‹ Traité de physiologie (volume 3)Chapitre 123 sur 155 · C. de · texte numérisé non relu

C. de

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édonc. ctfrébr.

Fig. 234. — Bandelettes et centres ganglionnaires optiques. Face latérale gauche du tronc cérébral (d'après Charpy).

de réflexion a été placée par les auteurs précédents dans les tubercules quadrijumeaux (chez les mammifères) ou bijumeaux, encore appelés lobes optiques (chez les oiseaux). Leur opinion peut être appuyée par diverses observations cliniques, bien que certains auteurs croient devoir situer ce centre rétlexe, soit dans la substance grise du troisième ventricule (Bechterew), soit dans le ganglion de Thabenula (Mendel).

Fibres visuelles et fibres réflexes. — Le nerf optique transmet ainsi des excitations, dont certaines vont à récorcc pour y réveiller la sensation visuelle, dont d'autres vont au cervelet pour contribuer à l'orientation, et dont d'autres enfin sont réfléchies eii route pour revenir à l'iris. Ces excitations n'ont peutêtre pas exactement le même point de départ dans la rétine, les premières pouvant provenir de l'ébranlement des cônes et les deux dernières de celui des bâtonnets. En tout cas, à partir du nerf optique lui-même, elles suivent deux ordres de fibres, deux voies différentes. Ce tronc, au milieu de fibres plus fines qui sont les fibres visuelles, en contient en effet d'autres plus épaisses qui vont au cervelet et au tubercule quadrijumeau antérieur et commandent par voie réflexe aux mouvements de Torientation et de la pupille. Les attributions respectives des unes et des autres sont prouvées par ce fait que les lésions limitées au tubercule quadrijumeau antérieur laissent intacte la vision et supprimontle réflexe pupillaire (elles retentissent également sur les mouvements des yeux) (MoNAKO>v\

L'ne lésion qui porte sur les radiations optiques, au-dessus des tubercules quadrijumeaux, supprime la vision, mais laisse persister le l'éflexe à la lumière ; une lésion qui porte en avant de ces tubercules supprime à la fois la vision et le réflexe.

Réaction pupillaire hémiopique. — Si la lésion porte sur la bandelette optique d'un côté, elle produit, comme on sait, une hémianopsie homonyme : les deux moitiés homonymes des rétines sont insensibles à la lumière, aussi bien au point de vue visuel qu'au point de vue réflexe ; les deux autres moitiés sont sensibles, et, si on les éclaire, la sensation a lieu en même temps que le l'éflexe pupillaire se produit.

Réflexe d'accommodation et de convergence. — Les excitations réflexes qui parviennent au muscle pupillaire n'ont pas qu'une source et qu'un chemin ; elles sont multiples, comme l'indique le fait clinique suivant.

ÂRGYLL HoBERTsoN a VU que, dans certaines maladies, comme le tabès et la paralysie générale, le réflexe à la lumière peut avoir disparu, alors que persistent les mouvements de l'iris (réflexes également) qui sont liés à l'accommodation et à l'effort parallèle qui amène la convergence des deux yeux. Ces deux arcs réflexes, qui ont le même résultat moteur (contraction de la pupille) et la môme voie de retour (rameaux ciliaires émanés de l'oculo-moteur commun), ont donc par ailleurs des voies distinctes et un point de départ également différent.

IV. Mouvements associés. — Il y a ainsi un réflexe de direction, un réflexe de convergence, un réflexe d'éclairage, un réflexe d'accommodation auxquels s'ajoutent encore des réflexes de protection dont il sera question plus loin.

Le point de départ de tous ces réflexes peut être dans l'excitation rétinienne, et il est habituellement dans cette excitation. Si un objet se trouve dans le champ de la vision et qu'il attire l'attention, les deux yeux se fixent très exactement pour en recevoir l'image dans la tache jaune (réflexe de direction) ; les deux axes oculaires convergent exactement sur cet objet pour que l'image se fasse sur des points identiques de la rétine (réflexe de convergence) ; la lumière plus ou moins intense émanée de l'objet agit sur le diamètre de la pupille (réflexe d'éclairage) ; la courbure du cristallin s'adapte pour donner une image nette sur la rétine (réflexe d'accommodation).

Loin d'être absolument indépendants, ces réflexes s'entraînent les uns les autres dans certaines circonstances. Le réflexe de convergence est lié à celui d'accommodation et il lui est lié forcément, puisque Teff'ort de convergence et l'efTort d'accommodation agissent dans le même sens à mesure que l'objet se rapproche. Ces deux réflexes entraînent à leur tour dans une certaine mesure le réflexe pupillaire, et c'est ainsi que, dans la vision rapprochée, la pupille subit un certain degré de contraction indépendant de l'éclairage.

Dans les hallucinations de la vue, on remarque les changements

612 INNERVATIONS SPÉCIFIQUES.

de dimensions de l'orifice pupillaire, vraisemblablement en rapport avec les efforts d*accommodation provoqués par les changements de distance des images hallucinatoires (Ferré),

V. Nerfs hémioculo-moteurs ; nerfs oculo-dextrogyre et oculo-lévogyre. — Ainsi que le remarque Grasset, de même qu'il existe un nerf h'miopique droit ({m est en connexion avec les hémirétines droites, et un nerf hémiopiqtie ffauche qui est en connexion avecles hémirétines gauches (nerfs représentés par la bandelette optique et la radiation optique de chaque côté), de môme il existe dans lecerveau de chaque côté un nerf hémioctdo-moteiir qui, se partageant à la périphérie entre les deux globes oculaires, les porte simultanément adroite [novi dfxtrogyre) et simultanément à gauche (nerf lévogyre) (Grasset).

Le nerf dextrogyre naît dans r hémisphère gauche et le nerf Itvogyre dans f hémisphère droit, — L'expérience le prouve, car si on excite une zone corticale oculo-motrice à gauche, les yeux se dévient à' droite, et inversement si on excite une zone corticale droite. La clinique le prouve également, car on a noté, après la destruction de certaines parties de l'écorce, une déviation conjuguée des yeux. résultant de la paralysie de l'un des deux nerfs hémioculo-moleurs. Quand cette destruction siège à droite, les yeux sont déviés à droite ; quand elle siège à gauche, ils sont déviés à gauche ; ce qui donne lieu à la formule mnémotechnique « le malade regarde sa lésion ». La paralysie de Taire motrice produit en effet une déviation inverse de celle que produirait l'excitation; cette déviation de nature paralytique est due à la persistance de l'influence motrice antagoniste.

Comparaison avec la voie sensitive. — Nous avons vu plus haut que, loi'sque la destruction frappe un des lobes du cerveau dans sa zone visuelle, rhéniianopsie est homonyme ; nous venons de dii*e que, en pareil cas, la paralysie hémioculo-motrice, quand elle se produit, est au contraire héléronyme, puisque les muscles paralysés sont ceux qui produisent le mouvement à droite quand rhémisphère gauche est lésé et réciproquement.

Comparaison des voies sensorielles et des voies motrices. — Si on compare le schème des voies sensorielles de la vision avec celui des voies oculo-motrices, on leur trouve une certaine ressemhlance ; mais ils sont loin d'être superposahles. Dans lim et l'autre on voit des conducleui's qui relient chaque hémisphèi*e du cerveau, l'un aux deux parties droites, l'autre aux deux parties gauches de chaque globe oculaire (rétines dans un cas, muscles dans Faulre). Cette distribution implique un croisement d'une partie au moins des conducteurs. Ce croisement pour les voies sensorielles est partiel et a lieu au niveau du chiasma des nerfs optiques. Pour les voies motrices, à première vue il est complet, mais il revient à être partiel du fait que l'excitation, pour atteindre certains muscles (les droits internes), franchit deux fois la ligne médiane.

En effel, le nerf cérébral dextrogyi^ croise le nerf cérébi^l lévrogyre dans le mésencéphale, pour atteindre les noyaux moteurs de Toeil. A partir de ces noyaux une partie des fibres (celles du nerf moteur externe pour le muscle droit externe), restant du même côté, sont directes; une autre partie (celles destinées au muscle droit interne) sont croisées. Dans le détail, la disposition diffère suivant que, avec Dt val et Laborde, on fait partir les fibres destinées au muscle droit interne opposé du noyau du moteur externe du même côté, ou que, avec SpiTZK.\,on les fait partir du noyau du moteur commun égalenryent du même côté ; mais elles doivent s'entre-croiser dans les deux cas, et l'excitation qui, une première fois, a franchi la ligne médiane avec le nerf cérébral, les franchit de nouveau en les suivant elles-mêmes, quand elle leur est destinée.

Double croisement. — Le double croisement successif des voies d'excitation dans le système nerveux n'est pas un fait exceptionnel; les résultats de l'expérience indiquant même qu'il doit être fréquent. Ce qui serait exceptionnel, ce serait seulement que le même neurone subît ce double entre-croisement sur sa longueur. On n'en connaît pas d'exemple, et, dans le cas des nerfs moteurs de Tœil, il y a une étape de substance grise entre les deux changements inverses de la direction donnée à l'excitation.

Ainsi, le nerf hémioculo-moteur conduit les excitations d'un hémisphère aux muscles des deux moitiés des globes oculaires opposées à sa propre situation (gauche pour droite et réciproquement), et tourne les yeux dans cette direction, opposée à la sienne propre; le nerf hémiopique conduit à l'un des hémisphères les impressions des deux hémirétines situées du même côté que lui (droite pour droite, gauche pour gauche), mais, étant donné le renversement de la situation des images et des images elles-mêmes par rapport aux objets, chaque hémisphère voit les objets situés dans le côté opposé à sa propre situation. Cette remarque vaut pour la tache jaune comme pour la zone périmaculaire de la rétine, puisque le faisceau maculaire se comportée lui seul comme l'ensemble du nerf optique.

La vision nette ne se faisant bien que dans la tache jaune, les axes oculaires se dirigent instinctivement vers le centre des objets regardés, de manière que leur image se fasse sur la tache jaune : c'est le réflexe de direction. Ce réflexe de direction a pour point de départ, quand l'objet est situé de côté, une impression visuelle qui se fait sur les hémirétines opposées à l'objet (renversement de la situation des images] : cette impression est conduite à l'hémisphère homonyme à ces hémirétines et opposé comme elles à l'objet; elle trouve dans cet hémisphère les conditions de réflexion et les voies motrices qui la ramènent aux muscles, dont la contraction a pour efTet de mettre la tache jaune en face de l'objet, c'est-à-dire dans le prolongement d'une droite qui passe par le centre optique et par l'objet.

VI. Nerf élévateur et nerf abaisseur du regard. — L'existence de deux nerfs hémioculo-moteurs, l'un dextrogyre, l'autre lévogyre, doit nous faire supposer l'existence parallèle d'un nert élévateur et d'un nerf abaisseur du regard. Les nerfs dextro- et lévogyres sont rendus visibles et indépendants anatoniiquenient par l'existence de la scissure interhémisphérique qui sépare le cerveau en deux moitiés droite et gauche par rapport au plan médian. Rien de pareil n'existe pour nous faire reconnaître les deux nerfs, l'un

614 INNERVATIONS SPÉCIFIOUES.

élévateur et l'autre abaisseur. Les fibres constituantes de Tun comme de l^autre sont forcément réparties dans les deux moitiés du cerveau. Les deux moitiés de Tun comme de l'autre sont solidarisées dans leur fonctionnement par des connexions qui peuvent exister soit dans les deux hémisphères par les commissures (corps calleux), soit dans le mésocéphale au point de relai entre les neurones cérébraux et périphériques. Ces deux moitiés sont d'autre part fonctionnellement indépendantes, pour permettre leur action isolée antagoniste.

VII. Mouvements de l'œil dans leurs rapports avec les muscles et les nerfs moteurs périphériques. — Tous les mouvements de Tœil autres que les mouvements dans le sens transversal réclament des associations à la fois nerveuses et musculaires un peu plus compliquées que celles de ces dernières : c'est ce qui ressort d'une analyse des mouvements d'un œil considéré isolément.

Les mouvements de Tœil sont tous des mouvements de rotation autour d'im point coïncidant avec le centre de Tœil supposé sphérique. Nous avons à examiner ceux qui s'exécutent autour de trois axes différents principaux : Taxe antéro-postérieur (mouvement de rotation de la pupille sur elle-même), Taxe transversal (mouvements d'élévation et d'abaissement), Taxe vertical (mouvements d'abduction et d'adduction de la pupille). Trois paires de muscles (les quatre droits et les deux obliques) assurent ces mouvements. Si chacune de ces paires de muscles (droit inférieur et supérieur, droit interne et droit externe, grand oblique et petit oblique) était individuellement située dans un plan exactement perpendiculaire à chacun de ces axes, les conditions de leur intervention pour produire les mouvements sus-indiqués (mouvements cardinaux) seraient simples et de ce fait tout indiquées. Mais en réalité le droit externe et le droit interne sont seuls dans cette condition. Tous les autres muscles, y compris les droits inférieurs et supérieurs (qui de fait sont des obliques), font un certain angle plus ou moins ouvert avec la direction des plans sus-indiqués. Il faut donc que la direction que l'un d'eux produirait en se contractant seul soit corrigée par la contraction de l'un des obliques dont l'obliquité est de sens contraire à la sienne. C'est ainsi que le petit oblique s'associe au droit supérieur pour élever la pupille et que le grand oblique s'associe au droit inférieur pour abaisser la pupille.

Pour les mouvements diagonaux, c'est-à-dire dans les positions intermédiaires aux quatre positions cardinales ci-dessus désignées, ce n'est plus deux, mais trois muscles qui interviennent,

liNNERVATION VISUELLE.

comme on peut l'indiquer par des tableaux ou des schémas.

Antagonisme au repos. — Les obliques (petit et grand) sont donc en somme dans une certaine mesure antagonistes des muscles droits (supérieur et inférieur). Ils le sont non seulement à Tétat de contraction proprement dite pour Texécution des mouvements de Tœil, mais encore à Tétat tonique pour maintenir Foeil dans la cavité orbitaire. En effet, les quatredroits, par leur contraction simultanée, tonique ou autre, tendent à enfoncer le globe oculaire dans Torbite; les obliques ont, de par la situation et la direction de leurs insertions, une tendance inverse : ils soutiennent, en arrière, Tœil comme une sangle, et tendent à le remener en avant. D'autres éléments musculaires sont contenus dans le feuillet oculaire de Taponévrose orbitaire.

Centres individuels des muscles de l'œil. — Si des muscles nous passons maintenant à Tétude des nerfs qui les gouvernent directement, nous pouvons considérer chaque muscle de Fœil comme pourvu d'un nerf particulier en admettant, ce qui est vrai, que chacune des branches de l'oculo-moteur commun provient d'un centre particulier formant partie du centre total de ce nerf. Chacun de ces nerfs peut fonctionner d'une façon indépendante de chacun des autres nerfs du même côté, mais non pas indépendante des nerfs du côté opposé. Les douze nerfs moteurs de l'œil, ou mieux leurs douze centres, s'associent deux par deux ou en plus grand nombre d'un côté à l'autre, indépendamment des associations qu'ils forment ensemble du même côté pour l'exécution des divers mouvements considérés plus haut. On voit tout de suite que, dans ces mouvements associés des deux yeux, il faut distinguer les mouvements de latéralité d'avec ceux d'élévation et d'abaissement des globes oculaires. Ces derniers en effet sont symétriques dans le sens qu'on

— N.dela corn.

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