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PREMIÈRE PARTIE

Les conditions de l'absorption cellulaire sont, physiologiquement parlant, les plus simples. Elles sont à la base de Tétude de l'absorption dans tous les appareils où elle s'exerce ; on peut les observer sur des cellules végétales et sur des cellules animales vivant à Tétat d'isolement (globules du sang, blancs et rouges).

L Chez les végétaux. — La membrane des cellules végétales jouit de propriétés différentes, suivant que la cellule est vivante ou qu'elle est morte.

Cas où la cellule est morte. — La membrane est perméable à Teauet aux corps dissous. Une telle membrane séparant des liquides différents se laisse traverser par deux courants inverses : endosmose, exosmose. Il y a mélange des deux liquides. Ils tendent vers la même composition.

Cas où la cellule est vivante. — Dans certains cas la membrane est semi-perméable. Elle laisse passer lesgaz, leau, mais non pas les corps dissous dans le suc cellulaire.

Supposons une telle cellule plongée dans l'eau pure. L'eau pénètre dans la cellule qui se gonfle ; la pression intérieure osmotique augmente. La paroi est distendue. La cellule devient turgescente. C'est le phénomène qui se produit quand on plonge dans de l'eau pure une plante fanée mais non encore morte ; la plante reprend son aspect primitif. Lorsque la cellule est plongée dans une solution isotonique avec le suc cellulaire, les choses restent en état. Si la cellule est mise dans une solution hyperisotonique, un courant d'eau s'échappe de l'intérieur, à travers la membrane, vers la solution concentrée. Le suc cellulaire se concentre. La cellule se flétrit. Le protoplasma se détache de la membrane cellulaire sur toute son étendue, et forme alors une sorte de ballon flottant à l'intérieur de* l'enveloppe cellulosique, trop rigide pour suivre son mouvement de rétraction. C'est le phéno-

mène décrit par H. de Vries sous le nom de plasmolyse. On l'observe par exemple lorsqu'une plante terrestre est plongée dans de Teau salée.

U hémiperméabilité des cellules végétales vivantes n'est pas une propriété absolue. Il doit .en être ainsi puisqu'on ne comprendrait pas sans cela la pénétration des substances nécessaires à la vie et à Faccroissement des plantes. De fait, on constate, dans la réalité, que certaines substances ne pénètrent pas dans la cellule vivante, que d'autres pénètrent plus ou moins bien et, enfin, que la perméabilité de la membrane pour une solution donnée paraît se modifier suivant les conditions. Il semble donc que l'absorption n'est pas toujours réductible à un simple phénomène osmotique, ou du moins celui-ci paraît être réglé, dans certains cas, par une activité propre de la cellule vivante.

IL Absorption cellulaire chez les animaux. — Une cellule animale morte est, comme une cellule végéta e morte, perméable aux solvants et aux corps dissous.

Hamburger a expérimenté sur des globules sanguins vivants. Avec le globule de la grenouille, qui est une véritable cellule à membrane, il a provoqué nettement la plasmolyse avec une solution de AzO^K à 1 ,09 p. 100. Avec d'autres globules qui n'ont pas de membrane et qui ne paraissent pas être des cellules, on constate qu'il y a échange entre la solution et les éléments du globule. U ne sau-

f^^ rait être question d'hémiperméabilité %r\ ^'^^^^ • cependant quand la solution • . ' est isotonique du globule, l'échange est tel que le globule conserve son J isotonie primitive ; la pression osnio-

H jj tique du globule demeure constante.

Fig 139. - Phagocytes de Vexsudat Hamburger a expérimenté également avec

pleural chez le chien atteint de , . ^.."^ . , , , , ,,

pleurésie tuberculeuse expérimen- ^^^ spermatozoïdes et des globules blancs.

taie (d'après P. Coi rmont ; extrait H a obtenu des résultats analogues, de Tart. Inflammation p. J. Coi r-

MoxT, Traité pathoi.gén.). Dans Certaines conditions on peut

«, phagocyte contenant deux ba- observer V absorption de particules

ti^'^^l^r^TT^L^L «°^''^««; Chez certains êtres monobacilles tuberculeux. cellulaires (amibes), on voit les mou-

vements du protoplasma aider à leur pénétration. Le protoplasma se déforme autour d'elles, les enveloppe, et peu à peu les amène jusqu'au centre de sa masse. Les particules pourront ultérieurement être transformées par les réac-

lions qui se passent dans l'intimité du protoplasma, et de la sorte Hre assimilées.

Les globules blancs sont des êtres vivants comparables aux amibes. On les voit parfois, par le même mécanisme, envelopper, absorber un globule rouge ou un microbe, le fragmenter en attaquant sa substance, le dissoudre mécaniquement et chimiquement pour l'assimiler et s'en nourrir {phagocytose). Metchnikoff (fig. 139). Ce sont là des exemples d'absorption directe sans intermédiaire.

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