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GLOBULES BLANCS DANS L’ORGANISME

mal d'un corps étranger ou de n’importe quelle catégorie de cellules, la pénétration de microbes dans les tissus ou les cavités du corps d’animaux réfractaires, provoque une inflammation localisée avec diapédèse d’un grand nombre de globules blancs. Le phénomène est très évident aussi bien chez les Invertébrés que chez les Vertébrés. Si on implante des épines de rosiers dans des Bipinnaires (larves d’étoiles de mer), au bout de peu de temps ces écbardes sont entourées d’une masse de cellules amiboides tout fait comme dans l’exsudât de l’homme à la suite de l’introduction d’une épine ou d’un autre corps étranger (Metchnikoff).

Chez certains petits Crustacés transparents, les Daphnies, 1 action préservatrice des phagocytes contre les parasites peut être suivie, au microscope, chez l’animal vivant. Ces Crustacés sont sujets à une maladie due à des Blastomycètes particuliers. Les spores du parasite ont la forme d’aiguilles fines, elles sont avalées avec la nourriture, elles perforent l'intestin et pénètrent dans la cavité du corps remplie de sang. Là, elles entrent en lutte avec les globules blancs qui les détruisent. Si elles ont le dessus elles germent et la Daphnie ne tarde pas à mourir (Metchnikoff).

L’existence même d’un foyer inflammatoire est un signe de la réaction de 1 organisme et constitue dans bien des cas un symptôme favorable. Fochier a remarqué en clinique que les localisations suppuratives sont fréquemment le signal d’un amendement sérieux dans la marche de certaines maladies (septicémie puerpérale, états infectieux graves). Par des recherches expérimentales et cliniques cet auteur a montré les bons effets d’une méthode de traitement qui consiste à provoquer la formation d’abcès par des injections souscutanées de substances irritantes aseptisées, telles que la térébenthine (abcès de fixation). Lorsque la réaction se lait franchement, la guérison est presque la règle (Fociiier, Arnozan).

Les globules blancs peuvent augmenter la résistance de l’organisme contre les agents d’infection et d’intoxication indirectement en donnant naissance à des substances qui exercent une influence destructive, soit sur les microbes (substances bactéricides ou lysines), soit sur les produits sécrétés par les microbes (substances antitoxiques) ou d’autres poisons solubles.

Rapports avec la nutrition. — Les leucocytes transportent à travers l’économie une partie îles matériaux nutritifs absorbés au niveau de l’intestin, tels que de la graisse, du fer, des peptones. Peut-être ont-ils une part plus grande dans les phénomènes intimes de la nutrition, mais on ne saurait donner sur ce sujet aucune indication précise. Ranvier en observant le processus de réparation

716 LES GLOBULES BLANCS OU LEUCOCYTES

des plaies de la cornée a vu que les leucocytes polynucléaires abandonnent une partie de leur contenu paraissant servir à la nutrition des cellules de néoformation et à la cicatrisation.

Hématoblastes. — Granulations.

Le sang contient normalement, à côté des globules rouges et des leucocytes, d'autres éléments figurés, à savoir : les hématoblastes et des granulations de protoplasme.

Les hématoblastes (Hayem) ou plaquettes (Bizzozero) ont été décrits pour la première fois, par Max Schultze. Ce sont des éléments incolores sur la nature et fa signification desquels il règne encore bien des incertitudes.

Les hématoblastes sont très petits ; chez l’homme ils ont en moyenne 3 à 3 p, 3 de diamètre. Leur forme est arrondie, elliptique ou irrégulière. Dans le liquide de Hayem (1), l’aldéhyde formique, l’acide osmique, ils sont biconcaves (Kemp et Caliioux). Le protoplasme estincolore et présente des réactions chimiques semblables à celles du noyau des globules blancs. Les hématoblastes existent chez tous les Vertébrés ; chez les animaux qui possèdent des globules rouges nucléés ils possèdent un noyau.

Lu caractère important des hématoblastes est leur extrême altérabilité. Dans le sang extrait des vaisseaux, ils deviennent rapidement anguleux, irréguliers, puis se groupent en amas confus qui donnent naissance à des filaments. D’après Kemp et Caliioux, Spaxgaro, ils se détruisent dans la coagulation normale ou dans la défibrination.

Les hématoblastes peuvent être observés dans le sang circulant (mésentère de la grenouille, du cobaye). Pour les étudier sur une préparation, il faut prendre des précautions spéciales en raison de leur altérabilité. Un bon procédé consiste à piquer la peau à travers une goutte d’un liquide composé d’une solution aqueuse de chlorure de sodium à 7,3 p. 1000 colorée avec du violet ou du vert de méthyle (Bizzozero) et contenant 2 1/2 p. 100 d’aldéhyde formique (Laker et Kemp, Kemp et Cai.iioux). La goutte de sang se mêle à la matière colorante ; les plaquettes se reconnaissent à leur coloration intense et se distinguent des leucocytes parce qu’elles sont plus petites, discoïdes et d’un brillant particulier. Pour obtenir les hématoblastes en masse, Mosex centrifuge 10 volumes de sang avec un volume d’une solution de chlorure de sodium à 0,7 p. 100 contenant 0,2 p. 100 d’oxalate d’ammoniaque; les hématoblastes forment la couche superficielle des globules blancs.

En ce qui concerne le nombre, les chiffres varient sensiblement suivant les auteurs. — D après Hayem et Cadet, le sang de l'homme adulte contient environ 200 à 300 000 hématoblastes par millimètre cube. Kemp et Caliioux donnent comme moyenne de 73 observations sur 19 sujets : 778 000 par millimètre cube ; maximum 961 000; minimum 730000. Chez le chien (15 observations sur fO sujets différents) Kemp et Caliioux ont trouvé: moyenne 381 000 ; maximum 461000; minimum 349 000.

Les hématoblastes peuvent varier d’une façon brusque et considérable. Ils augmentent toutes les fois que le sang se répare, après la saignée, et

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