ils s’élargissent, prennent un aspect trapu, mais ne se développent bien ni en hauteur, ni en longueur. L’abdomen devient proéminent, volumineux, arrondi, mais flasque. Les os ne sont pas déformés, mais plus courts. La maladie iixele cartilage dans Pétat où il a été surpris ; l’ossification subit un retard par suite de lésions dégé-

Fig. 122. — Ablation des thyroïdes.

2, f, sujets thyroïdectomisés; 1, 3, témoins (d’après Moussu).

nératives spécifiques des cartilages épiphysaires qui président a la croissance. Hofmeister a constaté la diminution de la prolifération normale, le gonflement et la formation de fentes dans la substance fondamentale avec gonflement vésiculaire des cavités cartilagineuses; 1 atrophie et même la perte partielle des cellules. L'arrêt de développement porte sur les os longs, les os plats, la colonne ; seule la boîte crânienne ne participe pas au même arrêt de

croissance. , ,

Les testicules sont petits, ne descendent pas, restent dans le ventre. La sécrétion du sperme souvent ne s’établit pas. Les ovaires sont tantôt atrophiés, tantôt présentant une hypertrophie folliculaire. La voix est changée, plaintive, avortée, comme celle du nouveau-né (Hofmeister, v. Eiselsberg, Jeandeeize). L'ablation des thyroïdes conduit à la stérilité. Les lapines avortent ; parfois elles prennent des convulsions au moment du part (mais il est probable que ces accidents ne se produisent que lorsqu’on enlève aussi les glandules) ; les petits meurent souvent. Les poules donnent de petits œufs ou deviennent stériles (Lanz). La question de savoir si en produisant 1 insuffisance chez la mète on produit l’insuffisance chez les petits est réservée. Traciiewski avait annonce que

(1) L’injection est poussée dans la carotide; on place une ligature sur ce vaisseau au-dessus du point d’émergence de la thyroïdienne.

SÉCRÉTIONS INTERNES

le rachitisme s'observait chez les descendants, mais les expériences de cet auteur n ont pas été confirmées (Jeandelize). Chez les Mammifères la régression du lait ne se fait pas (Jeandelize, Richon et Jeandelize, Drago).

L intelligence n est pas développée; les opérés sont moins vifs, tristes, apathiques; ils demeurent de préférence immobiles, ne cherchent pas à jouer, ils

sont malpropres, ne se nettoient pas; ils sont lents, maladroits et paraissent idiots.

Les poils sont moins lustrés, moins beaux, moins soyeux, plus grossiers, raides, hérissés, tantôt longs, tantôt courts sous forme de duvet et de touffes ; souvent ils tombent par places.

La peau devient rugueuse, sèche, flétrie, ridée, plissée ; elle présente des squames et des écailles, surtout au niveau des oreilles chez le lapin. Tantôt elle

Fig. 123. — Ablation des thyroïdes.

Porcelet thyroïdectomisé et porcelet témoin de la même portée. Photographie prise deux mois après l’opération (d’après Moussu).

est mince, atrophiée, plaquée sur les tissus en formant des plis, tantôt bouffie par suite d'un œdème dur et résistant. La bouffissure et l’œdème dur résultent de l'infiltration gélatiniforme des tissus par une substance visqueuse, brillante semblable à la mucine. Cette substance a été retrouvée non seulement dans le tissu sous-cutané, les muqueuses, mais dans lê muscle, le cerveau, le médiastin, le sang, 1 épiploon, les glandes salivaires, et, d une manière générale, dans tous les tissus (Horsley, Rogowitch, Jeandelize). On a noté de l’eczéma.

11 y a anémie. Le nombre des globules rouges diminue. La crête des coqs opérés reste pâle (Moussu).

La température normale est d abord conservée ; puis elle baisse progressivement jusqu’à la mort.

Les échanges respiratoires et les processus d’oxydation sont diminués (Baldoni). Dans les urines, l’urée, les chlorures diminuent; les phosphates augmentent (Jeandelize).

Parfois on observe, peu avant la mort, des paralysies ou des convulsions.

L ablation du corps thyroïde diminue la résistance aux infections (Charrin) et aux intoxications (Lindemann).

Évolution des symptômes. — Les troubles trophiques n’apparaissent avec netteté, en général, qu’au bout de plusieurs semaines seulement. Ils se déve-

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

loppent lentement, progressivement. On observe fréquemment (les remissions (Gi.ey). Finalement, la maladie aboutit à une véritable cachexie. Les opérés meurent dans l'inanition et la pourriture. Chez les très jeunes animaux, la survie est en moyenne de deux ou trois mois (Jeandelize).

La cachexie est myxœdémateuse ou atrophique. Chez les chevreaux, les chats, les lapins, les Oiseaux, elle revêt généralement la forme atrophique. Les animaux restent maigres, leur chair est dans un médiocre état d’engraissement, la peau est mince. Chez les chiens, les porcs, le crétinisme est toujours myxœdémateux ; les animaux paraissent gras par suite de l’existence d’œdèmes plus ou moins étendus ; ils sont bouffis, la peau est épaisse, infiltrée, plissee (Moussu). La distinction n’est cependant pas absolue. Jeaxdelize a observé qu’un même animal (lapin) peut passer successivement par ces deux formes. Dans 1 espece humaine « les crétins » présentent en général la forme atrophique, sans myxœdeme.

Ablation chez l'homme. — L'ablation des thyroïdes chez 1 homme a ele pratiquée dans des cas où les glandes étaient le siège de tumeurs (goitre); 1 operation, lorsqu’elle est suffisamment complète, détermine une cachexie de tonne

myxœdémateuse (J.-L. et A. Reverdix).

Le malade apparaît bouffi ; la ligure est gonflée, sans expression. La parole est embarrassée; il y a de la dysphagie, des troubles digestifs; la voix est rauque. Tous ces symptômes relèvent, en partie au moins, de l’inhltration des tissus pai la mucine. La peau est sèche, blafarde, grise, plissée ou couverte de squames par . places • les poils et les cheveux tombent ou deviennent secs et cassants. Le malade devient apathique, somnolent, triste, silencieux; les mouvements sont lents, hésitants; les mains maladroites; l'intelligence engourdie, la mémoire affaiblie. Parfois il existe des troubles mentaux. La température du corps est généralement abaissée (36°, S ; 36°; 33° même). Les extrémités sont cyanosées, le malade a toujours une sensation de froid. Le cœur manque d’énergie le pouls est filiforme. La quantité d’hémoglobine diminue. Le nombr.e des globules rouges peut tomber à 3 000 000. Le ventre est volumineux, tombant; parfois fl y a e l’ascite. On a noté des irrégularités des règles et des métrorrhagies.

En général, le myœdème post-opératoire apparaît chez l'homme trois ou quatre

mois après l’opération, parfois plus tard (un an), très rarement plus tôt. La

marche est progressive mais présente des rémissions spontanées. La mort survient par suite d’une complication telle que la tuberculose ou la pneumonie. On constate parfois l’apparition tardive d’une petite tumeur représentant une thyroïde accessoire en voie de développement. Dans ces cas certains symptômes manquent

(J.-L. Reverdin). .. . „ .

Cas exceptionnels. - Exceptionnellement, l'ablation des thyroïdes est sans efle

rnème chez le jeune ou l’enfant (Peso et Zanda, Revnier et Paclesco...), mais il est probable que ces faits s’expliquent par l’existence de thyroïdes accessoires.

Ablation chez

l'adulte. — L'ablation des thyroïdes — à l’exclusion des glandules — n’est jamais mortelle a brève échéance (Gley, Mousse). Le développement est définitif; il ne peut plus y avoir de modifications très accusées de 1 aspect general ; les troubles font défaut ou sont moins apparents (Gley, Moussu). L’adulte, cependant, n’échappe pas toujours à la maladie. Moussu a constaté maintes fois, par l’examen prolongé des chèvres et des chiens thyroïdectomisés, des modifications de la nutrition generale .

SÉCRÉTIONS INTERNES

du dcrnTcutanV ^ToTin^ I r ** Cachexie’ des itérations cardiaques, de l’a’baissemeni de k lÏT

et la cachexie. CC‘'ti,lnS troubles chroniques

a“énué dans Ia Pl»P«t

CmdUl0nS - L'apparition des troubles trophiques

chroniques est favorisée par l’état

/ I A O’A n 1.x il „ / ~\ T

de gestation ( Vassale, Christiani,

Jeandelize) ; l’allaitement forcé (Vassale). Morvan a noté l’influence des grossesses répétées et de 1 allaitement prolongé sur ïa production du myxœdème.

Les relations du corps thyroïde avec les organes génitaux de la femme ont été signalées depuis longtemps. Le corps thyroïde s hypertrophie lorsque la femme a eu des rapports sexuels (Malgaigne, Heidenreicii) et pendant la grossesse (Lange). L’hypertrophie des thyroïdes chez les chiennes , chattes , chèvres pleines est fréquente (Lange, Moussu).

Les animaux thyroïdectomisés îésistent mal au froid (Horsley).

Altérations ou atrophie

des glandes. — Toute cause

capable de détruire les glandes

nrrAi , iv, .• x , thyroïdes (infection, intoxication

an U le forma ion) aboutit à un syndrome caractérisé par •

O. Des troubles de l’intelligence qui consistent principalement )c apathie; b. Des troubles des téguments dont la bouffissure (œdème ou adipose) est le trait principal; c. Des troubles du squelette qui aboutissent au nanisme ; d. Des troubles du côté des

1 arrêt degdn TX’ d°nt ** Caractère Ie Plus saillant consiste dans l arrêt de développement.

Suivant le degré de gravité de la maladie et suivant qu’elle porte

Fig. 124.

Myxœdème complet.

Fille de dix ans et demi, taille 0“ 77 taille normale 1*28. Observation du

L™E"LFl8ure oxtri,te de la thte« <•*

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

son action sur toute l’économie ou sur certains organes seulement, on distingue des formes complètes, incomplètes, frustes ou partielles.

La maladie peut débuter à l’âge adulte (Gull, Morvan, Ürd, Charcot), mais alors les arrêts de développement manquent, les autres symptômes sont atténués. Dans le cas d’absence complète de la glande, les premiers troubles apparaissent avec netteté seulement au moment du sevrage (Bourneville).

Le goitre équivaut dans bien des cas, malgré 1 hypertrophie glandulaire apparente, à une lésion destructive. Il provoque, soit le myxœdème, soit une forme atrophique de la maladie, comme on peut le constater chez certains crétins dans les régions montagneuses. Tous les goitres ne déterminent pas ces effets. D’après Oswald, les goitres riches en colloïde et en iode sont bien tolérés; les tumeurs scléreuses ayant subi la dégénérescence conj oncti v e et les goitres parenchymateux provoqueraient seuls les troubles trophiques.

Chez les animaux l'insuffisance spontanée existe, mais elle est rare. Moussu a observé un porcelet myxœdémateux dont les lésions étaient tout à fait analogues à celles d'un porcelet opéré du goitre (fig. 125). Chez les animaux, la lésion ordinaire du corps thyroïde est le goitre; cependant on peut observer des lésions relevant dune infection ou d’autres tumeurs.

V. — Ablation soit de l’appareil thyroïdien en entier (glandes et glandules), soit des glandules seules.

Nature et cause des accidents caractéristiques.

Lr suppression de 1 ensemble de 1 appareil thyroïdien (glandes et glandules) provoque 1 évolution d accidents a marche lapide, et mortels à bref délai. L ablation des glandules seules à 1 exclusion des glandes — provoque les mêmes effets. Les accidents aigus consécutifs à 1 opération totale sont donc sous la dépendance de l’ablation de ces glandules.

Fjo-, 12a. — Porcelet de quatre mois, crétinisme myxœdémateux congénital (d’après Moussu).

SECRETIONS INTERNES.

Conditions expérimentales. — La suppression totale des glandules, à l’exclusion des glandes, est diflicile mais réalisable cependant chez quelques espèces, notamment le chien et le chat; chez le lapin elle est presque impossible, car on ne peut pas distinguer avec sûreté les glandules internes du tissu thyroïdien. Un n est jamais sûr que l'opération a été complète; à l’autopsie il faut chercher avec soin les glandules surnuméraires dont la situation et le nombre sont extrêmement variables. L’ablation des para est difficile chez l’Oiseau en raison de la situation de ces organes dans le thorax et de leurs connexions avec la carotide et la jugulaire. Doyon et Jouty conseillent de cautériser les glandules en serrant ces organes entre les mors d’une pince effilée.

Demoou et Lint ont constaté que la vaccination par l’injection d’une émulsion thyroïdienne détermine chez le cobaye, le lapin, le pigeon une réaction organique comparable à la réaction obtenue avec le suc d’autres organes. Le sérum du cobaye vacciné avec le suc thyroïdien de chien acquiert des propriétés qui le rendent très toxique pour le chien et font apparaître chez cet animal tous les caractères d’un hypothyroïdisme très marqué et rapidement mortel ; dans bien des cas les thyroïdes sont profondément altérées.

Symptômes. — Le symptôme dominant est la tétanie. On constate dans les muscles des contractures fibrillaires, des contractions spasmodiques, cloniques et toniques, parfois des contiactures et de véritables crises épileptiformes. La tétanie est localisée ou généralisée ; elle se produit par accès, soit spontanément, soit sous 1 înlluence d un attouchement. Parfois on constate des paralysies (Horslev, Gley, Vassale et Generali, Jeandelize, Doyon et Jouty). Par suite des contractures et des paralysies, la démarche est raide, titubante, difficile ; la station debout impossible.

1 endant les accès, la température s élève (Schiff, Alrertoni et Tizzoni, Gley, Moussu, Herzen, Rogowitch). Elle peut atteindre près de 44°. L'ascension est brusque et rapide. En général, l’élévation de température accompagne les crises convulsives et dyspnéiques ; cependant, elle peut se produire alors qu il n’y a que de simples secousses. Dans les intervalles et souvent à la lin de la maladie, la température baisse au-dessous de la normale (Gley).

La respiration est très accélérée, dyspnéique. La polypnée s accuse souvent dès le début. Elle dépasse 100 et même 200 respirations par minute (Gley). La respiration est courte, superficielle surtout au moment des accès. En général, la dyspnée se produit au moment des accès convulsifs, mais elle ne coïncide pas exactement; elle apparaît après et persiste quelque temps après la fin de 1 accès convulsif. Chez le lapin, la dyspnée est le symptôme dominant (Rouxeau).

Le pouls est ralenti et dépressible dans l’intervalle des accès;

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

pendant les accès, il devient très rapide, tumultueux, parfois impossible à compter.

Les opérés ne mangent pas; ils ont de l’anorexie, de la difficulté dans la préhension et la mastication des aliments. La soif est très vive. Un constate du ptyalisme, des vomissements muqueux et bilieux, des selles fétides, diarrhéiques, sanguinolentes; le ventre est parfois ballonné; Lhaleine fétide; les animaux ont une écume sanglante à la bouche.

Les opérés ont du prurit ; ils paraissent souffrir et se plaignent. Le moindre contact provoque des cris et des contractures. Généralement les animaux sont abattus, somnolents, indifférents ; mais parfois ils présentent de l’agitation, de la terreur, des troubles mentaux (Herzen, Reynier et Paulesco).

Le sang artériel contient moins d’oxygène qu’à l’état normal (Albertoni et Tizzoni, Masoin).

Les polynucléaires augmentent (Zezas-Pokrowski, Breton, Mezinescu). Les globules rouges diminuent (Horsley, Mezinescu, Jeandelize), leur résistance faiblit (Bottazzi, Gley et Langlois).

Les urines sont rares (Laulanié, Ecke, Jeandelize). Très souvent on trouve de l’albumine due à des lésions rénales (Laulanié, Alonzo). Presque constamment on trouve aussi des pigments et des sels biliaires, mais en proportion variable, diminuant avec le temps (Laulanié, Gley, Cadéac et Guinard, Verstraeten et Vanderlinden). La potasse est en excès; parfois on a signalé la présence de glucose (Falkenberg, Gley, Cadéac et Guinard, Verstraeten et Vanderlinden, Porges); de l’indican (Verstraeten et Vanderlinden). L’urée et les phosphates sont diminués, les chlorures augmentés (v. Ecke).

La toxicité des urines augmente (Laulanié, Gley, MasoinY, avec les accès épileptiformes et polypnéiques ; elle est diminuée par l’inanition. Les urines sont éminemment convulsivantes.

Il est possible que des poisons s’accumulent dans le sang des animaux thyroïdectomisés, mais le fait n’est pas prouvé. Le sérum des chiens opérés et en pleine évolution des accidents n’est pas, absolument parlant, plus toxique que le sérum normal (Ughetti et Mattéi, Gley) ; injecté à un animal sain, il ne produit rien de particulier; injecté à un cbien qui a subi au préalable l’ablation des thyroïdes, il provoque des contractions fibrillaires (Gley). D’après Baldi, le sérum des animaux thyroïdectomisés n’exerce aucun effet aggravant.

Les femelles en gestation accouchent avant terme; les petits ne vivent pas.

On a observé des altérations oculaires, des conjonctivites, blépharites, kératites (Sanquirico et Canalis, Albertoni et Tizzoni, Fuhr, Herzen, Sgobbo et Lamari, Verstraeten et Vanderlinden, Rosenblatt,

Morat et Doyon. — Physiologie. I. — 31

SÉCRÉTIONS INTERNES

v. Ecke, Moussu, Gley, Rochon-Duvigneaud), des lésions valvulaires (Moussu), des altérations des parois vasculaires, de l’athérome (Rosenblatt, v. Eiselsberg).

A l’autopsie, on trouve des lésions des reins (dégénérescence graisseusedes pyramides, congestion, néphrite... (Laulanié, Arthaud et Magon, Rosenblatt), et du foie (congestion, dégénérescence graisseuse) (Laulanié, etc.).

L intestin est inondé de bile (Laulanié). On a décrit des lésions du système nerveux, mais elles sont inconstantes.

Survie. — La mort est la règle lorsqu’on enlève toutes les glandules, même s’il reste les glandes thyroïdes. L opéré survit s il reste des glandules. Une seule parathyroïde externe suffit, en général, pour préserver un chien de la tétanie, même si on enlève tout le reste de l’appareil, glandes et glandules (Gley, Vassale, Moussu, Capobianco et Mazziotti). Toutefois, il n’en est pas toujours ainsi. Moussu a observé des chiens qui sont morts même après l'ablation des seules parathyroïdes externes. Vassale a montré qu il existe souvent chez le chien une seconde glandule interne, mais cette glandule ne paraît pas suffire à protéger un opéré contre le tétanisme mortel (1).

La mort peut survenir au cours d’une attaque ou dans le coma.

La survie est variable. Après l’ablation des glandules seules, la mort a lieu en moyenne trois, quatre, cinq jours après 1 opération, parfois huit, dix jours et même quarante-six jours après (Moussu, Vassale et Generali, Lusena, Jeandelize)^

Les accidents débutent, en général, vingt-quatre heures après l’opération, parfois plus tôt, parfois plus tard.

La maladie éclate parfois brusquement avec de la dyspnée, de la tachycardie. Le plus souvent, la marche des symptômes est progressive *, il y a cependant des rémissions, les accidents se produisant par accès (Gley).

(1) Il arrive fréquemment qu’un opéré survit, tout en présentant parfois des troubles trophiques, sans tétanisme, à l'ablation de toutes les glandules et des glandes principales (Bardleben, Zezas, Albertoni et Tizzoni, Munk, Arthaud et Magon, Doyon et Jouty chez le coq et la poule). En général, on trouve dans ces cas des glandules surnuméraires (Moussu, Vassale). Vassale a observé un chien qui neuf mois après l’ablation supposée totale ne présentait aucun symptôme. L’auteur trouva en saciifiant le chien une glandule au niveau du troisième anneau trachéal. Dans un autre cas comparable il existait sept nodules thyroïdiens accessoires disséminés sur le cricoïde, le premier anneau de la trachée et sur la face antérieure et postérieure de l’aorte ascendante ; tous les nodules présentaient la structure de la thyroïde, quelques-uns étaient hypertrophiés; un présentait des cordons cellulaires semblables à ceux des parathyroïdes (Vassale). Parfois on ne trouve pas de glandules surnuméraires, mais est-il possible d’affirmer qu’il n’y en a pas? La vérification est souvent difficile dans un tissu qui a ét. soumis à une opération préalable.

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

Doyon et Joüty ont constaté que les coqs et poules auxquels on cautérise soit les seules para , soit l’appareil entier, présentent des accidents comparables à ceux observés chez le chien. Les opérés sont apathiques, leur équilibre est instable, la démarche incertaine, ataxique ; on observe des tremblements, parfois des convulsions généralisées, des paralysies; l'animal reste étendu, la crête des coqs est rouge violacé, très congestionnée, on note de la dyspnée, une soif vive, des vomissements, de la diarrhée; les accidents débutent six à dix heures après l’opération ; la survie est de trente-six heures en général, parfois moins (Doyon et Jouty).

Ablation incomplète des glandules. — Lorsque la parathyroïdectomie est incomplète et qu'il reste des glandules, l’opéré survit. La tétanie est légère, transitoire, mais parfois récidivante. L’appétit est capricieux, la température en général légèrement élevée d’une manière permanente, le cœur accéléré, la respiration dyspnéique ou plus fréquente dès que le sujet est soumis à un exercice un peu actif, les urines contiennent de l’albumine, mais d’une manière inconstante et en petite quantité. Moussu établit un rapprochement entre ce syndrome et celui de la maladie de Basedow.

Doyon et Jouty ont observé un coq auquel ils avaient cautérisé une para de chaque côté; ce coq dès le lendemain présenta de l’apathie, une démarche ataxique, des tremblements, paralysies, de la soif, de la diarrhée; deux jours après les symptômes s’atténuèrent graduellement ; au bout de huit jours l’animal était presque guéri.

L'insuffisance parathyroïdienne provoquée par la parathyroïdectomie partielle peut persister à Y état latent pendant très longtemps. Il suffit, dans ces conditions, d’une cause prédisposante pour amener une récidive passagère de l’état aigu.

Conditions particulières. — La parathyroïdectomie totale faite en deux temps, est aussi grave que si l'opération est faite en un temps (Wagner, Colzi, Sanquirico et Canalis, Albertoni et Tizzont, Fuiir, Rogowitch, Gley).

D’après Lusena, Vassale et Generali, l’ablation des glandules seules est plus grave que l’extirpation des glandes et glandules; la tétanie provoquée par l’ablation des glandules seules s’atténue si on enlève les thyroïdes.

D’après Moussu, les accidents consécutifs à la parathyroïdectomie sont les mômes quel que soit l'àge du sujet. D’après Vassale et Generali, la tétanie est moins grave chez le chien adulte que chez le jeune chien.

La grossesse et la parturition constituent une condition défavorable (Vassale). On a constaté dans ces conditions, après l’extirpation incomplète de l’appareil thyroïdien, des accidents analogues à l'éclampsie dépendant vraisemblablement de l’ablation partielle des glandules. On peut se demander si l’éclampsie puerpérale chez la femme ne trouve pas là une explication dans quelques cas

484 SÉCRÉTIONS INTERNES

(Verstraeten et Vanderlinden, Lange, Moussu et Charrin). Chez des éclamptiques sans albumine (cas rares mais non exceptionnels), on a découvert des altéra tiens ou des absences congénitales des organes thyroïdiens (Heile, Fruhinsholz,

Jeandelize). , . , . „ . ,

Le froid exerce une action aggravante; la chaleur une action bienfaisante

(Vassale, Horsley, Verstraeten et Vanderlinden, Gley, Jeandelize).

Variations suivant les espèces. — Les résultats de 1 ablation de 1 apparei thyroïdien ne sont pas univoques dans tous les cas. Les divergences s expliquen probablement par l'existence de thyroïdes ou de glandules accessoires.

Chez l'homme, l’ablation du goitre expose surtout au myxœdème. Cependant, on a observé des cas de tétanie. Il est probable que la tétanie est la conséquence de l’enlèvement des glandules. Les chirurgiens se sont peu préoccupes, jusqu a ce jour de ces organes, mais comme ils procèdent généralement, en enucleant la tumeur, ils respectent le plus souvent les glandules qui sont en dehors de la

“Lorsque la tétanie apparaît, les accidents débutent tout de suite ou peu de jours après l’opération et le malade meurt. Parfois, cependant, les accidents convulsifs apparaissent tardivement, au bout de quatre mois, par exemple, a tétanie peut guérir dans ces conditions définitivement, ou reparaître d une manière transitoire, compliquée ou non de myxœdème suivant qu il persiste ou non du tissu thyroïdien. Les guérisons répondent vraisemblablement a des parathyroïdectomies partielles. Les accidents consistent en des convulsions localisées dans les extrémités, surtout aux extrémités supérieures ; cependant elles peuvent se produire ailleurs. On a noté du trismus. Les mains se contractent en flexion parfois si forte que les ongles pénètrent dans la peau. Ces contractures sont très douloureuses. On peut observer de véritables convulsions epileptiques. Les accidents convulsifs se produisent par accès sous l'influence du moindre effort ou attouchement. Souvent il y a de la dyspnée. La mort peut survenir

pendant une crise de dyspnée ou de tétanie.

Chez le singe, on a observé tantôt le myxœdème, tantôt la tetanie (Horsley). On est mal fixé sur les suites de l’opération chez quelques espèces animales. Moussu a opéré un âne âgé de sept ou huit ans ; l’essai a été négatif. Horsley a constaté l’apparition d’accidents aigus seulement cent quatre-vingt-quinze jours après l’opération. L’extirpation de l’appareil thyroïdien est très grave chez le rat. Les animaux meurent, en général, un ou deux jours apres 1 extirpation totale et présentent des accidents aigus (Ciiristiani). On connaît mal les sui es de l'opération chez le cobaye. Capobianco, cependant, a observe la mort. Moussu, v. Eiselsberg ont observé le développement du myxœdème chez le jeune porc. Sanquirico et Orechia ont constaté, chez le renard, la tetanie et la

L’ablation des glandes et glandules paraît inofïensive chez la chevre adulte (Moussu); cependant Moussu, Charrin ont observé chez la chèvre au cours de la gestation soit la mort avec désordres rapides, soit des troubles de la circulation et de la digestion. Chez la chèvre jeune, on a généralement observé des troubles trophiques (Moussu, v. Eiselsberg), parfois, mais rarement, des accidents aigus

^Chez les Reptiles, les Batraciens, les Poissons, les résultats obtenus sont incertains. Chez les Reptiles, l’ablation des glandes amène la mort après un temps plus ou moins long. On observe quelques symptômes qui rappellent ceux constatés chez les animaux supérieurs, à savoir : de la lenteur des mouvements, des

GLANDES THYROÏDES ET PARATHYROÏDES.

convulsions, de la desquamation du tégument? Gley et Phisalix ont constaté des accidents convulsifs chez la salamandre. Chez les Poissons et les grenouilles on n’a rien observé de net.

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