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A. — L’ÉNERGIE; SES TRANSFORMATIONS; SA MESURE

Les corps ne modifient pas d’eux-mémes le mouvement qu'ils possèdent : ils sont incapables de se le donner quand ils sont au repos et incapables de le perdre spontanément quand ils l’ont reçu (première loi de Galilée). D'autre partl’observation nous montre qu’un corps peut communiquer une partie ou même la totalité de son mouvement à un autre corps, en perdant une partie complémentaire ou la totalité du sien. Il peut arriveraussi qu’un corps perde son mouvement sans le communiquer d’une façon apparente à des corps voisins ; mais alors des phénomènes nouveaux se manifestent dans ces corps ; ils s’échauffent, deviennent lumineux, s’électrisent, rendent des sons, changent d'état ou même de composition, etc... Ces changements, qui ne se manifestent plus à nos sens par un déplacement de totalité dans l'espace, sont rapportés généralement à un mouvement oscillatoire de leurs molécules composantes, lequel affecte, alors suivant sa modalité, tel ou tel de nos sens, d’une façon plus ou moins spécifique ou isolee, ou même ne leur est révélé que par des artifices d’expérience.

a. Conservation de l’énergie. - Dans l’ordre de la phénoménalité, comme dans 1 ordre de la substance (on pourrait dire, en d’autres termes, dans l’ordre du mouvement comme dans l'ordre de la matière), il y a donc quelque chose qui persiste indéfiniment , remplaçant ce qui a disparu, préparant ce qui va suivre et dont la grandeur n'est pas susceptible d'augmentation ni de diminution • c est ce que dans la langue physique nouvelle on désigne d’un seul mot, V énergie Ses modalités sont diverses, ses transmutations incessantes, ses combinaisons intimes et inépuisables; sa somme totale est constante à travers la succession des temps.

Le principe de la conservation de l’énergie est, comme on voit, formulé à limage de celui de l’indestructibilité de la matière; il se rattache à celui de égalité de l action et de la réaction; il implique également celui de l 'inertie de 1,1 matiére- Ce principe se rattache d’autre part à la notion de causalité , qu’il ne re n terme pas tout entière, mais dont il précise un des points de vue : tout phénomène actuel a sa cause efficiente dans un phénomène antécédent, ou différent ou semblable, mais rigoureusement équivalent. La causalité considérée de ce . point de vue, s’objective sous une forme à la fois rationnelle et saisissable.

I! énonçant à découvrir, soit l’origine des choses, soit leur fin dernière, nous établissons avec précision leurs relations immédiates, notre esprit s’en trouve dans une certaine mesure satisfait, en même temps que noire puissance sur elles considérablement augmentée.

1. Force et energie. — On dit communément qu’une force est toute cause qui produit le mouvement ou qui s'oppose au mouvement. — Dans le premier cas la force est active ou motrice, telle la pesanteur qui sollicite tous les corps de notre globe a acquérir un mouvement dans la direction du centre de gravité de celui-ci; dans le second cas elle est passive ou résistante , tel l'obstacle opposé par les corps interposés entre ce centre de gravité et ceux qui tendent dans sa direction.

< <ei taines torces agissent d’une façon continue comme c'est le cas delà pesanteur,

<>u duiable comme 1 aimantation ; d’autres d’une façon soudaine, c’est le cas des

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