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II. — Produits de décomposition

1° Dédoublement en un noyau pigmenté (hématine) et une matière albuminoïde (globine). — L’oxyhémoglobinc en dissolution

Morat et Doyon. — Physiologie. I. 40

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG ! HÉMOGLOBINE

est dédoublée, soit par la chaleur à 70°-80°, soit par les acides ou les alcalis à froid.

On obtient d’une part : une matière colorante contenant tout le fer de l’oxyhémoglobine : l’hématine, et, d autre part, une substance albuminoïde incolore : la globine.

Le dédoublement s’accompagne d’absorption d'O2 (si la réaction se passe au contact de l’air), fixation d’eau et production d’acides gras (Hoppe-Seyler, Sciiulz, Lawrow).

100 grammes d’oxyhémoglobine, décomposée par HCl dilué, donnent, d’après Lawrow :

94,09 p. 100 de substances albuminoïdes;

4,47 p. 100 d’hématine ;

1,44 p. 100 d’autres éléments, parmi lesquels des acides gras.

Plus la solution d’acide ou d’alcali est concentrée, plus on ajoute de celle solution, plus la concentration de la solution d’oxyhémoglobine est forte, plus la température est élevée, plus dans ces conditions le dédoublement est rapide. Lorsque les albuminoïdes séparées sont insolubles dans le réactif, il se forme un précipité. Il ne se forme pas de précipité si on emploie l’acide acétique, l’acide tartrique, la potasse... Il se forme un précipité lorsqu’on emploie une quantité suffisante d’acide nitrique ou d’acide sulfurique. Si on dissout à chaud l’oxyhémoglobine en ajoutant une trace de NaCl dans l’acide acétique, il se forme de l’hémine qui seule précipite. Les acides, même les acides les plus faibles, l’acide carbonique, exercent une action destructive sur l’oxyhémoglobine. L’ammoniaque ne dédouble l’oxyhémoglobine que très lentement. L’acide phosphotungstique, l’acide lannique, l’iodure de mercure et de potassium, le ferrocyanure de potassium précipitent les matières colorantes du sang en les altérant ; les sels (surtout ceux des métaux lourds) qui donnent facilement des acides en formant des combinaisons basiques, provoquent les mêmes effets. — L’oxyhémoglobine est parfois modifiée avant d’être dédoublée ; la chaleur à 80° transforme l’oxyhémoglobine en solution d’abord en méthémoglobine. L’hématine formée est altérée par certains réactifs.

L’hémoglobine réduite soumise à l'action des acides et des alcalis dans un milieu entièrement privé d’oxygène donne à la place de l’hématine, de l’hémochromogène. L’action des acides peut être d’emblée plus profonde ou s’arrêter quelque temps à l’hémochromogènc. Les acides minéraux et les acides organiques énergiques décomposent rapidement l’hémochromogène, en détachent le fer sous forme de sel ferreux et transforment le pigment en hématoporphyrine.

Action du courant électrique. — Le courant électrique décompose l’hémoglobine pure en donnant lieu à de l’hémaline, des acides gras et à d autres corps non encore déterminés. Diiérk et V. Hexri ont fait passer un courant de 1 10 volts à travers une solution d’hémoglobine contenue dans un tube en 11 qui permet de séparer les deux pôles. Au pôle positif apparaît en haut une couche de liquide claii comme de l’eau, des bulles gazeuses se dégagent aux deux pôles ;

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il se forme enfin un précipité brun d'hémaline. Le liquide clair contient des acides que la conductibilité électrique indique devoir être des acides gras.

Action des microbes. — L’oxyhémoglobine on solution aqueuse se conserve pendant dos semaines si la solution ne contient pas de microbes, puis elle passe à l’état de méthémoglobine. La transformation est complète en quelques mois. Au contacl des germes atmosphériques l'oxyhémoglobine se réduit entièrement et se transforme en hémoglobine réduite (L. Kréhéricq). D’après Labre, certains microbes (celui de la diphtérie, par exemple), cultivés sur du sang, donnent de la méthémoglobine ; toutefois le plus grand nombre réduisent l’oxyhémoglobine. L'hémoglobine réduite peu à peu se transforme, en méthémoglobine. Les toxines agissent comme les microbes qui les sécrètent, mais moins activement (Labbk). L’hémoglobine réduite conservée à l’abri de l'air résiste à la putréfaction (Hoppe-Seyler, Nkumeister). Déjà anciennement IIoppe-Seyler avait montré que du >ang putréfié conservé dans un flacon bouché garde sa capacité respiratoire. Si le contact de l'air est largement assuré, une partie de l’hémoglobine reste ou repasse constamment à l'état (l’oxyhémoglobine plus altérable. Il se forme de la méthémoglobine, puis des décompositions plus profondes surviennent.

Action des ferments digestifs. — La pepsine, la trypsine dédoublent la matière colorante du sang et transforment la globine.

Action des nucléo protéides. — Les nucléo-proléides splénique et hépatique altèrent et décomposent l’oxyhémoglobine, qu’elle soit libre ou incluse dans les globules (Bottazzi ; Herlitzkà et Borrino). (Les nucléo-protéides du foie font aussi disparaître le glycogène des solutions qu’elles contiennent) (Bottazzi).

2° Propriétés de la globine. — Le noyau pigmenté et ses dérivés leront 1 objet d’une étude approfondie plus loin. Les matières albuminoïdes (globines) ont été isolées par Lecanu le premier en 1830 et rapprochées récemment par Schulz des histones. Les histones constituent un groupe créé par Kossel. Ce sont des substances albuminoïdes basiques, à teneur élevée en azote, combinées dans 1 organisme à des complexes atomiques acides. On peut séparer les histones par l action des acides dilués.

Schulz prépare la globine en ajoutant à une solution dépourvue de sel d’oxyhémoglobine une solution très diluée d’acide chlorhydrique jusqu'à ce que le précipité qui se forme tout d’abord se dissolve. On additionne alors la solution acide de I/o vol. d alcool à 80° et 1/2 vol. d'éther, et on agite le mélange. L’hématine passe dans la solution éthérée. En neutralisant le liquide clair par de L ammoniaque, laglobine se précipite. On'sépare le précipité, on le dissous dans de l’eau additionnée de quelques gouttes d'acide acétique dilué, on soumet le liquide à la dialyse et on précipite de nouveau la globine par l’alcool.

Laglobine a la composition élémentaire suivante: G: 54,97; II: 7,20; Az : 16,89 ; S: 0,42. Elle est insoluble dans l'eau, très soluble dans un peu d’acide ou d alcali, insoluble dans l’ammoniaque en présence de sel ammoniac. La chaleur la coagule, le coagulum est soluble dans les acides. L’acide nitrique précipite la globine à froid, mais non à chaud.

Décomposée par les acides ou la trypsine, la globine donne de la leucine. Lawroyv a constaté que la globine de l’oxyhémoglobine du cheval donne par dédoublement avec HCl et le zinc 20 p. 100 de son poids en bases hexoniques

LA MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE

dont 12,4 à l’état d’histidine. En dissolvant à froid 200 gr. doxyhémogiohine de’ cheval dans HCl fumant, puis en chauffant pendant six heures. Fischer et Alderiialden ont isolé à l’état pur, pour 100 de pigment décomposé : de l'alanine, de la leucine, de l’acide aspartique, de l’acide glutamique, de la phénylanine, de l’acide pyrolidincarboniquc. Proscher avait déjà obtenu de la tyrosine, de la leucine, de l’acide aspartique. On n obtient pas de gly cocolle. Si on déduit de l’oxyhémoglobine 4,2 p. 100 d’hématine, on calcule que la glohine contient en acides monaminés: R d alanine, 20,9 de leucine, 1,4 d acide pyrolidincarboniquc, 3,5 de phénylanine, 1,1 d’acide glutamique, 3,4 d’acide aspartique, en tout 33,5 p. 100 (chiffre en réalité trop faible d’un tiers par suite des pertes). Salaskin et Koavalevski ont obtenu de la leucénamide, de 1 alanine, de la leucine, de la pliénylalanine, de l’acide glutamique, de lac. aspartique et de l’ac. pyrolidincarboniquc en soumettant de 1 hémoglobine a 1 action du

suc gastrique.

La globine agit sur la lumière polarisée comme toutes les matières albuminoïdes. Elle esl lévogyre. Sa rotation spécifique (a) G = 54°, 2. (Gamc.ee, Hili.).

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