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Réflexes généraux

Les fonctions sensitivo-motrices, qui sont conditionnées par les associations de la substance grise bulbo-protubérantielle, appartiennent à la fois au conscient et à l'inconscient, et la limite qui les sépare est souvent indécise ou peu accusée. Nous en prendrons une idée par quelques exemples significatifs dans les deux genres, à savoir, pour le premier, phénomènes de sensibilité et de locomotion; pour le second, action régulatrice sur les fonctions de la nutrition, respiration, circulation, sécrétion, etc.

I. Sensorium commune. — La substance grise réticulée qui, au niveau de la protubérance, surmonte en la continuant la substance réticulée proprement bulbaire, réalise des associations sensitivo-motrices déjà remarquées par Lorry et qui, au dire de Longet et de Vl'lpian, lui donnent la valeur d'un sensorium commune.

Sur un mammifère dont on a enlevé les hémisphères cérébraux, les couches optiques, et tout Tencéphale à Texception du cervelet, des tubercules quadrijumeaux, de la protubérance et du bulbe, l'excitation d'un nerf sensitif provoque des réactions motrices d'un caractère manifestement douloureux. Cette excitation suscite des cris prolongés, plaintifs, totalement difl'érents du cri bref, en quelque sorte mécanique, de l'animal auquel on a enlevé la protubérance, en lui laissant le bulbe. Ces cris douloureux sont accompagnés de respiration violente, de tentatives pour fuir; toutes réactions qui, à première vue, ne se distinguent pas de celles d'un animal possédant son cerveau. La sensation existe donc, puisqu'elle se manifeste par les caractères auxquels nous la reconnaissons. La diff'érence consiste en ce que, dans ce cas, elle ne laisse pas de trace persistante après elle, ne s'accompagne pas de souveni7\ mais disparait avec les réactions motrices qui ont servi à la traduire extérieurement. Du fait de la non-conservation de la sensation, le phénomène est bien réflexe ; mais il est en môme temps douloureux, c'est-à-dire conscient. Il fait la transition avec les phénomènes conditionnés par l'intervention du cerveau, dans lesquels le caractère de réflexion immédiate disparaît au contraire plus ou moins complètement, à mesure que

s'accuse le phénomène de la conservation de la sensation ou de la rnt^moire. Dans le réllexe simple, où la sensation est à Tétat de trace non reconnaissable, le phénomène est excito-moteur ; dans le réllexe accompagné de sensation, mais sans souvenir, le phénomène est se/isitivo-moteiir ou sensori-moteur ; dans le cas où la succession rétlexe est devenue à son tour méconnaissable, par l'interposition des actes cérébraux de Tintelligence, le phénomène est irfeo-wio/^/r (Carpenter).

11. Fonctions locomotrices. — Une fonction qui implique de son côté dans Tordre moteur des associations d'un ordre compliqué, c'est la locomotion chez les vertébrés et surtout les mammifères, et avec elle la station dans l'attitude debout. Comme l'a montré LoMiEi, la protubérance a un rôle non exclusif mais essentiel dans cette fonction.

Rôle de la protubérance. — Après Tablation des hémisphères cérébraux et des couches optiques réalisée sur un lapin, si on laisse intacte la protubérance, on voit l'animal se tenir dans Tattitude ordinaire du repos ; excité, il fait quelques pas réguliers et redevient immobile. Quelquefois môme il fait quelques pas sans provocation apparente, sans doute à la sollicitation de quelque excitation interne. Si on détruit la protubérance^ toute locomotion est deve?iue impossible et l'animal n'est plus capable de se maintenir sur ses pattes.

Des expériences du môme genre sur des animaux de différentes classes, oiseaux, poissons, batraciens, donnent les mômes résultats. Le pouvoir locomoteur est plus indépendant encore chez ces animaux que chez les mammifères. Chez les poissons, l'ablation du cerveau, avec conservation des parties qui représentent la protubérance, laisse subsister une sorte de spontanéité sans doute apparente et qui est due à la persistance des excitations que subit l'animal laissé dans son milieu. Une grenouille décérébrée reste immobile ; placée dans l'eau, elle iiage (par excitation réflexe du milieu) jusqu'à ce qu'elle ait rencontré le bord et reste immobile. Un oiseau décérébré placé sur le sol garde également l'immobilité; jeté en l'air, il vole pour se soutenir jusqu'à ce qu'il soit retombé à terre: c'est dans les deux cas le môme mécanisme.

L'excitation volontaire, transmise du cerveau à la protubérance, trouve dans cet organe un mécanisme nerveux préformé qu'elle met en jeu et par lequel elle réalise des mouvements compliqués, sans intervenir dans leur détail. Elle agit elle-mômc comme l'excitation venant de l'extérieur par les nerfs sensitifs.

Associations préétablies. — Les associations fonctionnelles, qui sont réalisées dans la protubérance en vue de la locomotion, sont le fi-uit du déve-

loppement embryologique et non d'une éducation qui les acquiert. C'est du moins ce qu'on peut aHirmer chez certaines espèces animales appartenant aux mammifères et aux oiseaux.' Les petits du lapin ne marchent qu après plusieurs semaines; il en est de même du chien, de plusieurs oiseaux (pigeon, passereau, etc.). Pai^ contre, le cochon d'Inde peut marcher aussitôt après la naissance; de même le poulet, le canard. Tout le monde connaît le fait des jeunes de canard qui, couvés par la poule, vont se jeter à l'eau en sortant de l'œuf et nagent sans apprentissage fait par imitation. Chez l'homme lui-même, il est admissible que la marche et la station debout sont un fait de développement beaucoup plus que d'éducalion.

A. Respiration. — Depuis longtemps rexpérience a montré que la survie des animaux est compatible avec des mutilations, des retranchements très étendus dans le système nerveux, quand ceux-ci portent sur la partie supérieure (cerveau, cervelet, ganglion de la base) ou sur sa partie inférieure (moelle épinière jusque près du milieu de la région cervicale); tandis que des lésions limitées, portant sur l'espace intermédiaire, peuvent amener la mort d'une façon soudaine et sans retour des fonctions (Galien, Lory). Cela tient à ce que, comme Ta bien compris Legallois, la mutilation atteint, dans ce point, des organes nerveux qui gouvernent X^l respiration et, bien que cette fonction ne soit en elle-même pas plus importante que telle ou telle autre (l'alimentation par exemple), les mouvements qui l'entretiennent ne doivent subir aucun retard^ parce que les réserves en oxf/gène sont, dans l'organisme, extrêmement /ez/ô/e^ par rapport à celles des autres substances. La ventilation pulmonaire, l'oxygénation du sang et des tissus s'arrête ; renchaînement général des fonctions est rompu ; la vie est impossible.

I. Nœud vital. — Legallois avait déjà vu que la lésion peut être limitée à un petit espace vers l'origine des nerfs pneumogastriques. Flolrens s'attacha à préciser encore davantage la place de ce point qu'il appelle central, premier moteur de la respiration ou nœud vital. Après quelques variantes, il le situe dans la profondeur du bulbe à la pointe du V de substance grise inscrit dans l'angle postérieur du quatrième \entricule. Il l'étend à droite et à gauche de la ligne médiane à deux ou trois millimètres environ de celle-ci, car ce contre est double : la respiration et la vie ne s'arrêtent que s'il est détruit des deux côtés. L'opération était réalisée en enfonçant dans la substance bulbaire un emporte-pièce ayant les dimensions indiquées.

Dissociation des mouvements respiratoires. — Si la lésion est faite immédiatement en arrière de la pointe du V, les mouvements respiratoires du tronc sont abolis, ceux de la face persistent quelque temps encore ; si elle est

faite imméilialemenl en avant du V, c'est l'inverse : les mouvements du tronc persistent pendant que ceux de la face sont abolis.

Situation et profondear. — Loncet, qui a refait ces expéi'iences, admet que la mutilation qui produit ces effets porte sur le faisceau latéral du bulbe.

En cherchant à reproduire l'expérience de Floirens, bon nombre dexpérimeniateurs ont été amenés à déplacer ou étendre le centre respimtoire, dont il avait fixé les limites. Des contradictions qui se sont élevées entre eux à ce sujet» Wertheimer tire la conclusion qu'il n'est pas possible de limiter ce centre dune façon plus précise que l'avait fait Legallois. (^est un lieu de substance grise inscrit dans le trianjrlc inférieur du plancher du quatrième ventricule et <'omprenantses couches profondes.

D'après un plan qui se retrouve dans tous les systèmes du même j^enre, le rentre bulbaire de Legaixois est superposé à des centres médullaires d'où émanent direclement les nerfs moteurs de la respiration. Il les associe et les coordonne en utilisant leurs aptitudes. Réduits à eux seuls par la séparation de la moelle et du bulbe, ces derniers peuvent encore entretenir, pendant un temps, ^les mouvements rythmés capables d'oxygéner le sang.

(^es mouvements d'origine médullaire ne se voient pas dans les conditions habituelles de la desli'uction du bulbe ou de l'expérience de Floirens, paiTe que le choc opératoire les empêche de se produire et que, la respiration ne comportant pas de délai, la mort survient aussitôt. On tourne la difficulté, en faisant artificiellement la respiration jusqu'à ce que les effets du choc soient dissipés (Wertheimer), ou en réveillant l'excitabilité médullaire par la strychnine (Langendorff), ou en excitant rythmiquement les nerfs sensitifs du thorax, ce qui permet à la resj)iralion de s'entretenir par des réflexes exclusivement médullaires ((illArVEAl).

Hémiplégie respiratoire. — Pour Sc.hiff, Thémisection de la moelle audessous du bulbe produit une hémiplégie respiratoire» en réduisant àrimmobihté la portion du diaphragme et les muscles correspondants. Toutefois cette hémiplégie n'est pascons(anle,et (|uand les excitations s'exagèrent, le cùté paralysé partici[)e à la ventilation. Si, par exemple, on coupe le phrénique du cùté opposé à riiémiseclion, c'est le côté de l'hémiseclion (lui se contracte seul. Des commissures existant entre les noyaux du phréni(|ue assureraient cette transmission 4le l'excitation.

On peut, par une section longitudinale, séparer les deux moitiés du bulbe : la respiration persiste et demeure synchrone. ()n peut séparer d'autre part les deux moitiés de la moelle cervicale, et le résultat est le même. Des associations existent dans les deux cas, cpii suffisent à solidariser les deux moitiés.partiellem<»nt séparées.

II. Influence de la composition du sang. — Comme tous les mitres (lu même ordre, les centres respiratoires fonctionnent d'une façon réflexe, sous Tinfluence des excitations qu'ils reçoivent par leurs nerfs sensitifs ; mais de plus, ils sont influencés par la qualité du sang qui les traverse. L'abaissement de la tension de Coxygène dans le sang^ f augmentation de celle de l'acide carbonique augmentent leur excitabilité. Les mouvements de la respiration s'en trouvent accrus. Les conditions de la viciation du milieu intérieur sont ainsi celles mômes qui activent le renouvellement de ses

gaz et permettent à la ventilation de se régler sur la composition du sang.

Réflexes défensifs. — Le mouvement régulier de respiration seconvertiU sous certaines iniluences, en un mouvement défensif d'expulsion par exagération du courant d'air expiraleur, comme dans la toux, l'élernuement ; ces actes réflexes naissent sous l'influence d'excitations sensitives particulières et limitées à certaines régions, sur certaines muqueuses ou normales ou ayant subi un certain degré d'inflammation.

Toux. — La toux naît d'une excitation des extrémités des nerfs laryngés (principalement les supérieurs^ de préférence dans certains endi'oits. Une zone tussigéne très efficace [à l'état normal chez les animaux) est l'espace interaryténoïdien de la glotte, vers l'extrémité postérieure des cordes vocales (Vulpian). Dans une plus faible mesure, les régions innervées par le récurrent provo(|uent la toux même après la section des laryngés supérieurs {Lon<;et) et donnent naissance à la toux expulsive qui protège les voies respiratoires pendant la déglutition. D'autres zones tussigènes existent dans le pharynx et le voile du palais, dans les fosses nasales, dans le conduit auditif, etc.

L'excitation directe du plancher du quatrième ventricule produit la toux.

Ëternuement. — Le point de départ de l'excitation est non dans l'organe de l'olfaction, mais dans les éléments sensitifsdela mucfueuse olfactive fournis par le trijumeau (filet ethmoïdal de la branche ophtalmi(|ue). Il n'est pas non plus dans l'excitation de la rétine quand l'éternuement résulte de l'impression d'une vive lumière, mais dans les extrémités des nerfs ciliaires (Wertiieimer et de Surmo.nt).

Vomissements. — Dans l'acte réflexe du vomissement, la contraction du diaphragme (mouvement respiratoire modifié) s'associe à des mouvements de la bouche et des contractions de l'estomac. L'association principale des nerfs sensitivo-moteurs de ces dilTérents organes se fait dans le bulbe. Un chien soumis à l'action du tartre stibié, après section sous-bulbaire de la moelle é|)inière, ne présente que les mouvements de la bouche et du cou, sans l'éjection des aliments (GrAM'zzi). Toutefois la possibilité d'agir réflectivement sur le diaphragme, après section de la moelle, est démontrée par l'excitation du bout central du nerf splanchnique (Luciisinger).

B. Circulation. — Comme ceux de la respiration, les systèmes excitateurs et régulateurs des mouvements de la circulation sont multiples et fermés de parties étagées, auxquelles correspondent des lieux de substance grise, qui réalisent les associations de leurs parties constituantes. Il y a donc, là encore, des centres inférieurs et un centre supérieur qui gouverne ceux-ci. Les centres inférieurs sont avant tout les ganglions du grand sympathique, d'où procèdent directement les nerfs vaso-moteurs et cardio-moteurs, lesquels forment entre ces ganglions et les muscles cardiaque et vasculaires des fibres de projection du premier ordre. Ces ganglions sont reliés à la moelle épinière par les rameaux communicants blancs, qui sont ainsi des fibres de projection du deuxième ordre. On connaît très

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exactement les points de pénétration, ou mieux (fc sortie, de ces fibres du deuxième ordre (intercentrales par conséquent) le long de la moelle épinière. On est beaucoup moins renseigné sur les relations qu'elles ont avec la substance grise médullaire. A partir des origines apparentes que nous leur connaissons, remontent-elles directement jusqu'à la substance grise bulbaire? ou bien relayent-elles dans les noyaux gris médullaires qui leur correspondent? ou encore offrentelles un mélange de ces deux dispositions? Ces différentes opinions ont eu leurs partisans.

I. Centre vaso-moteur général bulbaire. — C'est à la physiologie surtout qu'on a demandé la solution du problème. Les centres ainsi recherchés se signalent fonctionnellement par l'action tonique qu'ils exercent sur la pression vasculaire. En faisant des destructions ou des sections échelonnées le long de Taxe gris et en notant à chaque fois l'état de la pression, on verra, par les changements ou la persistance de celle-ci, si ces centres existent ou font défaut, et quelle est leur part d'action.

Centres médullaires et ganglionnaires. — La section sousbulbaire de la moelle épinière produit d'emblée une chute de pression considérable. Ce fait très évident avait été invoqué comme preuve de l'existence d'un centre général et unique, situé dans le bulbe, au voisinage du calamus (Schiff). Mais si, par la respiration artificielle, on prolonge la vie de l'animal, on voit, au bout d'un certain temps, la tonicité vasculaire se rétablir et la pression se relever. On peut l'accroître par l'excitation asphyxique ou par l'action de la strychnine: le pouvoir tonique subsistant est alors partagé par la moelle et les ganglions du grand sympathique. Par une expérience du môme ordre qui consiste à enlever la plus grande partie de la moelle épinière, Goltz et Ewald ont montré également qu'après une chute nouvelle le tonus vasculaire peut se rétablir du fait de l'action seule subsistante du grand sympathique. H ne faut donc pas juger d'après l'effet immédiat, qui n'est pas définitif; mais savoir que, après un premier temps de surprise, le système ainsi déséquilibré garde en lui-môme le moyen de rétablir, dans une certaine mesure, la fonction troublée, parles seules ressources de ses associations non détruites. Par ce qui précède, il est prouvé que ces associations existent dans les ganglions, dans la moelle épinière, dans le bulbe rachidien,ces dernières ayant la plus haute importance pour la régulation de la fonction vaso-motrice.

IL Réflexes vaso-moteurs. — Une autre propriété des centres, c'est de réfléchir les excitations qui leur sont adressées par la voie <les nerfs sensitifs. L'excitation d'un nerf sensitif important, comme

\o tronc (lu sciatiquo, produit, par action rc^tlexo, une éhHation iW^s marquée de la pression. Si, par des retranchements successifs, on enlève les diiïérentes parties du cerveau et de rencépbale, ces actions réilexes restent possibles, tant que le bulbe est intact (Uitïmah). Elles cessent aussitôt que le bulbe est séparé de la moelle (Owsjanikow). Ces expériences semblent indiquer d'une façon nette à la fois la place et les limites (en hauteur) du centre vaso-moteur. Elles aussi nous désignent le bulbe comme contenant ce centre à la fois unique et indépendant. A coup sûr elles lui acquièrent une importance prépondérante, mais elles doivent de même être contrôlées par d'autres épreuves qui remettent les choses au point.

En effet, là encore, il faut distinguer entre les résultats immédiats et ceux consécutifs. Une fois le choc opératoire dissipé, Texcitation sensitive peut avoir (môme dans le cas de section sous-bulbaire) son effet réflexe d'élévation de la pression. C'est donc que les nerfs sensitifs excités atteignent dans la moelle elle-même des centres de réflexion, faits à l'image du centre bulbaire, moins puissants, c'est-à-dire moins aptes à généraliser l'excitation à tout le système vaso-moteur, mais aptes à le faire dans une certaine mesure. Le centre bulbaire peut de son côté, dans certaines conditions, obéir à des excitations descendant de l'écorce cérébrale.

Centres cardio-inhibiteurs. — Ainsi, il y a, dans le bulbe, un centre d'association des excitations, qui harmonise d'autres centres d'association, placés sous sa dépendance. Ceux-ci sont échelonnés dans l'axe gris bulbo-méduUaire, de telle sorte que les plus haut situés sont dans le voisinage presque immédiat du centre vaso-moteur. De ce nombre sont les noyaux d'origine des nerfs cardio-modérateurs contenus, pour certains auteurs, dans celles du pneumogastrique, pour d'autres, il est vrai, un peu plus bas, dans celles du spinal (Waller); de ce nombre également sont les noyaux d'origine d'autres nerfs vaso-moteurs (dilatateurs principalement) allant à la langue, à la glande sous- maxillaire, etc. Le bulbe rachidien, la moelle thoracique, la pioelle sacrée sont, comme il a été dit déjà, les trois lieux principaux d'origine, au moins apparente, des nerfs qui, soit par la chaîne sympathique (région thoracique), soit en dehors d'elle (région bulbaire et région sacrée), vont au cœur et aux vaisseaux. Ce qui caractérise la moelle allongée, c'est d'être à la fois une continuation de la moelle épinière, par les noyaux d'origine qui prolongent l'axe gris, et une formation snrajoutéOy par les masses grises supplémentaires qui n'ont plus de connexions avec la périphérie que par les noyaux précédents, aux-

38t FONCTIONS SYSTÉMATIQUES.

quels ollos sont relises par des conneclifs, qui contribuent à former les faisceaux blancs de la moelb» et du bulbe.

C. MorvEMKNTs DE LA piPiLLE. — Lcs niouvcments de la pupill«\ très faciles à apprécier, ont également servi comme moyen de détermination des connexions du grand sympathique avec la moelle et le bulbe.

I. Réflexe irido-dilatateur. — I/origine au moins apparente des nerfs dilatateurs de la pupille est dans la moelle cervico-thorncique. Brnr.i: localise «lans cet endroit un centre cilio-spinaL Cii vive vr a observé que si on coupe la moelle épinière dans la région cervicale (entre ce centre et le bulbe), T^^xcitation d'une racine postérieure thoracique fait encore dilater la pupille par action réllexo sur la moelle épinière. Le centre bulbaire n'est pas imiispensahie à cette réflexion. Quelques auteurs ont noté la possibilité de cet effet après la séparation du bulbe (Salkowsky). 11 faut rappeler que la réflectivité médullaire est altérée par le choc succédant à la section et ne réapparaît qu'après un certain temps de repos. Il faut noter également que les dilatateurs de l'iris proviennent non seulement de la moelle thoracique par le grand sympathique cervical, mais aussi des origines propres du trijumeau par des fibres représentant la partie crânienne ou bulbaire des origines du grand sympathique, et qu'après la séparation de la moelle et du bulbe, ces dernières étant mises hors de cause, l'action dilatatrice de l'excitation sVn trouve diminuée d'autant. Le réflexe irido-dilatateur a, dans ces expériences, pour point* de départ une excitation sensitive (racine postérieure ou nerf sensitif cutané quelconque).

II. Réflexe irido-constricteur ou photo-régulateur. — Il existe un autre réflexe antagoniste du précédent, qui a pour point de départ une excitation sensorielle du nerf optique et se traduit par le rétrécissement de la pupille à l'approche d'une vive lumière. O réflexe, signalé pour la première fois par Herbert Mayo, a pour voies centripètes la rétine et le nerf optique, pour lieu de réflexion les tubercules quadrijumejux antérieurs, pour voies de retour sur le muscle constricteur de l'iris des libres qui, nées dans un des noyaux partiels <le l'oculo-moteur commun, suivent ce nerf, traversent le ganglion ophtalmique et aboutissent, par les nerfs ciliaires, au plexus ciliaire et, par lui, à l'iris. Ce système réflexe, au lieu d'avoir ses voies partagées entre la moelle et la moelle allongée, les a au contraire concentrées dans ce dernier organe el «lans les nerfs qui en partent ou y aboutissent. En tout cas, s'il a des voies médullaires, nous n'avons aucun moyen de les démontrer.

Qu'il s'agisse de Tun ou de Faulre de ces deux réflexes, il y a cerlainemenl, en plus des centres locaux d'émergence des nerfs moteurs et d'aboutissement des nerfs sensitifs, un ou des centres d'associalion. Pour le réflexe photo-régulateur, c^s centres sont rapprochés les uns des autres (tubercules quadrijumeaux, noyaux de l'oculo-moteur, bandelette longitudinale); pour le réflexe irido-dilataleur, ils sont séparés par une grande distance (bulbe, moelle thoracique, faisceau fondamental) ; leur dissociation expérimentale est ainsi rendue facile et, une fois opérée par la section de la moelle cervicale, elle montre que des associations réflexes persistent dans le centre inférieur entre nerfs sensitifs et moteui^ mis en relation par sa substance grise.

D. Sécrétions. — Le schème précédent, applicable au système vaso-moteur, Test aussi au système des nerfs sécréteurs. Qu'il s'agisse (lu revêtement cutané ou de Tintestin avec ses grosses glandes annexes, il lui est à peu près superposable. Même répartition des nerfs à la périphérie ; mêmes origines dans la chaîne et dans la moelle épinière et allongée ; même subordination des systèmes inférieurs à un centre bulbaire d'association; mêmes conditions qui mettent en relief le rôle prédominant de celui-ci et l'existence de ceux-là.

Dans l'espace restreint où nous avons trouvé le centre respiratoire et le centre vaso-moteur général, Texpérience démontre Texistence d'autres lieux d'association, agissant d'une façon analogue sur les phénomènes d'activité glandulaire. L'influence du bulbe s'étend sur la sécrétion rénale, les sécrétions du tube digestif, la sécrétion cutanée ; elle gouverne encore ce qu'on appelle les sécrétiom internes,, dans le genre de la formation du glycose aux dépens du glycogène du foie. C'est ce que prouvent les faits qui suivent.

Piqûre diabétique. — Glycosurie. — Cl. Bernard a montré qu'en piquant le plancher du quatrième ventricule en un point déterminé situé sur la ligne médiane et sur l'espace qui sépare l'origine des deux pneumogastriques, on provoque l'apparition du sucre dans l'urine ; la glycosurie commence dès la première heure qui suit l'opération et disparaît après quatre ou cinq heures : d'où Ton conclut que la piqûre agit comme une excitation.

Polyurie. — Si la piqûre porte un peu plus haut, sur l'espace compris entre les origines des nerfs acoustiques et des pneumogastriques, il y a tout à la fois polyurie et glycosurie, (^es deux phénomènes sont du reste le plus souvent associés.

Albuminurie. — Si elle porte plus haut encore, entre les origines des nerfs acoustiques ou au-dessus, il peut n'y avoir que polyurie isolée, avec ou sans albuminurie.

Salivation. — On peut aussi provoquer, comme l'a vu également CI. Bernard, i\e la salivation par la piqûre du quatrième ventricule.

La glycosurie indique une relation du bulbe avec le foie, organe glyco- sécréteur, il'autant que l'on constate après la piqûre une élévation du taux de la glycose ilans le sang artériel et que l'efTet (hyperglycémie et glycosuiie) ne se produit MoRAT et DoYON. — Physiologie. II. — "25

plus quand préalablement on a coupé les branches du grand sym])alliique qui vont au foie.

La polyurie indique une relation avec le rein, et l'hypersalivation une relation avec les glandes salivaires.

Sécrétions réflexes. — Ces activités glandulaires diverses peuvent être provoquées par voie réflexe en excitant certains nerfs sensitifs. L'hyperglycémie a été constatée après excitation du bout central du vague (Cl. Bernard), la glycosurie et Thyperglycémie après excitation du dépresseur(FiLEHNE, Laffont). Ces efl*ets réflexes cessent de se produire quand on a détruit dans le bulbe la région correspondant au point où se fait la piqûre.

Sudation. — L'excitation des nerfs sensitifs produit en général une activité réflexe des glandes de la sueur. Sans chercher à préciser étroitement la région où se fait cette réflexion, on s'est posé (comme pour les vaso-moteurs) la question de savoir si la moelle ou le bulbe ^y participe ou les deux organes, et dans quelle mesure. Tant que le bulbe a gardé ses connexions avec la moelle, la sudation réflexe se fait facilement. Après la section sous-bulbaire, la réflexion cesserait de se faire selon les uns (Nawrocki), persisterait selon les autres dans une mesure restreinte (Luchsinger, Robillard). C'est cette dernière opinion qui est la vraie : il faut seulement ne pratiquer l'excitation qu'un certain temps (parfois vingt minutes, une demi-heure) après la section de la moelle, pour laisser le temps au choc opératoire de se dissiper; la vie est entretenue par l'insufflation pulmonaire.

Connexions entre systèmes parallèles. — Dans leur ensemble, les systèmes qui gouvernent les fonctions circulatoire et sécrétoire se ressemblent assez exactement. Leurs nerfs passent dans la chaîne et les ganglions du grand sympathique ; pour les mêmes organes, ils sont contenus dans les mêmes troncs et sortent de la moelle par les mêmes racines. Nous venons de voir qu'ils ont dans la substance grise du bulbe rachidien un lieu commun de systématisation, sans préjudice de ceux qu'ils présentent dans les ganglions sympathiques et la moelle épinière. Ce voisinage de leurs éléments et cette pénétration de leurs centres indiquent des fonctions qui, non seulement sont parallèles, mais qui soni dans une certaine mesure dépendantes l'une de l'autre, ou tout au moins se règlent l'une sur l'autre. Ces associations fonctionnelles impliquent entre les deux systèmes des connexions dans les différents lieux de substance grise. Les masses grises que nous appelons centres vaso-moteurs, sécréteurs ou autres, ne doivent donc pas être comprises comme des organes à limites arrêtées, mais, une fois de plus, comme un ensemble complexe de connexions qui s'établissent ou se rompent suivant les besoins de la fonction.

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