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MODIFICATIONS PROVOQUÉES PAR LA SAIGNÉE

D’après Cl. Bernard, la soustraction (lu sang produit la mort plus vite chez l’adulte que chez l’enfant.

Régénération du sang après la saignée. — Si la saignée n’entraîne pas immédiatement la mort le sang tend à régénérer. Tolmatsciieff a montré que l’on peut, dans l'espace d’environ soixante jours, soustraire à un chien par des saignées successives une quantité de sang à peu près égale à la masse totale de sang que l’animal possédait au début de l’expérience.

Le sang recouvre très vite son volume primitif, en général en quelques heures; en vingt-quatre à quarante-huit heures si la saignée est très abondante (Buntzen, Arloing, Vinay). Le rétablissement du volume primitif est dû à l’apport de l'eau des tissus et à la diminution des sécrétions, particulièrement de la sécrétion rénale.

Modifications provoquées par la saignée. — La saignée provoque des modifications dans la constitution physique et chimique du sang. Ces modifications se produisent au cours même de la saignée et persistent, au moins en ce qui concerne quelques-unes d’entre elles, un temps assez long. Les modifications sont plus accusées après une première saignée qu’après une. seconde. Plus les saignées sont nombreuses, moins la reconstitution du sang est parfaite.

Modifications des propriétés et de la constitution physique du sang par la saignée. — Toute perte de sang, même de peu d’importance (50 à 70 centimètres cubes chez l’homme, Grawitz), modifie immédiatement la densité sanguine; le sang est dilué (Andral et Gavarret, Tolmatsciieff, Rôhmann et Mühsam...). Chez un chien dont la densité était de 1050, on a observé après une saignée de 75 centimètres cubes les chiffres suivants: une heure après, 1039; dix-neuf heures après, 1041 ; trois jours après, 1043; cinq jours après, 1050; sept jours après, 1051. En général, le retour à la normale a lieu trois jours après la saignée. Après des hémorragies graves la dilution peut n’atteindre son maximum qu’après plusieurs jours (Hüxerfautii). D’après Wettendorff, l’effet de la saignée est nul chez un animal soumis à la soif.

Le volume primitifdu sang se rétablit très rapidement de sorte que les globules rouges paraissent très clairsemés dès les premiers moments de la saignée. Le nombre des hématies peut tomber à la fin d’une saignée copieuse à 68-42 p. 100 du nombre trouvé au commencement (Yierordt). La reconstitution est lente ; elle exige plusieurs jours, parfois même plusieurs semaines (1). L'ingestion de fer exerce une influence favorable (2). La reconstitution du volume du sang ne se fait plus à la suite de saignées répétées ou très abondantes (Loeper).

Les globules blancs augmentent, surtout les polynucléaires (Nasse, Re.mak, He.nle, M ai.assez, Hayem, Hunerfautii, Lyon, Rieder, Bier, Maurel, Stassano et Billon). Après une saignée de 300-500 centimètres cubes de sang chez un homme de 65 kilogrammes, le nombre des leucocytes se maintient pendant

( 1 ) D’après Hier, les pertes de sang qui abaissent chez le lapin le nombre des globules rouges au-dessous des 2/5 sont toujours mortelles. Lorsque l’animal survit, la régénération est toujours terminée en 14 jours.

(2) Chez le chien, immédiatement après la saignée, le nombre des hématoblastes diminue; peu après, souvent après un jour, il se relève brusquement comme dans tous les cas de réparation du sang, puis s’abaisse peu à peu en même temps que l’on voit la richesse globulaire se relever vers la normale par des poussées successives. Si par des saignées répétées on fatigue le pouvoir de réparation de l’organisme on trouve dans le sang un nombre considérable d’hématoblastes et de petits globules rouges, comme dans les cas d’anémie chronique spontanée (Hayem.)

Morat et Doyon. — Physiologie.

LA SAIGNEE.

plusieurs jours au-dessus de la normale (Maurel, Stassano et Billov. Chez le lapin, Maurel a constaté que le nombre des leucocytes peut s’élever de 6820 à 18 600, vingt-quatre heures après une saignée de 13 grammes. Le phénomène* se produit indépendamment de toute infection; il débute aussitôt après la saignée. Après la saignée les polynucléaires paraissent un peu altérés; 1 hyperleucocytose est due surtout à des poussées de monocucléaires (Stassano).

Régénération îles globules rouges et cle l" hémoglobine chez un adulte bien portant a la suite d'une saignée de 425 grammes de sang, d’après Otto.

POIDS du sujet.

NOMBRE de globules.

RICHESSE en hémoglobine pour 100cc.

Immédiatement après la saignée .

Une H pmi -h mire après .

kg-

On observe de l’hypoleucocytose soit lorsque la saignée est trop copieuse par rapport au foie de l’animal, soit lorsque la saignée est faite à un moment où il existe de l’hyperleucocytose (Maurel), soit comme phénomène consécutif (Loeper).

Le nombre des leucocytes revient au chiffre normal lorsque le nombre des hématies commence à augmenter (Hayem, Maurel).

La coagulabilité augmente. Si l’on fait périr un chien par hémorragie, on constate que les portions de sang tirées en dernier lieu se coagulent pour ainsi dire immédiatement alors que le sang du début de la saignée est parfois encore liquide (Hewson, F. Arloing, Millian). L’accélération produite par une hémorragie se maintient quelque temps, deux semaines au moins (Arthus). Le phénomène explique probablement en partie l’arrêt spontané des hémorragies et la difficulté de tuer un chien par hémorragie (Cl. Bernard, Laulanié).

L 'alcalinité baisse et remonte lentement quelques heures après la saignée (Zuxtz, Violla et Jona).

La viscosité du sang total et du sérum diminue (Jacobi, Schreiber, Hagenberg, IIürthle, Russel Burton-Opitz).

La résistance des globules faiblit momentanément (Violla et Jona).

Le point de congélation n’est, pas sensiblement modifié (Hamburger, Limbeck, Loeper).

Modifications de la composition chimique. — L 'hémoglobine diminue (Welcker, Heidenhain, Panum, Lesser)... La diminution est proportionnelle à la quantité de sang enlevé ; on ne constate de changements importants que si les pertes de sang sont très abondantes et réitérées.

Hénocque, a observé un abaissement de l'oxybémoglobine à 4,5 p. 100 chez des femmes qui avaient eu des hémorragies considérables à la suite de l’accouchement. D’après des expériences de Bizzozero et Salvioli sur le chien et le lapin,

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