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CIRCULATIONS ARTIFICIELLES

Remarque. — L'injection d'hémoglobine dans les veines provoque une formation exagérée de bilirubine parle foie (Tarchanoff, Stadelmann, etc.).

Transfusion de dissolutions. — Le sang peut être suppléé dans une certaine mesure par des mélanges artificiels. Ces liquides, pour entretenir la vie des (issus et notamment les mouvements rythmés du cœur, doivent présenter des propriétés chimiques et physiques déterminées.

Rincer a montré qu’une solution purement inorganique suflit à entretenir le jeu du cœur chez les Vertébrés inférieurs. R uscti, Locke, Kuliabko ont montré que l'irritabilité du cœur excisé des Mammifères (homme, lapin...) (1) et des Oiseaux persiste fort longtemps par circulation dans les coronaires d'un liquide nutritif artificiel ne contenant que des sels, un peu «le glucose et de l’oxygène. Kuuabko a même réussi à ranimer peu à peu le cœur d’un enfant mort d’une pneumonie double, apporté au laboratoire 20 heures après la mort et une demiheure après l’autopsie. Hédon et Fleig ont constaté qu’un fragment d’intestin grêle de lapin, le gros intestin, le rectum, la vessie, l’utérus gravide et en général tous les organes à fibres lisses et pourvues de ganglions présentent pendant 2 à 20 heures des contractions rythmées lorsque les organes sont plongés dans une solution à 37° de constitution analogue à celle employée par Locke et Kuuabko. D’autres organes ne présentent aucun mouvement spontané mais conservent cependant très longtemps leur irritabilité (œsophage de lapin, p. e.). L’excitabilité des muscles du squelette et des nerfs moteurs peut être entretenue pendant quelques heures après la mort par une circulation de liquide nutritif dans les vaisseaux; mais pour ce qui concerne les centres nerveux, ce liquide parait impuissant à prolonger d’une manière notable leur irritabilité (Hédon et Fleig). Bottazzi a cependant constaté que la circulation artificielle faite avec une solution de Na Cl (8 à 10 p. 1000) et de CHCa à 1 p. 5000) saturée d’oxygène augmente considérablement la durée des fonctions des centres nerveux. Les nerfs centrifuges restent excitables même lorsque le cœur est ranimé plusieurs heures après la mort de l’animal soit avec du sang (Langendorff), soit avec la solution de Rincer (li. E. IIering). Le vague était resté actif six heures après la mort, les accélérateurs après plus de cinquante-trois heures (chez le singe).

Locke et Kuuabko emploient une solution (voisine de celle de Ringer) contenant: 0,02 0/0 CaÇH; 0,02 0/0 KCI ; 0,02 0/0 NaHCO3 ; 0,9 0/0 NaCl;0,l 0/0 de dextrose (Hédon et Fleig); 0,6 0/0 NaCI; 0,03 KCI; 0,01 CaCl2; 0,03 SOlMgO ; 0,05 PO1 HNa2; 0,15COa NaH ; 0,1 0/0 glucose.

Les substances organiques (albuminoïde, glucose) ne sont pas nécessaires. Ringer, etc... L’oxygène est indispensable, toutefois l’intestin est loin d’exiger autant de ce gaz que le cœur (Hédon et Fleig). Du reste, l’addition d’O2 est inutile; la teneur ordinaire du liquide suffit (Locke, IIering, Gross). Le glucose n’est pas indispensable mais exerce une action favorable (Gross). D’après Loeb et Moore, les contractions rythmiques ne se produisent que dans des solutions contenant des électrolytes. Le chlorure de sodium ne suffit pas à lui seul pour faire revivre les organes. NaCI est nécessaire, mais il nuit s’il existe en excès (2 .

(1) Le cœur du chien entre en trémulation s'il est irrigué par les coronaires, à moins qu’il ne soit chlorarisé; dans ces conditions il peut battre plus d’une heure (Lapicque et Mme Gatin-Grczewska).

(2) Le Fundulus (poisson marin) ne peut pas vivre dans une solution pure NaCI de

même concentration que l’eau de mer (Loeb, A. Moore).

TRANSFUSION

Déjà Kronecker et Stirling avaient remarqué que le cœur de grenouille irrigué avec une solution pure de NaCl s'arrête rapidement. Merunowicz, Gaule, Stienon ont obtenu de meilleurs résultats en alcalinisant les solutions. Rincer démontra que certains sels tout en ne pouvant à eux seuls provoquer ou entretenir les mouvements rythmés, exercent cependant une action favorable. K Cl et CaCl2 exercent une action antagoniste. CaCl2 renforce et accélère le cœur; KC1 diminue la fréquence et l’amplitude de la contraction. Le calcium excite le rythme cardiaque (Rincer, Iïowell) ; cependant, ajouté à une solution isotonique d’un corps non conducteur, il ne provoque pas le rythme du cœur. Lorsqu’un cœur irrigué par NaCl s’arrête, il suffit pour le taire revivre d ajouter à la solution un peu de Ca ; Ca, d’après Loeb, agit indirectement en neutralisant F action toxique de NaCl (1). Hédon et Fleig ont constaté que SO'Mg et P0V11 Na2 ne sont pas nécessaires au maintien de l’irritabilité des organes à fibres lisses mais augmentent la durée de la survie ; C03NaH et CaCl- sont absolument indispensables. Les divers sels de Ca ont la même action que le chlorure ; 0,002 à 0,005 de CaCl2 par litre suffisent. D’après Schuking et Ruscii, les solutions nutritives doivent renfermer des substances alcalines capables de fixer CO2 ; un excès de CO2 constitue une condition défavorable (Gross). Les solutions doivent été isotoniques aux cellules de l’organisme et présenter, suivant quelques auteurs, un certain degré de viscosité.

La durée de la survie dépend de la température. Kuliabko a obtenu des battements pendant plusieurs heures même après 44 heures d'arrêt avec des cœurs de lapins, maintenus à 0°. Dans le liquide nutritif refroidi à 0° et maintenu à la glacière l’intestin grêle conserve son irritabilité pendant un temps très long, 5 ou 6 jours (IIédon et Fleig). Les contractions péristaltiques reprennent à 15°. L’intestin présente déjà des contractions rythmiques vers 26° et même à 15° si onrefroidit très progressivement le liquide (Hédon et Fleig).

Stokvis, Leersum ont pu ranimer des animaux (lapins) après une saignée mortelle en injectant dans les vaisseaux, soit une solution physiologique de NaCl, soit des solutions équi moléculaires d’autres combinaisons sodiques (acétate, nitrate, formiate), soit de glucose ou de saccharose.

Utilisation en clinique. Lavage du sang. — On substitue généralement, de nos jours, à la transfusion du sang l’injection de solutions minérales obtenues en dissolvant en proportion convenable dans l’eau différents sels tels que le chlorure de sodium, le sulfate de soude, le carbonate de soude, le phosphate de soude. Ces sels ne sont pas toxiques par eux-mêmes et enlèvent à l’eau ses propriétés nocives sur les globules.

Le plus souvent on injecte du chlorure de sodium qui existe normalement dans

D'après Richet et Cololian, l’eau de mer contient de 26 à 31 grammes par litre NaCl. Les doses toxiques pour les Poissons des sels de sodium par litre d’eau sont :

Poissons Poissons

de mer. d'eau douce.

Sulfate.... . . 37 gr. 36 gr.

Bromure . 25 — 24sr,5

Chlorure . - . 71 — 12 gr.

Iodure . 10 — 9sq5

Chlorate . 8«r,5 17 gr.

Azotate . 19 gr. 14 —

fl) Lingle soutient que l'arrêt attribué a NaCl est dû à l’épuisement de O2 des solutions.

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