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DESTRUCTION DES GLOBULES. — I1ÉMATOLYSE

•L Substances globulicides. — Certaines substances détruisent en solution aqueuse les globules quel que soit le litre de la solution.

a) Parmi elles, il en existe un certain nombre dont l’action globulicide disparaît lorsqu’elles sont dissoutes dans une solution isotonique d'un autre corps pour lequel les globules sont imperméables. Les choses se passent comme si l’agent destructeur était l’eau.

b) D’autres substances sont encore capables de détruire les globules rouges, même les solutions salées isotoniques, indépendamment de toute action osmo-nocive vraie.

La dextrine, le glycogène, la gélatine rentrent dans la première catégorie. L’urée, la glycérine, les sels d’ammonium également; toutefois pour ce second groupe il y a une concentration limite très élevée, il est vrai, à laquelle les globules sont détruits, même en solutions salines isotoniques au sérum. In vitro la sortie de l’hémoglobine commence avec l'urée vers 20 p. 100 en solution NaCl à 0,95 p. 100 (globules de bœuf). Pour la glycérine la limite est encore plus élevée, à 40 p. 100 le liquide est encore peu teinté après trente heures (Hédon). L’albumine laque le sang même en solution très concentrée ; elle n’agit qu’en raison de sa tonicité (Julliard) (1).

Les silicates de soude et de potasse détruisent les globules rouges à toutes les concentrations, mais avec un temps perdu très considérable à partir d’un certain litre (Hédon).

Les solutions de sublimé (1/12000 à 1/70000) ont une action hémolytique; plus concentrées que 1/3 000 elles coagulent (Fiocco).

Un certain nombre de corps du groupe des glycosides tels que lasolanine, lasaponine, la digitaline, la cyclamine. .. ont la propriété de dissoudre les globules rouges. Les effets de ces substances sont moins marqués dans le sérum sanguin que dans une solution isotonique de chlorure de sodium (Mayet, Pool, Hédon).

Bile. — Sous l’influence de la bile les globules rouges disparaissent sans laisser de traces (Hünefeld, 1840). L’action est due aux acides et sels biliaires (Duscu, Rywosch, Rist et Ribadeau-Dumas).

Urines. — L’urine congèle en moyenne à — 1°,50 (cons. p. 557). Ce point de congélation fait de l'urine un liquide hypertonique par l’apport au sérum sanguin dont le A= — 0°,54 en moyenne. 11 en résulte que les globules rouges placés dans l’urine normale hyper-

(1) Une solution à 50 p. 1 000 correspond à une solution NaCl 0,27 p. 1 000 {A — — 0",016) ; une solution à 1750 p. 1 000 serait isotonique au sang (Jülliard).

LES GLOBULES KOUGES.

ionique, loin de s’y gonfler et de s'y détruire, conservent leur hémoglobine et prennent l’aspect de boule épineuse. L’urine peut devenir hémolytique dans deux conditions.

а) Lorsqu’elle est très peu concentrée, A — 0°,30, peu dense (1002, 1003). L'ingestion de boissons abondantes (A. Pugxet), l’alimentation exclusive par le lait prolongée pendant plusieurs semaines (Sabrazés et Fauquet), confèrent à l’urine la propriété de laquer les globules rouges. L’urine de nouveau-né immédiatement après l’accouchement, en dehors de toute influence de l’alimentation lactée, possède la même action (Sabrazés et Fauquet). L’urine du nourrisson congèle à — 0°,2o le premier mois, à — 0°,41 le second mois(LESxÉ et Merklex). L’urine du chien à la mamelle n’est pas hémolysante (Sabrazés et Fauquet).

б) Indépendamment de Faction hémolysante qu’exercent certaines urines dans lesquelles le globule rouge perd son hémoglobine parce qu’il est placé dans un milieu hypotonique, il peut exister dans l’urine humaine des substances globulicides vraies capables d’agir sur les hématies en milieu isoionique.

Si on expérimente avec de l’urine pure, c’est-à-dire en versant simplement des globules à même l’urine, il peut arriver que les globules ne subissent aucune destruction, même si l’urine renferme des substances globulicides vraies. Si en effet l’urine est très concentrée, l’hypertonicité du milieu protège les globules contre des substances dont Faction globulicide n’est pas toujours très intense. Il faut ramener les urines à l’isotonicité par addition d’eau distillée, car alors les substances globulicides reprennent leurs droits et 1 hémolyse peut se faire.

Pour étudier une urine supposée hémolysante, Paginiez opère, d’après le procédé Hamburger, de la façon suivante : on ajoute à 5 centimètres cuhes d’une solution de NaCl à 7 p. 1000 (1), un petit nombre de gouttes d’urine (5 à 6) de façon à ne pas modifier l’isotonie du mélange et une goutte de sang ou mieuxune émulsion de globules de lapin lavés au préalable dans une solution isotonique de Na Cl. Lorsqu’il existe des substances globulicides le liquide après séjour à l’étuve pendant deux heures et centrifugation présente une forte teinte rouge témoignant de la destruction globulaire. Un tube témoin dans lequel on aurait remplacé les 6 gouttes d’urine par 6 gouttes d’eau distillée ne donne aucune teinte d’hémoglobine dans les mêmes conditions.

L’urine humaine normale acide exerce une action globulicide très nette dans ces conditions sur les globules du lapin. L’urine normale neutre (telle qu’elle est émise après le repas chez un grand nombre de sujets) n’est douée d’aucun pouvoir hémolysant dans les mêmes conditions d’expérience. La nature de la substance acide toxique est inconnue. On sait cependant que l’acide hippurique est doué d’un pouvoir hémolysant à dose relativement faihle et transforme même l’hémoglobine à dose plus élevée (Paginiez). Dans l’urine provenant de malades, il paraît exister parfois d’autres facteurs que l’acidité capable de provoquer l’hémolyse.

Les globules humains sont plus résistants que les globules du lapin. L’urine humaine normale ne paraît pas contenir de substance globulicide capable de les détruire en dehors de toute action osmo-nocive. L'urine humaine pathologique

(1) La solution NaCl isotonique au sérum est la solution à 9 p. 1 000; l’auteur préfère la solution à 7 p. 1000. L’auteur considère que pour mettre en évidence l’action d un corps doué de propriétés hémolysantes peu énergiques il y a avantage à employer des solutions salées de concentration un peu moindre.

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