‹ Traité de physiologieChapitre 355 sur 374 · C. — ANEMIE · texte numérisé non relu

C. — ANEMIE

Persistance des propriétés des tissus privés de sang. — Le sang est nécessaire à l’entretien de la vie des cellules, mais seulement en tant que réserve alimentaire, réserve prochaine et non pas immédiate, puisque les cellules ont dans leur intérieur des provisions de substances et d’énergie, qui leur permettent de manifester leurs propriétés pendant quelque temps après le départ du sang. Un muscle exsangue peut se contracter pendant quelque temps ; toutefois l’aptitude au travail est moindre, la hauteur des contractions est moins grande, la fatigue plus rapide et plus accusée que lorsque le muscle est irrigué

(Jensen). Si pendant l’hiver on prend une grenouille, et si après avoir ouvert une veine abdominale on lui injecte parce vaisseau de l’eau salée ou sucrée ou même du mercure jusqu’à ce que tout le sang ait été expulsé, on voit encore l’animal aller, sauter, manifester tous les signes ordinaires de la vie, et cela pendant plusieurs jours.

La mort des tissus est précédée par une période d’excitabilité accrue (Faivre, Cl. Bernard, JRosenthal, Ch. Richet, Waller) (fig. 187).

La mort est due : a) à la cessation de l’apport des matériaux de la nutrition, c’est-à-dire à l’épuisement des réserves et à l’impossibilité de les reconstituer ; b) à l’intoxication par les substances nuisibles qui résultent du fonctionnement et ne sont plus entraînées. Les substances nuisibles sont d’autant plus abondantes que le milieu est plus pauvre en oxygène. Dans ces conditions la nutrition est déviée et aboutit à un plus grand nombre de dérivés azotés, très toxiques, insuffisamment oxydés, intermédiaires entre les albuminoïdes et l'urée. Au total, en l’absence d’oxygène,

Fig. 187.

Schéma de la marche de V excitabilité dans l'anémie (Richet).

AB. ligne des temps; état normal ; E, excitabilité accrue; N, mort du tissu.

cubes de sang 0sr,2 de glycérine surajoutée avec des erreurs plus petites que 0sr,002. La glycérine surajoutée ne disparaît pas dans le sang (Doyon et A. Morel).

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