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PARTIE LIQUIDE DU SANG

défibriné de cobra, lue, en injection intraveineuse, un lapin de iksr,500 en trois minutes (Calmette). Le sang et le sérum de vipère contiennent des principes toxiques analogues à ceux du venin et provenant sans doute de la sécrétion interne des glandes ; il en est de même chez le crapaud, la salamandre. Le sani; de couleuvre contient des principes toxiques analogues à ceux du venin et du sang de la vipère ; ils proviennent de la sécrétion interne des glandes labiales supérieures (Piiisalix et Bertrand).

Sérum d’anguille. — Le sérum d’anguille est très toxique pour un grand nombre d’animaux (U. Mosso). 11 agit sur des Vertébrés à sang chaud et à sang froid et sur des Invertébrés. Il n’a pas de pouvoir toxique supérieur au sérum sanguin d’autres animaux sur les infusoires (Madame Metchnikoff).

La dose mortelle en injection intraveineuse est, chez le chien, de 0CC,2 à 0CC,3 par kilogramme ; 0CC,1 à 0CC,2 chez le lapin. La mort survient en quelques minutes. Si on emploie 0CC,4 par kilogramme, chez le chien, la mort survient même si on pratique la respiration artificielle. Introduit dans l’estomac le sérum d’anguille n’est pas toxique.

La substance toxique ne dialyse pas. Elle est détruite par les acides minéraux ou organiques, les alcalis, soude, potasse ou ammoniaque (U. Mosso). Le chauffage à 58° pendant un quart d’heure seulement fait perdre au sérum d’anguille ses propriétés (Camus et Gley).

L’analyse des effets toxiques du sérum d’anguille n’est qu’ébauchée. Ce sérum dissout les globules rouges (Camus et Gley) et les globules blancs (Delezenne) du sang in vitro et in vivo. Injecté dans les veines d’un animal, il provoque, d’après Delezenne, des coagulations intravasculaires ou l’incoagulabilité du sang suivant la prédominance de la destruction des globules rouges ou des globules blancs (Delezenne). A la dose de 0CC,02 à 0CC,06 par kilogramme d’animal, le sérum détruit chez le chien les 8/10 des leucocytes et respecte à peu près complètement les globules rouges. L’injection d’une dose cinq à dix fois plus forte (0CC,1 à0cc,2 par kilogramme) provoque la dissolution rapide d’un grand nombre d’hématies (Delezenne).

La toxicité du sérum d’anguille est due en partie à son action globulicide, en partie à un empoisonnement des éléments nerveux et musculaires. 11 y a également flux de larmes et de salive et action myotique (Camus et Gley).

Le sérum d’anguille est aussi un violent poison du système nerveux. 11 tue à la façon d’une névrotoxine lorsqu’il est introduit dans le cerveau et il est alors 60 fois plus toxique que par la voie veineuse (Delezenne).

L’intoxication provoquée chez le lapin et le cobaye par l’injection intraveineuse peut se présenter sous deux formes : l’une caractérisée par des phénomènes convulsifs violents, la dyspnée, l’arrêt respiratoire; l'autre où dominent les phénomènes paralytiques (Camus et Gley).

A doses faibles mais répétées, le sérum d’anguille provoque des phénomènes de dénutrition pouvant aller jusqu’à la cachexie (Riciiet et Héricourt).

L’injection intraveineuse de quantités très faibles de sérum d’anguille et aussi de sérum de congre détermine chez le lapin et le cobaye, dans un laps de temps souvent extrêmement court, l’hémoglobinurie, des lésions structurales dans les éléments constitutifs du rein (Camus et Gley) ; celles-ci sont caractérisées par la dégénérescence claire des cellules des tubuli contorti et par la formation de cylindres (Petitt).

Riciiet et Héricourt ont établi que l’injection sous-cutanée de sérum d’anguille chez le chien donne lieu à une réaction à la suite de laquelle le sérum sanguin

BIBLIOGRAPHIE

contient une antitoxine immunisante. Le sérum d'un chien ainsi traité préserve le lapin contre l’action toxique du sérum d’anguille.

D’autre part, le mélange, in vitro , de sérum d’anguille et de sérum antitoxique rend le premier de ces liquides inefficace. On peut injecter impunément ce mélange à des lapins.

Oley et Camus ont réussi à immuniser des lapins contre le sérum d’anguille par des injections intraveineuses de petites doses de ce liquide à deux ou trois jours d intervalle pendant huit jours. L’action globulicide du sérum d’anguille ne se manifeste plus lorsqu’on a pris soin de mêler in vitro à l’échantillon de sang d’un lapin non immunisé, une quantité déterminée de sérum de lapin immunisé (Camus et Gley). II y a donc dans le sang des animaux immunisés une substance antitoxique qui exerce une action directe sur la toxine. La substance antitoxique résiste mieux à la chaleur que la substance globulicide (Camus et Gley).

Les globules du lapin immunisé ne sont pas détruits in vitro par le sérum d anguille, même s’ils sont isolés (immunité corpusculaire).

Certains animaux, tels le hérisson, la grenouille, le crapaud, la tortue, la poule, le pigeon, des Chéiroptères ( Vespertulia murinus ) (Camus et Gley), les Cyprins (Scofone et Buffa), sont pourvus d’une résistance plus ou moins marquée contre le sérum d’anguille. Les globules de ces animaux ne se dissolvent que sous l’influence de doses plus élevées. Les animaux habituellement très sensibles au sérum d’anguille, tels que le lapin, y sont plus ou moins réfractaires à certaines périodes de leur existence, notamment au moment de la naissance (Camus et Gley).

L immunité naturelle en ce qui concerne le sérum d’anguille paraît tenir à une constitution cellulaire spéciale. Le sérum d’aucun des animaux naturellement réfractaires ne contient de substances antiglobulicides (Camus et Gley).

D’après Clerc et Loeper, l'injection de peptone dans les veines atténue les efFets d'une injection consécutive de sérum d’anguille. D’après Phisalix, le sérum d’anguille immunise contre le sérum de vipère.

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