ANALYSE DES GAZ
hémoglobine. Saint-Martin évalue à 5 p. 100 et plus la quantité d’oxygène qui reste uni à la matière colorante après l’extraction par la pompe. L’inconvénient de l’emploi de la trompe à mercure est la longue durée de l’opération. Or, on sait que le sang abandonné à lui-même consomme peu à peu son oxygène (Cl. Bernard, IL Bert, Schutzenberger). On évite cette cause d’erreur, d’après Artiius et Huber, Saint-Martin, en additionnant le sang de 2 p. 100 de fluorure de sodium (fig. 180).
Extraction de l'oxygène par l'oxyde de carbone. — L’oxyde de carbone déplace l’oxygène du sang volume à volume, ce qui permet d’extraire ce dernier gaz. La saturation complète se produit avec une grande lenteur, mais il n’y a aucun inconvénient à prolonger l’expérience car l'oxyde de carbone empêche toute oxydation dans le sang recueilli (Cl. Bernard).
Extraction par le ferricyanure. — Haldane traite le sang laqué par addition d eau distillée par le ferricyanure de potassium qui met en liberté O2 instable de 1 oxyhémoglobine. Barcroft et Haldane ont imaginé un ingénieux appareil qui permet de faire l’analyse des gaz du sang sur un centimètre cube de sang environ avec une certaine exactitude, spécialement en ce qui concerne l’oxygène.
Analyse des gaz. — Les tubes renfermant les gaz extraits sont bouchés au moyen du doigt et transportés sur une cuve à mercure.
L'acide carbonique est absorbé au moyen de la potasse ou de la soude. Chauveau conseille pour plus de simplicité de faire toutes les mesures sur les gaz saturés d’humidité. Pour réaliser cette condition, il faut absorber l’acide carbonique au moyen d’une solution, préparée d’avance, de potasse ou de soude dont laconcentration ne dépasse pas le titre de 7 à 8 p. 100, car c’est seulement à partir et audessous de cette concentration que les solutions de potasse et de soude émettent à peu près la même quantité de vapeur d’eau que l’eau pure.
L 'oxygène est dosé soit au moyen de l’acide pyrogallique, soit au moyen du phosphore ou par détonation. L’emploi de l’acide pyrogallique est fondé sur la propriété du pyrogallate de potasse d’absorber l’oxygène. On a donc tout avantage à commencer l’analyse des gaz du sang par celle de l’acide carbonique qui nécessite l’emploi de la potasse. 11 suffit d'introduire, après cette première opération, une certaine quantité d’une solution saturée d’acide pyrogallique dans de l’eau bouillie.
Lorsque l’acide carbonique n’a pas été dosé au préalable, on introduit séparément la potasse et l’acide. Sous l’influence de l’oxygène, le pyrogallate de potasse prend une teinte noir foncé. La plus grande partie du gaz est absorbée au bout de cinq minutes; une faible portion reste et ne s'absorbe que lentement au bout d’une heure et plus. Le pyrogallate de potasse a l’inconvénient de dégager de l’oxyde de carbone (2 p. 100 de la quantité d’oxygène absorbé, d’après Calvert) et, par suite de la coloration noire qu’il prend, de rendre difficile la lecture des niveaux sur l’eudiomètre. Le phosphore donne de meilleurs résultats que l’acide pyrogallique. Il doit toujours être employé à l'état humide. L’absorption de l’oxygène ne se produit rapidement qu’au-dessus de 10°. Elle se fait mal en présence de CO2 qu’il faut donc absorber avant. Le procédé de choix pour doser l’oxygène est le procédé par détonation (Chauveau). L’analyse est laite dans un tube eudiométrique muni à sa partie supérieure de deux, électrodes en platine. On
Fig. 181. — Cuve à mercure, pipette et tube pour l’analyse des gaz.
GAZ DU SANG
ajoute à l’oxygène un peu plus de deux fois son volume d hydrogène et on fait passer l'étincelle électrique dans le mélange. Les deux gaz se combinent dans la proportion de 1 volume d’oxygène pour 2 volumes d'hydrogène. Le volume d'oxygène correspond donc au tiers du volume total disparu.
Si l’on ne connaît pas approximativement avant l'analyse, la composition du gaz en expérience, il est nécessaire de laire au piéalable, sur un échantillon, une analyse au pyrogallate de potasse sans rechercher l’exactitude. Dans le cas où 1 on aurait ajouté trop d’hydrogène, et où la combustion ne se produirait pas ou incomplètement, on n’a qu’à ajouter au mélange un volume quelconque de gaz de la pile. On n’a pas à tenir compte du gaz de la pile ajouté, puisque ce gaz, bien préparé, détone sans laisser de résidu (1). L’azofe est dosé par différence.
Remarques.— a) Il est plus simple et plus rapide de faire toutes les mesures sur le gaz où le mélange gazeux est saturé d’humidité plutôt que sur le gaz sec (Chauveau).
b) Lorsqu’on a introduit un réactif, le tube eudiométrique est agité avec une pince en bois de façon à favoriser l’absorption des gaz. On évitera de toucher le tube avec les doigts et de le sortir du mercure. Il faut attendre un temps suffisant que l’absorption soit complète.
c) Après chaque opération le tube eudiométrique est maintenu sur le mercure avec une pince mobile le long d’une tige verticate fixée au bord de la cuve. La température du mercure peut être considérée comme donnant
Cuve à mercure.
Fig. 182.
Éprouvette maintenue par une armature métallique mobile.
celle du gaz à analyser.
d ) Avant de noter le volume du gaz on ramène celui-ci à la pression atmosphérique. A cet effet, on entonce le tube dans la cuve de façon à faire coïncider le niveau du
mercure à l’intérieur du tube avec celui de la cuve.
e) Pour ramener à zéro et à la pression de 760 millimètres des volumes gazeux saturés de vapeur d’eau, mesurés à la température t et à pression H, on emploie la formule :