CHAPITRE PREMIER ABSORPTION DIGESTIVE
I. Siège. — L'expérience démontre que toutes les portions du tube digestif sont susceptibles d'absorber, depuis la bouche jusqu'au rectum, mais leur activité est très inégale et les différents actes de la digestion créent, à ce point de vue, des différences considérables.
La portion sus-diaphragmatiquc du tube digestif sert très peu à
rabsorption. Les aliments ne sont, pour la plupart! pijBffp/torej formés ; de plus ils séjournent trop peu pour que iVbsiarptio'r temps de se produire.
Estomac. — Elle commence d'une façon évidente dans V estomac bien qu'elle n'ait jamais, il est vrai, dans ce viscère, la même activité que dans l'intestin.
Certaines espèces animales présentent entre elles, à cet égard, des différences assez marquées. Dans Testomac du cheval Tabsorption est presque nulle comme le prouve l'expérience suivante :
On injecte dans la cavité gastrique de cet animal une solution de strychnine à dose toxique, après avoir préalablement fait une ligature sur le pylore; même après une heure les effets ordinaires de l'empoisonnement strychnique n'apparaissent pas, mais si on délie le pylore les convulsions éclatent au bout d un quart d'heure environ. L'absorption ne s'est faite qu'après que la solution est venue en contact avec la muqueuse intestinale.
Intestin ; dispositions adjuvantes. — Vabsorption la plus active se fait au niveau de rintestin grêle ^ dont la muqueuse présente une structure en rapport avec cette fonction. Cette muqueuse est caractérisée par la présence de plis nombreux [valvules conniventes)^ et de villosités qui augmentent sa surface de contact avec les aliments.
Les valvules conniventes sont de simples replis de la muqueuse, dirigés perpendiculairement à Taxe de l'intestin. Les villosités sont des sortes de papilles allongées. Chacune de ces papilles contient à son centre un espace creux terminé en ampoule du côté de l'extrémité libre et s'ouvrant de l'autre dans le réseau lymphatique de la muqueuse. C'est le chylifère central. Tout autour de lui et presque immédiatement audessous de Tépithélium, rampent des capillaires qui mettent en
communication les vaisseaux du système porte avec des artérioles vfig- 140).
Les villosités ont été comparées assez justement aux radicelles des plantes qui plongent dans le sol pour absorber les substances nutritives qui y sont en dissolution.
Fig. 140. — VUlosité intestinale (schéma) (d'après Viallbton).
l,épithélium;2.2, capillaires sanguins; 3.3, chylif^re central; 4.4, faisceaux musculaires lisses ; 5, travées connectives ; 6, leucocytes.