‹ Traité de physiologie (volume 3)Chapitre 144 sur 155 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le langage est une succession d'actes moteurs qui, par leurs combinaisons, expriment conventionnellement des idées.

On distingue un langage articulé ou parlé qui se sert de sons (signes audibles) et un langage écrit qui se sert de lettres (signes visibles). Le langage caractérise Thumanité et forme la base de la vie civilisée. C'est \B,facultas signatrix de Kaxt.

Expressions émotives. — Au-dessous du langage des idées, il y a un langage des émotions. Toute émotion se traduit en nous par une série d'actes moteurs, tant intérieurs qu'extérieurs. Ces derniers, qui peuvent se réduire à de simples attitudes, manifestent aux yeux des autres les passions dont nous sommes agité*. Ayant une racine plus profonde, ce langage est beaucoup plus général que le précédent; il est en effet universel et naturel; les animaux eux-mêmes le com-

prennent et le parlent entre eux ou avec nous. Darwin a cherché dans la formation du langage un appui pour sa théorie de l'évolution. 11 est rationnel de supposer que le langage conventionnel des (HfTérentes tribus humaines dérive du langage expressif des émotions, commun à l'homme et aux animaux; mais il faut reconnaître que les traces de la transition de celui-ci àcelui-là sont présentement pour nous perdues ou insaisissables.

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