I. — Caractères- et composition
I. Caractères extérieurs. — La quantité d'urine émise dans les vingt-quatre heures par un adulte de poids moyen est d'environ 1 500 centimètres cubes chez l'homme, un peu moins chez la femme. Elle augmente en hiver et se restreint en été, en raison de l'activité inverse des sécrétions cutanée et pulmonaire. Elle est en rapport avec la quantité d'eau ingérée.
Sa densitfi est d'environ 1020. Celle-ci est liée à la proportion de matériaux fixes que l'urine cède par évaporation et peut servira l'évaluation approximative de leur quantité. Cette dernière est (pour 1 litre) représentée à peu près par le produit obtenu en multipliant par 2*'',2 les deux derniers chiffres du nombre exprimant la densité ; pour 1 litre et demi la densité 1020 indiquerait un poids de matériaux fixes égal à 20 x 2,2 X 1 ,5 = 66»^^0.
La densité de l'urine est mesurée habituellement à l'aide de densimètres appropriés, dits pèse-tirines. Ils sont gradués pour la température 15°. La lecture se fait au bas du ménisque.
Sa couleur jaune clair est sujette à des variations physiologiques en rapport avec le jeûne, la digestion, l'ingestion des boissons, la concentration de l'urine par un long séjour dans la vessie. Incolore chez le fœtus, elle est claire dans le diabète et Thystérie; foncée dans la fièvre, colorée dans certains cas par le sang (hématurie, hémoglobinuric) ou par des substances de provenance intestinale; le séné la colore en rouge vif, la rhubarbe en jaune brun, l'acide phénique en noir.
Son odeu)\ à peine perceptible normalement, -s'augmente d'odeurs caractéristiques, après l'ingestion de certaines substances, telles que l'essence de térébenthine (odeur de violette), le cubèbe, le copahu (odeur aromatique) et celle des asperges, d'une fétidité bien connue.
• 11. Réaction. — Sa liaison avec le régime alimentaire. —
Fig. 147. — Pèseurine,
Échantillon allant de 1,020 à 1,040; un autre, faisant la paire, va de 1,000 à 1,020.
Chez les carnivores F urine est acide; chez les herbivores elle est alcaline \ chez rhomme, omnivore, elle est acide généralement, mais peut devenir alcaline, quand Talimentation devient exclusivement végétale. Cl. Bernard a, le premier, signalé la relation existant entre la réaction de Turine et le genre d'alimentation, et montré comme contre épreuve que Y urine des herbivores^ dans le jeûne et Finanition, devient acide comme celle des carnivores; ranimai, suivant son expression, consommant alors uniquement sa propre substance. Le même auteur signale rabaissement du titre acide de Turine, qui accompagne la sécrétion du suc gastrique dans Testomac, au moment de la digestion.
Nature de l'acidité. — L'acidité de Turine n'est point due à un acide libre. L'urine en effet ne décompose pas l'hyposulfite de «oude, comme le font les acides minéraux (en précipitant le soufre); elle ne bleuit pas le rouge-congo, comme le font les acides hippurique et urique, et ne le rend pas violet, comme le fait Tacide carbonique libre. Son acidité est due principalement à la présence de phosphates minéraux acides.
Raison de ralcalinlté. — Chez les herbivores et tous les sujets chez lesquels l'alimentation herbacée ou végétale devient prédominante ou exclusive, l'alcalinité de l'urine est due à l'augmentation considérable des carbonates alcalins; ces carbonates hq sont pas tous de provenance alimentaire, mais dérivent par oxydalion des sels à acides organiques (malates, tartrates, etc.), qui se transforment en carbonates dans l'organisme.
m. Composition. — Le nombre des corps dont la présence a été signalée dans l'urine est très grand, même en s'en tenant à ceux qu'on y trouve normalement. Beaucoup, il est vrai, n'y occupent qu'une place minime, au point qu'il en est dont la présence est contestée. Il y a de ce fait un choix à faire parmi eux et notre attention ne sera retenue que par les plus importants ou par ceux <lont l'histoire est mieux connue.
L'urine renferme des composés organiques en grand nombre avec en plus des sels minéraux. Les composés organiques peuvent se grouper en trois classes, à savoir :
1** Les corps azotés, — Ce sont, en première ligne, Yurée^ Vacide urique^ la créalinine^ Vacide hippurique^ auxquels il faut ajouter la xanthine, la guanine, l'allantoïne, l'acide oxalurique, l'acide sulfocyanique, la mucine, etc.
Parmi ces corps azotés il en faut ranger de particuliers qui sont des pigments : Vurobiline^ Vurochrome, Ajoutons encore des traces de diastases ou ferments que l'urine enlève au sang età certains tissus.
2** Les corps ternaires, — Acide oxalique, acides gras, acide glycuronique, acide lactique, acide succinique, acide phosphoglycérique. La présence normale de la glycose est affirmée par les uns et niée par les autres.
3<» Les corps aromatiques, — Éthers sulfuriques du phénol et du paracrésol ; scatoxylsulfates et indoxylsulfates, etc.
Les sels minéraux ont pour acides principaux les acides chlorhy^ drique, phosphorique et sulfiirique^ et pour bases le sodium puis la potasse; l'ammoniaque, la magnésie, la chaux, y sont très peu représentés ; le fer seulement à l'état de trace, sa voie d'élimination est ailleurs.
Dans cette liste de subslances, que les travaux de Tavenir ne pourront qu'allonger, tous les corps n'ont pas pour nous la môme importance.
Tableau des substances de Cunne normale {Densité moyenne 1,020) (d'après A. Gautier)