PARTIE LIQUIDE DU SANG
taire apparaître le pouvoir bactéricide du sang et du sérum (Chvrrin Guille-
MONAT, LeVADITi).
Les substances bactéricides du sérum. sont détruites à 55°-57°. Elles paraissent de nature albuminoïde et n’agissent qu’en présence des sels du sérum (Buchner). Le pouvoir bactéricide est en rapport avec l’alcalinité du sérum. 11 disparaît lorsque le sérum devient nettement acide (Charrin, Hegeler, Brandeburg etc.) (Voy. p. 643). '
origine leucocytaire. — Les substances bactéricides proviennent des leucocytes (Buchner Denys) et doivent être identifiées avec les cytases sécrétées par ces globules (Metchnikoff). lout le monde est à peu près d’accord sur ce point La discussion porte sur le mécanisme de la mise en liberté des substances bactéricides D apres Buchner, Bouchard, les substances bactéricides sont sécrétées paies g obules blancs vivants. D’après Metchnikoff la substance bactéricide ne circule pas dans le plasma sanguin, ni dans celui des exsudats. Ce n’est pas un produit de sécrétion. Son apparition est due, comme celle du fibrin-ferment, à la destruction ou à l'avarie plus ou moins franche des phagocytes, soit dans le corps meme de l'animal, soit en dehors de l'organisme dans le sang extrait.
ors de ces conditions, la substance bactéricide resterait dans les globules phagocytes. °
Exemples : a) On injecte des staphylocoques à plusieurs lapins, et, si on sacrifi successivement ces animaux, on constate que la sérosité inflammatoire devient bactéricide a mesure que les leucocytes l’envahissent. Si un exsudât a perdu ses propriétés par un chauffage à + 60% on les lui rend en ajoutant des leucocytes qu on sépare ensuite par centrifugation (Denys et Van de Velde).
b) Les exsudats riches en leucocytes manifestent un pouvoir bactéricide supérieur a celui des sérums sanguins correspondants (Denys et Hayet, Buchner Baie, Schattenfroh, Jacob, Lowit, Bordet, Lasciitschenko, Bentivegna et Carini)
c) Gengou a obtenu des exsudats riches en microphages en injectant dans la plexre de chiens et de lapins de la gluten caséine (méthode Buchner) — et des exsudats riches en macrophages, en injectant des globules rouges lavés de cobaye. On isole les leucocytes par centrifugation, on les lave avec de Beau physiologique ; on ajoute un égal volume de bouillon, on congèle et on abandonne a . Les leucocytes tués par le froid abandonnent au liquide leur substance bactéricide, toujours le pouvoir bactéricide de l’extrait des microphages s’est montré supérieur à celui du sérum sanguin correspondant. C’est la° même substance dans l'extrait et le sérum, car elle est détruite à 55“ (les extraits de macrophages ne donnent rien probablement par suite d’imperfection de la méthode d’extraction).
d) On compare le plasma au sérum au point de vue bactéricide; le plasma possédé un pouvoir bactéricide insignifiant ou nul, tandis que le sérum sanguin manifeste presque toujours cette propriété à un degré prononcé (Gengou).
Rapport avec l'immunité . — D’après Metchnikoff, il n’y a pas de relation nécessaire entre le phénomène de l’immunité et le pouvoir bactéricide du sérum A 1 appui de son opinion, Metchnikoff cite des cas où le sérum d’animaux sensibles a 1 infection est bactéricide et des cas où le sérum des animaux réfractaires est dépourvu de cette propriété. Le sérum de rat tue la bactéridie du charbon i ehring ; cependant le rat est sensible au charbon. Le pigeon est réfractaire au bacille de 1 mfluenza de Pfeiffer; cependant le sang de pigeon est le meileur milieu de culture pour ce bacille. Le chien est réfractaire au bacille charbonneux, son sérum n’est pas bactéricide pour ce microbe. Les contradictions
ANTICORPS DU SÉRUM.
enlre le phénomène de l’immunité et le pouvoir bactéricide du sérum s’expliquenl par celait que la substance bactéricide sécrétée parles globules blancs est retenue par les globules intacts.
Bactériolyse. - Pfeiffer a constaté (1894) que lorsqu’on injecte du vibrion cholérique dans le péritoine du cobaye vacciné les vibrions sont détruits sans le concours des phagocytes exclusivement à l’aide des humeurs. Avant d’être complètement dissous et détruits dans les liquides de l’organisme les vibrions se transforment en granules. Le phénomène se constate aussi avec le coccoba cille typhique, mais il ne se produit pas avec la plupart des microbes.
api ès Metchmkoff, I avarie des phagocytes (phagolyse) est indispensable. Si on empeche en préparant les phagocytes par des injections préalables de divers liquides, c est la phagocytose presque instantanée qui se produit. De plus le Phénomène de Pfeiffer ne se produit pas dans les endroits où il n’y a pas du tout ou presque pas de leucocytes préexistants comme dans les tissus souscutanes. 1) après Metchmkoff, la bactériolyse serait due, dans le phénomène de 1 feiffer, aux ferments phagocytaires qui, à l’état normal, restent dans les leucocytes, mais s’en échappent lors de la destruction ou d’une avarie passagère de ces cellules.
Analogies entre les propriétés bactéricides et bactcrioly tiques d'une part et les propriétés hémolytiques d'autre part. - Il y a une parenté étroite entre ces différentes propriétés. Comme l'hémolyse, la bactériolyse par les sérums spécifiques est due à 1 action combinée de deux substances : a) l'une est la substance, sensibilisatrice, fixatrice qui apparaît chez le cobaye vacciné contre le choléra; cette fixatrice est détruite par le chauffage à 68°-70°; 6) l’autre est la cytase ou alexine; elle est présente dans l’exsudât péritonéal et le sérum de l’animal (cobaye) neuf; elle est détruite par le chauffage à r>6° et le vieillissement (Bordeté Les microbes fixent les substances sensibilisatrices des sérums spécifiques (bactéricides, bactériolytiques) ; ajoutés à ces sérums, ils leur font perdre leurs propriétés (Ehrlich et Morgenroth).
Sérums cytotoxiques. — D’une manière générale, il est possible d’obtenir des sérums cytotoxiques spécifiques capables d’agir au choix sur n’importe quel système cellulaire. Il suffit d'inoculer à un sujet des doses répétées d’un organe broyé, prélevé sur un animal appartenant à une espèce différente. Le sujet inocule fournit un sérum qui, inoculé à un nouvel animal de l'espèce différente,
amène la destruction des cellules de l’organe correspondant du magma injecté.
Sérum hépatotoxique. — f ne émulsion de foie inoculée à un animal détermine une modification de son sérum telle que celui-ci inoculé à un autre animal provoque la destruction des cellules hépatiques. L’action est spécifique et bornée à ces seules cellules (Delezenne, Deutscii-Laszlo).
Sérum spermatotoxique . Landsteiner, Metchmkoff, Moxter, London, Salvioli, ont préparé des sérums spermatotoxiques.
Un obtient ces sérums par l’injection répétée dans la cavité péritonéale du cobaye du liquide spermatique provenant de l’homme, du taureau, du lapin...
Le sérum sanguin ou le liquide péritonéal du cobaye injecté acquièrent le pouvoir de paralyser et de tuer au bout de peu de temps les spermatozoïdes; cependant ils ne les dissolvent pas, même d’une façon partielle. La disparition et la dissolution définitive des spermatozoïdes ne se produisent que dans l’intérieur des phagocytes, presque exclusivement dans les macrophages (Metchmkoff).