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INJECTIONS GAZEUSES DANS LA CIRCULATION

Le tableau suivant résume à titre d’exemples quelques résultats. Ces résultats ont été obtenus dans des conditions différentes et par suite ne sont pas rigoureusement comparables entre eux.

Tension des gaz dans le sang.

0* p. 100 d'une atmosphère.

CO3 p. 100 d’une atmosphère.

Az .

Sang artériel .

10 p. 100, IIerter.

10 à 12 à 14 p. 100, L. Fredericq.

2 à 3,8 p. 100, Strassbuiig, Nussbaum,

WoLFFBERG.

2,46 p. 100, L. Fredericq.

Tension voisine de celle que ce gaz possède dans l'atmosphère.

Sang veineux .

i2,9 p. 100, Strasburg.

'2,23, Nussbaum.

5,4. Strassburg.

3,81, Nussbaum.

3,43, WOLFFBERG.

Tissus et sécrétions.

Tension à peu prés nulle.

Tension plus grande que dans le sang veineux. 5 à 9, Strassburg, L. Fredericq.

(ail

D’après L. Fredericq, la tension de l’oxygène dans le sang artériel reste tou jours inférieure à celle de l’oxygène dans l’air qui revient des poumons (environ 16 p. 100 d’une atmosphère).

Injections gazeuses dans la circulation, le tissu cellulaire et les séreuses. — Si on injecte chez le chien, une petite quantité d’air dans les vaisseaux, le phénomène passe inaperçu, à moins que l'air ne soit injecté dans certains organes intolérants (cœur, encéphale). Si on injecte une masse importante d’air, cet air s'accumule dans l’oreillette et le ventricule droit. Le sang devient spumeux. Le mélange est refoulé en partie dans les veines, par suite de l'insuflisance tricuspidienne qui se produit et des contractions de l’oreillette ; l’air est refoulé jusqu'au cerveau où il crée un obstacle dans les fins réseaux (Couty et François-Franck) et par les veines cardiaques (François-Franck). La masse principale du sang spumeux franchit les poumons et se distribue par l'aorte aux organes. La mort est due non pas à un obstacle mécanique à la fonction respiratoire, mais à l’anémie aiguë nerveuse centrale et à la mort myocardique qui résultent des embolies qui se produisent par les artères dans le cerveau et le cœur ( F rançois-Franck) .

Chez le lapin il suffit de la pénétration d’une très petite quantité d'air dans la jugulaire pour provoquer des convulsions et la mort.

Les injections d’O2 dans les veines sont relativement bien supportées par suite de la facilité avec laquelle ce gaz se résorbe (Laborde, Gartner). La pénétration de l'air est dangereuse principalement par suite de la présence de l'azote qui n'est pas résorbé.

Fi

mètre de L,

Aérolono-

Fredeiucq.

Le sang de la carotide arrive par le tube a , suinte à la surface du tube c contenant une atmosphère limitée chauffée à -F 39° et retourne par le tube b à la veine jugulaire externe.

GAZ DU SANG

L’entrée de l’air dans les veines peut s’observer dans les cas de blessures de ces vaisseaux sous la seule influence de l’aspiration thoracique. Le phénomène se produit principalement dans la. région du cou par suite de conditions particulières réalisées dans cette région (Yoy. tome 111, Circul.,p. 238,242); exceptionnellement en clinique l’entrée de l'air a été signalée par les veines variqueuses de la région pelvienne au cours d'opérations faites sur l’utérus malade (Biermer, Delore et Liante). Chez l’homme l’entrée de l’air dans les veines est généralement mortelle.

Le gaz injecté, dans le tissu cellulaire ou les séreuses — qu’il soit pur ou représenté par un mélange de divers gaz — ne reste pas tel quel sur le point où l’on pratique l’insufflation. Avant de disparaître, il présente une série de modifications par suite desquelles à côté du gaz injecté, on rencontre les gaz du sang qui ne sont pas représentés en lui. Ce phénomène résulte de la diffusion qui s’exerce entre le gaz introduit et les gaz du sang (Sertoli, Strasburger, Rüdet et Nicolas, Plumier, Pietro). Quel que soit le gaz qu’on injecte, le mélange gazeux qui le remplace finit toujours par prendre la même composition : O2, o à 7 p. 100; CO2,

5 à 7 p. 100; Az, 87 à 88 p. 100. (L’hydrogène injecté disparaît.) A partir de ce moment, lemélange reste invariable. Le volume du gaz injecté diminue d'abord rapidement jusqu’à une certaine limite (différente suivant le gaz employé), puis plus lentement au point de faire croire qu’il reste constant. Chez les animaux qui viennent de mourir, les masses gazeuses injectées présentent une composition différente suivantles cas, toutefois toujours il apparaît dans ces conditions de l'acide carbonique. Le facteur principal qui intervient dans tous les phénomènes de cet ordre est l’échange osmotique qui se produit entre les gazintroduits et les gaz du sang. Cet échange est réglé par la diffusion, c’est-à-dire par la tendance qu’ont ces gaz, les uns aussi bien que les autres, à se mettre à un degré égal de tension. Après la mort, les modifications dépendent surtout de la respiration des tissus (Pietro).

Extraction des gaz. — La seule méthode qui donne des résultats exacts est l’extraction par l’action combinée du vide et de la chaleur. Ces deux facteurs de dissociation dégagent tout l’oxygène combiné à l’hémoglobine et l’acide carbonique instable des bicarbonates ; ceux-ci sont ramenés à l’état de carbonate neutre de soude. L’acide carbonique du carbonate neutre ne se dégagerait pas sous l’influence du vide et de la chaleur seuls ; toutefois les globules rouges et, d’une manière générale, les albuminoïdes, jouent dans cette circonstance le rôle d’un acide faible et mettent en liberté la totalité du gaz (Pflüger). Le résidu d’une analyse antérieure, où des globules rouges privés de leurs gaz, décomposent intégralement une solution de carbonate de sodium (L. Fredericq). S’agit-il de l'extraction de l’acide carbonique du sérum seul, les carbonates neutres sont bien à leur tour attaqués par les albuminoïdes du sérum, mais le phénomène est très lent. 11 est plus expéditif de faire l’analyse en présence d’un acide (acide phosphorique) ou, ce qui revient au même, de faire successivement dans le même ballon, sans le nettoyer, d’abord une analyse de sang par le vide et la chaleur seuls, puis une analyse de sérum ; les globules rouges provenant des résidus de la première analyse jouent alors le rôle d’acide dans la seconde (Pflüger et Zuxtz, L. fREDERico).

Extraction par la pompe à mercure. — Pour extraire le gaz au moyen de l’action combinée du vide et de la chaleur on emploie la pompe à mercure.

La pompe à mercure est essentiellement un baromètre, dont la chambre de vide très agrandie peut être mise en communication par un jeu de robinet,

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