II. Séparation des éléments figurés du plasma. Dosage. — La
séparation peut être obtenue soit spontanément en laissant déposer les globules, soit mécaniquement par centrifugation (fîg. 127). Le sang de tous les animaux ne se prête pas également bien à cette séparation. Celui des Mammifères coagule avant que le dépôt soit effectué, à moins qu'il ne soit additionné de substances anticoagu-
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lantes ou maintenu entre deux ligatures dans un vaisseau excisé. Cependant le sang des solipèdes recueilli a la sortie de la veine dans des éprouvettes entourées de glace se prête mieux à une séparation à cause de la lenteur avec laquelle il coagule et de la grande différence qui existe entre la densité des globules et celle du plasma. Le sang des Vertébrés dont les hématies sont nucléées (Oiseaux, Reptiles, Batraciens,
Poissons), recueilli à l'abri du contact des tissus , coagule très lentement et se prête le mieux à la séparation des é 1 é m e n t s 1 i g u r é s d u p 1 a s m a ( D e l e /æ n n i o ) .
ig. 127. — Appareil à force centrifuge pour la séparation des {/lobules et du plasma.
Le sang est placé dans les vases v. v' , v" suspendus à la périphérie d’un disque creux. Le disque est animé d’un mouvement de rotation rapide autour de son axe.
Pour apprécier en clinique le rapport en volume des globules au plasma, on centrifuge le sang (généralement additionné d'une substance anticoagulante) dans des tubes gradués de très petit diamètre; au bout d’un certain nombre de minutes, les globules occupent une hauteur constante (hématocrite de 11kdi> ; travaux de IIedin, .Iaksii, Daland, Gartner). On peut aussi abandonner un mélange de sang et d'une substance anticoagulante [0,2 0/0, oxalate de pot.) à la sédimentation spontanée (Biernacki, O. Müeeer, Marcano, Grawitz). 11 faut toujours opérer dans des conditions comparables, car tous les procédés ne donnent pas des résultats identiques. Lorsqu’on laisse le sang se déposer spontanément, la rapidité de la sédimentation dépend d'un certain nombre de conditions telles que le nombre des globules, la teneur du sang en albuminoïdes, la température, la forme du vase... (Biernacki, Hanicki, Marcano).
La mensuration du sédiment ne peut pas remplacer la numération globulaiie car le volume du dépôt ne dépend pas exclusivement du nombre des éléments figurés. Dans certains élaLs pathologiques, les globules sont diminués de diamètre ou déformés. Suivant leur nature et leur degré de concentiation, les substances anticoagulantes provoquent le ratatinement ou la distension des globules. Le même sang additionné d’une même solution saline neutre, fournit après centrifugation dans toutes les expériences le même volume de globules. Si on centrifuge du sang avec des solutions d'un même sel neutre à divers degrés de concentration, on constate que le volume des corpuscules est d autant plus considérable, que les solutions employées sont plus diluées. Les solutions équimoléculaires des sels de constitution analogue, tels que KC1, NaCl, KBr, Ki, KAzO3, AzO*Na... fournissent un même volume de globules (Hedin, Koeppe, Hamburger).
Le liquide employé pour diluer le sang et retarder la coagulation, ne doit pas altérer le volume des globules; malgré cela, les. chiffres obtenus par cette méthode sont un peu forts, car il reste toujours un peu de sérum entieles éléments figurés; toutefois le volume trouvé est dans un rapport constant avec le volume réel.
Pour connaître exactement le rapport en volume ou en poids des globules au plasma, il ne suffit pas d’isoler les globules par centrifugation. Il taudiait pou-
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voir tenir compte de la quantité de plasma interposé qui mouille les globules isolés. — On peut y arriver au moyen d’artifices :
Ch. Bouciiaud a donné une méthode basée sur le dosage de l’albumine dans le sérum de deux échantillons de sang d’une même saignée reçus presque simultanément dans deux capsules tarées dont l’une renfermait un poids connu d’une solution de sucre de canne pesant 1020 à l’aréomètre; a étant le poids de l’albumine contenue dans un gramme de sérum pur ; a' le poids de l'albumine contenue dans un gramme de sérum dilué; l étant le poids de la liqueur sucrée mélangée au sang de la seconde capsule, on arrivait à connaître le poids x de sérum pur qui se trouvait mêlé à cette liqueur sucrée par la la
formule x — — - Cette méthode suppose que du fait du mélange de la
a — a iii o
solution de saccharose au sang il ne survient pas de changement dans la composition des globules, que la liqueur est pour eux indifférente.
Mayet rend le sang incoagulable au moyen d’une injection d’extrait de sangsues. Le sang est recueilli et centrifugé. On pèse le tout ; puis on sépare les deux parties composantes du sang. On pèse séparément les éléments figurés A, la partie liquide B. Pour obtenir le poids du plasma interposé a, on utilise le glucose naturellement contenu dans le plasma sanguin. La proportion de ce corps est la même dans le poids connu B de plasma pur et dans le poids ignoré a de liquide de mouillage des globules. Connaissant d’une part la quantité de glucose a renfermé dans la masse totale globulaire à la faveur du
plasma a qu’elle relient, et sachant d’autre part quelle est la proportion — du
glucose dans le plasma pur, il esl facile d’avoir le poids du plasma ajouté aux globules.
Les globules pèsent A — a. Une simple règle de trois établit leur proportion en poids pour 100 dans le sang examiné. Pour éviter la glycolyse, il faut opérer à 0°. Hoppe-Seyler, Bunge, Abderhalden, A. Gautier avaient employé antérieurement des méthodes analogues.
Stewart a décrit une méthode colorimétrique : une portion mesurée (ou pesée) du sang à analyser V est centrifugée; une portion aussi grande que possible du liquide privé de globules v est prélevée et mesurée. Pour déterminer le liquide retenu par la bouillie globulaire, on dissout dans une quantité connue du sérum unejquantité pesée (1 à 2 p. 100) d’oxyhémoglobine ; on mêle une partie déterminée de cette solution v' avec la bouillie globulaire ; le mélange est de nouveau centrifugé; le liquide obtenu est comparé colorimétriquement avec le sérum additionné d’oxyhémoglobine ; on additionne ce dernier d’autant de sérum pur a jusqu’à ce qu’on obtienne l’égalité de teintes. Le volume pour 100 de sérum dans le sang considéré est :
100 (v + av')
Stewart, I’angl et Bugarsky, Roth, ont basé une méthode de détermination sur ce fait que les corpuscules sont de très mauvais conducteurs par rapport à la partie liquide du sang. On pourra donc déduire le volume des éléments
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figurés contenus dans une colonne de sang de la conductibilité de cette colonne si on connaît d’autre part la conductibilité du sérum du sang considéré.
111- Rapport des globules au plasma. — Chez l’homme, les globules représentent à l’état normal en moyenne près de la moitié du volume total du sang. Ce rapport est modifié dans divers états pathologiques.
Les sédiments les plus abondants ont été observés dans le choléra ; les plus faibles dans certains cas d’anémies secondaires (11 à 12 p. 100 de globules). — Chez la femme le dépôt est en général un peu moins abondant que chez l’homme.
Le 4mnis j]es globules humides varie chez l’homme de 420 à
Chez le chien, <1 après Stewart, la quantité de liquide oscille entre 40 et 71 p. 100 du volume total du sang; les écarts individuels sont considérables. Bunge a trouvé que 1000 grammes de sang défibriné contiennent, chez le porc : 436,8 de globules, 563,2 de sérum ; chez le cheval : 531,5 de globules, 468,5 de sérum; chez le bœuf*, 318,7 de globules, 681,3 de sérum. Abderjialden a trouvé 529,7 de globules, 470,3 de sérum dans 1000 grammes de sang défibriné de cheval ; 325,5 de globules, 674,5 de sérum dans 1000 grammes de sang défibriné de bœuf.
IV. Microbes et parasites du sang. — La peau et les muqueuses résistent à la pénétration des germes. Ceux-ci abondent dans l’intestin, mais on ne les trouve dans le sang que lorsque la résistance de la muqueuse fléchit par suite d’une condition particulière. Le passage des microbes dans le sang est favorisé par l’agonie, l’asphyxie, la réfrigération intense de l’organisme, l’hyperthermie (42°-43°), le surmenage, faction d’un poison (phosphore, arsenic...) (Bouchard, Charrix, Roger, Vincent, L)Esounuvet Porcher, Wurtz et IIudelo, Charrin, Modica et Follin). Pasteur avait déjà constaté que pour produire le charbon général par voie intestinale, il faut que l’animal avale des spores bactéridiennes avec des herbes piquantes.
11 est certain néanmoins, que les microbes peuvent franchir la barrière intestinale sans que celle-ci présente de lésions apparentes. Mitchell a pu donner exceptionnellement le charbon mortel à des cobayes en faisant ingérer à l’animal des spores avec de la mie de pain trempée dans du lait. Chauveau a montré que la tuberculose pouvait se communiquer par ingestion de produits tuberculeux. Corn il, Dobroklonsky, F. Arloing ont constaté que les microbes de la tuberculose peuvent franchir la muqueuse intestinale saine sans laisser de traces de leur passage et infecter ensuite a\ec. le temps tout l’organisme. Desoubry et Porcher, Nicolas ont constaté que pendant la digestion, quelques microbes peuvent pénétrer dans la veine porte ou dans les canaux lymphatiques qui les déversent dans le sang où ils sont d’ailleurs en général rapidement détruits. Trois heures après un repas de graisses additionnées de microbes de la tuberculose, Nicolas a retrouvé l’agent virulent dans le canal thoracique. Pour obtenir
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un sérum absolument pur, il faut donc saigner les animaux à jeun, Nocard (1).
Dans un certain nombre de maladies infectieuses, le microbe spécitique est difficile à trouver dans le sang, même par la méthode des cultures. Pour mettre le bacille typhique en évidence, il faut ensemencer le sang en grande quantité (2 à 4 centimètres cubes) dans beaucoup de bouillon (500 centimètres cubes) (J. Coürmont, Ca stella m, Busquet). Le vibrion cholérique est en général localisé dans l’intestin, mais il peut passer dans le sang. Inversement, dans le charbon, le microbe pullule dans le sang.
La voie sanguine n’est pas toujours la meilleure pour provoquer l’infection expérimentale. Chauveau et Arloing ont montré qu’une goutte de culture de vibrion septique peut suffire à provoquer la mort si on introduit le virus sous la peau, alors que 300 centimètres cubes injectés dans le sang restent sans effets (2).
In vitro, la majorité des bactéries peuvent vivre dans le sang et les humeurs même si ces liquides proviennent de sujets réfractaires. Pfeiffer a établi que le meilleur milieu de culture pour le bacille de l'influenza se prépare en étalant un peu de sang frais (de préférence de pigeon) sur de la gélose.
Il existe chez des espèces animales, appartenant à tous les ordres de la classe des Vertébrés des parasites du sang (Flagellées — ). Les parasites de la fièvre paludéenne et leurs congénères vivent dans l’intérieur des globules rouges.