‹ Traité de physiologieChapitre 43 sur 374 · PRINCIPES IMMÉDIATS · texte numérisé non relu

PRINCIPES IMMÉDIATS

moniaque composée. L’urée est, en effet, du carbonate d ammo iliaque moins de l’eau (on sait qu’elle donne facilement du carbonate d’ammoniaque en s’hydratant). Ce composé au moment qu’il sort de l’organisme, renferme encore une notable quantité d énergie comme on peut s’en assurer, en le brûlant dans un calori-

mètre.

L’évolution de la molécule d’albumine, qui la conduit à sa double destinée de substance énergétique et plastique, se complique d’un grand nombre d operations chimiques, consistant en dédoublements, hydratations, oxydations. Seules ces dernières dégagent une quantité notable de chaleur. — Par les termes ultimes de la réaction, nous voyons que l’oxygène, en attaquant la molécule d'albumine, s’est fixé, sur l'hydrogène et le carbone, en négligeant entièrement l'azote, qui se retrouve dans l'urée à l’état d’ammoniaque exclusivement. Avec l’hydrogène, cet oxygène a formé de l’eau; avec le carbone, il a formé de l'acide carbonique. Cet acide carbonique, lui, se divise en deux parts inégales . l'une, la plus importante, est de l'acide carbonique libre, qui sort par la voie pulmonaire; l’autre, la moindre, est de l’acide carbonique fixé à l’ammoniaque qui entre dans la constitution de l'urée (carbonate d’ammoniaque moins de l'eau) et sort par la voie rénale.

Noyau primitif de l'albumine, lamolècule d’ammoniaque. Lorsqu on dit que l’azote n’est pas un aliment énergétique, cela est donc rigoureusement vrai, mais à une condition, c’est qu’on envisage cet azote (ou, ce qui revient au même, la molécule d’ammoniaque dont il fait partie) isolément dans la molécule albuminoïde. En effet, entré dans l’organisme à l’état de composé ammoniacal constituant le noyau essentiel de cette albumine, il en sort a l’etat de composé ammoniacal constituant le radical de l’urée : à aucun moment il ne s’est oxydé ; ce qui s’est oxydé, c’est uniquement le carbone et l’hydrogène des albuminoïdes (Berthelot).

Remarque. — La distinction entre deux ordres de fonctions, les unes plas tiques les autres énergétiques, faisant le fond de l’évolution nutritive, a pour elle, ainsi qu’on voit, des faits à la fois positifs et d'une signification claire. 11 reste à dire que ces fonctions, si nettement distinctes qu'on les admette, ne sont pas susceptibles de localisations exclusives : l’une des deux, la plus complexe, ne se comprendrait même pas sans l’autre. Pour former les tissus végétaux ou animaux, pour édifier ces structures à la fois si délicates et si complexes et les maintenir constantes pendant le renouvellement incessant de la substance, il faut une participation si faible soit-elle et elle-même incessante de l’énergie. Les mutations de la première vont de pair avec les transformations de la seconde. En raison de la quantité infime qui en est réclamée pour ces opérations que nous appelons plastiques, l’énergie ne fera jamais défaut; et de plus elle est toujours à la [disposition de l’opération qui va se réaliser, puisque la même molécule peut, en modifiant un de ses chaînons, reporter l’énergie rendue disponible sur

le reste pour faire les frais de son organisation.

En somme, les corps que nous appelons énergétiques doivent ce nom a la grande quantité d’énergie qu’ils peuvent fournir pour les travaux tant intérieurs qu’extérieurs de l'organisme; ceux que nous appelons plastiques doivent leur nom à l'emploi particulier qu’ils font de l’énergie, pour réaliser des combinaisons, à la fois très variées et hiérarchiquement superposées.

LES CORPS CONSTITUANTS ; LES ÉNERGIES EMPLOYÉES

Page 1