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D. — COMPOSITION CHIMIQUE DES GLOBULES BLANCS

L’extrait aqueux des leucocytes contient une substance qui forme la partie principale du noyau de la cellule et qui a été désignée par Liliexfelu sous le nom de micléo-histone.

Pour isoler cette substance on centrifuge et on filtre l’extrait aqueux de façon à le débarrasser de tout débris solide. La nucléo-histone est précipitée par l’acide acétique puis reprise par la soude faible. On recommence plusieurs fois cette double opération pour obtenir un produit plus pur. La nucléo-histone est une poudre blanche, insoluble dans un excès d’acide, soluble dans 1 eau chargée d'un peu de carbonate de soude ou d’acide chlorhydrique. 1 raitée par les alcalis, les acides étendus ou l’eau bouillante, elle se dédouble en donnant : la leuconucléine et Phistone.

L' historié a des propriétés basiques. Elle se combine avec les acides. L'ammoniaque la précipite de sa combinaison et la redissout ensuite. Par décomposition avec HCl elle donne les trois bases hexoniques ^lysine, arginine, histidine) (Lawrow). La leuconucléine a des réactions acides. Par ébullition avec les acides minéraux elle fournit de l’acide phosphorique, les bases de la nucléme et un hydrate de carbone.

L’histone supprime l’aptitude du sang à la coagulation lorsqu elle est injectée dans les veines ou lorsque le sang est reçu dans une solution de cette substance. Inversement la leuconucléine possède des propriétés coagulantes. Ajoutée à du plasma salé on obtient une coagulation complète au bout de deux heures (Lu.iexfeld).

La nucléo-histone, combinaison des deux substances antagonistes, coagule les solutions de fibrinogène ou le plasma de cheval lorsqu’on l’ajoute en faibles quantités ; elle retarde au contraire la coagulation lorsqu'on en met davantage. L'injection dans les veines de solutions de nucléo-histone donne des thromboses généralisées amenant une mort rapide. Lorsque l’animal résiste, le sang qui sort de la veine a perdu sa coagulabilité.

Dastre a montré que le glycogène (1) du sang est localisé dans les leucocytes. Ces éléments renferment aussi des traces dosables d’iode, de Yarsenic engagé dans les nucléo-albumines (Stassano et Bourcet) et souvent des granulations de graisses. D’après Croftan, le sang de bœuf contient normalement des acides biliaires localisés probablement dans les leucocytes.

(1) D’après Ehrlich, Biffi, les granulations qui se colorent en rouge brun par l’iode ne sont pas toutes du glycogène; quelques-unes se confondent avec les granulations éosinophiles ou pseudo-éosinophiles. Cons., au sujet des conditions dans lesquelles les leucocy tes présentent la réaction iodée, Salmon, thèse Paris, 1899.

NOMBRE DES GLOBULES BLANCS

Analyse des leucocytes du thymus par Liuenfeld.

Pour 100

de substances sèches.

Phosphore total .

Azote total .

Matières albuminoïdes . .

Leuconucléine .

llistone . . . .

Lécithine .

Graisses . . .

Cholestérine . : . . .

Glycogène. .

Bases de nucléines à l’état de combinaison argentique

Les leucocytes contiennent, en moyenne, 88,51 p. 100 d'eau, et 11,49 p. 100 de substances fixes.

Perméabilité. — Hamburger et Schroeff ont constaté que si on plonge des globules blancs chargés de CO2, dans des solutions neutres, de NaCl, Na2S04, NaAzO3, etc., les solutions deviennent alcalines. Les auteurs supposent que les ions CO3 sortent des cellules, pendant que Cl, SO\ AzÜ3 passent du liquide dans les globules; l’échange serait d’autant plus intense que les leucocytes sont plus chargés de CO2. Les globules blancs seraient donc perméables aux ions électronégatils.

E. — NOMBRE DES GLOBULES BLANCS

Toute numération doit tenir compte non seulement du nombre total des globules blancs par millimètre cube de sang, mais encore des formes observées. 1! peut arriver que l’équilibre leucocytaire, c’est-à-dire la proportion des diverses formes de globules blancs les unes par rapport aux autres, soit modifié sans que le chiffre qui exprime le nombre total des leucocytes varie.

Nombre total par millimètre cube de sang. — Chez l’homme adulte le sang contient 5 à 10000 leucocytes par millimètre cube (Hayëm); en moyenne, 6 000 (Zuntz et Sciiumburg), 7680 (IIieder), 7 000 (Courmont et Montagard). Le chiffre de 10000 constaté plusieurs fois chez un sujet est cependant déjà un tait anormal (Hayëm).

A la naissance l’enfant a de 15 à 20 000; au cinquième jour, 9 à 10 000; à 8 mois, 14 à 20 000; à 15 mois, 10 000; à 5 ans, 8 à 9000; à 10 ans les chiffres sont encore de 7 800 à 8 500. A partir de 11 ans on constate le même chiffre que chez l’adulte (J. Courmont et Montagard).

Chez le fœlus on a signalé des chiffres très élevés; les résultats ne sont pas univoques et dépendent probablement de l’évolution.

Chez le chien on a trouvé: 6 à 10000 (J. Courmont et Montagard), 10611 (Wettendorff, moyenne de 8 observations), 8 à 15 000 (Tallqvist et Wildebrand), 12 000 (Biedl et Decastello) ; chez le lapin: 8 500 à 10 900 en moyenne (J. Courmont et Lesieur), 10 008 en moyenne (Tallqvist et Wildebrani») ; chez la génisse, 5 à 9 000; chez le cheval : 12 000 en moyenne; chez le cobaye à 6 mois : 6 à 7 000 (J. Courmont et Montagard).

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Rapport normal avec le nombre des globules rouges. —

Ce rapport oscille chez l’homme adulte entre 1 : 1 200 et 1 : 500. D’après Rieder, il est en moyenne de 1 : 666. Chez un môme sujet, dans un même vaisseau il est à peu près constant, mais il varie d’un individu à l'autre, au moins chez le lapin. Chez cet animal il oscille de 1 : 1300 à 1 : 400.

Équilibre leucocytaire entre les diverses formes. — 11

existe entre les différentes formes de. globules blancs des rapports à peu près constants tout au moins dans l’espèce humaine, chez les individus sains de même âge.

Courmont et Montagard indiquent comme proportion moyenne pouvant servir de hase, les chiffres suivants (formule leucocytaire) :

Chez l'homme adulte : lymphocytes . 27 p. 100

grands mononucléaires . 1

intermédiaires . 1 —

polynucléaires neutrophiles . 68,5 —

polynucléaires éosinophiles . 2 —

— polynucléaires basophiles . 0,5 —

Chez l’enfant immédiatement -après la naissance le sang est surtout riche en polynucléaires, mais dès les premiers jours (12e environ] les mononucléaires prédominent et représentent, d’après Japha 58 p. 1 00 du nombre des leucocytes. Cette proportion élevée se maintient jusqu’à 6-11 ans (Grawitz, Courmont et Montagard). Chez le vieillard la proportion des globules à noyau polymorphe semble un peu supérieure à celle de l'adulte; 70-75 p. 100 (Jolly, Besredka, J. Courmont et Montagard).

Répartition dans les vaisseaux. — D’après Semakine, les globules blancs sont distribués dans le sang d'une manière égale et uniforme, du moins dans les vaisseaux relativement gros bien visibles à l’œil nu. On pourrait donc conclure de la proportion des leucocytes à la périphérie à celle dans les grandes veines et artères internes, mais il convient de faire des réserves à ce sujet.

Variations. — Le nombre des globules et l’équilibre entre les différentes formes leucocytaires subissent des variations même à l’état physiologique. Ces variations peuvent acquérir une grande intensité à l’état pathologique. Dans bien des cas elles sont caractéristiques et présentent un intérêt pour le médecin au point de vue du diagnostic et du pronostic.

1) Susceptibilités particulières. — Certains animaux présentent une susceptibilité extrême aux influences extérieures. Le lapin, par exemple, présente de grandes et rapides variations à la suite de la simple fixation de l’animal sur la table d’opération, d’un coup sur la table (Goldsciieider et Jacob, Semakine).

NOMBRE DES GLOBULES BLANCS

GOo

2) Mécanisme des variations. — Le phénomène n'a pas lieu

dans tous les cas suivant le môme mécanisme.

La diminution peut être due soit à une destruction globulaire, soit à l'émigration des cellules par diapédèse, soit à l’accumulation des globules blancs dans certains territoires des vaisseaux ou dans certains organes annexes tels que la rate, les ganglions, l’épiploon, les poumons. En réalité, la destruction ne peut bien être observée qu’m vitro ; cependant l’accumulation dans le sang des produits de désintégration essentiels des leucocytes (acide phosphorique, nucléines) crée une présomption en faveur de l’existence du phénomène.

V augmentation des globules blancs s’explique par le passage plus abondant dans le sang des éléments préexistants ou nouvellement formés dans les organes hématopoiétiques. Weuigo et Jegu- Now ont constaté que pendant le stade d'hyperleucocytose qui suit l’injection intraveineuse de toxines et de culture microbiennes la venu nutritia femoris contient 20 à 50 fois plus de polynucléaires que l’artère correspondante ; fait qui confirme les conclusions des histologistes sur l’origine médullaire de ces éléments.

La formule leucocytaire dépend des propriétés chimiotaxiques particulières des substances injectées ou néoformées et permet de préciser, dans une certaine mesure, la nature des organes hématopoiétiques qui prennent part à la réaction. La polynucléose indique une réaction des organes myéloïdes; la mononucléose une irritation des ganglions, des follicules clos, de la rate. La maladie de la mère ne retentit pas sur le nombre respectif des différentes variétés des leucocytes du sang du fœtus (Tschistowitscii ; Youbewi tscii).

Les seuls changements de calibre des vaisseaux peuvent modifier le nombre des leucocytes dans ces vaisseaux. C’est à cette cause qu'il faut certainement attribuer une part tout au moins des changements provoqués par le froid ou l’excitation des nerfs vaso-moteurs; toutefois il est douteux que les modifications provoquées dans ces conditions puissent être très persistantes (Rieder, Sciiulz, Becker, Decastello et Czimier).

3) Réactions successives. — Un môme agent peut provoquer d’abord une diminution puis une augmentation des leucocytes (Malassez et Vignal, Werigo, Richet et Héricourt, Demoor, M assaut, Evebard). C’est le cas ordinaire lorsqu’on injecte dans les veines de l’eau, du bouillon, des toxines et des cultures microbiennes. Pendant les premières heures les leucocytes sont détruits ou repoussés dans certains organes tels que les poumons, le loie, la rate, l’épiploon (Goldsciieider et Jakob, Metciimkoff, Werigo et

LES GLOBULES BLANCS OU LEUCOCYTES

Jegunow, Pieralini, M. Labbé et Lortat- Jacob). Suivant le stade envisagé, une même maladie provoque la prédominance de formes leucocytaires différentes.

4) Influence de l’alimentation. — L’influence des repas est discutée ; Nasse, Virchow, Molesciiott, Sorensen, Deoma, Limbeck, Reinert, Ascoli, etc... Max Carstanjean, Tikiionow, Aciiard et Lœper, Cot ont signalé une augmentation du nombre des leucocytes. Hofmeister a constaté dans le tissu adénoïde du tractus intestinal une prolifération de ces éléments, toutefois le fait est contesté par Goodaal, Guilland, Paton. D’après Hirt, Pool, Rieder, ces faits caractérisent l’ingestion abondante de matières albuminoïdes. Chez le chien. Cot a constaté que la leucocytose n’est pas égale après l’ingestion de tous les aliments ; l’auteur range ces derniers dans l’ordre décroissant suivant : viande de bœuf crue, graisse, lait, viande de bœuf cuite. Poiil lixe le maximum de l’augmentation des globules dans le sang à 140 p. 100. La leucocytose n’atteint pas nécessairement le même degré chez tous les animaux avec le même aliment (Cor).

Sans nier l'inlluence des repas et en particulier les effets de l’ingestion d’albuminoïdes, Rieder, Japiia font quelques réserves en ce sens qu'il faudrait pouvoir tenir compte des variations périodiques normales du nombre des leucocytes. Japiia a constaté que chez le nourrisson il n'y a pas de leucocytose digestive ; chez l’adulte le phénomène n’est bien net qu 'après le repas de midi; or 1 hyperleucocytose de l’après-midi s’observe même pendant l’abstinence. Cot a observé des variations chez le chien sain soumis à l’abstinence aux heures correspondant aux périodes digestives habituelles. On n’est pas mieux fixé sur la nature des éléments qui apparaissent en plus grand nombre ; d’après Japiia, ce sont des polynucléaires ; d’après Eiirlicii et Lazarus, Goodaal, Guilland, Raton, des lymphocytes; d’après Cor, les rapports des diverses variétés de leucocytes sont peu modifiés. L’ablation de la rate est sans influence (Goodaal, Guilland, Paton, Cot).

Dans l'inanition le nombre total des globules blancs diminue (expériences sur les jeûneurs Cecci et Succi); la proportion des éosinophiles augmente (expérience de Okintsciiitz sur le lapin).

Polétaew a trouvé chez les animaux au début une diminution puis une augmentation des globules blancs.

Le régime sec amène peu de changements (Wettendorff).

Infections et maladies. — Dans les infections et maladies, on observe généralement l’augmentation des leucocytes, parfois la diminution de ces éléments.

NOMBRE DES GLOBULES BLANCS

La variation peut ne porter que sur une seule forme leucocytaire. Des formes anormales peuvent apparaître.

Le chiffre total des globules blancs peut s’élever dans les infections, par millimètre cube, à 15-30000 ; dans les leucémies, à plusieurs centaines de mille. Le rapport des globules blancs aux globules rouges peut tomber de 1 : 5-600 à 1 : 1 et même au-dessous.

La formule leucocytaire n’est caractéristique que dans des cas rares, néanmoins elle apporte toujours au clinicien une aide dans le diagnostic et le pronostic des maladies.

Les polynucléaires neutrophiles augmentent dans les inflammations, les suppurations, la plupart des maladies aiguës; les éosinophiles dans l’asthme bronchique, certaines maladies de la peau (herpes gestation is, pemphigus, dermatite de Dümiung, lèpre), dans la période de déclin et de convalescence des maladies infectieuses, dans l’anémie due à l’ankylostome, sous l’influence de la trichine, des ascarides, des oxyures, etc.

Les lymphocytes augmentent dans certaines formes de leucémies dites lymphogènes (Virchow), la variole (.1 . Courmont et Montagard), lasyphilis(BiEc.ARSKi), la coqueluche, les oreillons, le sarcome multiple de la peau (Dibella), le paludisme, etc.

Les maladies qui abaissent le nombre des leucocytes sont rares; le fait s’observe à la période d’état de la fièvre typhoïde et de la rougeole; dans le paludisme; diverses anémies ou formes de grippe.

En général les troubles leucocytaires survivent quelque temps à la maladie causale (Sacquépée).

Intoxications. — L’effet dépend de la nature et de la dose du poison ainsi que du degré de résistance de l’organisme.

On a observé l’hyperglobulie dans la plupart des intoxications : après la morsure des serpents (Auché et Vaillard), l’injection de venin (Calmette), d’urine (Dopter et Gouraud), de bile, «le sels ou de pigments biliaires (Gilbert et 11erscher), sous l’influence de l’injection intraveineuse de la thallianine, produit obtenu par l’action de l’ozone sur une essence terpenée (Stassano et Biixon), etc.

Le premier effet d’une intoxication peut être une hypoleucocytose passagère. Lorsque le sujet est réfractaire ou survit, l’hyperleucocytose est manifeste. L’hypoleucocytose persistante constitue nettement un signe défavorable. (Metciimkoff : expériences avec l'arsenic; Lombard : avec l’atropine et la strychnine ; Bentivegna et Cari ni, avec l’arsenic, l’iode, le mercure, etc.).

Toutes les formes leucocytaires ne sont pas influencées dans tous les cas dans le même sens ni au même degré. C’est ainsi que le sérum d'anguille provoque une diminution des leucocytes polynucléaires (Delezenne) et une augmentation des mononucléaires (Clerc et Loeper). L’éosinophilie a été constatée sous l'influence de l'acide pyrogallique, de l’antipyrine, du mercure, du phosphore, de l’iodure de potassium, du camphre, du saticylate de soude (chez les rhumatisants), de la tuberculine, des nucléines, des sérums thérapeutiques, de l’oxyde de carbone, etc.

La diminution du nombre «les globules blancs (hypoleucocytose) a été observée sous un grand nombre d'influences, à savoir: la contention, l'introduction dans le sang d’un grand nombre de substances telles que des corps solides (inertes ou microbes) (Werigo, 1892), la térébenthine, le bouillon, l’extrait de Liebig (Richet et Héricourt), la cocaïne, les vapeurs chloroformiques, etc. (Maurel, Benani). La quinine à faible dose diminue le nombre des

LES GLOBULES BLANCS OU LEUCOCYTES

leucocytes ; à haute close elle provoque l’hyperleucocytose (Binz). Pendant l’anesthésie les polynucléaires augmentent; l’hyperglohulie est précédée d’une diminution, Loewy et Pares. La peptone injectée dans les veines chez le chien provoque une hypoleucocytose (Samson, Rimmels tjerna, Loewitt et Wright). La peptone n’est cependant pas leucolytique (Dastre, V. Henri et Stodel). L’hypoleucocytose est suivie d’hyperglobulie.

Les sels de mercure diminuent le nombre des leucocytes et augmentent la teneur du plasma en acide phosphorique et nucléines (Stassano).

Exercice musculaire. — L’exercice musculaire et le surmenage provoquent la leucocytose. Zuntz et Schumburg ont constaté une élévation des polynucléaires neutrophiles de 43 p. 100 en moyenne après une marche de 23 kilomètres sous une charge de 22 à 31 kilogrammes. L’augmentation disparaît en général le lendemain mais peut persister plusieurs jours. Wili.ehranu a constaté une élévation de 47 p. 100 après un travail énergique de dix minutes. L’auteur admet une concentration du sang par suite d’une absorption d’eau par les muscles et une inégale répartition des leucocytes.

Action de la température. — Le froid détermine un changement dans la répartition des globules blancs et une destruction de ces éléments. D’après Royigiii, Winternitz, les leucocytes augmentent(dans les vaisseaux périphériques. D’après Tirelu, ils sont repoussés dans les organes hématopoiétiques. Un grand nombre de globules blancs sont détruits. Le fait est prouvé d'après Tirelu, par des formes de plasmolyse et de karyolyse observées dans les survivants. La destruction dans les cas de réfrigération simple de l’organisme, porte principalement sur les lymphocytes et les mononucléaires. Si le froid est intense et prolongé, la leucopénie peut devenir si grave qu’on pourrait presque la considérer comme une destruction complète des leucocytes (Tirelu).

Si on élève la température d’un animal (cobaye) au-dessus de 42°-43°, on constate une diminution du nombre total des leucocytes; les polynucléaires et les mononucléaires s’altèrent et se détruisent ; les éosinophiles augmentent (Vincent).

Excitations nerveuses. — La section de la moelle abaisse le nombre des leucocytes, l’excitation des nerfs élève ce chiffre (Coiinstein et Zuntz). Après l’excitation du bout central du sciatique chez le chien le nombre des polynucléaires est 1 1/2 à 2/3 plus élevé (J. Lépine).

Grossesse. — Les polynucléaires neutrophiles augmentent pendant les derniers mois, surtout chez les primipares. L’augmentation (maximum 12 à 20 000) est surtout manifeste au moment de l’expulsion ou après la délivrance. La leucocytose cesse à des périodes variables, deux à dix jours après (Rieder, Zangemeister et Wagner, Rouslacroix et Benoit).

Conditions diverses. — On a observé l’hyperleucocytose pendant l’agonie ; après l’ablation des reins, de la rate, la ligature des veines spléniques, la thyroïdectomie, la saignée. Pendant la menstruation, Hayem, Sfameni ont observé une légère augmentation (2 à 3 000) ; Loeper a constaté parfois une hypoleucocytose consécutive.

La ligature du canal thoracique et de ses branches collatérales ou la dérivation de la lymphe de ces vaisseaux au dehors amène la chute momentanée du nombre des leucocytes, mais non la disparition absolue de ces éléments même si la rate a été enlevée. Le chiffre se relève ensuite sans que des collatérales nouvelles apparaissent (Biedi et Decastello) (1).

(1) D’après Kouoboff, une demi-heure après la ligature du canal thoracique chez le chien le nombre total des leucocytes augmente; les lymphocytes diminuent.

ALTÉRATIONS ET MORT DES GLORULES RLANCS.

La stase augmente surtout les polynucléaires. D’après Grigorescu, Proscuriakoff, Kaiieleff, Kmelianoff, les globules blancs sont [tins nombreux dans les veines efférentes de la rate que dans l'artère afférente.

Méthodes de numération. — On peut se contenter des procédés adoptés pour la numération des globules rouges. Quelques auteurs emploient, des liquides artificiels colorés qui en imprégnant les globules blancs en rendent la reconnaissance plus facile. Regaul» et Rarjon recommandent le violet de gentiane (chlorure de sodium 0,9; sulfate de soude déshydraté, I à 1/2; eau distillée, 100; ajouter du violet jusqu’à ce qu’on ait obtenu une teinte foncée). D’autres expérimentateurs se débarrassent des globules rouges par l’acide acétique dilué à 3 p. 100. De la sorte, ils peuvent faire un mélange plus riche en sang et opérer sur un nombre considérable île globules blancs (Lyonnet et Martel). Pour la numération qualitative des variétés de globules blancs il suffit d’étaler rapidement sur une lame une goutte de sang, de fixer la préparation (au sublimé par exemple) et de la colorer pendant un quart d’heure avec une solution très line de bleu de méthylène (Mayet). Il faut éviter de piquer trop souvent au même endroit en raison de l’inflammation provoquée.

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