C0.(AzH>)* ( ) Ammoniaque
Urée. i ( + 2H«0
V Eau.
Le même auteur a encore obtenu la synthèse de Tacide urique, en fondant ensemble de Turée et de Tacide trlchlorolactique :
AzH* CCI» HSAz\ AzH-C-HAzN.
<! >C0 / II >C0 + 3HCI -f- 2H»0
+ CH.OH + H«Az/ « C0< C-Hz /
AzH» COOH AzH — CO
Urée. Acide Urée. Acide urique. Acide Eau.
trichloroUctiqae. clilorbydriqne.
Principales réactions. — Notons encore les réactions suivantes : a. L'acide urique est décomposé à froid par le permanganate de potasse en allantoine et acide carbonique. L'aliantoïne, soumise aux agents oxydants, donne de l'urée et de Tacide oxalique et finalement de Tacide carbonique.
5. L*acide urique soumis à Faction de Tacide azotique, autre agent oxydant, donne de Talloxane et de Vurée. L'alloxane chauffée avec Tacide azotique donne de Toxalyle-urée (acide parabanique) et de Tacide carbonique. L'oxalyle-urée devient par hydratation de Tacide oxalurique, décomposable par nouvelle hydratation en acide oxalique et urée.
c. Laissé à Tair Tacide urique fermente en présence du hacillui ureœ et du 6. /luorescens, en donnant de Turée et ensuite du carbonate d'ammoniaque.
Tous ces faits nous montrent que V acide urique aboutit facilement à la transformation en urée.
Réaction de la murezide. —Évaporé de sa solution à sec au bain-marie, en présence de quelques gouttes d'acide azotique, il donne avec l'ammoniaque une belle coloration pourpre et avec la potasse une coloration violette ; c'est la réaction de la murexide.
Il faut signaler également que l'acide urique, en milieu alcalin, réduit la liqueur de Fehling et l'azotate d'argent.
III. Provenance. — Le problème de Torigine de l'acide urique est double, comme pour tous les corps de Turine. — Il vise la connaissance, d'une part, des corps qui lui donnent naissance dans sa filiation chimique, d'autre part, de Torgane ou des lieux où il prend naissance dans l'organisme.
IV. Origine toposTi^aphique. — Par des expériences calquées en partie sur celles qui ont servi pour l'urée on a recherché le lieu de la formation de Tacide urique. Comme pour l'urée ces expériences démontrent que ce lieu n'est pas le rein.
Expériences sur les oiseaux. — En effet, de même que pour l'urée, la suppression de la fonction d'excrétion rénale (par ligature des vaisseaux ou extirpation des reins), fait surabonder l'acide urique dans le sang et les tissus. C'est ce qu'a constaté Schrôder sur les oiseaux et les serpents, animaux de choix pour l'étude de l'acide urique.
Veine de Jacobson. — Chez les oiseaux, une veine afférente amène au rein le sang de la veine caudale, des veines iliaques et des veines du bassin (fig. i55 et fig. 156). La communication de ces vaisseaux avec la veine-porte est ce qu'on appelle la veine de Jacobson. Grâce à cette disposition, l'ablation du foie est réalisable, chez ces animaux, sans occasionner la stase veineuse, qui suit la ligature de la veine-porte chez les mammifères. La survie peut être de six à vingt heures.
Résultats. — De même que pour Turée, le lieu de la production de Vacide urique paraît être le foie. Minkowski en enlevant cet organe chez des oiseaux (oies), a constaté que l'excrétion azotée urinaire totale ne diminuait que partiellement (de 4/3 ou de 1/2), mais que l'acide urique qui normalement constitue la plus grande partie de cette excrétion (GO à 70 p. 100), tombe
àforlpeu de chose (3 à 1 p. iOO), chez les animaux opérés. Inversement, l'ammoniaque, qui normalement forme de 9 à 18 p. 100 de Tazote, monte à 50 ou 60 p. 100.
Néanmoins, après l'ablation du foie, on trouve encore 5 à 6 p. 100 d'azote à
Mt^L.
Fig. l&î). — Viscères abdominaux et leur système veineux chez l'oiseau (*).
Fig. 156. — Artère et veines du rein chez roiseaUj avec la veine de Jacobson (**).
{•) F, foie; G, estomac; RR', reins; l.R, intestin rectum; C, cœur droit; V.C, veine cave; V.R. veines rénales ; V.M, veine mésaraïque avec sa branche se rendant au rein.
(•*) RR', reins; IR, intestin rectum ; Ao, aorte avec les artères rénales; VG, veine cave avec les veines rénales ; VP, branche de la veiue porte ; VC, veines caudales ; VJ, veine de Jacobson disséquée dans Tintérieur du rein, pour montrer comment le sang peut passer du système porte à la veine cave, après la ligature du tronc porte au-dessous du foie.
l'état d'acide urique dans l'urine ; ce qui veut dire qu'il ne s'y forme pas tout entier. La plupart des tissus du reste en contiennent.
Ce balancement entre l'ammoniaque et l'acide urique, après l'ablation du foie, plaide en faveur de l'idée qui fait dériver l'acide urique, comme Vurée ellemême, de V ammoniaque et qui localise cette transformation dans Vorganc hépatique. En disant que l'urée et les substances analogues procèdent de l'ammoniaque, on n'exclut naturellement pas l'idée qu'ils dérivent des substances albuminoïdes, puisque précisément l'ammoniaque est un produit constant de la décomposition artifîcielle de ces substances (par l'action combinée de la chaleur et de l'hydrate de baryte).
V. Origine chimique. — L'acide urique procède évidemment de la destruction des matières albuminoïdes. Quelques-uns le font provenir plus spécialement des nucléinesdes noyaux des leucocytes par l'intermédiaire des bases xanthiques : cette filiation sera indiquée à propos de ces corps.
blO EXCRÉTION.
Rapport avec les nucléines des noyaux des cellules. — Les nucléoalbumines, d'où proviennent les nucléines, sont des corps qui, comme leur nom l'indique, entrent dans la constitution des noyaux des cellules; les albumines proprement dites forment d'autre part la charpente du protoplasme cellulaire. L'acide urique aurait donc de ce fait, dans l'intérieur même de la cellule, un lieu d'origine distincte, ilsei-ait lié à la désintégration du noyau^ tandis que l'azote de l'urée proviendrait du protoplasme, abstraction faite, bien entendu, des transformations qui se font de l'acide urique à l'urée ou même réciproquement. Cette vue répond à une ébauche d'analyse relative aux fonctions des organes intracellulaires et aux composés chimiques par lesquels elles s'exécutent. Nous sommes ici sur le terrain, encore assez inexploré, par lequel la structure chimique des corps se continue, sans transition brusque, avec l'organisation morphologique de la cellule et de l'être vivant.
HoRBACZKwsKi, Weintral'd, Loewi, admettent sur la foi de leurs expériences que l'acide urique ne peut provenir que des substances contenant des nucléines.
Relation avec les globules blancs. — La provenance nucléaire de l'acide urique étant admise en général, ce serait avec les globules blancs du sang et de la lymphe que l'acide urique affecte les rapports les plus directs, probablement à cause de la végétabilité plus grande et plus rapide de ceux-ci. La seule maladie dans laquelle l'acide urique augmente notablement est la leucocythèmxe, caractérisée elle-même par l'exagération du nombre des globules blancs. Les variations physiologiques de l'acide urique seraient, du reste, en rapport avec les variations horaires de celui-ci, telles quelles surviennent après la digestion. L'enfant a plus de globules blancs et plus d'acide urique que l'adulte.
L'ingestion de nucléines provoque une augmentation d*acide urique. Seulement, pour certains, ces nucléines détermineraient une leucocytose, et l'acide urique viendrait des leucocytes morts (Horbaczewski).
En somme l'acide urique proviendrait: 1"^ des leucocytes; 2^ des nucléines de l'alimentation ; 3<* des noyaux des cellules, cette dernière provenance bien sensible seulement dans le cas de dénutrition rapide (phtisie, cancer) (Schreiber).
Solubilité. — A rinverse de l'urée, l'acide urique est extrêmement peu soluble dans l'eau. BtNGii: estime qu'à la température du corps, 1 gramme d'acide urique demande 7 à 8 litres d'eau pour se dissoudre. L'urate acide de soude en demande notablement moins (1 litre à froid; 120 gr. à 100°), soit quelques centaines de grammes à la température du corps. Or l'urine humaine, sous un volume d'un litre et demi, contient parfois jusqu'à 2 grammes d'acide urique. 11 est déjà probable, d'après cela, que l'acide urique est à l'état de sel alcalin dans les urines.
Dépôt d'acide urique. — Si toutefois on expose l'urine au froid après son émission, on voit cette urine, d'abord claire, limpide et acide, déposer parfois jusqu'à 1 gramme (sur 2), d'acide urique en cristaux colorés par les pigments urinaires et non pas de lurate de soude. En même temps Tacidité diminue notablement. Ce phénomène n'est pas attribuable à un simple changement du coefficient de solubilité de Tacide urique dans l'urine avec l'abaissement de la température. Il est plus compliqué. 11 est dû en réalité à la lutte de lacide urique avec un acide plus puissant, l'acide phosphorique, pour le partage des bases contenues dans Turine. Par le fait du refroidissement l'effet de masse de l'acide urique diminue rapidement, l'acide phosphorique en profite pour la déposséder de ses alcalis. Le phosphate acide (PO^NaH*^), passe à l'état de phosphate neutre (PO*Na'^ H), pendant que de l'acide urique se dépose. Si l'on
L'URINE. 31 i
chauffe, cet acide se redissout, reprend ses bases à Tacide phosphorique et Tacidilé augmente (Bunge).
Dépôt d'arates. — Si Turine est faiblement acide ou neutre, ou alcaline, comme il arrive dans le régime végétal ou herbivore, cette urine môme concentrée ne laissera pas déposer d'acide urique libre par le refroidissement, mais de Turate acide de soude en petits grains ronds colorés également en brun.
Dépôts dans les organes et la vessie. — Lorsque de tels dépôts uratiques sont abondants, on en conclut facilement à une augmentation de la sécrétion urique. Cette conclusion n*est pas justifiée. On a vu en effet, par ce qui vient d'être dit, que le dépôt a égalité de poids de Tacide urique est variable suivant la concentration et Tacidité de Turine. L'expérience montre qu'à égalité même de cette dernière condition l'importance du dépôt peut encore varier notablement. L'acide urique est peut-être dans les humeurs de l'organisme lié à une substance organique qui en augmente la solubilité. La séparation de cette substance dans l'urine émiso exposée à l'air serait une des conditions de sa précipitation. Si cette séparation vient à se faire dans l'organisme, elle donne naissance aux sédiments goutteux déposés dans les organes ou aux calculs formés dans la vessie (Bunge).
Dlathèse urique. — Dans la goutte et la diatbèse urique il a été impossible jusqu'ici de démontrer la moindre augmentation de la production de l'acide urique. La sécrétion est même diminuée pendant la durée de Tattaque de goutte (Garrod).
Dosage de Tacide urique. — Le procédé le plus exact est celui de Sai.kowski- LrnwiG; il est fondé sur la précipitation de l'acide urique par l'azotate d'argent et le chlorure de magnésium à l'état d'urate double de magnésium et d'argent, (îet urale, traité par le sulfure de potassium, donne des sulfures insolubles d'argent et de magnésium, qu'on sépare par iiltration d'un urate de potasse qu'on recueille; en le décomposant par l'acide chlorhydrique et en évaporant, l'acide urique se dépose; il peut être séparé et pesé.