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Fonctions du corps strié

Le corps strié est resté, parmi tous les organes nerveux, un de ceux dont les fonctions sont les plus obscures.

L'anatomie comparée nous montre cette masse ganglionnaire dans un rapport de développement inverse de celui de Técorce du cerveau. Chez les poissons osseux, cette dernière n'est représentée que par une mince couche de cellules épithéliales qui ferme en haut le ventricule du cerveau antérieur, qui est l'équivalent des deux ventricules latéraux du cerveau des mammitères. C'est dire que, chez ces animaux, le manteau des hémisphères n'existe pas encore, en tant que masse de substance grise, les cellules qui entrent dans sa trame étant des éléments épendymaires comme ceux qui tapissent les cavités nerveuses.

Équivalence morphologique des parties. — Les lobes antérieurs «lu cerveau des poissons osseux sont donc les équivalents des ganglions de la base (corps opto-slriés) des mammifères (Rabl-Ulxiîhard). Une commissure transversale ou inlerlobaire les relie. Un faisceau basai, sorte de pédoncule, s'en détache, qui est formé de libres, les unes ascendanles ^sensitives\ les autres descendanles (motrices). Les prolongements cylindraxiles des premières viennent s'arboriser au contact direct des dendrites des secondes, sans interposition de neumnes courts

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^rassocialion, ou tout au moins ces éléments sont peu nombreux et peu visibles (Van GEiircHTEN). La commissure est formée par rentre-croisement d'une partie <les fibres sensitives, dont les unes gagnent le lobe opposé, tandis que les autres restent dans le lobe correspondant. Cette commissure n'est nullement l'équivalent du corps calleux, d'autant que les hémisphères font défaut.

Non-équivalence fonctionnelle. — Comme il est impossible de refuser à de tels animaux non seulement les facultés de l'instinct, mais même un rudiment d'intelligence, il en faut donc conclure que ces facultés peuvent s'exercer jmrdes oi^ganes nerveux autres que le cerveau proprement dit, organes qui ne us <»n présentent du reste une ébauche.

Le faisceau basai, plus facile à suivre chez les batraciens, va manifestement du corps strié à la moelle épinière (faisceau strio-spinal équivalent du faisceau pyramidal moteur), pendant que des fibres remontent de la moelle, du bulbe et 4u pont au corps strié (équivalent du faisceau sensitif) ; les premières descendent «lans les cordons antéi'ieurs de la moelle, et les secondes peuvent être suivies dans les cordons antéro-latéraux (Van Gehlchten). (^hez ces animaux, on voit apparaître un iiidiment de corps calleux el un rudiment d'écorce, par l'apparition -tic rares cellules dans la membrane épithéliale, qui recouvre les ganglions de la base. Notons aussi des libres d'association entre le corps strié et le thalamus qui .s'accuse distinctement chez les batraciens.

Reptiles, oiseaux ; développement de Técorce. — Chez les ix^ptiles, J'écorce commence à se dessiner. Chez les oiseaux, elle se perfectionne; elle n'est pourtant encore qu'une membi*ane assez mince. On y distingue néanmoins déjà cinq couches superposées, à savoir : zone moléculaire ; couche de petites cellules étoilées; couche de grandes cellules étoilées et de grandes cellules pyramidales (c'est-à-dire cellules d'association et cellules de projection) ; couche de cellules étoilées profondes ; enfin, zone épithéliale.

Détail important, ces cellules de projection partant de la troisième couche de l'écorce, et qui du reste ne sont pas encore très nombreuses, ne se substituent pas à celles du corps strié, mais s'y ajoutent seulement. Le corps strié conser\e son faisceau basai, (|ui garde ses rapports avec la moelle épinièi'e.

Édification progressive ; déplacement des fonctions directrices. — L'analomie comparée nous fait ainsi assister à Tédilication progressive du système ner>eux. Elle nous le montre établissant et parachevant chacune de ses assises superposées avant de construire l'assise suivante, ganglions primaires, moelle épinière, ganglion de la base, écorce ou manteau cérébral. Toutefois ces superpositions, si elles ne font l'ien disparaître de ce qui a été éditié d'abord, ne vont pas sans un certain balancement entre ces formations successives; les dernières venues accaparant pour elles, en les développant, une partie des fonctions assumées par les organes nerveux primitifs, alors qu'ils existaient seuls. La moelle épinière, les ganglions de la base, perdent de leur importance relative, à mesure (jne le cerveau proprement dit s'achemine vers le rôle préjmndérant qu'il ac(|uiert dans l'espèce humaine.

Sens directeur, non identique dans les espèces. — D'autre part, le cerveau lui-même, qui doit ses baules fonctions au développement d'aptitudes spéciiiques, n'a pas dans son é\olulion dirigé ces aptitudes toujours dans le même sens chez tous les animaux, et les fonctions psychiques des uns peuvent différer de celles des autres, non seulement, si on peut dire, en quantité, mais en qualité. Nos idées procèdent de nos sensations; elles en procèdent inégalement parce ijue nos ditréients sens n'ont pas la même valeur el prennent de ce fait une part

très inégale à leur formalion. 11 en est de même chez les animaux; seulement^ en les comparant les uns aux autres, on trouve que tel sens qui est prédominant chez certains est très afTaildiou même annihilé chez d'autres; d'où la conclusion obligatoire et un peu inattendue que les représentations du monde extérieur affectent des formes différentes chez les uns et chez les autres, suivant lanatuiv spécifique des sensations qui sont les éléments originels de ces représentations. Olfaction chez les reptiles ; vision chez les oiseaux. — A cet égaixi, la comparaison des reptiles et des oiseaux est significative : chez les premiers, le sens de l'olfaclion présente un développement prépon^lérant et se trouve, à l'exception des autres sens, relié au iiidiment d'écorce qui apparaît dans leur cerveau, (.hez les seconds, c'est le sens de la vue qui a pris la direction des actes réfléchis de l'animal, et cette substitution s'explique chez des êtres qui, planant dans les airs, ont dans une certaine mesure changé de milieu. Aussi chez eux ti*ouve-t-on, entre les ganglions optiques de la base et l'écorce cérébrale, un tractus très important qui fait défaut chez les reptiles, où la liaison principale de l'écorce avec les centres supérieurs se fait par des radiations olfactives très développées.

Perfection physique et perfection psychique. — in sens est un ensemble de fonctions fort compliqué, auquel prennent part des actes nombreux, lesquels, par une gradation continue, s'étendent depuis les phénomènes purement physiques d'où ils procèdent jusqu'aux phénomènes psychiques qui les caractérisent. Les voies nerveuses dans lesquelles se déroulent ces actes successifs assurent, chacune pour sa part, la réalisation de chacun de ces actes; d'où il suit que la perfection d'un sens peut être comprise de façon très différente, suivant qu'il s'agit «les uns ou des autres de ces actes, suivant surtout qu'on envisage leur puissance et leur précision physique, ou(|u'on a en vue leur valeur psychique. La vue de l'oiseau est plus peivante que celle de l'homme, ce qui tient à ce que non seulement le globe oculaire, mais tout l'ensemble nerveux qui le rattache aux ganglions sous-corticaux, est chez le premier plus développé que chez le second; mais, de ses sensations visuelles imparfaites, l'homme tire des représentations et des notions qui sont absentes de l'oiseau, parce qu'il dispose dans son écorce cérébrale «l'un appareil de transformation dont la puissance est infinie }>ar rapport à celle de ce dernier.

On trouve en particulier chez l'oiseau un système de fibres, qui des ganglions sous-corticaux reviennent à la rétine par voie centrifuge et qui, bien qu'existantes chez l'homme et les autres vertébrés, sont chez lui beaucoup plus dévolop])ées (Perua). La fonction de telles fibres, qui, bien que centrifuges de leur nature, ramènent l'excitation nerveuse \ers les organes sensitifs d'où elle e*t partie, est encore environnée de beaucoup «l'obscunlé. Le fait que le développement de ces libres est en rapport avec le «léveloppement et la perfection du sens auquel elles appartiennent est une preuve que leur rôle y est essentiel, pour inconnu qu'il soit. Il se peut qu'il ait quelque rapport avec la persistance des impressions lumineuses, après qm» l'effet directement excitateur a cessé, ou même avec la conservation de ces impressions et leur réévocation dans le souvenir.

Relations du corps strié avec le cerveau antérieur. — L'embryologie désigne le corps si né comme une dé])endance du cerveau antérieur. — L'anatomie comparée nous le montre exer(;ant les fonctions (à la vérité encore rudimenlaires) du cei'veau chez les animaux poissons) où le manteau cortical esl encore absent. — (-liez les mammifères supérieui's, la méthode des dégénérations

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établit rexistonce do connexions entre Vécorce du lobe frontal el les noyaux du corps strii'y principalonient le noyau raudé. Une voie corlico-striée existe, par le moyen de libres réunies en petits faisceaux qui, suivant le trajet de la capsule interne, se détachent de son sejrment antérieur et pénètrent de préférence dans ce dernier noyau, soit pour le traverser après lui avoir donné des collatérales, soit pour s'y distribuer et s'y terminer (Marinesco).

Des fibres analogues réunissent l'écorce au thalamus (couche optique) et le corps strié est lui-niénie réuni au thalamus. Enfm ces noyaux sont eux-mêmes rattachés par des connectifs aux noyaux de substance grise de la protubérance.

Toutes ces voies sont constituées par des éléments (|ui sont les uns ascendants, les autres descendants, et qui assurent la conduction des excitations soit dans un sens, soit dans l'autre.

I. Données expérimentales. — Sur la fonction d'ensemble qui revient à un tel système d'éléments coordonnés, et en particulier au corps strié, la physiologie est restée malheureusement jusqu'ici assez pauvre de données positives.

Destruction. — Magekdie avait avancé qu'après l'ablation des deux corps striés, l'animal montre une tendance irrésistible à se porter en avant : le corps strié, d'après cela, aurait des fonctions en relation avec les mouvements de locomotion, avec la marche. C'est à une conclusion du môme genre qu'aboutissent les expériences plus récentes de Notiinagfx et de Fr. Rezek. En détruisant (par une injection d'acide chromique à l'aide de la seringue de Pravaz) un point limité du noyau caudé, le premier de ces auteurs a déterminé chez des lapins des mouvements de manège ou de progression en avant, comme Magendie. La partie en rapport avec ces mouvements est appelée par lui nodiis cursoi^ius. Une liaison du môme genre existe aussi entre la locomotion et le putamcn du noyau lenticulaire, d'après Kezer. Quelle est la part à faire, dans une lésion de ce genre, à la destruction proprement dite et à l'excitation produite par elle; quelle est la part à faire aux éléments moteurs ou inhibiteurs qui seraient eux-mêmes détruits ou excités, c'est ce qu'il est impossible de dire.

II. Fonction supposée. — Ces masses grises du corps strié^ contiendraient en elles les associations d'éléments sensitifs et moteurs, qui se transmettent l'excitation dans l'ordre voulu pour assurer l'exécution des mouvements des membres par lesquels s'effectue la marche et on pourrait môme ajouter, pour l'entretenir une fois qu'elle est commencée. Ces mouvements sont automatiques^ autrement dit involontaires \ ils se produisent à la condition qu'une excitation les amorce, en tombant dans le système qui est organisé pour les exécuter; ils cessent quand une autre excitation rompt cet amorçage et ramène le système automatique à l'état de

repos; ils continuent pendant l'intervalle. — L'amorçage (ou le désamorçage) seul est volontaire et, à ce titre, l'excitation qui le produit procède de Técorcc ou a dû passer par Técorce.

Il ne faut pas oublier que la moelle épinière contient des associations qui manifestement réalisent des mouvements coordonnés. A elle seule elle peut en réaliser parmi les plus simples, comme la nage chez le canard, mais pas la marche, qui réclame le maintien d*un équilibre qui représente à lui seul une fonction complexe.

Excitation, — François-Fhakck et Pitres, en excitant directement le corps strié, n'ont pu constater aucun effet moteur de celle

excitation. Cahvillk et Dlrkt y ...Cap: int. n'avaicut non plus déterminé

aucun effet de ce genre. Toutefois, ayant excité la capsule interne chez un chien dont le centre cortical du membre antérieur avait été enlevé auparavant et '" dont les fibres correspondantes if du centre ovale étaient inexci-

i^i tables, ils ont pu provo([uer des

mouvements dans ce membre,

par excitation sans doute des

oiobuspa u. libres saines venant du corps

Fip. 171. - Les h'ois membres du noyau gj.j.j^ q^^ mÔmes autcUrs, avant lenticulaire du corps slrte. . \ ,^

réussi a enlever le corps strie,

Vus sur une coupe frontale, côté gauche j r -ki

M'après Charpy). ont observé une grande faiblesse

du côté opposé et un mouvement de manège spécial (probablement dû à la lésion du pédoncule). Si l'extirpation est incomplète, on observe des contractures du côté opposé à l'opération. Ces elTets témoignent en somme d'une fonction motrice.

Lépine a vu. la lésion An pntamen produire la paralysie pseudobulbaire (labio-glosso-laryngée).

Corps de Luys ; tubercules quadrijumeaux; tubercules mamili^AiREs. — Dans le voisinage de la couche optique sont d'autres formations analogues capables, comme elle-môme et souvent avec son aide, de coordonner en actes moteurs les impressions venues delà périphérie, intervenant par conséquent dans les actes émotifs et instinctifs. Comme ces masses grises sont liées plus particulièrement à l'exercice des sens spéciaux supérieurs (vue, ouïe, olfaction), leur fonctionnement sera étudié à propos des innervations spécifiques. L'esquisse que nous traçons ici de la marche des

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excitations dans le système nerveux et des modalités fonctionnelles qui en résultent est faite en prenant pour guide principalement les organes de la sensibilité tactile et de la motricité squelettique.

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