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PARTIE LIQUIDE DU SANG

dantes, mais il conserve son autre propriété acquise qui est l’agglutination des globules. Les hématies réunies en amas volumineux restent intactes indéfiniment si on les laisse dans le sérum préparé et chauffé. Dès qu’on leur ajoute une faible proportion de sérum normal (provenant d’une quantité d’espèces de Vertébrés), la dissolution des hématies ne tarde pas à se faire (Bordet, Metchnikoff).

La substance sensibilisatrice (Bordet), fixatrice (Metchnikoff), intermédiaire (Ehrlich) se fixe au globule rouge sans jamais le dissoudre. Un sérum capable de dissoudre les hématies d’espèce étrangère est chauffé à 56°, ce qui lui fait perdre cette propriété dissolvante. Lorsqu’on lui ajoute une certaine quantité de ces hématies, celles-ci restent intactes quoique agglutinées. Il suffit après quelques heures de contact de centrifuger le mélange pour séparer le sérum limpide de la masse des hématies. Le sérum se montre totalement dépouillé de sa substance intermédiaire c’est-à-dire qu'il devient incapable de dissoudre les globules rouges malgré l’addition d’une grande quantité d’alexine (sérum neuf, non chauffé). Au contraire les hématies, ayant fixé toute la substance sensibilisatrice, se dissolvent très rapidement lorsqu’on les met en contact avec du sérum neuf, qui renferme la quantité nécessaire d’alexine (Ehrlich et Morgenroth).

La substance sensibilisatrice présente les caractères suivants. Elle résiste à 5R°-R6°, et même à 60°-65°. Elle est retenue par les globules même si on lave ceux-ci avec une solution NaCl dite physiologique. Elle se trouve dans le sérum des animaux préparés et se produit comme l’agglutinine au cours du traitement. Cdiez les animaux [neufs, elle est souvent difficile à mettre en évidence. Pour la produire, il suffit d’injecter des globules; le stroma seul est nécessaire, l’hémoglobine ne donne pas lieu au développement de la sensibilisatrice (Bordet). Elle apparaît en grande abondance à la suite des injections de sang (Bordet, Dungern) ; il suffit même de donner simplement à manger du sang (Metalnikoff). — La sensibilisatrice est distincte de la substance agglutinante. Toutes deux cependant présentent un caractère commun, la résistance à 55°-60°. La sensibilisatrice doit être rapprochée de l’entérokinase. Cette dernière n’agit pas, en effet, par elle-même à la façon d’un ferment dissolvant, mais elle se fixe sur la fibrine et facilite l’action de la trypsine. La sensibilisatrice circule dans les plasmas (exsudats, liquides d’œdème, liquide contenu dans le tissu cellulaire sous-cutané) de l’organisme vivant. Elle est probablement d’origine leucocytaire. On a constaté sa présence dans les organes lymphoïdes, la rate, les ganglions mésentériques, la moelle des os. Les sensibilisatrices ou fixateurs sont en général spécifiques. D’après Bordet, la substance sensibilisatrice agit comme mordant; d’après Ehrlich et Morgenroth, elle forme des combinaisons avec des groupements moléculaires des cellules animales (ou de microbes).

L’alexine (Büchner, Bordet) ou cytase (Metchnikoff) ou complément (Ehrlich) se rapproche des substances albuminoïdes; elle est détruite à 55°-56°(Darejiberg, Büchner). Elle n’agit qu’en présence des sels ; lorsqu’on débarrasse le sérum de ces sels par la dialyse, il perd son pouvoir hémolytique; aussitôt qu’on restitue les sels, ce pouvoir réapparaît. L’alexine se trouve dans les sérums normaux.BoRDET a constaté que le sérum des animaux injectés à plusieurs reprises avec du sang d’espèces étrangères, renferme presque la même quantité d’alexine que le sérum normal. L’alexine, d’après Büchner, Bordet, Metchnikoff, se rattache aux ferments solubles digestifs. Elle est comparable à la trypsine. C’est un ferment sécrété par les globules blancs macrocytes. Elle représenterait la macrocytase

ANTICORPS DU SÉRUM.

échappée des phagocytes pendant la préparation des sérums (Metchnikoff). La macrocytase reste dans le corps des cellyles (leucocytes macrocytes) tant que celles-ci sont à l’état normal; mais dès qu’elles subissent une lésion à la suite de l’introduction brusque dans le péritoine de substances étrangères, une partie delà macrocytase s’échappe et agit sur les globules rouges connue si elle avait été employée in vitro. La macrocytase s’échappe au moment de la phagolyse ou au moment où le sang retiré de l’organisme se coagule. Metciimkoff appuie cette conception sur de nombreuses preuves. D’après Buchner, Bordet, la même alexine serait capable de dissoudre les hématies de plusieurs espèces de Vertébrés. Ehrlich soutient la pluralité des alexines.

Sérums isotoxiques. — L’organisme qui résorbe non plus des hématies d’espèce étrangère, mais des globules rouges de l’espèce propre est capable de développer des substances hémolytiques. On obtient des sérums dissolvant les hématies de même espèce provenant d’autres individus que ceux qui avaient été tiaités par sang et qui fournissaient le sérum (Ehrlich et Morgenrotii).

Effets inverses. Vaccination. — À très faibles doses les sérums destructifs possèdent un pouvoir inverse. Si on injecte à un animal de faibles doses d’un sérum hémolysant, on excite la production des globules rouges (Metchnikoff, Besredka, Cantacuzène, Bielonovsky, André).

Inoculé à faible dose et d’une façon continue à un animal intact, il vaccine contre l’action des sérums de même nature plus forts (Delezenne).

L’hémotfcxine peut provoquer la formation d’une antitoxine (Bordet, Ehrlich,

MoRGEN ROTH , M ETC 11 N I KOFF ) .

Sérums bactéricides. — En liquide organique, privé d’éléments cellulaires vivants, est dit bactéricide dans trois conditions différentes :

Lorsqu’il tue un microbe mis à son contact ;

Lorsque, sans le tuer, il empêche sa pullulation, sa végétation ;

Lorsque laissant végéter le microbe il lui enlève tout ou partie de ses propriétés virulentes. Dans ce dernier cas, le liquide est dit plus spécialement atténuant.

La dissolution des microbes est un phénomène très rare. Nous 1 étudierons plus spécialement sous le titre de bactériolyse.

Grohmann, Fodor, Flügge, Nuttall, Nissen, Buchner, Behring, etc,., ont vu que le sang ou le sérum est relativement un milieu défavorable pour les microbes ; ceux-ci de plus ne se développent pas d’une façon identique dans le sérum des animaux de même espèce suivant qu’on recueille ce sérum chez des sujets normaux ou chez des vaccinés. Charrin démontra en 1889 que le bacille pyocyanique examiné séparément dans un sérum normal et dans celui d’un sujet immunisé, offre une série de différences portant sur la forme, la qualité des produits, la disposition des germes, la rapidité de la pullulation. Ces changements se réalisent in vitro et dans l’organisme vivant. Les travaux de Behring et IIankin, Ogata et Yashcra, Roger, Nicolas et Gourmont... ont contribué à mettre le phénomène en évidence ou à l’étendre à différents microbes.

Le pouvoir bactéricide peut appartenir au sérum normal. C est ainsi que le sérum de rat détruit le bacille charbonneux avec une très grande rapidité (Behring). Lorsqu’il n’existe pas dans le sérum normal on le fait apparaître le plus souvent par l’immunisation des animaux. Exemple: le sérum de cheval neuf est un excellent milieu de culture pour le bacille de Lôffler , dans le sérum de cheval immunisé ce même bacille perd très rapidement sa végétabilité et surtout sa virulence (J. Nicolas). De simples injections salines peuvent

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