‹ Traité de physiologie (volume 3)Chapitre 69 sur 155 · LEUR PARTAGE · texte numérisé non relu

LEUR PARTAGE

3* cerv.

!»■• dors.

Fmsc. céréb.

Noyau ctrv.

Ctarke

sente une modalité particulière de la conscience, nécessaire à Texé cution correcte de certains mouvements ou efforts coordonnés Chargé en particulier (ainsi que le démontre l'expérience) de la fonclion de Féquilibre^ le cervelet coordonne et rectifie les mouvements qui assurent cette fonction ; et il ne peut le faire qu'autant qu'il est luimême à chaque instant renseigné sur l'attitude des parties et les changements de cette attitude. On comprend, de ce fait, qu'il existe en lui, comme dans le cerveau, une relation définie entre la sensibilité et le mouvement; mais en quoi cette relation se distingue de celle qui existe dans le cerveau, c'est ce que nous ignorons, tant nous sommes peu renseignés sur la nature exacte et le mécanisme des fonctions de Tun comme de l'autre de ces deux organes. — Ce faisceau mériterait d'être appelé faisceau de Foville^ du nom de l'auteur qui Ta pour la première fois constaté chez le nouveau-né et l'a suivi jusqu'au bulbe et au cervelet.

Faisceau de Go'wers. — Le faisceau ascendant antéro-latéral ^ dit faisceau de Gowers, a une autre destination : il se rend, lui, au moins partiellement à l'écorce cérébrale. Nées des cellules commissurales de la corne postérieure, ses fibres passent d'un côté à l'autre, s'entre-croisent, en suivant la commissure antérieure, puis fournissent un long trajet dans la partie superficielle et antérieure du cordon latéral, atteignent le bulbe rachidien où elles rencontrent un noyau de substance grise qui les interrompt partiellement, s'accolent finalement au ruban de Reil et parallèlement à ce faisceau, qui

!«• doré. — .

3« lomb,

tCoyau sacri\

Fig. 114. — La colonne de Clarke et le faisceau cérébelleux direct (d'après Charpy).

Rapports de situation et de volume de la colonne de Clarke {on noir et à droite) avec le faisceau cérébelleux (en bleu et à gauche).

FOxNCTIONS SYSTÉMATIQUES.

Col. de Clarke

est lui aussi d'origine sensitive, se rendent à l'écorcc cérébrale. — Sur les origines de ce faisceau dans la moelle et sur ses terminaisons dans rencéphale, il y a du reste quelques divergences entre les anatomistes. — Le faisceau de Gowers envoie, par le

pédoncule cérébelleux supérieur, des fibres au verrais supérieur du cervelet. Il a donc en partie la distribulion du faisceau cérébelleux direct.

Faisceau latéral profond et faisceau fondamental. — Le reste du cordon latéral est occupé par deux fasciculations, celle du faisceau latéral profond, qui touche la substance grise en arrière, et celle du faisceau dit restant ou fondamental ^ qui occupe le reste de la place. Ces fasciculations sont formées de fibres commissurales qui relient en arc des étages différents de la substance grise médullaire. IV. Excitation des cordons latéraux. — On a expérimenté sur les cordons latéraux, comme sur le cordon postérieur et sur le cordon antérieur. Pour comprendre la relation de ces expériences, en même temps que leurs enseignements, il faut se rappeler que, pour la plupart, elles datent d'une époque antérieure à celle où on a reconnu, par Tétude de la myélinisation et par celle des dégénérations secondaires, la subdivision de ces différents cordons en fasciculations partielles, telles que nous venons de les indiquer. On distinguait alors les trois cordons admis en anatomie descriptive (cordons antérieur, latéral, postérieur), et en réalité on n'en reconnaissait que deux réellement distincts (le cordon antéro-latéral et le cordon postérieur). — Les effets sensitifs de l'excitation sont bien moins accusés dans le cordon latéral que dans le cordon postérieur.

Fig. 115. — Colonne de Clarke (dessin de Charpy).

Depuis que ces détails sont connus, les expériences nouvelles tiennent naturellement compte de ces connaissances acquises. Comme d'autre part, la grande difficulté est d'agir isolément sur [des faisceaux aussi rapprocliés et parfois mélangés, on a songé à utiliser le fait de la myélinisation isolée et successive de chacun d'eux pour les interroger séparément sur des animaux nouveau-nés à divers états de développement. Si par exemple un seul faisceau est myélinisé cet que l'ensemble réponde à l'exitation, c'est que l'effet produit est sous la

dépendance de ce faisceau. Si inversement un seul faisceau est dépourvu de myéline et que l'effet recherché fasse défaut, c'est que cet effet appartient dans ce cas au faisceau non myélinisé (Bechterew). On sait que les faisceaux ne sont excitables que loi'sque leurs fibres sont pourvues de myéline, c'est-à-dire que leur développement est complet.

Eflfets conscients. — On a donc coupé le cordon latéral dans sa totalité et on a excité son segment supérieur comme on l'avait fait pour le faisceau postérieur. On lui a trouvé un certain degré de sensibilité, moindre qu'au faisceau postérieur; ce qui s'explique par l'absence, dans le cordon latéral, d'éléments radiculaires sensitifs que (sauf dans l'expérience de Gianuzzi) on ne réussit pas à dissocier des éléments endogènes dans le faisceau postérieur. Ces éléments endogènes accusent ainsi d'une façon plus nette la faiblesse de leur effet sensilif.

Bffets réflexes. — Les effets réflexes de l'excitation des faisceaux latéraux sont comme les effets conscients, plus faibles que ceux provoqués par l'excitation des faisceaux postérieurs dans la région voisine ou correspondante. Toutefois, ces effets réflexes sont très nets en ce qui concerne les modifications cardio-vasculaires. Dittmar, qui les a étudiés, note que l'excitation centripète des faisceaux latéraux les produit sûrement, tandis que celle des faisceaux antérieurs ne les produit pas, ni celle de la substance grise.

D'après Bechterew, l'hémisection de la moelle cervicale s'accompagne de mouvements de rotation et de manège. Si de plus on excite le segment susjacent à la section dans la partie qui correspond au faisceau cérébelleux direct, chez le chien nouveau-né, on provoque un mouvement du tronc qui se tourne légèrement sur son axe et de la tète qui s'incline sur l'épaule du même côté. Or à ce moment du développement, le faisceau cérébelleux est complètement myélinisé, à côté de faisceaux qui ne le sont pas ou qui ne le sont qu'incomplètement. Les effets produits par l'excitation lui reviendraient donc légitimement. Ce faisceau serait ainsi conducteur d'impressions centripètes présidant à l'équilibration.

Le faisceau antéro-latéral ou de Gowers n'est excitable, chez le chien, qu'à partir du deuxième ou quatrième jour après la naissance. Son excitation centripète produit des mouvements i*éflexes du tronc et des membres thoraciques. Comme d'autres voies centripètes existent alors également développées dans la môme région, la conclusion à tirer de celte expérience est moins rigoureuse. On peut admettre néanmoins avec vraisemblanee que ce faisceau constitue une voie sensitive importante.

C. Section des faisceaux .médullaires. — Une autre méthode, applicable à la moelle comme aux nerfs, consiste à faire dans celle-ci des sections limitées de son axe gris ou de ses faisceaux, pour apprécier soit le dé/icii qui se produit dans certaines fonctions, soit la conservation de certaines autres. Ce double contrôle n'est jamais oublié dans les expériences sur le système nerveux.

1. Hémisection de la moelle; conservation de la sensibilité dans les parties correspondantes. — Quand elle est faite d'un seul côté de la moelle épinière, la section des cordons postérieurs n'abolit pas la sensibilité dans les parties situées au-dessous de cette

section. Ce résultat a dû étonner les anciens expérimentateurs, pour qui la moelle était simplement la réunion des nerfs périphériques en un seul tronc ; il se comprend au contraire assez bien, depuis qu'on a pénétré la structure de cet organe et en particulier celle des faisceaux postérieurs, et notamment des racines sensitives qui les composent en grande partie. Le champ de distribution dechacune de ces racines, de chacun des éléments qui les composent, est extrêmement considérable, grâce aux ramifications de ces éléments qui se dirigent, soit en haut, soit en bas, pour atteindre la substance grise médullaire, dans la plus grande partie de son étendue. Couper les faisceaux postérieurs, au-dessus du renflement lombaire par exemple, équivaut à interrompre une partie seulement des connexions des nerfs sensitifs des membres postérieurs avec Taxe gris médullaire. Les excitations apportées de la peau par les racines postérieures continuent donc d'y affluer, par des voies, il est vrai, plus limitées, mais atteignent néanmoins le sensorium. Doit-on conclure de là que le chemin qui leur est offert, dans le système si compliqué qui fait suite aux neurones radiculaires, est indéterminé et que toute voie leur est bonne, pourvu qu'elle soit perméable? L'expérience ne dit pas cela, et une telle supposition, à tout point de vue, paraît inadmissible.

Dans le système qu'ils contribuent à former, chacune des fasciculations, chacun des éléments que nous envisageons séparément a sa fonction particulière, jusqu'à un certain point spécifique, qui fait que, lorsque cet élément est détruit ou interrompu, le système n'est plus équivalent à lui-même, maisdéséquilibré dans une certaine mesure. C'est ce que nous voyons par la section des faisceaux postérieurs, à cela près que la modification apportée par cette section dans l'exercice de la sensibilité est tout à fait imprévue.

Hyperesthésie. — Fodeua le premier a observé ({\x après la section des faisceaux postérieurs de la moelle épinière^ non seulement la sensibilité n'est pas abolie dans les membres sous-jacents au lieu de cette section^ mais elle est au contraire exagérée. Ce fait a depuis été revu par tous les expérimentateurs, et Brown-Séquard est de ceux qui l'ont étudié avec le plus de détails. D'après cet auteur, c'est non seulement la sensibilité à la douleur, mais tous les modes de la sensibiiité(sensibilitésau froid, auchaud, à la pression, au contact), qui se trouvent ainsi exaltés. Il est vrai de dire qu'en raison môme de l'hyperesthésie, ces difl'érents modes de sensibilité tournent facilement à la douleur.

La sensibilité réflexe est, elle aussi, considérablement exagérée. L'hyperesthésie porte sur toutes les formes connues de la sensibilité.

Anesthésie croisée. — Brown-Séquard a montré que, si la section porte sur im seul des deux faisceaux postérieurs^ le phénomène de déséquilibration de la sensibilité prend une forme nouvelle : il y a hypcresthésie du membre correspondant et htjpoesthésie^ c'est-àdire anesthésie incomplète, du membre opposé au côté de la section. — C'est ce qu'on appelle l'anesthésie croisée.

D'après Vulpian, il y a un rapport étroit, une sorte de balancement entre ces deux phénomènes, l'un d'exagération, l'autre de diminution de la sensibilité.

Lésions variées en situation et en étendue. — On i)eul faire apparaître ce phénomène par des lésions, en somme, variées en jjrandeur et en situation, mais à la condition toujours respectée qu'elles soient unilatérales.

Le moyen le plus simple, parce qu'il exige moins de précision, est de faire une hémisection de la moelle épinière, au-dessus de l'orijzine des nerfs correspondant à la partie dont on examine la sensibilité. — Le phénomène apimrait encore si on coupe Vun des faisccuttx latéraux dans la réjrion avoisinant les faisceaux postérieui*s, ou ji on coupe la corne postérieure d'un côté (Brown-Skquard). Il suffit d'un désordre extrêmement limité sur l'un des côtés de la moelle dans les régions sus-indiquées, une piqûre par exemple.

Persistance des effets. — A la condition que la lésion produite soit persistante, le phénomène de désé(|uilibration de la sensibilité persiste lui-même pendant des semaines et des mois; pour des lésions irréparables, il parait définitif.

Dans le sens, non plus de 1 épaisseur, mais de la hauteur de la moelle, des lésions diversement situées peuvent le produire également. Si l'hémisection est faite dans la région cervicale, il y a hyperesthésie très considérable des deux membres correspondants et hypoesthésie de l'autre côté. Si elle est faite près du bulbe, il y a en plus hyperesthésie de l'oreille du même côté et hypoesthésie de Toi-eille opposée.

Action snr la région immédiatement supérieure. — Tcrck, Ciiauveau ont observé, le premier sur la grenouille, le second sur les mammifères, qu'une hémisection incomplète de la moelle peut détei-miner également une hyperesthésie des parties situées en avant de la lésion du même côté.

Une hémisection du corps resliforme ou du pédoncule cérébelleux antérieur, ou du cervelet ou des tubercules quadrijumeaux, détermine une hyperesthésie correspondante de toutes les parties du corps, mais assez faible.

Le retentissement de la lésion est, comme on voit, très lointain sur les régions sensibles situées en arrière (chez l'homme, en bas) de l'hémisection. Que la lésion soit une hémisection complète ou une destruction très limitée en épaisseur et en hauteur du faisceau postérieur, la conséquence s'en fait ressentir, non sur tel ou tel territoire cutané limité, mais sur tout le territoire sensitif placé en amère, d'une façon à peu près uniforme.

Page 1