UTILISATION CLINIQUE
le sang. Les solutions de re sel qui allèrent le moins les éléments figurés du sang de l'homme et des Mammifères sont les solutions à 0 p. 1000; toutefois, en clinique on utilise le plus souvent les solutions à 7,5 p. 1000 qui donnent de hons effets et surchargent moins l’organisme en chlorures.
Les solutions minérales sont injectées le plus souvent sous la peau ; mais on peut les faire pénétrer soit par les muscles, soif par les veines (fîg. 189b
La quantité de liquide que l’on peut introduire sans provoquer aucun trouble appréciable, immédiat ou consécutif, est considérable. Dans les veines, cette quantité peut être portée, en une seule fois, au delà du 1 / 3 du poids de l’animal, à la condition de pousser l'injection avec une vitesse modérée ne dépassant pas 3 centimètres cubes par inimité (Dastre, Dastre et Loye, Guixard, Tonzig). Pour les sels considérés il n’y a pas, suivant l’expression de Dastre, de dose toxique mais une vitesse toxique. En clinique, les doses injectées varient de 250 grammes à 5 à 6 litres par vingt-quatre heures (Halliox).
La toxicité immédiate du chlorure de sodium est de 4 à 5 grammes par kilogramme d'animal (lapin); la toxicité éloignée, de 3 à 4 grammes (Bouchard, Mairet et Dose). L’animal résiste àl gramme de sel par kilogramme de poids. Maurel, LALOuetA. Mayer ont montré que les solutions très concentrées de chlorure de sodium, chlorure de potassium, sulfate de soude, sulfate de magnésie, bicarbonate de soude, phosphate de soude, glucose, peuvent amener chez le chien l’épilepsie, par suite de l'augmentation de concentration moléculaire du sang.
Dans les cas où une injection abondante est poussée dans les veines, l’eau salée ne reste pas tout entière dans le sang. Une partie seulement de cette eau grossit momentanément la masse sanguine, l’autre partie, la plus importante, se dépose provisoirement dans les tissus, foie, lymphatiques, séreuses... A partir d’un certain moment, la quantité qui pénètre est équilibrée par la quantité qui sort par les urines (Dastre).
Les injections de solutions minérales relèvent la pression artérielle lorsque celleci est abaissée. La méthode trouve par suite son application principale dans le eollapsus post-hémorragique. Les sujets exsangues peuvent être ramenés à la vie (Dastre). Les injections ne modifient pas sensiblement la pression lorsque celle-ci est normale (Dastre). La régulation rapide est l’effet de facteurs multiples : actions vaso-motrices; transsudation; accumulation du sang dans les veines (Tappeiner, Worm-Müller, Lesser, Regeczy, Cohxsteix et Muller, etc.).
Le liquide évacué ressort à peu près tel qu’il a été introduit. 11 n’entraine pas les éléments essentiels à la constitution de l’organisme, ni même la plupart des toxines ou poisons contenus dans les infections, pendant la maladie, dans le sang (Dastre, Dastre et Loye, Guixard, Carriox et Halliox).!! n’y a pas, au sens précis
Fig. 189. — Appareil de LIallion pour injecter en clinique des solutions minérales aseptiques.
R, réservoir; p, pince à pression ; a, aiguille ; h , bouchon traversé par un tube t. Les deux figures latérales montrent le détail de la fermeture. Le tube l contient de la ouate; dans la position 2 il est fermé; dans la dosition 3 il est ouvert et permet l'écoulement du liquide contenu dans le réservoir 1t.
TRANSFUSION
du mot, lavage du sang (Dastre). L’intensité de l’élimination des déchets organiques n’est pas en rapport avec l’abondance de la sécrétion urinaire. Du reste la polyurie ne se produit que chez les sujets normaux ou encore parfois après une hémorragie. Elle n'a pas lieu chez les malades dont le rein fonctionne mal, chez les sujets atteints d’infections, de septicémie ou d’asystolie. V. Henri et A. Mayer ont constaté que le plasma et le sérum se modifient ; les globulines et le fibrinogène disparaissent graduellement, le plasma devient opalescent, sa viscosité diminue, la coagulabilité spontanée est très accrue, les substances du sérum coagulables par la chaleur disparaissent; d autre part, Roger a observé l’apparition plus rapide dans l’urine, de quelques substances introduites expérimentalement dans l’organisme telles que le ferrocyanure de potassium, le sulfo-indigotate de soude.
Récemment Charrin a démontré l’utilité des solutions minérales à un autre point de vue. Employées même à faibles doses, 1/2 centimètre cube, 1/4 centimètre cube par kilogramme, ces solutions excitent la nutrition , augmentent les échanges respiratoires, relèvent le taux de 1 urée, influencent le système nerveux (Charrin et Meyer, Garnier et Lambert, Fornaca et Miciieli). La résistance de l'organisme aux maladies est souvent augmentée sous l’influence d’injections répétées (Charrin, Gassin, Guillemonat, Levaditi). On peut créer par cette méthode l’immunité.
Toutes les transfusions provoquent de la teucocytose. Cohnstein et Zuntz. L’injection d’eau distillée diminue le nombre des hématies mais augmente le nombre des leucocytes (Maurel, Gilbert et IIerrscher, Ribadeau-Dumas).
L’innocuité des injections des solutions minérales suppose un bon état des organes, spécialement des reins. Si l’excrétion rénale est entravée, NaCl s accumule dans les tissus, attire l’eau et crée l’œdème. Le phénomène s’observe chez les malades qui ont une tendance à faire de l’anasarque (Widal, Lemierre, Merklen, .). Courront). Hallion a observé de l’œdème pulmonaire chez des lapins auxquels il avait injecté des solutions hypertoniques. S. Lalou et A. Mayer ont constaté que les injections intraveineuses de solutions salines concentrées peuvent abaisser le point cryoscopique du sérum (sans changer la viscosité) et déterminer des attaques d’épilepsie. Ruschaupt signale des crampes dans les mêmes conditions.
On constate souvent à la suite des injections minérales un peu d’hyperthermie; parfois même, surtout dans les cas d’injections intraveineuses, de véritables accès de fièvre avec alternatives de froid et de chaud (Fornaca et Miciieli .
L’injection de quelques centimètres cubes de la solution physiologique de NaCl dans le foie ou les reins fait sécrétér ces glandes (Coakley Byron). Les solutions salines concentrées, injectées àpetites doses répétées, abaissent la tension artérielle chez l’homme, probablement par une action vaso-motrice (P. Teissier et Lévi) et améliorent l’acuité auditive (Lévi et Bonnier).
D’après Barbera, l’injection d’une solution de NaCl à 5 p. 100 dans la jugulaire du lapin paralyse le nerf de Cyon
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Oxyde de carbone.