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PARTIE LIQUIDE DU SANG

La spermotoxine qui apparaît dans le sérum des animaux prépares est constituée par deux substances correspondant à celles que l’on trouve dans les sérums hémolytiques, la macrocytase ou alexine ; le fixateur ou sensibilisatrice.

Le sérum de cobaye n’agit que très faiblement sur les spermatozoïdes de cette espèce; ceux-ci restent mobiles sous cette influence pendant des heures. Si les cobayes ont été soumis à une ou plusieurs injections de sperme de leurs congénères, leur sérum et la lymphe intrapéritonéale deviennent toxiques et immobilisent leurs spermatozoïdes déjà après quelques minutes. Chez les cobayes mâles ainsi préparés le sérum acquiert cette propriété non seulement vis-à-vis des spermatozoïdes, d’autres cobayes mâles, mais également contre ceux de l’individu même qui fournit le sérum. Celui-ci devient donc nettement autospermo toxique,

Le fixateur, par contre, circule dans les plasmas de l’organisme vivant. En etfet, les spermatozoïdes d’un cobaye dont le sérum est très autospermotoxique ne restent mobiles que très peu de temps (dix à vingt minutes), lorsqu’on les introduits in vitro dans du sérum d’un cobaye neuf. Les spermatozoïdes d'un cobaye normal vivent dans le même sérum pendant des heures. Les choses se passent comme si les spermatozoïdes du cobaye préparé avaient absorbé du fixateur pendant la vie de l’animal. Ce fixateur existerait donc dans les humeurs et aurait pénétré jusque dans les organes mâles. Les spermatozoïdes chargés de fixateur perdraient vite leurs mouvements lorsqu’on les transporte dans du sérum de cobaye neuf, riche en macrocytase; les spermatozoïdes témoins qui n'ont pas absorbé de fixateurs vivent plus longtemps dans le même sérum.

La macrocytase ne se trouve pas dans les plasmas; elle n’a pas pénétré jusqu’aux spermatozoïdes chez l’animal vivant. Si on retire, en effet, à un cobaye dont le sérum est très autospermotoxique, in vitro, ses organes on y trouve, notamment dans les épididymes, une masse de spermatozoïdes parfaitement vivants qui conservent pendant très longtemps leur mobilité dans l’eau physiologique (Metchxikoff). Tout prouve qu’à l’état normal, la macrocytase est renfermée dans les phagocytes et ne s’en échappe que lorsque le sang retiré se coagule ou pendant la phagolyse.

Macrocytase et fixateur ont probablement la même origine, les phagocytes ; la macrocytase y reste fixée normalement, le fixateur diffuse.

Sérums leucotoxiques. — Metchxikoff, Funck, Pomerantzew, Delezenxe, Bierry, etc., ont préparé des sérums toxiques pour les leucocytes en injectant des ganglions ou des exsudats riches en leucocytes. Ces sérums agissent en même temps contre les leucocytes mono et polynucléés. Si on injecte sous la peau des cobayes des rates de rats broyées dans la solution physiologique de chlorure de sodium, le sérum sanguin des cobayes en expérience acquiert à la longue la propriété d’agglutiner et de dissoudre les globules blancs suspendus dans la lymphe abdominale des rats (Metchxikoff).

Si on injecte à des oies, canards, lapins, des globules blancs provenant de chiens, si on prend le sérum des animaux préparés et si on l'injecte à des chiens, on constate que l’injection de ce sérum à des chiens provoque l’immobilisation des leucocytes, de l’albuminurie passagère, de l’amaigrissement, de la narcose, la mort en quelques jours (Bierry). Delezexxe a préparé un sérum qui, injecté in vivo, détruit les leucocytes et provoque l’incoagubilité du sang.

Les sérums antileucocytaires sont spécifiques, c’est-à-dire’qu ils n'agissent que

ANTICORPS DU SERUM.

contre les leucocytes de l’animal dont les globules ou les organes lymphatiques triturés ont servi pour les injections (Metchnikoff).

Szizawinska a obtenu un sérum cytotoxique pour les globules du sang de 1 écrevisse en injectant du sang d’écrevisse dans le péritoine du cobaye. Hideyo Noguchi a obtenu des résultats du même ordre chez certains Invertébrés.

Sérums névrotoxiques. — Delezenne a obtenu une névrotoxine en injectant des centres nerveux émulsionnés de chiens, dans le péritoine de canards. L'introduction de très petites quantités de sérum de ces oiseaux ainsi traités dans les hémisphères cérébraux de chiens, les tuait très rapidement ou provoquait des troubles graves qui parfois présentaient une analogie frappante avec des attaques épileptiques.

Doyon et Paradis ont constaté que le sérum des animaux préparés est plus toxique que le sérum normal, mais ne provoque pas de lésions apparentes du système nerveux. Pironé a confirmé les expériences de Delezenne; Centanni, Sartirana, Boeri, etc... ont observé des faits analogues en utilisant soit le chien et le canard, soit d'autres espèces (lapin et chèvre, cobaye et poule). Du chien au lapin, on n’obtient que de faibles résultats (Enriquez et Sicard).

Sérums néphrotoxiques. — Lindemann a préparé des cobayes auxquels il injectait de la substance rénale de lapins. Au bout de quelque temps le sérum de ces cobayes manifestait une action toxique sur les reins de lapins, occasionnai I une albuminurie et des phénomènes de néphrite aiguë. Le sang de lapins, qui ont reçu des injections de reins broyés de chiens dans le péritoine, devient néphrotoxique pour le chien. Le sang ou le sérum d’un chien ainsi rendu néphrotoxique détermine de l’albuminurie quand on l'injecte à un animal neuf (Bif.rry).

Castaigne et Ratiiery ont constaté que si on injecte du rein de lapin à un autre lapin, on obtient un sérum qui ne peut provoquer la mort d’un animal de même espèce, mais qui détermine de l’amaigrissement, de l’albuminurie, des lésions rénales. Le sérum obtenu en injectant du rein d’un animal à un animal d’une autre espèce, par exemple le sérum d’un lapin auquel on avait injecté des reins de cobaye, est très toxique ; il détermine des lésions des tubuli contorti. Les injections de reins déterminent le même etfet (du cobaye au lapin).

Nefedieff a ajouté un fait intéressant. Le sérum sanguin de lapins auxquels on a lié un des uretères devient, après un certain temps, manifestement néphrotoxique pour les lapins neufs. La néphrotoxine dans ce cas se développerait à la suite de l’atrophie des éléments rénaux du côté de la ligature et représenterait un exemple d’isocytotoxine ou même d’autocytotoxine.

Le sang ou le sérum de chiens auxquels on a lié une artère rénale devient au bout d’un certain temps néphrotoxique pour des chiens neufs (Bierry).

Lindemann a pu produire des néphrites chez les chiens, en leur injectant le sérum de chiens atteints de néphrite toxique due au chlorate de potasse. IIobbs a provoqué des néphrites par l’injection de sérum urémique.

Bierry a obtenu une néphrotoxine énergique pour le chien, par des injections répétées, au lapin, non plus des cellules du rein de chien, mais des constituants chimiques de ces organes (nucléo-albumines).

La néphrotoxine est d’origine globulaire probablement leucocytaire. Les etrets du sérum sont d’autant plus intenses qu’il est resté plus longtemps in vitro au contact avec les globules, avant l’injection (Bierry).

Remarque. — CL Bernard avait remarqué que l’injection de sérum normal peut provoquer de l’albuminurie même lorsqu’on injecte à un animai son propre

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