DESTRUCTION DES GLOBULES
II EMATOLYSE.
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peut parfois détruire les globules humains. Celle action est toujours faible et s’exerce aux maximum quand les globules sont placés dans une urine pure, isotonique, impuissante à provoquer l'hémolyse par osmo-nocivilé (Pagniez).
Liquide céphalo-rachidien. — Chez l’homme, le liquide céphalo-rachidien normal n’exerce aucune action hémolytique sur le sang du porteur ou de tout autre individu normal. L’hématolyse ne commence que lorsque le liquide céphalo-rachidien est étendu d’eau distillée à un peu plus que parties égales (12 gouttes d’eau distillée pour 10 gouttes d’eau distillée) (Bard).
Le pouvoir hémolytique du liquide céphalo-rachidien peut tenir soit à une diminution de la concentration moléculaire, soit à des lysines pathologiques (Bard). Il paraît exister dans quelques cas des anti-lysines qui agissent en sens inverse des lysines (Bard).
Le pouvoir hémolytique du liquide céphalo-rachidien se modifie à l’état pathologique. Très rarement ce liquide laque d’emblée le sang sans addition d’eau distillée. En général, dans les méningites tuberculeuses, les méningites cérébro-spinales septiques, etc..., le pouvoir hémolytique est augmenté en ce sens qu’il faut moins de 10 gouttes d’eau distillée pour 10 gouttes de liquide céphalo-rachidien pour laquer le sang. Le pouvoir hémolytique subit au cours des affections qui sont susceptibles de l’altérer des modifications variables, et de sens contraire. Presque toujours les maladies commencent par élever le pouvoir hémolytique, mais cette élévation met en jeu des forces défensives, et, à mesure que l’influence nocive s’éloigne, ou que l’affection marche vers la guérison, le pouvoir hémolytique s’abaisse progressivement, non seulement jusqu’à revenir à son degré normal, mais souvent même jusqu'à le dépasser en sens inverse (Bard).
Épanchements pathologiques. — Dans la grande majorité des cas, les épanchements pathologiques (épanchements des séreuses, urines hématuriques) n’exercent pas d’influence hématolytique sur le sang qu'ils contiennent en suspension. Toutefois, les liquides hémorragiques provenant des cancers contiennent toujours du sang laqué, par suite probablement de l'existence dans ces liquides de substances particulières (lysines), sécrétées par les cellules du cancer qui détruisent les globules. La présence de ce phénomène est donc, par suite, un indice important (mais non caractéristique) de l’origine cancéreuse d’un épanchement. L'absence d’hématolyse spontanément hémorragique crée une présomption capitale contre cette origine (Bard). D’après Panzacchi, les hémolysines cancéreuses peuvent être extraites par l’eau et résistent à î>5° pendant trente minutes. D’après Micheu et Donati, toutes les tumeurs ne donnent pas des extraits hémolysants.
Sueurs. Extrait musculaire. — L’injection de sueur dans les veines détermine (chez le chien) une forte destruction des globules rouges. De 5 000 000 on tombe à2 000000 etmoins (Arloing); Charrin et Mavrojannis ont constaté de l’hémoglobinurie.
L’extrait musculaire injecté dans les veines en solution isotonique NaCl amène l’hémoglobinurie.
LES GLOBULES ROUGES
Venins. — Le venin des serpents dissout très énergiquement les globules rouges (Elexker, Midevo, Noguchi, Calmette). Les conditions de cette hémolyse ont été déterminées surtout par Calmette. Ce physiologiste a montré que la dissolution de globules bien lavés à l’eau physiologique, par le venin, ne se produisait que si on ajoute du sérum normal chauffé à 60°. L’adjonction de sérum normal, non chauffé, ne provoque pas l'hémolyse. Le sérum renferme donc à la lois une sensibilisatrice et une antihémolysine; la seconde de ces substances est détruite à 60°. Les hématies lavées eL par suite non hémolysahles fixent le venin. Si on les laisse pendant quelques minutes en contact avec une solution de venin et qu’on les lave ensuite à plusieurs reprises à l’eau physiologique en centrifugeant chaque fois pour éliminer toute trace de venin dissous, on constate que ces hématies s’hémolysent très rapidement aussitôt qu’on les mel en présence d'un peu de sérum normal chauffé à 62°. Briot a constaté que le venin d’un Poisson venimeux, la vive (trachinus draco), exerce une action hémolytique dans les mêmes conditions que le venin de serpent ; l’action est cependant plus lente et moins intense. La substance hémolysante du venin de cobra n’est détruite qu'après une ébullition prolongée pendant quinze minutes (Calmette). Le pouvoir hémolytique du venin de vive résiste à 75° (une heure), à 100° (vingt minutes) (Briot).
Les hémolysines des venins de serpent et des venins de vive sont probablement distinctes. Le sérum antivenimeux de Calmette n’agit pas sur le venin de vive, mais empêche très vigoureusement l’action hémolytique des venins de serpent (cons. anticorps). Bexedicenti et Polledro ont constaté que le venin du triton (spelerpes fuscus) détruit le protoplasme des globules rouges.
Suc pancréatique. — Le suc pancréatique pur n’exerce aucune action pendant les premières heures, puis il détruit les hématies. Le suc entérique agglutine les hématies sans les détruire. Le mélange du suc pancréatique pur et du suc entérique provoque en trente minutes une hémolyse rapide ; l’hémoglobine est détruite et transformée, partiellement au moins, en hématim*. L’entérokinase se fixe sur les hématies (Delezenne).
Toxines microbiennes. — Un grand nombre de microbes sécrètent des substances qui dissolvent les hématies; tels sont: le streptocoque, le staphylocoque pyogène, le microbe du tétanos, le bacille d’Ëberth, etc... (E. et P. Levy, Bordet, Ehrlich, Morgenroth, Madsen, Büllocii et Huxter, Besredka, Neuseiv el NVechsberg, Tizzom et Cantaxni, Schur....) Le bacille de la peste a un pouvoir hémolytique faible (Raybaud).