‹ Traité de physiologieChapitre 359 sur 374 · D. — LA SAIGNÉE · texte numérisé non relu

D. — LA SAIGNÉE

Quantité de sang que l’on peut soustraire sans provoquer la mort. — La

résistance varie d’un sujet à un autre et suivant les conditions dans lesquelles la saignée est faite. Une hémorragie qui serait mortelle dans les conditions ordinaires, ne l’est plus si on remplace le sang enlevé par une solution minéralisée appropriée.

Telle saignée qui paraît relativement bien supportée sur le moment, provoque ultérieurement la mort. L’ablation de la rate entrave la réparation sanguine.

En général, les chiens bien portants convenablement nourris ne succombent pas avant d’avoir perdu en sang 1/20 au moins du poids du corps; les pertes de 1/19 à 1/14 sont habituellement mortelles et représentent la moyenne de la perte sanguine à faire subir en une fois à un chien pour le tuer immédiatement (Hayem, L. Eredericq). La vie peut être mise en danger et l’animal mourir ultérieurement à la suite d’une saignée bien inférieure à 1/20 du poids du corps. — D’après Hédon, un chien peut survivre même après une perte de 1/20 lorsqu’on lui transfuse de l’eau salée après l’hémorragie. Un lapin de 2000 à 2 300 grammes supporte bien une perte de sang de 45 grammes. Si la perte dépasse ce chiffre (50 à 70), l’animal meurt, à moins que l’on fasse une injection d’une solution NaCl à 9 p. 1 000 ou d’une solution équimoléculaire d’autres combinaisons de soude ou encore de sucre (Leersum). D’après Hédon, lorsque la perte de sang chez le lapin atteint environ 1 / 23 du poids du corps la transfusion d’une solution physiologique ne restaure plus l’animal ou ne lui permet qu’une survie de quelques heures. La transfusion d’un liquide approprié permet la survie même si l’animal a eu des convulsions et une syncope (Hédon).

Les saignées répétées sont bien supportées, si elles ne sont pas trop abondantes. Un cheval du poids moyen de 450 kilogrammes supporte très bien pendant plus de deux ans une saignée mensuelle de 6 kilogrammes, lors même qu’elle est combinée à des infections périodiques par des toxines microbiennes (préparation du sérum antidiphtérique), à condition de maintenir la nourriture à une bonne moyenne (Arloing). Beaucoup de cliniciens et d'éleveurs estiment que les saignées modérées excitent la nutrition et provoquent l'augmentation de poids du corps (Buntzen, Hayem).

Page 1