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ANEMIE

de potassium, le sulfo-indigotate de soude, injectés dans la jugulaire, peuvent être décelés dans les organes abdominaux (Velich). Les communications se font notamment par la moelle (Heideniiain, Velich, Ellenberger et Baum, Mares).

Bande d'Esmarch. — L’anémie locale est mise en pratique par les chirurgiens pour faire des amputations sans hémorragie. Esmarch a indiqué le procédé suivant : on enroule fortement autour du membre à partir de son extrémité (depuis les doigts par exemple), une bande élastique qui refoule complètement le sang des parties ainsi comprimées. En faisant ensuite, avec un fort tube de caoutchouc, une ligature serrée autour de la partie supérieure de l’appareil, le membre débarrassé de la bande roulée demeure exsangue. L’anémie est plus complète qu’après la saignée ; la mort locale arrive aussi plus vite. Claude Bernard a constaté que les fonctions du nerf moteur sont abolies au bout d’une minute environ, celles du muscle au bout de trois minutes. Sur luimème Ch. Richet a constaté la disparition des mouvements volontaires au bout de vingt minutes, et une plus longue persistance de l’excitabilité électrique des muscles. La sensibilité persiste dans une certaine mesure ou plutôt est dissociée. Les sensations douloureuses sont abolies, mais il persiste une sensation obtuse de contact (Ch. Richet). — Jaboulay a eu recours à cette méthode pour provoquer dès anesthésies locales; toutefois au niveau de la constriction la douleur est extrêmement vive. Lorsqu’on enlève le lien de façon à laisser de nouveau le libre accès au sang les régions anémiées présentent une énorme hyperhémie artérielle. Tschuewsky a démontré que la fermeture momentanée (un quart aune minute) d’une artère provoque une accélération consécutive du courant circulatoire; le phénomène ne se produit pas après la section des nerfs de la région correspondante.

Anémie cérébrale ; anémie médullaire . — L’anémie cérébrale entraîne assez rapidement la mort de l’individu par suite de la domination que le cerveau et le bulbe exercent sur les autres appareils. La vie psychique est presque immédiatement suspendue chez les animaux supérieurs. La sensibilité consciente est abolie; aussi les chirurgiens ont-ils eu recours à la compression des vaisseaux du cou pour provoquer l’anesthésie. Les autres fonctions cérébrales sont plus résistantes. — La ligature des deux carotides et des deux vertébrales ne produit pas la mort immédiate chez le chien (Astley, Cooper, Vui.piAN),en raison des nombreuses anastomoses avec les artères spinales. En général, la mort est au contraire très rapide chez le lapin.

L’oblitération des artères émanant de l’hexagone provoque la nécrose du territoire cérébral correspondant.

L’anémie cérébrale peut être obtenue sans soustraction sanguine ni ligatures en changeant les conditions d’équilibre d’un quadrupède, en le mettant la tète en l'air (Salatiié, Ch. Richet). En plaçant un lapin dans la position verticale et en l’attachant sur une planche, on le fait mourir en une vingtaine de minutes environ. Quelquefois cependant l’expérience ne réussit pas. Chez le chien elle ne réussit jamais dans les conditions normales ; toutefois Hayem a montré qu’après une hémorragie abondante quoique non immédiatement mortelle, un chien meurt au bout de deux à trois minutes, si on le place dans la position verticale (confirmé par Ch. Richet).

Les expériences faites sur les décapités sont sans grande signification, caries lésions produites sont si graves qu’on ne peut plus comparer une tète détachée du tronc à une tète privée de sang (Loye).

L’anémie médullaire par oblitération de l’aorte abdominale a été réalisée pour

ANEMIES LOCALES.

la première fois par Sténon chez les Poissons, Schwammerdam chez les .Mammifères. L. Fredericq a observé chez le chien les phases suivantes : une période d’excitation motrice de la moelle; une période de paralysie motrice de la moelle ; une période d’excitation sensible de la moelle ; une période d'anesthésie de la moelle. Après le rétablissement de la circulation on distingue successivement : le rétablissement de la sensibilité de la moelle; le rétablissement de la motilité de la moelle. La période d’excitation motrice survient quinze, vingt ou vingtcinq secondes après l’occlusion de l'aorte. La paralysie motrice est complète moins d’une minute après la suppression de la circulation dans la moelle lombaire. La période d’excitation de la portion sensible de la moelle lombaire débute une minute et demie ou deux minutes et demie après l’occlusion de l'aorte; puis survient l’anesthésie complète de l’arrière-train (environ trois minutes après l'occlusion). Les organes périphériques, nerfs et muscles, conservent leur irritabilité beaucoup plus longtemps (L. Fredericq).

L’anémie comme l’anesthésie porte son action d’abord sur les hémisphères puis sur la moelle, enfin sur les nerfs (CL Bernard). L’anémie aune action prédominante sur les appareils moteurs, l’anesthésie sur les appareils sensitifs (Ioteyko et Stefanowska). L’excitabilité du nerf se perd chez l'homme une heure après la mort, celle des muscles après trois heures; les muscles présentent des modifications analogues à la réaction de dégénérescence (Babinski; Marie et Cluzet). — Les nerfs peuvent cependant déterminer dans le muscle le bruit musculaire (d’Arsonval) et le courant d’action (Tissot) plusieurs heures après la mort.

La ligature permanente de l’aorte chez le chien au-dessus du tronc cœliaque détermine la paralysie des pattes de derrière; l’animal pousse des cris plaintifs, parfois de véritables hurlements; les crises douloureuses surviennent paraccès. La mort à lieu dans le courant de la quatrième heure au milieu de crises convulsives de tout le corps. La ligature de l'aorte prolonge un peu la survie après la ligature de la veine porte (Cruveilhier, 1900).

Anémie du cœur. — L’anémie brusque du cœur, à un moment où cet organe a conservé toute son excitabilité, provoque l’arrêt du cœur; quelques secondes après, les muscles cardiaques sont envahis par des trémulations fîbrillaires violentes auxquelles on a donné le nom de délire du cœur et qui se poursuivent pendant plusieurs minutes. Le phénomène a été observé : à la suite de la ligature d’une des artères du cœur ou d’une des branches de ces artères (Cohnheim et Schulthess-Reciiberg); après l'injection d’eau chargée de poudre de lycopode dans une coronaire (Sée) ou l’interruption momentanée de la circulation cardiaque propre au moyen d'une baguette de verre engagée par l’aorte (Porter).

L’anémie lente, telle qu’elle se produit dans la mort par hémorragie générale, ne provoque pas ces effets. Par contre, le phénomène apparaît dans d’autres conditions que l’anémie : à la suite de l’application à la surface du cœur d’une série de chocs d’induction même très faibles (Ludwig et IIoffa, 1850), d’un courant alternatif de 120 volts (chez le chien) (Battelli) ; par des lésions mécaniques (piqûre) faites chez le chien d'un point limité situé le long de la branche descendante de l’artère coronaire sur la face antérieure du ventricule et au niveau de l'union de ses deux tiers inférieurs avec son tiers supérieur (Kronecker et Schmey) ; lorsqu’on soumet les parois des ventricules à une température relativement basse (+ 26); dans certains empoisonnements (chloroforme)...

Les trémulations peuvent être provoquées sur le cœur séparé du corps et anémié, ce qui prouve que l’anémie pure ne suffit pas à expliquer le phénomène (Langendorff, Prévost .

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