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Le ferment se sépare du suc végétal qui le contient en le précipitant par l’alcool, ha poudre blanche qu’on obtient en recueillant le précipité ne contient en réalité que peu de laccase mélangée à beaucoup de substances étrangères (0gr,15 du ferment environ pour 1 gramme de la poudre).
Dans un suc cellulaire renfermant de la laccase, on décèle lacilement ce ferment, en y ajoutant quelques gouttes de teinture de gaïae; le suc se colore immédiatement en bleu. On peut se servir de cette réaction pour doser son pouvoir oxydant.
En injectant sous la peau du lapin la laccase à plusieurs reprises, on obtient de cet animal un sérum antagoniste de la laccase, une antilaccase (C. Gessard). Le sérum du lapin normal montre une ébauche de cette action et atténue déjà les réactions colorées de la diastase. Le sérum de lapin traité empêche leur apparition a la dose de deux gouttes pour une solution de laccase a 2 p. 100.
o. Les ferments et l’inhibition. — L’action antagoniste des ferments et des antiferments est comparable aux actions dites d'arrêt ou d'inhibition qu’on provoque, dans certaines conditions, par le moyen du système nerveux. Ces actions inhibitrices, qu’on a dans bien des cas étendues à des phénomènes n’ayant avec elles qu’une lointaine analogie, se retrouvent au contraire dans les phénomènes fermentatifs en question avec tous leurs principaux caractères.
Dans le système nerveux, l'inhibition est représentée jour l'action contro-excitante de certains éléments, s'opposant à l'action excitante de certains autres, et empêchant, par cette opposition, les manifestations tant chimiques qu'énergétiques qui dépendent de cette excitation. J’ai depuis longtemps signalé la ressemblance qui existe entre les actions produites par les diastases ou les ferments en général et celles provoquées par les éléments nerveux surles tissus qui dépendent d’eux (grandeur de l’etret comparée à la petitesse de la cause, transformation de substances, dégagement d’énergie). Le fait que des enzymes s’opposent entre elles, comme les éléments nerveux eux-mêmes, pour annihiler leur action et cela sans la détruire mais en la suspendant seulement, renforce évidemment cette analogie. Théoriquement l’action excitatrice des nerfs surles tissus peut s’expliquer par une action de l’ordre diastasique ; les rapports des éléments nerveux entre eux auraient également pour base les rapports des agents diastasiques dans le genre de celui qui vient d’être signalé.