EXTRACTION DES GAZ
tantôt avec le récipient contenant le sang à épuiser, tantôt avec l’éprouvette qui doit recueillir les gaz. La cuvette inférieure du baromètre, rendue mobile par un tube de caoutchouc, subit de son côté un jeu parallèle d’ascension et de descente, pour tour à tour appeler les gaz du récipient dans la chambre et les
chasser de celle-ci dans l’éprou-
Fig. 177. — Pompe à mercure. Dispositif de Gréhant (*).
vette (fig. 177).
On commence par faire le vide dans le récipient avant d’y introduire le sang. Celui-ci, puisé dans les vaisseaux avec une seringue, est introduit dans le récipient par un ajutage plongeant sous le mercure (ou sous l’eau). La quantité introduite est mesurée en volume sur la graduation de la seringue, ou en poids par une double pesée de la seringue, l’une avant, l’autre après l’introduction .
Pour éviter la coagulation, il est utile d’aspirer au préalable dans la seringue une solution privée d’air, concentrée, de sulfate de soude (Chauveau) (fig. 178).
Fig. 178. — Dispositif de Chauveau pour charger la seringue avec une solution de sulfate de soude (**).
(*) R?n, réservoir mobile ; M, manivelle actionnant ce réservoir ; Tw, tube barométrique; R, réservoir; Te, tube de caoutchouc ; C, cuve; E, éprouvette pour recueillir les gaz; F, réservoir destiné à recueillir le sang; R, bain-marie; s, support: me, ma, manchons en caoutchouc, pleins d’eau; te, tube de caoutchouc; 1, 2, 3, positions du robinet surmontant le réservoir R ; 1, pendant qu’on établit le vide dans le réservoir R ; 3, pendant qu’on relie le réservoir R au réservoir F, contenant le sang ; 2, pour chasser les gaz dans l’éprouvette E.
(") La solution bouillie (privée d’air) est conservée dans un flacon muni de deux tubes plongeant dans une cuve à mercure. On aspire avec la seringue la solution sous le mercure.
Autant que possible, les sangs, si on les compare (sang artériel et sang veineux), doivent être extraits au même moment et avec la même vitesse, et analysés sans délai. Chauveau a imaginé une pompe à deux chambres et deux récipients dont la manœuvre permet d’agir sur les sangs que I on compare avec une simultanéité absolue (fig. 179). Le sang peut être recueilli directement sans inter-
GAZ DU SANG
rompre la circulation par une aiguille reliée à la seringue par un tube (le
caoutchouc (Chauveau).
Extraction pur la trompe à mercure. — La trompe à mercure permet de réaliser un vide plus parfait que la pompe, et de dissocier plus complètement l’oxy-
Fig. 179. — Schéma de la pompe double Fig. 180. — Trompe à mercure
de Chauveau pour l’extraction des gaz (d’après Ogier) (*").
du sang (d’après Tissot) (*).
(*) Deux pompes à mercure A et B, placées l’une à côté de 1 autre, fonctionnent simultanément à l’aide du même réservoir C. Les ampoules I et J sont destinées à recevoir le sang ; elles sc prolongent inférieurement par un tube M de 80 centimètres de long. Ce tube plonge dans une cuve à mercure N; il est terminé par une pièce métallique O, munie d'un pas de vis. La pièce P en se vissant sur la pièce O peut obturer hermétiquement l'extrémité du tube. Le sang est introduit dans les tubes M. Au préalable, on ajoute la vis P sur O, puis on chasse l’air de tout l’appareil en élevant les deux réservoirs C et T à un niveau supérieur à celui des réservoirs F, F. On ferme E, puis on abaisse T jusqu’à ce que le niveau du mercure atteigne la partie inlérieure de l’ampoule I. Les cuves N, N sont élevées jusqu’à ce que la partie inférieure des tubes M,M plonge dans le mercure, la pièce P est dévissée ; il ne reste plus qu’à introduire le sang. A chaque pompe sont joints deux systèmes : l'un destiné à chauffer l'ampoule I (65° à 70°), l’autre à refroidir le tube K pour condenser les vapeurs qui s’y engagent. (Consulter: Traité de physique biologique I.)
(”) B, ballon de 500 centimètres cubes (chauffé au bain-marie à 50-60) contenant le sang. F, tube en U servant à condenser la plus grande partie de la vapeur d’eau entraînée; le tube est entouré d'un manchon contenant de l’eau et de la glace. F, appareil desséchant à boules de verre imprégnées d’acide sulfurique ; le jeu d’une boule pleine de Hg. permet de renouveler l’acide trop hydraté qui recouvre les perles de verre. — Le mercure s’écoule, emprisonnant dans sa chute des chapelets de bulles gazeuses.