II. — Constante glycémique
Sous sa forme fixe, la réserve en hydrates de carbone jouit d’une certaine élasticité ; sous sa forme mobile elle est astreinte à ne pas dépasser certaines limites assez étroites. La glycémie physiologique (proportion normale du sucre du sang artériel) s'exprime par un chiffre qu'on peut dire constant (1,25 environ pour 1 litre de sang). Le chillre est a peu près le même chez les herbivores et les carnivores, chez les mammifères et les oiseaux, chez les sujets à jeun ou en digestion; le repos, le travail, les différents, régimes alimentaires ne l’influencent pas sensiblement, tant que ces conditions diverses restent elles-mêmes dans les limites physiologiques; son augmentation, comme sa diminution, trahissent, au contraire, des troubles graves dans l’équilibre nutritif.
Le taux de la glycémie est réglé par des compensations qui se font entre 1 activité de la production du sucre dans le foie et celle de sa dépense dans les tissus. Le système nerveux y intervient manifestement et met sa sensibilité au set vice de cette régulation. Par des cycles réflexes, dont l’un des centres les plus importants paraît être dans la moelle allongée, sur le plancher du quatrième ventricule, le foie reçoit des excitations proportionnées à l’entretien régulier de sa fonction, suit dans la production du glycogène les exagérations de la dépense de celui-ci et devient par ce mécanisme le collaborateur du muscle (Chauveau).
Equilibre moléculaire. — Parmi les constantes physiologiques, la constante glycémique est une des plus importantes. Comme celle de la température à laquelle elle se trouve liée, elle exprime un niveau et non une quantité concrète. Le flux du glycose peut s’exagérer à travers l’organisme, dans le système vasculaire, ou se ralentir, suivant les fluctuations de la dépense énergétique des organes moteurs, le taux de la glycémie n’en est pas changé, ou s’il l’est il est appelé à se corriger promptement par l’action des mécanismes régulateurs. La matière sucrée du sang obéit en ceci à une loi qui s’impose à tous les constituants du sang et à ceux de toutes les humeurs, loi qui a son expression dans 1 équilibre moléculaire de ces substances maintenues en solution dans un même véhicule.
Démonstration de l’origine hépatique du glycose du sang. — L origine hépatique du glycose du sang peut se démon-
LA GLYCOGÉNIE HÉPATIQUE ET LA GLYCÉMIE
trer par un certain nombre d e est la suivante :
Expériences. — Un animal est lut* brusquement par hémorragie, son sang est recueilli, ses principaux organes (foie, muscles, cerveau, rein, rate, peau, etc...) sont détachés. Une certaine proportion du sang et des fragments de ces organes sonl traités suivant les méthodes propres à déceler l’existence du glvcose et à le doser s'il est nécessaire. Le foie et le sang sont trouvés contenir constamment une substance ayant toutes les propriétés du glycose (réduction du réactif cupropolassique, déviation de la lumière polarisée, fermentation alcoolique par la levure de bière). Aucun des autres organes ne renferme d'une façon appréciable cette substance.
Un animal à jeun (chien de moyenne ou grande taille) est immobilisé sur la table d’opération.
On fait sur cet animal trois prises de sang ; l’une dans la veine porte, l’autre dans la veine sus-hépatique, la troisième dans le sang artériel.
Ces prises sont elfectuées, sans troubler la circulation et sans ouvrir les cavités du corps, à l’aide de sondes flexibles et minces introduites par des vaisseaux superficiels en communication avec ceux qu’on veut cathétériser. L’une de ces sondes est introduite dans une veine hémorroïdale et de là glissée jusque dans le tronc de la veine porte ; une autre est introduite dans la veine jugulaire et de là dirigée dans la \ eine cave supérieure, puis dans la veine cave inférieure, jusqu’à l’embouchure des veines sus-hépatiques ou même dans l’une d’elles ; le sang artériel est pris directement dans une des artères superficielles. Les trois échantillons de sang sont soumis au traitement approprié pour y doser le glycose.
‘s. L'une des plus simples
Fig. 26. — Ensemble du système circulatoire ( artériel en rouge , veineux en bleu).
Les sondes engagées par les vaisseaux cervicaux ou fémoraux peuvent le parcourir dans toute l’étendue des deux grandes cavités du tronc, pour recueillir le sang dans les principaux troncs artériels et veineux (surtout au niveau des principaux affluents veineux). — Sur ce schème on no voit plus la veine porle.
Les chiffres obtenus sont significatifs.
L'ÉVOLUTION ÉNERGÉTIQUE; LA GLYCOGÉNIE
TABLEAU COMPARATIF DES TAUX DU GLYCOSE DU SANG DANS LES POINTS PRINCIPAUX DU