CARACTÈRES SPECTROSCOPIQUES
Graduation en longueur d’ondes. — On peut expliquer les phénomènes lumineux en supposant I existence d un milieu éminemment élastique emplissant tout I univers. Ce milieu se nomme l’éther. Si une molécule d’éther est écartée de sa position d’équilibre, elle oscille autour de cette position comme un petit pendule. La durée d’une vibration complète; s’appelle « la période », mais en même temps elle communique son mouvement à la molécule voisine et ainsi de suite de proche en proche. Le mouvement vibratoire se transmet dans l’éther avec une vitesse de 300 000 kilomètres par seconde : c’est la vitesse de la lumière. Le chemin parcouru par le mouvement vibratoire pendant la durée d’une période vibratoire s'appelle la longueur d’onde.
Le mouvement vibratoire de l’éther reçu sur la rétine nous donne la sensation de la lumière et la couleur perçue dépend de la période du mouvement vibratoire, de la longueur d’onde. L’œil normal perçoit en général les mouvements
vibratoires de longueur d’onde comprise entre Ou., 80 et Ou.,39 ; u représentant le millionième de mètre.
Dans le spectre les limites des dill'érenles couleurs occupent les longueurs d'onde suivantes ;
Og.723 | rouge.
> bleu.
585 > orangé.
1 indigo
/ jaune.
$ violet.
492 | vert.
Puisque chaque radiation déterminée correspond à une longueur d’onde, on peut donc repérer très exactement telle ou telle région du spectre en la désignant par la longueur d’onde correspondante.
Dans un speclroscope, le spectre, pour l’observateur, se projette sur une échelle complètement arbitraire. Il faut trouver une relation entre la division de l’échelle d'un speclroscope donné et les longueurs d’onde correspondantes, relation qui varie d'un speclroscope à un autre, c’est-à-dire qu’il faut graduer un spectro-
LÀ MATIÈRE COLORANTE DU SANG : HÉMOGLOBINE
scope afin de pouvoir spécifier exactement dans quelle région du spectre se produit telle raie ou telle bande d’absorption.
Il suffit de cinq ou six points de repère pour avoir pour un speclroscope donné la relation des divisions de l’échelle avec les longueurs d’onde.
а) On place dans la flamme bleue d’un bec de Bunsen, un peu de sel maiin fondu à l’extrémité d’un fil de platine. Le spectre se réduit en général à une raie jaune brillante. On amène la division î>0 de l’échelle (préalablement éclairée) sur la l'aie jaune. La longueur d onde de la raie jaune est 0[i,589 , donc a la dix ision
",0 correspond la longueur d’onde Op.,589.
б) On place successivement dans la flamme les sels suivants et on note exactement la position sur l’échelle de la raie la plus brillante qui prend naissance dans le spectre, dans le cas de chaque sel.
Chlorure de lithium. . .
— de potassium
— de rubidium.
— de thallium . .
e projette sur 28 de l’échelle
ft|x,768
c) On prend du papier quadrillé au millimètre, on trace deux droites perpen diculaires parallèlement à deux bords. Sur la droite horizontale on inscrit les divisions de l’échelle, chaque millimètre correspondant à une division. Sur la droite verticale on inscrit la longueur d’onde, les plus faibles observées se trouvant à la partie inférieure (0,420 dans le cas de la figure 152). On prend un millimètre pour deux millièmes de u. On inscrit de millimètre en millimètre 420,
</) On porte sur le quadrillage
A l'intersection de la verticale 16 et de 1 horizontale i68 un point.
e) On joint tous ces points par une courbe. Celte courbe permet pour le spectroscopc donné de transformer les divisions de l’échelle en longueurs donde. Si une bande d’absorption se projette sur l’échelle entre les divisions 30 et 32 par exemple, on cherchera la longueur d’onde correspondant à 30 ; on trouve GG2 et la longueur d’onde correspondant à 32; on trouve 652. On en conclut que la bande se trouve dans le spectre dans la région comprise entre Ou, 662 et Ou, 652.
Si un chlorure volatilisé dans la flamme donne une ligne brillante à la division 83, et une autre à la division 89, on en conclut que parmi les lignes du spectre du corps il y en a deux plus brillantes que les autres ayant comme longueui d’onde Ou, 524 et Ou, 513. On aura donc affaire à du potassium.
Il faut avoir soin, avant de se servir de l’appareil, de produire la raie jaune du sodium et de faire coïncider la division 50 de l’échelle avec cette raie.
Remarque . — On peut opérer par comparaison. En se servant de deux flammes éclairantes L' et L" ( 2 becs de gaz), on obtient avec le concours du petit prisme à
réflexion totale qui se trouve en avant de la fente du speclroscope deux spectres superposés. Soit par exemple sur le trajet de L" une cuve contenant 1 eau et du sang; sur le trajet de L' on place une cuve contenant un autre liquide à analyser.' Si ce liquide contient du sang il y a concordance parfaite des raies d’absorption dans les deux spectres (fig. 153).