MOUVEMENTS DES GLOBULES BLANCS
avec du sang défibriné, une goutte de lymphe prise, soit dans le péritoine (triton à crête), soit sous la peau du dos (iig. 1 64). M ayet recommande la sérosité récente de vésicatoire, recueillie dix-huit à vingt heures environ apres l’application du topique, avant que le liquide soit devenu purulent. Lagoutte de liquide est placée sur une lame, un peu de fécule de pomme de terre suffit pour supporter la lamelle (Ranvier).
Pour faire varier la température on emploie la platine chauffante .
Regaud a imaginé une platine-étuve électrique pouvant fonctionner automatiquement à la même température, constante à un dixième de degré près, pendant très longtemps.
On peut aussi plonger le microscope avec la préparation dans un bain d’eau distillée chaude préalablement bouillie (Ranvier,
Maurel). Pour fixer les cellules pendant leurs mouvements on fait pénétrer le liquide fixateur (solution saturée d’acide picrique ou liquide de Flemming) sous un des bords latéraux de la lamelle. On colore à l'hématoxyline et on monte dans la glycérine (Ranvier, Jolly) .
Formes mobiles. — Les formes les plus actives sont les plus riches en protoplasme, c’est-à-dire les grands mononucléaires et les polynucléaires (y compris les éosinophiles).
Jolly, Wolff, ont constaté qu’un petit nombre de lymphocytes et les cellules médullaires (myélocytes) qui affluent dans certaines conditions (leucémies) peuvent présenter également des mouvements; mais ceux-ci sont le plus souvent peu considérables, et peu étendus.
Conditions des mouvements. — Les mouvements des leucocytes dépendent de la composition du milieu et de la température.
Fig. 164. — Mouvements amiboïdes .
La même cellule delà lymphe delà grenouille, observée à la température ambiante et dessinée à la chambre claire au bout de deux minutes, au bout de cinq minutes, et de deux en deux minutes, jusqu’à la dix-septième. Une vacuole v change de situation par rapport au centre de figure de l’élément et sert à apprécier les déplacements de sa masse (Ranvier).
LES GLOBULES BLANCS OU LEUCOCYTES
a) Composition du milieu. — La présence de Y oxygène est nécessaire. Les mouvements cessent quand le provision de ce gaz qui était en dissolution dans le liquide est épuisée. Si l’on introduit une bulle d’air sous la lamelle dans une préparation dont les globules ont cessé d’avoir des mouvements, ces derniers réapparaissent pourvu que l’on n’ait pas attendu trop longtemps.
b) Influence de la température. — Le froid ralentit et arrête les mouvements ; la chaleur les accélère tant qu’elle ne dépasse pas un certain degré limite. Il existe des différences suivant l’espèce à laquelle appartient le sujet dont proviennent les globules et chez un même sujet suivant la forme globulaire.
Plus la température normale d’un animal est élevée, plus les limites intérieure et supérieure et le maximum d’activité sont reportés vers les températures élevées. Les Oiseaux dont la température normale dépasse 42° ont des leucocytes qui résistent pendant quelques instants à 51°. Les globules blancs de la grenouille ne résistent pas à 41°-42°; à 40°, ils restent immobiles; à 38° les mouvements diminuent d’énergie; le maximum d’activité a lieu entre 31° et 37° ; à 10° les mouvements sont très lents (Maurel). Les globules blancs de l’homme sont encore capables de se mouvoir à 15°, d’après Metciinikoff; à 14°, d’après Maurel, ils perdent cette propriété; la vie des éléments est menacée audessus de 44° ; chauffés à 47° pendant quelques minutes, ils prennent la forme sphérique et meurent. Le maximum d’activité se produit entre 39° et 43° ; toutefois, d’après Maurel, des températures de 42° à 43° prolongées pendant quelques heures sont mortelles.
D’après Jolly, toutes les formes mobiles d’un même sujet ne commencent pas à se mouvoir in vitro à la même température. Les lymphocytes exigent une température relativement peu élevée; les myélocytes, qui apparaissent dans certaines conditions dans le sang, une température élevée voisine de celle du corps.
Durée de la persistance des mouvements. — Si l’on maintient du sang défibriné de Mammifères à 15°, on constate que les globules blancs perdent au bout de quelques heures leur motilité ; toutefois ils reprennent leur activité si on les porte à la température du corps. Au bout de trois jours les propriétés des globules blancs paraissent délinitivement perdues (Hamburger). Conservés à une température plus basse, les leucocytes pourraient, d’après quelques auteurs (Büchxer), rester inaltérés dans leur forme pendant quatre semaines environ et reprendre au bout de ce temps leur vitalité si les conditions de température redeviennent favorables. Déjà Recklingiiausen, Raxvier, Cardile avaient constaté que les leucocytes peuvent vivre très longtemps in vitro. Jolly a pu suivre les mouvements amiboïdes des leucocytes du sang du triton, in vitro, pendant un mois environ. D’après Stassaxo, les polynucléaires sont plus fragiles après la saignée et dans le sang extravasé que les mononucléaires elles lymphocytes.
H. — DIAPÉDÈSE.
Les globules blancs ont la propriété de traverser la paroi des vaisseaux et d’une façon générale toutes les membranes animales.
DIAPEDESE.
Lo phénomène est connu sous le nom de diapédèse. Il a été observé successivement par Dollinger, 1819; Dutrochet, Dujardin, Muller, 1824 ; Waller, 1846; Stricker, 1865 ; Cohniiein, 1866 ; Lortet, 1867, les premiers.
Démonstration. — a. On étale sur le porte-objet d'un microscope le mésentère d’une grenouille immobilisée par l'injection sous
Fig. 165. — Piège à globules retiré du sac dorsal Fig. 166. — Capillaire du mêsend’une grenouille. Figure réelle ; ch. cl. ; oc. 2, obj. 5 tère de la grenouille. Sang (Vialleton) g). circulant et diapédèse (schéma¬
tique, d’après Vialleton) (’*).
(*) Fixation parle sublimé, coloration par l’hématéine etl éosine. On voit les leucocytes fixés au moment même où certains d’entre eux émettaient des pseudopodes. Deux sont en migration à travers la paroi cellulosique des cellules de la moelle.
(") La majeure partie des globules forme une colonne serrée au centre vlu vaisseau, laissant un espace li lire près des parois, rempli par une couche de plasma animée d’un mouvement moins rapide et renfermant des leucocytes presque immobiles (couche adhésive). Quelques leucocytes traversent la paroi. — gr, globules rouges ; l, leucocytes; ldl, Id'C ldJ, leucocytes à divers stades de la diapédèse; Ip, leucocytes de la couche adhésive; n.end, noyau de l’endothélium vasculaire.
la peau d’une petite quantité de curare. Si l’on continue l’observation pendant plusieurs heures, on voit se dérouler les phénomènes suivants ; tout d abord il se produit une vaso-dilatation de toute la région ; le courant sanguin d abord accéléré se ralentit ; les leucocytes s’accumulent le long de la paroi des veinules, s’immobilisent, adhèrent à la membrane vasculaire et poussent des proion-
LES GLOBULES BLANCS OU LEUCOCYTES
gemcnts protoplasmiques qui viennent faire saillie à la face externe du vaisseau. Le leucocyte prend la forme d'un bissac, il passe en s’étirant et redevient indépendant dans les tissus périvasculaires (Coiinheim).
b. Si l'on place dans une plaie un sac de baudruche rempli d’un liquide nutritif (Lortet, 1867) ou un fragment de moelle de sureau (Ranvier), les globules blancs s’infiltrent à travers les parois du sac dans le liquide intérieur ou dans les cellules de la moelle du sureau (lig. 165).
Conditions. — La diapédèse s'opère principalement à travers les capillaires proprement dits et les veinules. Le leucocyte creuse dans la paroi un stomate temporaire qui se referme derrière lui. Des altérations préalables de la membrane ne sont pas nécessaires.
La perforation de la paroi est la conséquence de l'activité propre du globule. Il suffit, pour en être convaincu, d’observer les mouvements du leucocyte pendant son passage; du reste, toutes les causes qui suppriment ces mouvements [anesthésie, etc.] entravent par cela même la diapédèse.
Les grands mononucléaires et les polynucléaires étant les plus contractiles, sortent le plus facilement des vaisseaux et méritent plus spécialement le nom de cellules migratrices.
En même temps que les leucocytes sortent des vaisseaux, on constate généralement une transsudation de certains éléments du plasma, parfois même le passage de quelques globules rouges ; ceux-ci sortent toujours en assez faible quantité, non pas en vertu de mouvements propres, mais passivement grâce à leur élasticité.
La diapédèse est un phénomène physiologique normal qui s'opère continuellement dans l’intimité des tissus. Son intensité augmente dans l’inflammation (Cohnheim), l’empoisonnement curarique (Con-
•NIIE1M, TaRCHANOFf).
La dilatation vasculaire, le ralentissement du courant sanguin, l’oxygène exercent une influence favorable. Les anesthésiques, le défaut d’oxygène, certains produits microbiens vaso-constricteurs (Bouciiard), la quinine (Binz), l’opium, exercent une influence inverse.
Exemple : On introduit sous la peau de cobayes vaccinés, de petits tubes de verre contenant des vibrions cholériques ; chez un animal non narcotisé, ces tubes se remplissent de leucocytes; chez un cobaye qui a reçu de la teinture d’opium le phénomène se produit avec un retard de quelques heures (Canta-
CUZÈNE, OpPEL, CtIIEOHIEWSKY).
SENSIBILITÉ DES GLOBULES BLANCS
CHIMIOTAXIE.